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 Je suis obsédée par la publication et ça m’empêche d’écrire.

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Madra-Bhan
   
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Madra-Bhan  /  Barge de Radetzky


Bonjour,

Je poste ici mes doutes, c’est un peu le but. Pour vous résumer les faits, il y a deux ans et demi j’ai participé à un concours de nouvelle, pour une anthologie. Mon texte a plus à l’une des éditrices. Elle m’a proposé d’en faire un recueil de nouvelles et de l’éditer. Ce n’était qu’une micromaison d’édition, mais j’avais touché le Saint-Graal. La publication. Il m’a fallu un an de plus pour écrire toutes les nouvelles du recueil et l’envoyer. C’était il y a un an et demi. Le recueil n’est toujours pas publié, car mon éditrice est tombée gravement malade. Aujourd’hui pas de publication et un recueil qui attend dans un tiroir.

J’ai écrit un autre roman et je suis en cours d’écriture de son tome 2. Je l’ai proposé à une maison d’édition, il a été refusé.

Je suis paumée. Je sais ce que je devrais faire. Terminé le tome 2, bien corriger mon tome 1 et chercher un éditeur. Mon problème n’est pas là. Le marché de l’édition est saturé et quand on est un jeune auteur c’est encore plus difficile. Commencer par faire simple. Un roman stand Alone court. Albert Camus a publié l’étranger avant la peste. Tolkien le Hobbit avant le seigneur des anneaux. Stephen King Carrie avant la Toure sombre.

Je suis consciente de tout ça, mais je n’y arrive pas. C’est toujours dingue, ça va toujours trop loin. Dans le refus que j’ai reçu de la maison d’édition, il précise des difficultés à se repérer sur le plan spécial temporel. J’ai aussi le défaut à démarrer un projet sans rien préparé. Et les trop grandes références mythologiques les ont perdues. Quand je vous dis que j’en fais trop.

J’en arrive à un stade où être publié la motivation primaire d’écrire et je sais que ce n’est pas bon, qu’il ne faut pas penser comme ça.

Je sais plus vraiment quoi faire et ça me rend très triste.

Merci pour votre lecture
https://www.wattpad.com/user/Elsa_Capdevila
 
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Salut,

Je vais dire des trucs. Prends-les, prends-les pas. J'en parle comme ça.

As-tu un débouché à ton écriture, un moyen d'envoyer tes mots dans le monde, autre que l'édition traditionnelle ?
Par exemple, as-tu des gens dans ta vie qui savent que tu écris, qui sont contents pour toi que tu écrives, qui te lisent et qui aiment te lire ? Voire des gens à qui tu rends la pareille ?
Autre exemple, serais-tu fermée à l'idée de publier des écrits gratuitement dans le grand océan du web, voir si quelqu'un tombe dessus et aime, peut-être sans que tu le saches jamais ?
Vis-tu en ville et, dans ta ville, connais-tu et fais-tu partie de groupes d'écriture, de cercles littéraires, d'ateliers créatifs, etc. ?
Est-ce que tu te souviens de ce qui faisait de l'écriture une source de joie ou d'apaisement ou en tout cas de quelque chose de suffisamment puissant pour te faire rester devant ton ordinateur à taper au clavier pendant de longues minutes d'affilée ? De pourquoi tu voulais partager tes textes avec le monde ?
Et, question piège : ressens-tu de la pression à "rentabiliser" le temps que tu as consacré à écrire en transformant en carrière le fruit de ta production créative le plus vite possible ?

Je pose ces questions parce que j'ai l'impression en lisant ton post que tu es en souffrance, et que tu ne peux pas compter sur l'édition traditionnelle pour apaiser cette souffrance : elle n'est pas ton amie, au mieux elle est ton alliée, parce que c'est une industrie culturelle composée de membres épars ayant pour but de ne pas perdre d'argent afin de ne pas se retrouver dans une spirale de dettes qui mettrait la vie de ses employés en danger. L'édition traditionnelle est parfaitement capable de survivre sans jamais te publier, sans jamais tenir compte de tes sentiments. C'est pour cette raison très autocentrée que "ce n’est pas bon, qu’il ne faut pas penser comme ça", comme tu le dis si bien.

