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 Du fameux mythe de l'auteur inconnu

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Lola P
   
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Lola P  /  Barge de Radetzky


Leah
Oui, en effet, le fait que les ME n'aient pas les mêmes lignes éditoriales ajoute à l'idée qu'il faut considérer les soumissions comme indépendantes les unes des autres.
J'insiste parce qu'il ne faudrait pas que l'écrivain débutant pense à la quinzième soumission : oh la, c'est bon, je vais avoir mon oui ou je m'en rapproche et ne se persuade au 16ème refus qu'il est plus mauvais que la statistique moyenne.
Ben non, à chaque soumission, on rejoue le game et oui proposer un bon manuscrit qui correspond aux attentes augmente les chances, mais elle restent faibles et d'autant plus que la ME est grosse, prestigieuse.
Je crois également que certains genres sont encore plus difficiles à placer (La blanche par exemple, peut-être encore plus que les littératures de niche) et peu accessibles au débutants.
Comme tu le disais en intro du sujet, le réseau est un facilitateur très puissant. On devrait songer à créer un groupe de lobbying JE ( Peut-être que ça s'appelle un agent) Very Happy Very Happy
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HilnaMacPhom
   
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Ça me rappelle ce que m'avait dit mon mari, un jour où j'étais déprimée d'avoir reçu un refus pour un texte : "ben on va aller à Paris serrer des mains et boire des coups".
Lui avait côtoyé le monde de la musique et savait très bien que ça s'y passait de cette manière. Admettre qu'il avait raison a été une des raisons de ma longue période d'à-quoi-bonisme, dont j'ai grand peine à sortir d'ailleurs.
Parce que même si 100% des gagnants ont tenté leur chance, si on est très pragmatique, ce fonctionnement veut dire concrètement (et de manière non exclusive):
A) ne viser dans un 1er temps que des micro éditeurs, avec donc de faibles ventes / lecteurs, et miser sur le long-terme (donc être patient.e)
B) publier sur plate-forme, dans une logique aussi de "feuilletonnage" et de création de réseau ;
C) publier en AE, et donc devenir aussi pro du marketing, des réseaux sociaux, etc (ou sinon on ne vend rien) ;
D) investir dans le relationnel en utilisant les techniques habituelles pour se rapprocher de ses éditeurs cibles et devenir leurs copains.

Les problèmes qui me viennent à l'esprit vis à vis de ces 3 options:
- à part dans l'option B) et un peu la A), ben on écrit plus. Faire du marketing et du réseautage ça prend un temps monstre et une énergie telle (pour ceux qui sont plutôt rêveurs, comme beaucoup d'écrivains) qu'il ne reste plus grand chose de disponible pour écrire réellement;
- si on est pas doué pour le relationnel, en réel ou sur réseaux sociaux, (ce qui n'a rien d'incompatible avec le fait d'être un bon écrivain, loin de là), il ne reste qu'à prier beaucoup et d'allumer des cierges. Timides ou personnes manquant de confiance en elles, lâchez l'affaire... ;
- écrire sur plate-forme est une excellente option, certes, mais qui ne fonctionne pas pour tous les genres (cf spécifictés de ce public) ni pour tous les auteurs ;
- copiner par pu intérêt, même si c'est comme ça que marche le monde, ça a un côté triste ou malsain, voire les deux ;
- comme de très nombreux auteurs (dont moi) sont aussi en attente de reconnaissance dans leur recherche d'éditeur, cette reconnaissance devient presque inatteignable : les facteurs pour entrer dans le cercle sont donc la chance et/ou le réseau, bien avant le talent. Et ça, bien plus que les statistiques, je trouve ça déprimant. Etre refusé ne dit finalement rien de la qualité du texte. Et si on y parvient avec l'option D), on ne saura jamais vraiment ce qu'on valait...

