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 Les conseils d'une apprentie éditrice, chapitre I : La forme du mail et du manuscrit

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Bluepulp
   
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Bluepulp  /  Tapage au bout de la nuit


Verowyn a écrit:

En vrai, c'est pas si surprenant. ^^
Les habitué.es de ce forum connaissent la proportion de gens qui envoient leur manuscrit à des comptes d'auteur sans avoir la moindre idée de ce qu'est un véritable éditeur. Bah, il y a une proportion équivalente de gens qui envoient leur manuscrit à des comptes d'éditeur sans avoir la moindre idée de ce qu'est une ligne éditoriale.

Tu as raison. A la louche ca fait quoi, 5% des inscrits ? Dont surtout des participants ponctuels.

Verowyn a écrit:

D'abord, admettre de façon aussi franche qu'il y a une "recette" précise à suivre, c'est pas très sexy, ça va à l'encontre de notre mythe de l'écrivain inspiré et ce n'est pas super vendeur. Les lecteur.ices sont peut-être friand.es d'un modèle ultra précis, mais voir mettre à nu ce modèle dans sa plus simple expression, ça casse un peu le rêve. L'éditeur vend peut-être un produit marketing très calibré, mais le lecteur a envie de se dire que c'est un livre, unique, spécial.

Je comprends cette crainte mais je pense qu'elle est infondée. Ce n'est un secret pour personne que le cinéma Hollywoodien suit toujours le même schéma narratif (à 1 ou 2 variantes près), et pourtant tout le monde apprécie de voir de nouveaux films au cinéma ou sur netflix.
D'autre part je pense que c'est faux de penser qu'en mettant le savoir à disposition, tout le monde va s'en emparer. Le grand public continuera d'apprécier la chose sans se renseigner, de même façon qu'il apprécie le cinéma, le théâtre, la peinture ou les jeux vidéos sans se soucier de comment ca fonctionne. Le public qui sera impacté par le savoir, ce sont les créatifs, les artisans qui eux le mettront à profit. Ce qui est au bénéfice des éditeurs qui travaillent avec.

Verowyn a écrit:

Même quand l'éditeur a une stratégie à 100 % "suivre la tendance", justement, si son concurrent sort soudain une romance avec un narrateur masculin qui fait un carton, ben si on a gardé une ligne éditoriale un peu floue, il y a des chances qu'on ait 1 ou 2 romances avec narrateur masculin déjà dans la pile, alors que si on exigeait dans nos critères une narratrice et qu'on doit rectifier les consignes données aux aspirants auteurs et attendre qu'ils soumettent quelque chose qui correspond, ben la tendance romance narrateur masculin aura déjà disparu le temps qu'on reçoive les premiers textes.

Pour dire les choses telles que je les pense, et là je ne vise personne en particulier et surtout pas vous Verowyn ou Zéphaïre, je trouve que c'est une pratique irrespectueuse, toxique et odieuse. Autant je veux bien entendre l'argument des éditeurs "vous comprenez les auteurs, nous on fait tourner un business, faut respecter notre processus", autant je pense que le respect professionnel, ca doit aller dans les deux sens. Tenir volontairement les gens dans l'ignorance et les encourager à produire du contenu qu'on sait à 90% inutile (d'un point de vue commercial) juste pour avoir leur travail sous le coude "au cas où", ca ressemble à de l'exploitation et de l'absence de considération pour une population qu'on considère comme corvéable à merci. Malheureusement, et là je vais me faire fataliste, telle est dans la nature humaine que de chercher à exploiter son prochain quand on est dans une position de force.
Les alternatives plus respectueuses existent et sont simples à mettre en place. Il suffit pour un éditeur de publier ce qu'il recherche, et d'indiquer qu'inclure ce qui l'intéresse est une recommandation et un conseil.
Envoyer un manuscrit c'est comme postuler dans une entreprise. On peut répondre à un besoin pour un poste en CDD/CDI ouvert ou offrir sa candidature spontanée. Il y aura toujours des créatifs et des passionnés pour sortir un petit peu des clous proposés par une ME et leur proposer du contenu original par eux-même.