Je pense que déjà, rien que le fait que tu te rendes compte que ça ne va pas, c'est un bon signe. Tu sais, tu n'es pas spécialement maudite en tout cas : des éditeurs qui ont des accidents de la vie et qui mettent l'intégralité de leurs projets éditoriaux à l'arrêt, c'est arrivé à beaucoup de gens. Des tomes 1 de cycles romanesques refusés, c'est arrivé aussi à beaucoup de gens, même installés (ça a créé le conseil-type "proposez d'abord un roman unique et une fois que vous aurez fait vos preuves vous pourrez proposer vos sagas SF en douze tomes"). Juste parce que tu en es à ce point-là aujourd'hui ne veut pas dire que c'est le point le plus éloigné où tu iras. I love you

Je te souhaite de trouver les ressources en toi ou ailleurs pour aller mieux, et un bon dimanche.


Je tiens un blog d'écriture
http://anowan.blogspot.com/
 
Radischat
   
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Coucou !
Je vais essayer de te rassurer sur plusieurs choses. Pour commencer, « on dit » souvent que publier une saga est impossible de nos jours et qu’il faut forcément écrire des one-shot pour ne serait-ce qu’espérer avoir un contrat en tant que primo-édité.e. La vérité est plus nuancée ; certes les maisons sont frileuses avec les séries mais ça ne ferme pas toutes les portes — surtout qu’on ne parle pas d’un projet d’une dizaine de tomes pas encore écrite, c’est une duologie déjà prête, donc tu gagnes des points. Tu peux très bien retravailler ton tome 1, finir ton tome 2 et te lancer dans l’aventure éditoriale, c’est pas interdit, et tu auras peut-être des réponses.

C'est peut-être cette idée qui te bloque aussi, devoir faire des projets "publiables" alors que t'as déjà un projet qui est en cours : là, le plus simple pour toi, le plus utile pour ton cheminement en tant qu'auteure, ça reste de continuer sur ta lancée et de voir où ça mène. Ce n'est pas "aller trop loin" que de suivre et de finir son projet, c'est même très bien. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est avec des romans terminés qu’on prend confiance en ses capacités d’écriture. S'il faut que tu ailles "loin" pour terminer tes manuscrits, alors va "loin". Je vais appuyer sur ce point : écrire c’est surtout apprendre à écrire. Chaque nouveau projet, c’est pareil. On teste et on affine notre style, nos intrigues, nos personnages, on découvre des manières de faire et de dire. Vouloir publier, c'est pas un mal, mais il faut avoir conscience que certains textes ne resteront que de jolis brouillons, que tout ne sera pas publiable, que tout ne marchera pas, et qu'il ne faut donc pas mettre tous ses espoirs dans un texte. Il vaut mieux pratiquer l'écriture avec des projets qui nous tiennent à coeur sans partir d'une principe que tous finiront en librairie, les textes peuvent avoir d'autres parcours.

Le retour que tu as eu de la maison est très précieux : tu sais sur quoi travailler, ce sont des pistes de réécriture. Mais ce n'est l'avis que d'une maison, je rappelle qu'une "salve" d'envois réaliste, ce serait au moins une dizaine de maisons. Il faut s'habituer aux refus parce que pour chaque réponse positive, il y a des dizaines et des dizaines de "non", il faut s'accrocher.

EDIT : J'avais rédigé ce message avant celui d'@now@n mais je plussoie tout ce qu'elle dit.


Citation :
ARTICLE L132-2 DU CPI : "Ne constitue pas un contrat d'édition, au sens de l'article L. 132-1, le contrat dit à compte d'auteur."


Je suis obsédée par la publication et ça m’empêche d’écrire. Capture_decran_2021-10-24_a_18.21.26
 
CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


salut, c’est rare de trouver une ME qui accepte de publier un recueil de nouvelles d’un jeune auteur inconnu, mais ça arrive, surtout de petites ME. En voyant le bon côté des choses, tu as un recueil de nouvelles, donc, beaucoup de nouvelles déjà écrites et individuellement prêtes pour participer à des concours de nouvelles ou appel à textes si certains correspondent à tes histoires ? C’est un processus mais petit à petit si tes nouvelles sont sélectionnées et publiées tu peux rencontrer des éditeurs etc… Et je te dis ça en connaissance de cause parce que j’ai une nouvelle qui a été sélectionnée et publié à un concours 20 ans après que je l’ai écrit. 😄😄 Après oui pour ton roman il faut envoyer à énormément d’éditeurs, personnellement j’ai du envoyer à une trentaine voir plus et déjà plus de 25 refus. Je comprends la période que tu traverses je ressens un peu qq chose de similaire en moins intense peut être. Mais je pense que ça reste une période. A mon avis essaie de lâcher prise, consacres toi à autre chose qui te plaise si tu n’as plus envie d’écrire, et l’envie reviendra d’elle même a priori.
 