Je dévie sans doute un peu du sujet, mais avec tout ça, à quel moment on sait si on est bon ou juste moyen? Et comment décider si ça vaut le coup de continuer à tenter l'édition, ou d'y renoncer en écrivant juste pour soi (ou si on est open avec l'option B, les copains des plate-formes) ?
Perso c'est vraiment la question qui me travaille depuis un paquet de temps. J'adore écrire, mais je m'interroge vraiment sur l'intérêt de chercher un éditeur, connaissant les probabilités, et sachant que je n'ai ni l'énergie ni la confiance suffisante pour faire de l'auto-promotion ou copiner avec des gens (toutes mes capacités sociales sont bouffées par mon travail et ma vie quotidienne).
 
BoiséeNoire
   
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HilnaMacPhom a écrit:

- à part dans l'option B) et un peu la A), ben on écrit plus. Faire du marketing et du réseautage ça prend un temps monstre et une énergie telle (pour ceux qui sont plutôt rêveurs, comme beaucoup d'écrivains) qu'il ne reste plus grand chose de disponible pour écrire réellement;

Je voulais juste rebondir sur ce petit passage, car je ne trouve pas que ce soit vrai perso... J'ai monté une vraie communauté sur Wattpad, je m'occupe aussi de mon compte Instagram chaque jour (faire une story, préparer des posts, répondre aux commentaires, liker et commenter d'autres posts pour la visibilité...etc.)... et pourtant... bah, je trouve encore le temps de publier 5 romans dans mon année, d'aller à l'université à temps plein, de travailler, de faire de l'infographie freelance... et plein d'autres trucs. Je pense que c'est surtout une gestion d'horaire. Je ne pense pas que de réseauter ou de faire des réseaux sociaux empêche complètement d'écrire Smile

En vérité, les réseaux... ça a l'air d'une GROSSE montagne, mais quand on s'y met et qu'on commence à prendre la main et à y prendre du plaisir, ça devient vraiment moins gros que ce que ça avait l'air au départ je trouve !

Je crois que les deux (réseauter-réseaux et écriture) sont compatibles, même si, c'est sûr, on a tous des vies et des horaires différents !
 
fabiend
   
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Pareil, j'ai l'impression que (même si ça peut paraître paradoxal), dans l'ensemble, les autoédités écrivent bien plus que les auteurs édités traditionnellement.
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HilnaMacPhom a écrit:
Ça me rappelle ce que m'avait dit mon mari, un jour où j'étais déprimée d'avoir reçu un refus pour un texte

C'était l'idée de ce post. Prévenir ce genre de frustration. Même si sur le moment, ce n'est pas spécialement drôle.

Ton ABCD me paraît cohérent. Et je trouve ça bien de ne pas se voiler la face sur le fait que sans communauté, tu ne vendras rien en AE. Créer une communauté... ça prend du temps, et, comme tu l'as souligné, ce n'est pas à la portée de tout le monde. J'en ai vu pas mal qui n'avaient pas le truc et qui ont fini par se casser la gueule. Et ça dépend des envies également... perso, je fais avant tout les choses "à ma sauce" et je n'ai aucun projet de me mouler dans les codes du Bookstagame "juste" pour chercher du like. Je préfère des contenus qui sortent de l'ordinaire et donc susceptibles de ne pas plaire à tout le monde, mais qui me ressemblent et rendent mon compte "unique". Pour le moment, ça marche "doucement mais sûrement". J'ai une petite base de followers qui grimpent de mois en mois.

Ecrire sur les plateformes... Je l'ai fait un moment ici (super expérience !), mais si je me suis fait un ou deux potes, ce n'est clairement pas comme ça que j'ai trouvé des lecteurs-acheteurs ^^ J'ai été un moment sur Scribay aussi, mais le principe est le même que partout : avant de recevoir, il faut commencer par donner. Sauf qu'au terme d'heures de lecture, je suis arrivée au constat que 95% des textes me semblaient particulièrement mauvais et je n'y prenais aucun plaisir. Je n'ai pas voulu me forcer, autant pour moi que par respect pour les auteurs qui n'auraient pas eu envie d'avoir affaire à une hypocrite.

Et oui, je pense que ça fonctionne mieux pour certains genre que d'autres (bit-lit, romance...) avec un public plutôt YA. (ou pas, mais vous voyez l'idée).