Merci pour notre échange Verowyn, ca m'apporte de bonnes pistes de réflexion.

Bonne journée.
 
Verowyn
   
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Verowyn  /  Pour qui sonne Lestat


Citation :
Tenir volontairement les gens dans l'ignorance et les encourager à produire du contenu qu'on sait à 90% inutile (d'un point de vue commercial) juste pour avoir leur travail sous le coude "au cas où",

Oh, je ne voulais pas aller à ce point dans le cynisme avec cette supposition. '^^
Je ne pense pas qu'il s'agisse de tenir exprès dans l'ignorance ni d'encourager à produire un contenu spécifique.
Pour les romans, c'est assez rare qu'un éditeur passe un appel à textes, donc c'est "juste" les soumissions spontanées. On a donc un éditeur avec des soumissions ouvertes, sans trop de détails sur ce qu'il attend outre quelques notions comme le genre et le nombre de mots ; ben si on vise absolument cet éditeur-là, il s'agit de lire quelques-uns de leurs titres et si l'éditeur a tendance à sélectionner des textes qui suivent une formule précise, ça sera rapidement apparent. (Mais en vrai, pourquoi voudrait-on viser absolument un éditeur dont on ne connaît pas le catalogue ?)
Je pense qu'à moins d'être déjà un tout petit peu installé dans le milieu et d'accepter d'écrire des œuvres de commande, chercher à produire un texte exprès pour un éditeur précis, c'est probablement pas la meilleure stratégie. Mieux vaut écrire ce qu'on a envie d'écrire et ensuite, chercher où le caser.
 
Bluepulp
   
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Bluepulp  /  Tapage au bout de la nuit


Tu as sans doute raison, c'est mon côté révolté qui a parlé Laughing
Je suis d'accord qu'un auteur qui a lu suffisamment, sur une maison en particulier ou un genre en général, devrait en avoir assimilé les codes. En ce sens l'information est "disponible". La question qu'on peut poser, c'est à quel point il est souhaitable que cette information soit présentée de façon plus explicite.
 
CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


Pardon mais moi sur ce mythe de :lis les livres d’un éditeur pour comprendre ce qu’il recherche … À moins que ça soit une très petite ME mais sinon j’ai déjà lu des tas de livres d’une même collection sf et je serai dans l’incapacité d’en dégager un fil conducteur ou une logique d’édition … Hormis qu’ils publient de la sf 😄

Edit : et je dirais même plus, c’est vraiment une logique d’éditeur de dire ça et souvent les éditeurs le disent d’ailleurs, mais nous on est pas des éditeurs pour analyser ou décortiquer le marché du livre ou les tendances d’une ME, on est juste des auteurs, on écrit la plupart du temps sans aucune logique commercial ou marketé derrière 😄

Edit de l’edit : exemple j’ai écris un roman, j’ai passé plus de 6 mois à chercher à quel genre il appartenait, et vous voudriez que moi je devine les attentes intimes d’une Me ? Hormis qu’elle publie du roman noir ou de la sf ? Non mais loooool quoi 😄
 
Jedewyn
   
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Jedewyn  /  Guère épais


Mouais, je suis pas tout à fait d'accord avec toi sur la question, Caledonia. Parce qu'au contraire, en tant qu'autrice, je vais toujours fouiner sur les catalogues des ME avant de réfléchir à leur envoyer un truc. Parce que si normalement la ME est bien construite, tu peux dégager un fil rouge. Tu verras le type de profils recherchés, le type de plumes mises en avant, le genre d'histoires (plutôt rythmées ? Contemplatives ? Fortes en description ?) Et d'ailleurs, si vraiment une ligne édito est inexistante... bah ça apprend à se méfier de la ME Laughing

Et à la limite, quand tu as un doute, ça peut être le moment de contacter l'équipe éditoriale (via formulaire de contact, les RS ou même en salon) pour demander de préciser. En général, les éditeurs sont contents qu'on s'intéresse à leur travail, en fait.