Madra-Bhan
   
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Un grand merci pour vos réponses qui m’ont remonté le moral.

Pardon Now@w de t’avoir inquiété ce n’était pas le but. Je publie sur wattapd, ça a son petit succès. Je suis entrains de réfléchir à publié sur un blog (Word presse ou autre) pour avoir plus de liberté de mise en page.

Je crois que c’est la déprime entre deux projets. Ce moment où on a le sentiment que l’on n’écrira plus jamais rien. Avec ce tiraillement entre ce qui est faisable et le rêve. Je suis bien consciente sur la réalité des éditeurs. Des fois, je me demande si je ne vais pas le posté sur amazone pour pouvoir en imprimer un pour moi. Je n’ai pas vraiment trouvé d’imprimer qui propose des tarifs non exorbitants pour une seule impression. Comme ça j’aurais mon livre et je serais contente. :mrgreen:

Il faudrait que je me mette sérieusement à la correction du tome 1, que je pourrais transformer sans effort en stand alone.

Merci encore pour votre aide.
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Profsamedi
   
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Bonjour Madra-Bhan

En te lisant, j'ai une question qui me taraude et sauf a avoir mal lu, je n'ai pas trouvé de réponse dans ce que tu dis : Pourquoi vouloir être éditée ?
Tu trouveras des éléments de réponses ici.

https://www.jeunesecrivains.com/t57183-pourquoi-vouloir-etre-edite

Si tu arrives à répondre à cette simple question, il se pourrait que ça t'aide à comprendre ta démarche et à la corriger ou l'accepter. Wink

En toute amitié, Philippe.
 
Madra-Bhan
   
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Madra-Bhan  /  Barge de Radetzky


Bonjour ProfSamedi,

J’espère que tu te portes bien. Je vais aller lire ton lien, mais je préfère répondre à la question avant pour ne pas être influencé. Je dirais pour la reconnaissance de mon travail. Pour avoir un machin avec mon nom écrit dessus. Un poil narcissique j’en conviens. Que quelqu’un d’autre reconnaisse la valeur de mon travail, c’est pour ça que je n’ai pas envie de m’autoéditer et que je pose en ligne en attendant. J’aime raconter des histoires, les avoir dans un Boucain, c’est chouette. Ça fait aussi une belle motivation pour se lever le matin, c’est aussi socialement positif de dire que tu es auteur.

Autre chose, je suis dyslexique, les mots et moi on est pas copains. Écrire sans fautes c’est un sacré combat. Je suis aussi bibliothécaire, le livre c’est ma vie. Ça a été tellement dur d’apprendre à lire, à écrire. C’est un entrainement, ça m’oblige à continu de travail, de pouvoir dire à la face du monde, je l’ai fait. De pouvoir tenir la preuve, entre ces mains.

Un mélange entre le narcissisme, la volonté puissance et une affirmation du moi, je dirais.
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Azaby
   
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Coucou !

Je ne vais pas rajouter une couche sur le terrain déjà bien balayé par les autres, qui ont apporté des retours très pertinents pour te rassurer !

J'aimerais en revanche m'attarder sur cette difficulté (qui est à mon sens la plus énorme du métier d'écrivain) qui est ce vertige à l'idée de n'être jamais publié. C'est une espèce de doute existentiel, qui nous fait douter de nos compétences, voire même de notre valeur en tant qu'être humain, puisque ce qu'on crée est intimement connecté à ce qu'on est. What a Face

Il m'est avis que n'importe qui souhaitant réellement éditer et s'en donnant les moyens finira par y arriver.

Il est néanmoins important d'accepter que ce succès ne vient pas toujours de suite. Et ces questions d'égo (car on met toujours un peu d'égo dans nos ambitions d'auteurs/autrices :p ) doivent être tempérées pour ne pas devenir douloureuses.

Tu es face au premier mur que se mangent tous les aspirants-auteurs : celui qui veut te faire croire que l'édition est inaccessible. En réalité, elle ne l'est pas, mais elle nécessite deux armes qu'on n'a rarement l'opportunité d'affûter dans nos vies, la remise en question et la patience.

Il est essentiel, je pense, de se recentrer sur le plaisir d'écrire. Il est rare d'éditer son premier ouvrage, et il est difficile de se remettre en selle après avoir essuyé un "échec" éditorial. Je crois très sincèrement que tu finiras par publier, mais je pense que ce qui te frustre, c'est plutôt la perspective de ne pas publier "maintenant" après tous les efforts fournis.