Réseauter à Paris... C'est hyper compliqué. C'est un milieu fermé et il faut savoir se faufiler... Je suis quelqu'un qui n'a pas sa langue dans sa poche et même plutôt un certain bagout, mais je me sens purement incapable de jouer les manipulatrices. J'ai quelques contacts dans le milieu de l'édition parisien, mais je pense qu'ils me verraient venir de très loin si j'en avais en tête de leur confier un manuscrit. Au final, ce n'est pas juste "connaître des gens", mais avoir noué de vraies relations... sincères ou d'intérêt.

Perso ça ne me pose aucun problème d'éthique. Je pense que dans ce monde, il y a plus de bons romans que de place chez les bonnes ME. Combien d'excellents écrivains resteront (ou sont restés !) à jamais dans l'ombre ? C'est comme en musique. On a tous au moins un pote qui a une voix de dingue / un niveau balèze en guitare/piano/saxo... qui aurait bien aimé percer mais qui n'a pas trouvé les opportunités. C'est le jeu du métier d'artiste...

Citation :
les facteurs pour entrer dans le cercle sont donc la chance et/ou le réseau, bien avant le talent.

C'est ce que met en avant ce post. J'ai d'ailleurs un merveilleux exemple tout frais : "Les amants interdits" de "Elopez***" sur le forum, publié "que" chez City. Une vraie pépite, terriblement bien construit, d'une grande finesse dans la création des personnages et dans la mise en place de l'ambiance "village de Bretagne sous l'Occupation". Et ce roman, sur 60 ME, n'a trouvé "que" City. Pour moi, il vaut dix fois d'autres ouvrages que j'ai pu lire chez Galligrasseuil ou ailleurs...

D'une manière plus générale (mettons que je manque d'objectivité) tout le monde a xx exemples de bouquins mauvais mais publiés parce que l'auteur avait un réseau. J'en ai lu comme ça cet hiver. Ecrit avec les pieds, vraiment. Mais l'auteur est youtubeur "écrivain" * larmes *

(D'ailleurs, quitte à diverger, on pourrait aussi parler de la qualité des écrits de certains grands créateurs de contenus dans le domaine du livre/ de l'édition/auto-édition. J'en ai vu des bonnes aussi... (mais on le fera pas parce qu'on aurait vite fait de passer pour des rageux Smile ))

 
Enirtourenef
   
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fabiend a écrit:
Pareil, j'ai l'impression que (même si ça peut paraître paradoxal), dans l'ensemble, les autoédités écrivent bien plus que les auteurs édités traditionnellement.
Je pense que ça tient au modèle économique. L'auto-édité se gère tout seul, s'il a décidé de publier 5 livres par an il n'est dépendant de personne : il publie 5 livres. Qu'un auteur traditionnel est dépendant de la place que lui feront ses copains éditeurs (mais on trouve quand même des auteurs qui publient beaucoup : je crois qu'Adrien Tomas actuellement publie plutôt très régulièrement, en tout cas j'ai vu son nom poper plein de fois en juste quelques mois ; PIerre Grimbert s'était aussi donné comme objectif de sortir 4 romans).
Et puis, l'autre truc, c'est que l'auto-édité se gère tout seul. Dans ce monde brutes où presque seuls le buzz, l'exclusivité et l'événementiel fonctionnent (suffit de voir que maintenant on vend des bouquins avec un bandeau rouge juste pour écrire dessus "nouveauté !"), l'auto-édité, pour pas sombrer dans la masse, et vivre (surtout s'il vend "moyennement"), a besoin d'avoir toujours du nouveau à vendre à sa communauté, pour la faire grandir et vendre plus. Alors que l'auteur traditionnel, en principe, bénéficie de la com' faite par sa ME. Et quand ta ME c'est Hachette ou Rageot, ben t'as le budget com' derrière (et quand ta ME est plus petite, s'il y a un pro à la barre, même avec un budget serré, en étant un peu inventif, ça peut très bien fonctionner). Du coup, pas besoin d'avoir toujours du neuf à donner.

Et puis enfin, si je veux jouer sur les mots, il y a "écrire" et "publier". J'ai plein de projets dans mon ordi, des sérieux et des moins sérieux que j'avance en parallèle. Sans doute l'auto-édité publie-t-il tout ce qu'il écrit, ou du moins une majeure partie, alors que l'auteur traditionnel non (par choix, par modèle marketing, parce qu'il juge ça pas assez bon, parce qu'il n'en a pas besoin, peu importe la raison).
 
