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 La diversité

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jdoo
   
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karément
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absolute
   
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jdoo a écrit:
oui, sauf si tu crois savoir et qu'au final tu sais pas tant que ça.

Pour savoir il n'y a rien de tel que le vécu.

Sans quoi on tombe effectivement dans les travers décris par DC et VivianW.
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Mariolo
   
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Mariolo  /  Double assassiné dans la rue Morgue


C'est fo, tout a fait faux, je m'inscrit en faut.
Le vécu et la " connaissance " c'est pas pareil.
 
jdoo
   
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jdoo  /  Didon de la farce


ce qui nous condamne à ne parler que de ce qu'on a vécu, sachant que l'on parle dans le cadre d'une fiction, je suis pas sûr que ça soit souvent le cas. En ce qui me concerne j'écris beaucoup sur des sujets que je connais un peu et de loin, mais que je n'ai jamais vécu. Je me vois mal à parler que d'informaticien de 53 ans. Est ce que je suis tombé dans la propagande ou les préjugés ? je te laisse juge. (mais ce n'est pas une invite à t'infliger ma prose)
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absolute
   
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absolute  /  Tycho l'homoncule


Mariolo a écrit:
C'est fo, tout a fait faux,  je m'inscrit en faut.
Le vécu et la  " connaissance " c'est pas pareil.

Si l'on veut jouer avec les mots, le vécu est une forme de connaissance.

Evidemment, il y a une différence entre écrire une fiction historique qui se déroule dans l'antiquité (et qui reposera en partie sur des connaissances historiques) et une œuvre autobiographique qui raconte les péripéties d'un jeune migrant parcourant le Moyen-Orient pour se rendre en France (qui reposera sur le vécu).

Je vois mal quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds au M-O rédiger la seconde. Si ce n'est sur la base de témoignages privilégiés (par exemple : l'Odyssée d'Hakim). Pour la première en revanche, c'est différent. Pas uniquement parce qu'il s'agit d'une fiction. Le contexte est différent. On peut aborder les mêmes thèmes : le racisme, la religion, l'intolérance, etc. Mais en s'affranchissant du monde actuel, on est sans doute plus libre dans la façon d'aborder ces sujets.
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absolute
   
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absolute  /  Tycho l'homoncule


jdoo a écrit:
ce qui nous condamne à ne parler que de ce qu'on a vécu, sachant que l'on parle dans le cadre d'une fiction, je suis pas sûr que ça soit souvent le cas. En ce qui me concerne j'écris beaucoup sur des sujets que je connais un peu et de loin, mais que je n'ai jamais vécu. Je me vois mal à parler que d'informaticien de 53 ans. Est ce que je suis tombé dans la propagande ou les préjugés ? je te laisse juge. (mais ce n'est pas une invite à t'infliger ma prose)

Disons que c'est une affaire de bon sens :
Il y a des sujets plus sensibles (et/ou complexes) que d'autres.
Il y a différentes façons d'aborder un sujet.

Ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est la finalité de nos propos.
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Mariolo
   
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Mariolo  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Ah, je voyais pas le mot vécu comme ça, je pensais à ce discours de certains ( dans la vie, pas ici ) qui pensent que parcequ'on a tel ou tel type de vécu, on est plus sachant et on peut se permettre de l'ouvrir.
 
jdoo
   
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jdoo  /  Didon de la farce


Certes, après le savoir et le vécu, s'il faut en plus que je me fie à mon bon sens, j'ai plus qu'à poser le crayon.
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Damn, ça s'emballe... Chacun écrit sur ce qu'il veut, avec son préjugé et là-dessus je suis complètement raccord avec Mokimy. Là où ça devient hasardeux, c'est lorsqu'une fiction tient place dans un environnement réel (le Moyen Orient, les montagnes du Kilimandjaro... ou même New-York, Berlin ou je ne sais où d'autre) sans que l'auteur n'y est jamais mis les pieds. Et là encore, je ne vois aucun problème à écrire. C'est en crédibilité ou tout simplement en vraisemblance que le texte pâtira. Mais si ce n'est pas le message principal du livre, aucun problème. De grands livres ont été publiés sur la seule base des fantasmes de leurs auteurs sans que l'on s'en offusque.