C'est là qu'il faut travailler. Accepter que les choses ne viennent pas toujours maintenant, qu'il leur faudra peut-être cinq ou dix ans avant de se goupiller dans le sens que tu espères. C'est très difficile à admettre, parce qu'il y a autour de nous (surtout quand on traîne un peu sur le net des écrivains Laughing ) des gens qui réussissent là où on échoue, qui décrochent des succès qui nous rendent parfois envieux/envieuses, qui atteignent leurs objectifs après une bataille moins longue que la nôtre...

Il est primordial d'apprendre à s'en foutre. Razz

Parce que l'écriture, c'est comme la course à pied. C'est avant tout une progression personnelle, pleine de hauts et de bas. Il n'y a que toi qui puisses sentir dans ton corps ou dans ton âme les progrès parcourus. Tu ne te bats pas contre les autres, tu ne te bats pas non plus contre toi, tu te bats avec toi contre tes propres limites. La dyslexie peut en être une (et l'un de mes auteurs fétiches étant dysorthographique, je peux t'assurer que ça ne te condamne pas à un échec d'un point de vue éditorial :p ), la difficulté à gérer les mois qui passent aussi, l'impuissance face aux refus des maisons peut en être une autre.

Mais l'écriture, comme la course à pied, ne peut te faire du bien que si tu la pratiques dans un respect de toi-même. Essaie de voir comment tu peux retrouver du bonheur, de la présence positive, dans l'acte d'écriture.

N'abandonne pas l'idée de publier, au contraire ! Si c'est ton rêve, garde-le contre toi. C'est lui qui te donnera la force de persister. Par contre, je pense que tu devrais laisser au placard cette obsession de publier rapidement. Tes contrats arriveront un jour, si tu écris, persistes, apprends de tes erreur. Mais ne ruine pas d'ici là ton plaisir de créer.


 
HilnaMacPhom
   
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Azaby a écrit:

Il m'est avis que n'importe qui souhaitant réellement éditer et s'en donnant les moyens finira par y arriver.

Non, c'est faux. On ne peut pas faire de statistiques sur tous ceux qui essaient trente ans et n'y arrivent jamais, parce qu'on ne compte que les gagnants,
on est contents de pouvoir dire "regardez, il a essayé vingt ans et a fini par y arriver, vous aussi vous pouvez, ne lâchez rien, croyez en vos rêves, bla bla!"
mais alors,  on oublie le gars qui essaie depuis 40 ans et est toujours dans son fauteuil parce qu'il a pas réussi
cf https://youtu.be/Y8fO3e8P0_A

(et si la réponse est "oui mais il a pas vraiment essayé" : ceux qui ont réussi non plus)
 
Azaby
   
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Azaby  /  Effleure du mal


HilnaMacPhom a écrit:
Azaby a écrit:

Il m'est avis que n'importe qui souhaitant réellement éditer et s'en donnant les moyens finira par y arriver.

Non, c'est faux. On ne peut pas faire de statistiques sur tous ceux qui essaient trente ans et n'y arrivent jamais, parce qu'on ne compte que les gagnants,
on est contents de pouvoir dire "regardez, il a essayé vingt ans et a fini par y arriver, vous aussi vous pouvez, ne lâchez rien, croyez en vos rêves, bla bla!"
mais alors,  on oublie le gars qui essaie depuis 40 ans et est toujours dans son fauteuil parce qu'il a pas réussi
cf https://youtu.be/Y8fO3e8P0_A

(et si la réponse est "oui mais il a pas vraiment essayé" : ceux qui ont réussi non plus)

Je ne suis absolument pas d'accord.
Je ne connais d'ailleurs personne, à l'heure actuelle, avec les moyens de renseignement actuels, qui ait essayé pendant 10 ans d'éditer sans succès. Certes, je suis biaisée : je ne connais pas tout le monde, les éternels refusés se font généralement discrets sur les réseaux... je vais donc reformuler un peu : quiconque s'étant renseigné solidement sur le monde de l'édition et persistant à créer finira, sauf cruelle exception (liées à des situations de vie, de santé, ou que sais-je), par éditer. Peut-être pas au bout de la première, ni de la troisième fois... mais il faut arrêter de fantasmer les probabilités en matière d'édition. Bien sûr, on entend parler du "1 chance sur 1000 d'être publié chez Gallimard", ou autres stats effrayantes. Mais là aussi, et surtout là d'ailleurs, il y a des biais.

Ecrire est un métier, exigeant et injuste par bien des aspects. Mais c'est un métier, avec ses portes d'accès que l'on peut apprendre. Ce n'est pas un biais du survivant, plus une connaissance des portes d'entrées dans le milieu.