MaxenceSardane
   
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BoiséeNoire a écrit:


Je voulais juste rebondir sur ce petit passage, car je ne trouve pas que ce soit vrai perso... J'ai monté une vraie communauté sur Wattpad, je m'occupe aussi de mon compte Instagram chaque jour (faire une story, préparer des posts, répondre aux commentaires, liker et commenter d'autres posts pour la visibilité...etc.)... et pourtant... bah, je trouve encore le temps de publier 5 romans dans mon année, d'aller à l'université à temps plein, de travailler, de faire de l'infographie freelance... et plein d'autres trucs. Je pense que c'est surtout une gestion d'horaire. Je ne pense pas que de réseauter ou de faire des réseaux sociaux empêche complètement d'écrire Smile

En vérité, les réseaux... ça a l'air d'une GROSSE montagne, mais quand on s'y met et qu'on commence à prendre la main et à y prendre du plaisir, ça devient vraiment moins gros que ce que ça avait l'air au départ je trouve !

Je crois que les deux (réseauter-réseaux et écriture) sont compatibles, même si, c'est sûr, on a tous des vies et des horaires différents !

Je suis assez d'accord avec ça. Moi aussi, je m'occupe de mes nombreux réseaux, de wattpad, Scribay, tout en continuant à écrire beaucoup et à bosser. Après, je suis peut-être dans un domaine (université, mais pas étudiante) où on a beaucoup de temps à la maison, ce qui permet de faire ça. Je sais pas si les gens qui bossent en bureau de 8h à 18h, en magasin ou en resto toute la journée, en se tapant transports + bouchons + gamins ont le temps de cerveau dispo et la force à ça...

Il faut aussi reconnaitre, comme le dit Leah B, que cette méthode des réseaux sociaux et de la publication sur les plateformes marche mieux avec certains genres que d'autres (et auprès d'un certain public qu'un autre - si t'es un daron qui s'adresse aux darons, ça fonctionne moins). Tout ce qui est romance, surtout YA ou romance érotique, marche du tonnerre. Le reste... un peu (beaucoup) moins, il faut le reconnaitre. Et il faut des romans pas trop longs, qui rentrent tout de suite dans le vif du sujet, qui accrochent le lecteur dès le premier chapitre et qui ne soient pas trop denses ou "profonds" dans leurs thématiques ou réflexions, sinon, tu perds les lecteurs ! Un peu comme dans l'édition, en fait ! Du fameux mythe de l'auteur inconnu - Page 6 1f600 Pour ça, c'est une excellente école. Smile Mais attention, certain très bons vont avoir peu de visibilité, pour ensuite exploser une fois qu'ils auront placé leur roman dans la bonne maison. Je pense notamment à Sophie Griselle avec Into the Deep, récemment édité chez Snag. Elle est sur Scribay et faisait son petit bonhomme de chemin sans faire trop de vagues, mais les gens qui la lisaient étaient tous à fond et on savait que son roman était bon, et surtout, calibré pour l'édition.

Enfin, je voudrais rebondir sur ce qu'à dit Enir sur les romans/projets qui dorment sur l'ordi et ceux qui sont vraiment publiables. Ce n'est effectivement pas la même chose. Et, à mon sens, c'est là aussi l'un des problèmes (et l'un des avantages) de l'autoédition : on peut diffuser aussi les choses non calibrées.
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fabiend
   
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Enirtourenef, ton message est intéressant parce qu'en fait je pense, au contraire, que c'est l'édition traditionnelle qui est friande de nouveautés.