A l'exception des grosses ME qui peuvent parfois être un peu plus englobantes. Et encore... vu qu'on parle d'imaginaire, prends la collection d'Albin Michel Imaginaire. Tu verras très vite quelle direction est donnée à la collection par son directeur !

Et puis si tu envoies et tu te rates de ligne édito ? Bah c'est pas grave, ça va te donner du grain à moudre pour déterminer, sinon la catégorisation de ton projet, au moins les attentes que tu as envers lui ! Prends les itinéraires éditos sur le forum : aucun projet ne reste fondamentalement figé. Il évolue aussi au gré des refus, au gré des rencontres, des retours, etc.

Sinon, je tiens à remercier à nouveau Zéphaïre et Verowyn pour leurs conseils et le débat, parce que c'est très précieux pour les jeunes plumes qui peuvent tomber dessus, même par hasard. Et aussi, parce qu'il me semble rassurant de voir cette nouvelle tendance s'inscrire : davantage de dialogue et une réelle envie de faire bouger les lignes du vieux système éditorial, lequel commence à se montrer à la traîne. Si toutes les nouvelles ME qui fleurissent prennent cette direction, franchement, moi ça m'enthousiasme beaucoup pour l'avenir ! I love you
 
CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


Non mais Jedewyn, je suis intimement persuadé que certains auteurs ont la sensibilité nécessaire pour analyser les lignes éditoriales des ME, juste pas moi. Et je ne suis pas le seul, il suffit de voir passer les topics sur ce forum s’intitulant parfois «  de quel genre est mon roman ». Ce que j’essaie juste de dire c’est que j’ai l’impression dans le fond on en demande tjs plus à l’auteur. C’est un peu comme un prétexte pour lui faire porter indirectement la responsabilité de ses échecs. Non, ça ne suffit pas d’écrire ses primos romans entièrement sur financement propre, sur son temps libre, sur ses vacances, d’apprendre de par soi même le travail de relecture, d’investir dans des logiciels orthographiques, il faut en plus qu’il comprenne par lui même et analyse les lignes éditos implicites des ME désormais (qui pourraient dire tout simplement ce qu’elles recherchent mais non, elles décident de se la jouer mystérieuses et de laisser en plus ce travail à chaque auteur comme s’il n’en avait déjà pas assez fait lui, dans le fond 😄).
Honnêtement je ne reproche rien a personne sur ce topic, ça n’est pas du tout une attaque personnelle, c’est juste qu’on voit ça hyper souvent de la part des éditeurs.
Et je crois que ça vient bcp de la culture française d’une certaine façon où comme ici sur ce forum, très peu d’auteurs iront reconnaître que dans le fond, ça n’est pas leur truc, qu’eux ils écrivent par passion, ils écrivent par envie, ou par besoin. Je crois qu’en france il y a une confusion parce qu’écrire c’est encore malgré tout assimilé dans le subconscient et le conscient parfois à une activité intellectuelle réservé en plus historiquement à une sorte d’élite.
Et donc les aspirants auteurs vont se dire, ah mince, c’est de ma faute, je devrais réussir à analyser la ligne édito d’une ME, packe sinon ça sous entendrait que je ne suis pas assez intelligent, ou que je ne suis pas à ma place, ou que je n’ai rien compris et que je suis juste un rigolo.
Moi j’essaie juste de dire que l’auteur il écrit déjà, et ça me paraît énorme déjà, et c’est son truc à lui ça, écrire,  et d’ailleurs c’est ce qu’on lui demande en fait. Pas d’analyser en détail la ligne édito de MEs qui se refusent à l’expliquer clairement sur leur site. Ce que j’essaie de dire, c’est que certains auteurs n’ont tout simplement pas cette sensibilité, comme moi. Et ça n’est pas de ma faute, ni même une faute en soit, je connais mes forces et mes faiblesses, moi je raconte des histoires,  je ne suis pas un professionnel de l’édition, qui soit dit en passant on fait le plus souvent des études soit spécialisées, soit de littérature, ce qui n’est pas obligatoirement le cas d’un auteur.
Et bien sûr Jedewyn tu as raison, dans le fond ça n’est pas si grave qu’on n’arrive pas à analyser la ligne éditoriale d’une ME, on s’en sort malgré tout. Je voulais juste réagir sur ce commentaire que je voyais sortir de manière récurrente. Comme quoi ça serait normal en tant qu’auteur d’arriver naturellement à analyser les lignes éditoriales des Me, comme quoi ça viendrait même de manière innée avec la fonction. Pour certains oui, pour d’autres non. Est ce que ça en fait de moins bons auteurs ? Personnellement je ne le crois pas.
 