Là où ça pose problème, c'est lorsque l'on aborde des identités fortes comme un peuple, une religion ou une communauté aux enjeux substantiels (Franc maçons, CIA...) qui ont une influence déterminante sur la fiction. Là, on tombe dans la falsification.

On en revient donc à l'intention. A un beau texte, porteur d'un message profond, on ne reprochera pas ses approximations géographiques, historiques ou sociétales : l'important est ailleurs. A un auteur à succès aux Etats-Unis, Noah Gordon, des historiens reprochent des inexactitudes avec la réalité historique. Pourtant son public en grande majorité se divertit de ses fresques sur plusieurs siècles avec des personnages attachants évoluant dans une Histoire qui les dépasse. On a là les limites du talent : le plafond de ses recherches.

Et c'est pas si grave. Actuellement je lis les exploits du docteur d'Himmler durant la seconde guerre mondiale. Un doute réel existe sur la véracité de ces prouesses. Sachant cela, que reste t-il à ma lecture ? La force du soulagement physique face aux convictions les plus profondes. Etait-ce l'intention de l'auteur ? Sommes nous toujours, lecteurs, au diapason des aspirations de l'auteur ? On prend ce que l'on veut d'un livre, et retient ce qui nous interpelle. Tant pis s'il nous aiguillonne sur un mauvais chemin, à nous d'aller plus loin.
Laissons aux écrivains toute liberté d'écrire, aux lecteurs la liberté de s'instruire. La postérité, et bien avant cela la presse spécialisée, en jugera.
 
absolute
   
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absolute  /  Tycho l'homoncule


jdoo a écrit:
Certes, après le savoir et le vécu, s'il faut en plus que je me fie à  mon bon sens, j'ai plus qu'à poser le crayon.

Tu m'as l'air tout à fait sensé Smile

Qu'on se comprenne bien, moi aussi j'aborde un tas de sujets que je ne maîtrise pas de bout en bout, que ce soit à travers une intrigue secondaire ou quelques dialogues.

Mais pour en revenir à mon exemple, je ne me verrais pas écrire tout un roman sur un jeune migrant en route vers la France. L'histoire n'est plus seulement un sujet d'actualité, elle renvoie à un vécu qui n'est pas le mien. Je serais bien incapable d'écrire une telle histoire, de faire en sorte qu'elle sonne juste et qu'elle rende compte d'une réalité.

Quoi qu'il en soit le savoir et le vécu sont de précieuses sources d'inspiration.
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pas suivi tout mais d'accord qu'on peut pas uniquement écrire sur ce qu'on a vécu (sinon, il n'y aurait aucun récit historique). Je fais confiance au lecteur pour se dire "Attend, il écrit sur le racisme alors qu'il est blanc" et mettre la distance nécessaire. La pluralité des éclairages sur un sujet n'est pas inintéressante, d'autant que les concernés auront souvent des biais.
 
Enirtourenef
   
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Si je peux apporter ma pierre un peu inutile à cette conversation très intéressante je dirais que le vécu et la connaissance se complètent. Certes, en tant que personne blanche je n'aurais jamais le vécu du racisme qu'une personne noire ; en tant que hétérosexuelle je n'aurais jamais le vécu de l'homophobie qu'une personne homosexuelle. Ce qui ne m'empêche pas d'écouter, de lire, les témoignages des uns et des autres et d'aller regarder du côté des psychologues, des sociologues, plus globalement des sciences sociales pour voir ce qu'ils en disent. Et je peux avoir un vécu de ces discriminations même si elles ne me visent pas. Par exemple quand j'étais au collège, une bande de pétasses (genre vraiment la caricature des pétasses de collèges, sans déconner) se moquaient d'un camarade gay à grands renforts d'éclats de rire et de "t'es sûr que tu vas dans le bon vestiaire ? hahahah" (hilarant). Ce camarade était un ami, ces moqueries même si elles ne me visaient pas m'ont touchées aussi.