L'édition traditionnelle fait de la sortie d'un livre un événement majeur, à coup de buzz, de publicité dans le métro (pour les gros gros "événements"), de bandeau rouge "NOUVEAU ! Achetez ce livre parce qu'il est NOUVEAU ! Pas spécialement bon ou je ne sais quoi, non non : NOUVEAU !") Et puis, évidemment, sitôt publié, sitôt oublié. C'est comme si les livres avaient une date de péremption : au bout de 2 mois, 6 mois tout au plus, on le retire des rayons, pour faire place à la nouvelle NOUVEAUTÉ ! qui sera elle-même jugée obsolète 6 mois plus tard. Et si vraiment un livre fonctionne bien sur la durée, si vraiment les lecteurs se plaignent de ne plus le trouver, l'éditeur médusé ("mais pourquoi veulent-ils ce vieux machin d'il y a 3 ans alors qu'on a des livres qui sont NOUVEAUX ?") finira par céder et proposer une "NOUVELLE édition agrémentée d'une NOUVELLE préface !"

À l'inverse, beaucoup d'autoédités (pas tous, certains tentent de suivre le modèle traditionnel, avec plus ou moins de succès) travaillent à développer leur catalogue. Chaque livre est un article supplémentaire, il y a des nouveautés, évidemment, mais elles n'ont pas plus de valeur que les autres. Parce que la compétition est rude, et que chaque nouvelle sortie est l'occasion de trouver de nouveaux lecteurs, et ces nouveaux lecteurs, même s'ils ne sont pas nombreux, sont susceptibles d'acheter tous les ouvrages de l'auteur (ou une bonne partie) s'ils ont vraiment apprécié celui qu'ils viennent de lire. On ne cherche pas à trouver deux mille lecteurs qui vont acheter un livre unique (et NOUVEAU !), mais à trouver 100 lecteurs qui vont acheter 20 livres. Alors, évidemment, il faut écrire beaucoup pour avoir un catalogue raisonnable, mais le but ce n'est pas de produire de la nouveauté pour le principe de mettre des bandeaux rouges, c'est simplement de faire grossir le catalogue.

Et enfin il y a le modèle Wattpad qui est encore autre chose, bien plus proche de l'approche "feuilletonnante" / pulp fiction des XIXè / début XXè siècles. Paradoxalement, l'approche éditoriale de Wattpad est bien plus traditionnelle que tout le reste. Mais c'est encore un autre modèle, beaucoup plus fluide.
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Enirtourenef
   
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FabienD a écrit:
Enirtourenef, ton message est intéressant parce qu'en fait je pense, au contraire, que c'est l'édition traditionnelle qui est friande de nouveautés.
Oui, mais sur 10 nouveautés il y a 10 auteurs différents, alors qu'un auto-édité, sur 10 nouveautés, doit écrire 10 fois. Du coup, si 10 auteurs traditionnels publient une fois par an, il faut 10 ans pour 10 romans chacun, là où l'auto-édité en sort bah… 10 en un an, du coup !

FabienD a écrit:
mais à trouver 100 lecteurs qui vont acheter 20 livres
Oui, justement ! Il s'agit du jeu de la communauté. Publier 10 livres par an c'est faire acheter 10 livres à sa communauté (mettons 100 personnes) : 1 000 exemplaires (attention, quand j'attaque les chiffres je suis jamais sûre, même quand c'est simple xD). Mais un auteur comme Pierre Grimbert, bien installé, fait ses 1 000 ventes sur un seul ouvrage, donc il n'a pas besoin de publier 10 livres par an. Et donc, l'auto-édité fait grossir son catalogue pour continuer de vendre, parce que sinon, la communauté s'essouffle, parce qu'au bout de 2 mois, 6 tout au plus, tous les acheteurs de sa communauté ont acheté. Donc il faut faire mousser sa communauté. Donc il faut sortir du nouveau, même si d'un point de vue marketing on ne le dit pas comme ça.

En plus, tu as un peu déplacé le débat !
Tu commençais par dire que les auteurs traditionnels publient moins que les auto-édités, c'est à ça que j'ai répondu : pas à la place des ME.
Un auteur traditionnel n'a pas besoin de sortir du nouveau tout le temps et de publier beaucoup.
Une ME, si. Effectivement. Parce qu'il y a peu de lecteurs, trop de livres, et que chaque sortie est une bataille. Mais donc, on revient à ce que je disais au début : elles jouent sur la variété des auteurs, et donc un auteur traditionnel n'a pas besoin de publier beaucoup, au contraire d'un auto-édité.
En fait, le truc c'est que l'auto-édité doit se comparer à l'auteur traditionnel pour le rythme de publication ; mais à une ME pour la vente et la stratégie de vente. ME ou auto-édité : même combat : sortir du nouveau. Dans le premier cas pour le marketing, titiller un public qui lit peu ; dans le deuxième empêcher sa communauté de retomber et de se désintéresser.
 