Flora
   
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Flora  /  Serial Constance killer


CalédoniaRob : Contacter une maison d'édition, c'est contacter des personnes pour établir une relation de travail. Est-ce que ce n'est pas normal de se renseigner sur une entreprise avant de lui envoyer sa candidature ? de connaître ses produits, ses valeurs, son système de fonctionnement ? Ce n'est pas une question d'intelligence ou de sensibilité innée, c'est juste mettre toutes les chances de son côté pour établir un partenariat gagnant Smile


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CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


Bien sûr, je suis entièrement d’accord avec toi Flora, et c’est ce qu’on fait tous je l’imagine, ce que j’essaie de dire c’est que se renseigner sur une ME ne rime pas forcément avec deviner ses attentes secrètes en terme de ligne éditorial. Je ne suis pas un journaliste littéraire ni un analyste littéraire.
 
Jedewyn
   
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Jedewyn  /  Guère épais


@Caledonia : Ne t'en fais pas, hein, j'ai bien compris que tu répondais en nuançant et tu as tout à fait raison de le faire. Par écrit, c'est parfois un peu dur de savoir s'il y a du jugement/de l'ironie dans les propos de l'autre et rassure-toi, je ne cherche pas du tout à t'attaquer Wink (on le sent que la tension est palpable sur le forum en ce moment ?)

CaledoniaRob a écrit:
Et je crois que ça vient bcp de la culture française d’une certaine façon où comme ici sur ce forum, très peu d’auteurs iront reconnaître que dans le fond, ça n’est pas leur truc, qu’eux ils écrivent par passion, ils écrivent par envie, ou par besoin. Je crois qu’en france il y a une confusion parce qu’écrire c’est encore malgré tout assimilé dans le subconscient et le conscient parfois à une activité intellectuelle réservé en plus historiquement à une sorte d’élite.
Et donc les aspirants auteurs vont se dire, ah mince, c’est de ma faute, je devrais réussir à analyser la ligne édito d’une ME, packe sinon ça sous entendrait que je ne suis pas assez intelligent, ou que je ne suis pas à ma place, ou que je n’ai rien compris et que je suis juste un rigolo.
Ouaip, ça, je suis d'accord : l'intellectualisation de la profession, c'est un truc très français et c'est un particularisme super chiant. Il serait nécessaire de le bouger.

Par contre, comme le dit Flora, se renseigner dans le détail sur les lignes éditos, ça fait aussi partie du deal : il faut connaître les mécanismes du milieu pour maximiser ses chances d'être pris. Ca a toujours été comme ça et ce n'est pas demain la veille que ça va changer. Même si c'est relou, ben, ça fait partie du taf de l'auteur. Il doit savoir comment naviguer dans le milieu, de ME en ME.

Mais surtout, même s'il y a des romans très en-dehors des cases ou borderline, bah, ça me paraît important d'apprendre à le définir si on compte le publier. Sachant que oui, c'est pénible et pas inné de définir un manuscrit qu'on a écrit avec ses tripes et ses passions. Il ne faut pas croire que ça vient en un claquement de doigts. Et en plus, là où c'est rigolo, c'est que selon les lignes éditos des ME, ta catégorisation va changer. Eh oui ! D'où l'importance de bien repérer le fonctionnement de la ME qui t'intéresse (et d'aller soi-même chercher ses infos, parfois juste en dialoguant avec l'éditeur) pour pouvoir se positionner. Selon la ME que tu cibles, tu peux présenter ton manuscrit sous différents angles (SF ? Romantasy ? Anticipation ? ...)