En fait, je dirais que c'est une histoire de sensibilité, plus que de vécu. Et qu'on a pas à trancher, pour reprendre l'exemple que j'ai utilisé dans mon dernier billet de blog sur les sensitivity readers,  qui est plus légitime pour parler de racisme entre un Monsieur Toutlemonde d'origine camerounaise et un sociologue blanc.

En plus, les émotions humaines sont limitées donc j'ai envie de dire peu importe qu'on ait vécu ou pas une situation précise si l'on a vécu les émotions que ça implique : la fierté, la honte, la joie, la tristesse, la frustration, la colère... Et donc on en revient à la question de la sensibilité.

Et puis, pour finir sur la sensibilité, je ne suis pas qu'une femme blanche, sans handicap, jeune, hétéro et cisgenre. J'ai la trouille de la trahison, du rejet, j'ai du mal à faire confiance, je tiens à l'honneur... c'est aussi tout cela qui me définit. Donc dire que je ne pourrais pas écrire sur l'esclavage parce que je ne suis pas Noire... Oh ! Et puis soyons sérieux, l'esclavage ce n'est pas que le commerce triangulaire. On connaît l'esclavage à Rome dans l'Antiquité (en même temps vaut mieux parce que vers la fin ils avaient coopté dans leur Panthéon tellement de dieux qu'il y avait plus de 300 jours fériés par an !). Mais on en trouve en Mésopotamie au moins vers 1750 avant J.-C. (mention sur la stèle du Code de Hammurabi). Et bon... si je dois remonter mon arbre généalogique jusque-là autant dire que c'est impossible. Or, l'esclavage, même s'il a ses particularités en fonction des lieux, des époques, des administrations, etc. ça reste de la privation de liberté, ça reste faire d'un être humain la propriété d'un autre, et donc on peut très bien écrire sur des esclaves (je parle en plus pour la fantasy, genre que je lis le plus et que j'écris le plus, et qui offre beaucoup de libertés de ce point de vue). Bref.

Tout ce que je veux dire c'est que c'est une question d'émotions. Et que les émotions humaines sont universelles.
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C'est un sujet vachement intéressant !
Je pensais être très eurocentrée aussi et puis mon éditrice m'a appelée en me disant ''ton héroïne est racisée (je connaissais même pas le mot), c'est bien, ça change. On va le mettre en avant.''
Pour moi ça n'était pas un truc si important, c'était comme ça et voilà (un peu comme la jeune fille noire).
Certains lecteurs ne l'avaient même pas remarqué...
J'étais donc la première surprise d'avoir fait preuve de diversité dans mon écriture... tout ça pour dire que je pense que l'important c'est de ne pas nier la société dans laquelle on vit, mais on n'est pas non plus obligé d'écrire intentionnellement sur des personnages de minorités. Pour autant, ça m'a fait réfléchir cette histoire et j'ai décidé d'inclure des personnages aux origines variés de façon plus ''systematique''
 
Enirtourenef
   
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Je pense que ce que tu dis est super important et c'est ce qu'on devrait toujours rechercher : le personnage est noir/gay/en fauteuil roulant/violet à pois jaune parce que c'est comme ça et pas parce qu'il faut mettre de la diversité. Et presque le trouve ça dommage (même si je le comprends d'un point de vue marketting) d'insister sur le fait que ton personnage sois racisé alors que ce n'est pas le propos et qu'on s'en fiche. Justement, le faire passer comme quelque chose de normal me paraît plus pertinent que de le mettre en avant.
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Yaëlle M.  /  Hé ! Makarénine


Je suis assez d'accord avec toi ! Je ne vois pas l'intérêt de l'utiliser comme argument marketting, même si je le comprends. Heureusement ce n'est pas le coeur du roman et donc la promo insistera sur le vrai fond du sujet ^^
 

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