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Finalement entre le nombre de manuscrit envoyé et la recherche constante de nouveauté, les livres sont noyés, qu’il agisse des manuscrits soumis ou de ceux publiés.
Et il parait évident que le bandeau « nouveauté » sur un Guillaume Musso, sera beaucoup plus vendeur que sur « Jean Dupont », inconnu au bataillon.
Finalement cette quête d’une perpétuelle nouveauté dessert quoi qu’il arrive !
 
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Enirtourenef a écrit:

Un auteur traditionnel n'a pas besoin de sortir du nouveau tout le temps et de publier beaucoup.
Une ME, si. Effectivement. Parce qu'il y a peu de lecteurs, trop de livres, et que chaque sortie est une bataille.

Tout à fait. Et elles ont plutôt intérêt à le faire (surtout les petites), parce que sinon, les lecteurs se disent :" zut, encore un énième livre de X, inconnu au bataillon". T'as des maisons, on dirait qu'ils n'ont qu'un ou deux auteurs au catalogue, et ça donne vraiment une mauvaise image.
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MaxenceSardane a écrit:
Enirtourenef a écrit:

Un auteur traditionnel n'a pas besoin de sortir du nouveau tout le temps et de publier beaucoup.
Une ME, si. Effectivement. Parce qu'il y a peu de lecteurs, trop de livres, et que chaque sortie est une bataille.

Tout à fait. Et elles ont plutôt intérêt à le faire (surtout les petites), parce que sinon, les lecteurs se disent :" zut, encore un énième livre de X, inconnu au bataillon". T'as des maisons, on dirait qu'ils n'ont qu'un ou deux auteurs au catalogue, et ça donne vraiment une mauvaise image.

Je suis complètement d’accord. Mais en même temps, les petites ME ont pas beaucoup « d’auteurs traditionnels » en général… donc même pour elles, si elles ne veulent pas avoir l’image de la maison qui publie 50 auteurs inconnus par an, soit elles limitent leur sortie, soit il peut être mieux vu de republier des auteurs de la maison qui ont été apprécié des lecteurs. Finalement, ça peut fermer aussi leurs portes je suppose. Alors, qu’entre guillemet, les grandes maisons n’ont rien à prouver
 
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Pour revenir au sujet de l’auteur inconnu, il faut essayer de remettre les choses en perspective.

Tout d’abord, le commentaire rapporté par Leah au début de ce fil de discussion ne traduit que l’avis d’une seule personne (en l’occurrence son contact). Ça ne veut pas dire que ça n’a pas de valeur (loin de là). Mais d’autres témoignages, venant d’autres éditeurs, ainsi que d’écrivains publiés, permettent quand même de contrebalancer un tout petit peu cet avis (je dis bien un tout petit peu, guère plus).

Oui, il y a des auteurs inconnus (sans réseau) qui sont publiés par des maisons d’éditions qui ont une certaine renommée, mais en effet, ces auteurs sont très rares. Ce ne sont pas eux qui alimentent les librairies.

Après tout, qu’y a-t-il de choquant là-dedans ?

Il y a évidemment mille réalités différentes dans le monde de l’écriture. Et ces réalités ne communiquent pas forcément entre elles. Écrire du divertissement, de la littérature jeunesse, de la littérature de genre très codée (Young Adult, etc), des livres de commandes, des manuels, des livres de bien-être, des autobiographies de personnalités, tout ça est très très différent et ne fait ni appel aux mêmes savoir-faire, ni aux mêmes publics.

Mais le mythe de l’auteur inconnu, il fait surtout écho (si je ne m’égare pas, et puisqu’on parle des maisons d’éditions à fort capital symbolique) à la grande littérature, à ces textes rares sortis de nulle part, qu’on imagine pouvoir faire partie du canon, ceux qui relèvent d’un travail de fond très personnel, presque inimitable. À ce genre de textes singuliers qui, lorsqu’on les découvre, changent un peu notre manière de voir, notre manière d’être, notre manière de vivre.