Et l'exercice, comme je le disais, peut aussi t'aider à y voir plus clair, à la longue, sur tes propres ambitions concernant ton projet. Est-ce que je cherche surtout à vendre ? Est-ce que je cherche un truc familial, type cocon ? Est-ce que je veux juste de l'interaction avec des lecteurs ?

Donc voilà ma position, en gros : c'est pénible, laborieux [insert tout ce qui est chiant] mais à mon avis nécessaire, ne serait-ce que pour mieux professionnaliser son projet et sa posture d'auteur Smile

EDIT : Et c'est aussi pour ça que JE est une vraie mine d'or. Avec tous les fils sur les ME et les itinéraires éditoriaux, à force, on arrive à mieux déterminer tout ça.
 
CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


Aucun soucis Jedewyn, ça fait quelques années qu’on échange sur le forum, et tu n’as jamais essayé de m’attaquer ni même insinué des choses qui pourraient être blessantes en général, ça ne correspond pas à ton profil, je n’avais aucun doute là dessus 😊
Et oui tu as raison on essaie tous de le faire un minimum, mais j’ai déjà reçu des refus d’éditeurs qui m’ont dit, « non ça ne correspond pas à notre ligne édito » alors que j’avais farfouillé partout sur leur site avant et que j’avais trouvé le roman d’une jeune autrice dont le résumé collait parfaitement avec mon histoire (amérique du sud, roman noir, etc). Donc pourquoi l’avaient-il publié elle ? Leur ligne édito avait elle changé entre temps ? Et comment moi je pouvais le savoir ça ? C’est ce que j’essayais de dire en parlant d’attentes secrètes. Ils ont décidés des choses en réunion,  le grand public n’est pas au courant.
 
Jedewyn
   
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Jedewyn  /  Guère épais


Calédonia : I love you Ca fait tellement plaisir de pouvoir discuter tranquillement !

Calédonia a écrit:
Et oui tu as raison on essaie tous de le faire un minimum, mais j’ai déjà reçu des refus d’éditeurs qui m’ont dit, « non ça ne correspond pas à notre ligne édito » alors que j’avais farfouillé partout sur leur site avant et que j’avais trouvé le roman d’une jeune autrice dont le résumé collait parfaitement avec mon histoire (amérique du sud, roman noir, etc). Donc pourquoi l’avaient-il publié elle ? Leur ligne édito avait elle changé entre temps ? Et comment moi je pouvais le savoir ça ? C’est ce que j’essayais de dire en parlant d’attentes secrètes. Ils ont décidés des choses en réunion, le grand public n’est pas au courant.
Ah ! Alors là, je crois que c'est un tout autre problème.

En fait, d'ailleurs, c'est mentionné en amont. Parfois, les éditeurs vont se planquer derrière le "c'est pas la ligne édito" pour éviter d'expliquer quel est le réel problème (planning édito ? Petit élément subjectif qui fait qu'on n'aime pas sans savoir pourquoi ? Café qui est tombé sur le manuscrit et l'a rendu illisible ?)

En fait, c'est assez courant. Une fois, une ME m'a tourné autour pendant des mois en roucoulant d'amour pour mon manuscrit avant de, bizarrement, ne plus me répondre. Puis, du jour au lendemain, le refus tombe avec cet argument : "hors ligne édito". Sauf que j'avais le parfait contre-exemple à leur fournir, dans leur catalogue. Bien embêtée, mon interlocutrice fait quelques passes justificatives un peu à droite à gauche. Et en me renseignant auprès d'autres gens du milieu, j'apprends qu'il n'est pas rare que la ME emploie cet argument de la ligne édito pour ne pas avoir à se justifier.

(Et on est d'accord, c'est archi nul parce que vu qu'on discutait par mail depuis des mois, j'aurais préféré un truc un peu plus objectif, quitte à ce que ça pique mon ego)

Donc là, pour moi, c'est carrément autre chose...
 
CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


D’accord, je comprends ce que tu veux dire, une sorte de véto, d’argument passe par tout. 🤔
Vraiment dommage pour cette expérience que tu as vécue… 😔 Maintenant que j’y pense 🤔 il m’était arrivé qq chose de similaire avec la revue sf galaxies dans les années 2000 pour une de mes nouvelles, j’appelle et on me dit « ah c’est votre manuscrit qui est passé en étape finale de sélection… » Bref au total j’ai attendu 1 an pour recevoir une lettre type avec des cases à cocher où ils avaient coché dessus «  ne correspond pas à la ligne éditoriale » … Comme s’ils ne pouvaient pas s’en rendre compte dès le début 😄 Donc oui, tu dois avoir raison là dessus…
Vraiment dommage qu’ils t’aient fait miroiter de cette façon 😔
 
Verowyn
   
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Verowyn  /  Pour qui sonne Lestat


En fait, là, on en revient à un débat qu'on a déjà eu sur ce forum, la différence de perspective selon qu'on envisage l'écriture comme un loisir ou de façon professionnelle.
C'est pas un jugement de valeur, l'un comme l'autre sont des choix absolument valides. Mais c'est une question que tout auteur doit se poser à un moment je pense : est-ce que j'écris pour moi, par besoin/envie/plaisir ? Ou est-ce que j'écris dans le but de publier et si possible d'en tirer un revenu ? Si on est dans le deuxième cas, ben oui, Jedewyn a raison, comprendre un minimum les enjeux du monde du livre et être capable de déchiffrer une ligne éditoriale fait partie du taf (tout comme être capable de comprendre un contrat d'édition). Et tu as raison, Caledonia, c'est pas inné, certaines personnes trouveront ça plus facile que d'autres, mais ça s'apprend et il y a des des ressources gratuites et accessibles (notamment ce forum) pour le faire.

Caledonia Rob a écrit:
Ce que j’essaie juste de dire c’est que j’ai l’impression dans le fond on en demande tjs plus à l’auteur. (...) il faut en plus qu’il comprenne par lui même et analyse les lignes éditos implicites des ME désormais (qui pourraient dire tout simplement ce qu’elles recherchent mais non, elles décident de se la jouer mystérieuses et de laisser en plus ce travail à chaque auteur comme s’il n’en avait déjà pas assez fait lui, dans le fond

Avec ce "on en demande toujours plus" tu donnes l'impression que ça serait une nouvelle tendance, et que les ME font exprès d'être "mystérieuses" pour embêter les auteurs.
En fait, je pense que la tendance est plutôt inverse et qu'on voit au contraire de plus en plus de ME expliquer assez en détails leur ligne édito, ou carrément publier des AT pour des romans, disant explicitement ce qu'elles cherchent à sortir prochainement. J'ai vu passer, par exemple des AT "contes de fées revisités" etc, c'est quand même plutôt précis.

Cela dit, le job des ME n'est pas de faire de la pédagogie auprès des auteurs, mais bien de vendre des livres. À partir du moment où elles reçoivent plus qu'assez de manuscrits qui leur correspondent pour alimenter leur catalogue, pourquoi est-ce qu'elles prendraient du temps pour faire des guidelines détaillées ? On le rappelle souvent, mais c'est avant tout des entreprises. Elles ne vont pas passer du temps gratuitement à faire des trucs qui ne leur rapporte pas, juste pour être "gentilles".
Ce n'est pas plus le rôle d'une ME de faire ça que ce n'est celui d'un employeur de publier des conseils pour rendre votre CV accrocheur.

Ensuite, je ne voudrais pas induire quiconque en erreur avec les exemples de critères hyper précis que j'ai donnés plus haut. Ce n'est pas la norme. Il y a bien sûr quelques collections/éditeurs qui fonctionnent comme ça, par exemple certaines collections de romances, certaines collections de polars locaux, parce qu'elles s'adressent à un public qui a des attentes très précises. Et je crois sincèrement que c'est quelque chose qui se déduit sans trop de mal en examinant un peu leurs catalogues. Et c'est aussi en général de toute façon des ME qui fonctionnent avec un petit cheptel d'auteurs maison qui sont capables d'écrire plus ou moins sur commande.
Mais la plupart des ME ont une ligne qui est beaucoup plus floue. Parce que leur public cible désire plus de variété. Ce n'est donc pas qu'elles "décident de se la jouer mystérieuses," juste qu'il n'y a aucune formule toute faite à fournir aux auteurs.

