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 La diversité

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DC
   
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DC  /  Gueule d'ange et diable au corps


Même sur un plan plus léger, avec des oppressions qui ne sont pas d'un niveau comparable au racisme, j'ai lu pas mal de polars qui se passaient en Corse.

Et j'ai vu la différence entre des polars écrits par des "français", des continentaux comme I Cursini d'Alix Deniger (une caricature) ou Têtes de maures de Didier Daeninckx et ceux qui ont été écrits par un corse, quelqu'un qui vit sur l'île à savoir Antoine Albertini (correspondant du Monde en Corse, à la tête de la collection Les invisibles chez JCLattès) "Malamorte" et "Banditi". Franchement c'est le jour et la nuit.

Dans le premier cas, on est en plein "regard français" avec tout son lot de stéréotypes et de condescendances sur les corses arriérés, aliénés, fainéants, violents, mafieux... Et on reste à la surface, notamment sur les structures sociales et économiques. Ils sont violents parce qu'ils sont violents et parce qu'il y a eu le FLNC. Wah Bravo Levy Strauss, beau travail d'enquête. Chez Albertini au contraire, on voit bien le bouleversement anthropologique provoqué par la percussion brutale entre les vieilles structures féodales et claniques avec le capitalisme roi, dérégulé, la mise en place d'une économie résidentielle basée uniquement sur le btp, les grandes surfaces et le tourisme...

Et ça c'est sur un truc "léger" comme les rapports Corse-France, la domination induite...

Mais vous imaginez quand c'est des enjeux de racisme dans la production littéraire alors ?

Citation :
Dans cette problématique de diversité, il me semble qu'on veut faire retomber sur l'auteur des questionnements qui devraient ne reposer que sur l'éditeur, car c'est bien l'éditeur qui décide de qui est publié, de quel type d'histoires sont publiés et de la représentation des dites histoires. Si l'éditeur veut plus de diversité, c'est à lui de choisir les livres conformément à ses critères.
Moyennant quoi, l'auteur derrière écrit ce qu'il veut. Je veux dire si je veux écrire un livre homophobe et raciste, tant qu'il n'est pas publié, ça ne nuit à personne (sauf éventuellement à mes bêtas lecteurs et je vais perdre des amis), le problème c'est si ce livre est publié mais dans ce cas, pourquoi rejeter toute la faute sur l'auteur et pas sur l'éditeur qui a sélectionné ce récit ?

La faute elle doit être sur les deux, on n'a pas mis non plus un flingue sur la tempe de l'écrivain pour qu'il écrive un texte raciste ou homophobe
 
Séléné.C
   
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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


jdoo a écrit:
Mais au final on a toujours dans ces albums un peu de cliché limite-limite (sur les japonais, ou les Chinois dans le lotus bleu, ou les Africains dans coke en stock où les dialogues des noirs ont été changé, car jugé particulièrement dégradant
En même temps, il y a beaucoup de personnages de tous bords qui ont des côtés un peu caricaturaux, dans Tintin, Des personnages importants comme le capitaine Haddock, Tournesol, les Dupondt ou la Castafiore. D'autres plus ponctuels, Aristide Filoselle, le pock-pocket collectionneur (collectionneur paumé et passionné) ou le richissime Carreidas.
C'est le cas de beaucoup d’œuvres pour enfants, pour la simple raison qu'on y opère une simplification. Les enfants ne sont pas aussi sensibles aux nuances que les adultes : c'est quelque chose qui vient petit à petit.

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jdoo
   
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jdoo  /  Didon de la farce


Oui tu as raison, Et puis ce sont des œuvres d'une autre époque avec leurs influences, la censure et les sensibilités du moment et on sera effectivement moins choqué parla caricature faite sur la communauté de l'auteur que celles faites chez les autres.
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VivianW  /  Gloire de son pair


Heu... feignez vous d'ignorer que le Hergé était raciste ?

Je me demande bien ce qu ils en penseraient, les journalistes de Charlie, de vos craintes de heurter. En fait je crois qu'ils ont réglé la question il y a bien longtemps et c'est là toute la différence entre la.provocation gratuite et l'oeuvre a message. Priver le public de discernement c'est mettre en doute son intelligence et, plus grave, sa liberté. C'est parce que l'on se soucie éternellement du regard d'autrui qu on avance pas. Devant une oeuvre polémique il y
a malhonnêteté dans les deux camps : celle d'un public qui feint l'intention artistique ou haineuse et celle de l'artiste qui se prévaut de la liberté d'expression pour diffuser un message idéologique. Et dans tout ça, dans la.grande majorité des cas, il y a tou5 un tas d'oeuvres qui passent crème parce que leur auteur comme leur public ne se risquent pas a réfléchir
 
jdoo
   
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jdoo  /  Didon de la farce


Mais la liberté de pensée n'implique pas forcement que l'on doive choquer systématiquement ?
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VivianW  /  Gloire de son pair


Non, heureusement. Le terme même "choquer" est équivoque : est ce un moyen ou une fin ? La réalité est choquante. Doit on l'occulter pour le confort d'autrui ? Tu te rappelles le début de polémique sur mon roman... des lecteurs qui ont, tête baissée, foncé sur un extrait blindés de leurs 'indignations. Tu es bien placé pour savoir qu'elles sont infondées. Tout est intention. La réduire, la maquiller ou pire, la taire, c'est réduire la production littéraire au consensus, et faire l'economie d'une réalité qui nous échappe. Le respect peut s'obtenir autrement qu'a grands coups de sucrettes dans la soupe de l'autre
 
Mariolo
   
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Mariolo  /  Double assassiné dans la rue Morgue


La diversité, comment, le récit, l'écriture ?