À partir de là, tout est question de point de vue, mais bon, tout de même. Des textes comme ça, vous en connaissez beaucoup ?

Personnellement, j’en connais très peu parmi les livres qui sont publiés, et lorsque je lis ou que je feuillette les romans de littérature française, publiés par des éditeurs renommés, la plupart du temps (donc pas toujours, mais très souvent), je trouve ça assez fade, assez vide, assez banal. Je suis plutôt exaspéré que ces textes aient été publiés. Est-ce que c’est dû au fait que les génies anonymes n’ont pas passé la barre du comité de lecture ?

Si on a une légère connaissance de la littérature et de son histoire (ce que malheureusement beaucoup d’écrivains n’ont pas), et si on se place du point de vue des grands livres, des immenses écrivains, force est de constater qu’il n’y en a pas non plus tant que ça. Enfin pas assez pour imaginer que les maisons d’éditions reçoivent des chefs-d’œuvre à tire-larigot, et qu’elles les ignorent pour préférer le livre médiocre du cousin, de l’éditorialiste en vogue ou de la tante de la stagiaire.

Les éditeurs favorisent les circuits internes ou les réseaux de contacts parce que les manuscrits qu’ils reçoivent de l’extérieur ne font pas spécialement de différence, ne se démarquent pas forcément. Et qu’en effet, après, des logiques industrielles sont à l’œuvre. Dans ces logiques, le réseau peut devenir tout à fait prépondérant (et on sait qu’en France, le système des prix, par exemple, sans parler d’une certaine critique, est connu pour être énormément basé sur le copinage, de manière honteuse au demeurant).

Personnellement, je ne crois pas à la légende du grand chef-d’œuvre qui échappe à une quarantaine d’éditeurs qui préfèrent éditer des trucs en vogue complètement bidons à la place.

Il faut aussi rappeler que la plupart des lecteurs (selon le CNL) lisent du développement personnel, des livres pratiques, des mangas et des bandes dessinées. Également beaucoup de littérature de genre. Dans le cas de la littérature générale, ce n’est pas tout à fait sans conséquence. L’exigence n’est peut-être plus la même qu’il y a une cinquantaine d’années.

Il faut donc accepter qu’il existe de moins en moins de lecteurs exigeants (et d’auteurs exigeants). Que la critique elle-même n’est pas en grande forme. Et que si des Dostoïevski ou des Shakespeare en puissance dormaient sur nos terres, il n’y aurait malheureusement pas grand monde pour les lire, donc pour acheter leurs livres (en tout cas beaucoup moins que ceux de Ken Follet, Barbara Steel ou Jim Patterson).

Mais si l’on croit que dorment un peu partout des nouveaux Dickens, des nouveaux Steinbeck ou Dostoïevski, comme le storytelling de la littérature de confinement veut bien nous le faire croire (« tous les Français écrivent »), je pense qu’on nage en plein délire.

Le fait qu’on trouve ça déprimant d’avoir si peu de chances d’être publié fait surtout écho à notre orgueil d’écrivain, celui qui nous fait dire qu’on est un peu spécial, un peu plus que les autres. Et c’est sûrement le maintien d’une boîte noire, d’un domaine inconnu et invisible entre l’envoi des manuscrits et le choix des éditeurs, qui permet aux auteurs de maintenir leurs fantasmes (ou de s’y noyer dedans, c’est à voir). Et qui permet d’entretenir la légende.

Après tout, il y a plein de domaines hyper concurrentiels qui crée le même genre de déceptions (les mondes de l’art, les mondes académiques qui ont été évoqués ici, les mondes du sport professionnel, de la célébrité, de la politique, tous ceux qui ont trait à la visibilité publique)

Il faut également ajouter qu’un chef d’œuvre sous forme de manuscrit, ça n’existe pas vraiment. Un chef d’œuvre ne devient un chef d’œuvre que lorsque le texte a suivi un processus social, lorsqu’il a été apprécié et commenté par un certain public, une certaine critique, et parfois accompagné par le temps. Donc le service des manuscrits lui, reçoit simplement des textes, plus ou moins bons. Et vu que ça nous est tous arrivés, je pense, de lire un soi-disant chef d’œuvre patenté en passant complètement à côté, on peut imaginer ce qu’il en est de simples manuscrits (sans forcément crier au scandale).