Et enfin, oui, je conçois que ce soit perturbant/frustrant, mais le "ne correspond pas à notre ligne éditoriale" est aussi une formule toute faite qui permet un refus un peu plus poli que "ça ne nous a pas (assez) plu".
 
fabiend
   
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fabiend  /  Bile au trésor


Verowyn a écrit:
Citation :
Effectivement, c'est assez trivial. Pour ma part je suis surpris qu'il y ait besoin de faire un tri conséquent à ce niveau là.

En vrai, c'est pas si surprenant. ^^
Les habitué.es de ce forum connaissent la proportion de gens qui envoient leur manuscrit à des comptes d'auteur sans avoir la moindre idée de ce qu'est un véritable éditeur. Bah, il y a une proportion équivalente de gens qui envoient leur manuscrit à des comptes d'éditeur sans avoir la moindre idée de ce qu'est une ligne éditoriale.

Il y a aussi le fait que certains aiment "jouer" avec les limites (même sur ce forum, je pense qu'une question du type "j'ai écrit un texte de 55k mots, l'éditeur auquel je pense accepte des textes de 60k à 90k mots, je tente ou pas ?" n'obtiendrait pas que des réponses du type "bien sûr que non, vu que 55k c'est moins que 60k"). Et aussi le fait que tout le monde, même parmi les pros, ne connait pas toujours très bien les limites d'un genre (je me rappelle d'un appelle à textes "thrillers" pour une collection "thrillers" qui disait "en fait on accepte tous les textes policiers hein, même les cosy ça passe"). Donc a fortiori les primo-romanciers ne sont pas toujours capables de catégoriser parfaitement ce qu'ils ont écrit, surtout que parfois c'est difficile de trancher ("Abattoir 5" c'est de la SFFF ? Et "100 ans de solitude" ? Et "Outlander" ?).
https://fabiendelorme.fr
 
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Coucou ! Désolée, je reviens sur le topic que j'ai lancé un peu après le débat très intéressant qu'a lancé CaledoniaRob !

Beaucoup d'arguments donnés en fonction des postures me semblent très intéressants. Pour ma part, j'aimerais prendre en compte toutes les perspectives, tant qu'elles ne sont pas de mauvaise foi, ce qui ne me semble pas être le cas ici (même si je perçois un peu de cynisme ou de découragement, que j'entends bien). Et ce pour la simple et bonne raison que je caresse le rêve (un peu fou mais pas mégalo, promis !) de créer un nouveau genre de structure éditoriale.

Il me semble qu'à l'origine du problème il y a vraiment un manque de communication de la part des ME, mais cette tendance va tout doucement en sens inverse comme l'a justement précisé Verowyn.

Il me semble qu'une ME pourrait aller plus loin dans son ouverture et son accessibilité sans mettre en danger la confidentialité propre à toute entreprise, et sans non plus subir ce choix avec une boîte de manuscrits surchargée, pas le temps de lire, etc... Je n'ai pas toutes les clés en mains (du pdv pratique, financier...), ni toutes les bonnes idées, mais dans l'idéal j'adorerais proposer un espace dédié aux échanges entre écrivains, scénaristes et professionnels de l'édition au sein de la ME permettant des tables rondes, des lectures à voix haute, des ateliers d'écriture, un travail de fond avec des scénaristes... Le but serait aussi de ne pas tirer sur des masterclass qui uniformiseraient les attentes de la ME mais de faire évoluer une ligne éditoriale ensemble. Très difficile en pratique, il faudrait un local, du temps (que nous consacrons normalement aussi aux publications...) mais j'étudie en ce sens et si ça semble irréaliste pour le moment, je préfère creuser un maximum les solutions avant de baisser les bras Smile

C'était la parenthèse un peu rêveuse Wink
 
   
    
                         
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 Les conseils d'une apprentie éditrice, chapitre I : La forme du mail et du manuscrit

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