Bonne question, je dirais : Ça dépend !
C'est tout pour moi.

Si tu veux parler de gens que tu ne connais pas, de choses que tu ne connais pas, je me renseignerai un minimum, avec internet c'est pas mal facilité. Parceque l'on a tous des préjugés et qu'il est bon de les mettre à l'épreuve un minimum.
Mais même en étant bien renseigné, ou en vivant le truc, on posera par écrit notre sentiment de la réalité qui se confrontera avec le sentiment de la réalité du lecteur qui croit dans tel ou tel cas être bien renseigné lui, ou vivre le truc. On peut pas écrire la vérité, mais on peut se rapprocher du réel. En tout cas pour moi cette démarche de chercher à s'en rapprocher est indispensable.
Zola c'est un bon exemple, il connaissait sûrement pas le milieu des couvreurs, des financiers, des halles ou des mineurs.
Par contre il se renseignait énormément pour écrire quelque chose au plus près de ce qu'il observait.

C'est un peu pareil pour les gens, moi je vois, j'écrirais jamais sur les limougeauds. Je suis dans le plus beau pays du monde, la Bretagne, est des villes étrangères comme Limoges, c'est aux antipodes de ma vie, déjà là bas y z'on de l'eau fade, sans sel, ya du maïs partout et des routes toute droite, y'a pas de falaises et les gens ne produisent que de la porcelaine et des femmes politiques qui font de l'abus de bien sociaux.
Bah je vais quand même pas écrire ça sur papier, ou sur le web mondiale, on me prendrai pour un fou, voir un intolérant, et ça je ne peux pas me le permettre.
Par contre si j'avais besoin de faire ça, écrire sur Limoges, je me renseignerai un peu, voir même j'irai mettre mes vaccins à jour pour aller à Limoges.

Ya une journaliste qui a bossé comme femme de ménages dans un paquebots pour écrire un livre dessus après. C'est pas évident ça je trouve, c'est un peu courageux et malhonnête à la fois.

Si la diversité dont son issu les gens, dont tu parles dans ton récit n'a pas d'influence sur ton récit, là moi je dis, fait ce que tu veux. Tu peux être un gros con ou un passionné de poignées de portes , et être Serbe ou Limougeaud, veuf ou grosse, borgne ou végétarien.
 
jdoo
   
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jdoo  /  Didon de la farce


vivianw : Tout est intention. La réduire, la maquiller ou pire, la taire, c'est réduire la production littéraire au consensus, et faire l’économie d'une réalité qui nous échappe. Le respect peut s'obtenir autrement qu'a grands coups de sucrettes dans la soupe de l'autre => ça on est bien d'accord, et en la matière on fait ce qu'on peut avec les moyens du bord, mais si on doit parler de la culture de l'autre, du moins quand on doit parler de quoi que ce soit, il faut tout de même essayer d'être le mieux informer possible. Peut être que le consensus mou est détestable, mais la polémique mal fondée l'est aussi. Il me semble qu'on ne peut pas dire 'tiens il y a consensus alors c'est forcement de la complaisance".
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VivianW  /  Gloire de son pair


Le principe du débat c'est de ne pas sombrer dans les extrêmes non plus... Un auteur qui fonde son texte sur une culture qui lui est étranger à tout point de vue ne trouve logiquement pas d'éditeur... sérieux. Ou alors c'est de la propagande. De quoi parle t-on ici ? Personnellement le curseur de ma réflexion reste calé sur ce principe des sensivity readers.
 
jdoo
   
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jdoo  /  Didon de la farce


tu veux dire qu'un éditeur va systématiquement écarter un texte de fiction si l'auteur parle d'une culture qui n'est pas la sienne ?
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VivianW  /  Gloire de son pair


Citation :
Un auteur qui fonde son texte sur une culture qui lui est étranger à tout point de vue ne trouve logiquement pas d'éditeur... sérieux. .
= sans investigation, immersion... investissement en profondeur, un texte perd toute pertinence. Sauf a propager un amas de préjugés (=propagande).
 
Mokkimy
   
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Mokkimy  /  Maîtrise en tropes


Qu'est-ce qui n'est pas préjugé, en fait ?

L'investigation, l'immersion et l'investissement en profondeur n'y changent pas grande chose dans le fond.

Pour moi, tous les romans de fiction sont des amas de préjugés de l'auteur. Mais ça n'est pas grave, ça ne m'empêche pas de les lire et de les apprécier (ou d'en écrire), tout en sachant qu'il s'agit d’œuvres non réalistes.


Dernière édition par Mokkimy le Ven 30 Oct 2020 - 17:29, édité 1 fois
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absolute
   
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absolute  /  Tycho l'homoncule


Mokkimy a écrit:
Qu'est-ce qui n'est pas préjugé, en fait ?

L'investigation, l'immersion et l'investissement en profondeur n'y change pas grande chose dans le fond.

Pour moi, tous les romans de fiction sont des amas de préjugés de l'auteur. Mais ça n'est pas grave, ça ne m'empêche pas de les lire et de les apprécier (ou d'en écrire), tout en sachant qu'il s'agit d’œuvres non réalistes.

Préjuger c'est juger sans savoir.

On peut donc penser que celui qui connaît son sujet ne préjuge pas. Il porte un regard certes partial, subjectif - mais aussi fondé ! - sur un sujet qu'il maîtrise.
https://www.flickr.com/photos/jonathan_martz/
 
jdoo
   
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jdoo  /  Didon de la farce


oui, sauf si tu crois savoir et qu'au final tu sais pas tant que ça.
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Mariolo
   
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Mariolo  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Fo douté de ses connaissances gro ( et toujours se relire )!
 

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