Je crois d’ailleurs qu’on véhicule parfois l’idée qu’un grand livre se reconnaît tout de suite. Mais je crois aussi qu’il existe des grands livres qui ne sont pas faciles d’accès et qui ne peuvent s’apprécier qu’à certaines conditions, qu’à un certain prix, qu’à la suite d’un effort parfois tourmenté qui n’a rien à voir avec le contexte d’un service des manuscrits.

Si Ulysse de Joyce était publié sur Wattpad, il ne ferait certainement pas un carton.
 
fabiend
   
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Les chefs-d'oeuvre relèvent de l'exception, par définition. Les auteurs (surtout novices) qui se voient comme les futurs Dickens ou Dostoïevski ou Steinbeck verront forcément leurs espoirs déçus. Et en tant que lecteurs, on en lit peu (forcément, vu qu'ils sont rarissimes).

Et c'est pareil avec tous les arts. On peut être musicien, avoir un niveau correct, et ne pas révolutionner son art pour autant. Ça n'empêche pas de tourner dans les bars et les petites salles, de se faire plaisir, d'en vivre (au moins partiellement) et de faire plaisir à des tonnes de gens.

Je pense (j'ose espérer) que la plupart des gens qui veulent être publiés ne le font pas parce qu'ils sont persuadés d'avoir révolutionné l'art de raconter des histoires, mais simplement parce qu'ils pensent avoir réussi à en raconter une bonne.

Citation :
Si Ulysse de Joyce était publié sur Wattpad, il ne ferait certainement pas un carton.

Et pourtant, Ulysse a été publié de manière épisodique, dans un obscur magazine littéraire qui a fini par être interdit pour avoir publié des obscénités (et les obscénités en question, c'était justement un extrait d'Ulysse). Si Joyce vivait aujourd'hui, l'équivalent, ce serait Wattpad.
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Fourtale
   
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Citation :
Je pense (j'ose espérer) que la plupart des gens qui veulent être publiés ne le font pas parce qu'ils sont persuadés d'avoir révolutionné l'art de raconter des histoires, mais simplement parce qu'ils pensent avoir réussi à en raconter une bonne.

J'espère aussi. Mais pour cela ils pourront être publiés par des petites maisons d'édition. Ils auront peu de chance d'être le mythique auteur inconnu qui apparait chez Gallimard ou les Éditions de Minuit (auteur qui n'existe pas vraiment, ou qui, s'il existe, et cela relance le débat, n'écrit pas vraiment des chefs d'oeuvre. En tout cas chez Minuit, c'est sûr)

Et ceci dit, je pense que le fait d'être persuadé avoir raconté une bonne histoire peut être aussi, parfois, lié à un orgueil mal placé (je le mentionne parce que les gigatonnes de manuscrits indigents reçues par les maisons d'éditions ne sont pas une aide au secteur, ni aux auteurs investis, loin de là, et les gens, parfois, feraient bien de se retenir)

Citation :
Si Joyce vivait aujourd'hui, l'équivalent, ce serait Wattpad.

Je ne suis pas d'accord avec ça. D'abord les dispositifs techniques de diffusion et de valorisation ont complètement changé. La quantité d'information que reçoit un potentiel lecteur (ne serait-ce que sur Wattpad) change la manière de distinguer un texte. Elle facilite la noyade, le fait de se perdre dans le bruit des autres textes, surtout si l'on a pas l'aval d'un cachet officiel, d'une institution.

Ensuite je ne crois pas que Wattpad ait grand-chose à voir avec The Little Review, qui était une revue de connaisseurs, qui reposait sur une certaine philosophie de la critique d'art, qui valorisait certains travaux experimentaux. Pas simplement un truc où tout le monde publiait ce qu'il voulait
 
   
    
                         
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