Publier dans une maison décente ne réclame ni une chance extravagante, ni un talent exceptionnel. Ce n'est pas utopique que d'énoncer cette vérité là. Ce milieu est injuste pour plein de raisons, mais pas pour ça.

Je trouve très dommage à titre personnel de nourrir cette idée que l'édition est réservée à une extrême minorité. Parce que ça nourrit le mythe de l'écrivain béni par le talent ou la chance, et que ça efface un peu de la lucidité qu'on se doit d'avoir sur ces milieux-ci.

C'est vrai qu'on échoue souvent, mais recommencer mène dans la plupart des cas à un succès (qu'il soit modeste ou d'envergure). Je pense qu'il est important de démystifier ce monde-là, surtout maintenant que le nombre de candidats potentiels explose : ce qui compte, c'est de savoir dans quoi on s'engage.

Je ne dis pas qu'on part tous sur un pied d'égalité et que seul le travail joue, parce que ça, ça serait un doux mensonge. Par contre, sans sourciller je peux dire et répéter que l'édition est accessible à tout le monde, pour peu qu'on travaille dans ce sens. Comme n'importe quel autre métier, et même plus facilement que beaucoup d'autres métiers. En vivre, c'est autre chose. Mais publier, ça n'est ni facile, ni reposant... mais c'est accessible à à peu près n'importe quel créateur qui s'en donne les moyens (et a la chance de pouvoir se les donner).

 
Jdoo
   
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HilnaMacPhom a écrit:
Azaby a écrit:

Il m'est avis que n'importe qui souhaitant réellement éditer et s'en donnant les moyens finira par y arriver.

Non, c'est faux. On ne peut pas faire de statistiques sur tous ceux qui essaient trente ans et n'y arrivent jamais, parce qu'on ne compte que les gagnants,
on est contents de pouvoir dire "regardez, il a essayé vingt ans et a fini par y arriver, vous aussi vous pouvez, ne lâchez rien, croyez en vos rêves, bla bla!"
mais alors,  on oublie le gars qui essaie depuis 40 ans et est toujours dans son fauteuil parce qu'il a pas réussi
(et si la réponse est "oui mais il a pas vraiment essayé" : ceux qui ont réussi non plus)

Comme qui dirait, le biais du survivant.
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Citation :
Je sais plus vraiment quoi faire et ça me rend très triste.
Lire de la philo ? Suivre une thérapie cognitivo-comportementale pour changer ton rapport à l'écriture ?

Plus sérieusement, si tu crains tant que ça que tes projets ne soient pas publiés (crainte que beaucoup partagent), je crois qu'il vaudrait mieux multiplier les petits projet pour multiplier tes chances d'être publiée, Du genre concours de nouvelles, etc. (le roman court me parait même un peu ambitieux pour commencer). Et lorsque tu aura quelques nouvelles éditées ici et là, tu aura probablement l'égo suffisamment fort pour encaisser les refus sans t'écrouler (et persister, jusqu'au potentiel adoubement).

Sinon, changer ton rapport à l'écriture n'est peut être pas si idiot (mais comment ? ...) (@NOW@N a donné quelque clés je crois, du moins pour se recentrer sur ce qui importe).

Je suis obsédée par la publication et ça m’empêche d’écrire. 3029968519
 
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Jdoo a écrit:
HilnaMacPhom a écrit:
Azaby a écrit:

Il m'est avis que n'importe qui souhaitant réellement éditer et s'en donnant les moyens finira par y arriver.

Non, c'est faux. On ne peut pas faire de statistiques sur tous ceux qui essaient trente ans et n'y arrivent jamais, parce qu'on ne compte que les gagnants,
on est contents de pouvoir dire "regardez, il a essayé vingt ans et a fini par y arriver, vous aussi vous pouvez, ne lâchez rien, croyez en vos rêves, bla bla!"
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(et si la réponse est "oui mais il a pas vraiment essayé" : ceux qui ont réussi non plus)

Comme qui dirait, le biais du survivant.


Le principe même du biais du survivant repose sur le fait de s'appuyer sur des exceptions statistiques érigées en exemples !

Dans un référentiel tel que le nôtre, sur JE, les auteurs publiés ne sont plus une exception statistique. S'ils ne sont pas non plus une majorité écrasante, ils démontrent que le Graal de l'édition n'est pas si inaccessible que ça. Considérer l'environnement, plutôt que la population générale, est plus pertinent que de se comparer à une foule d'auteurs en devenir qui n'ont ni expérience ni connaissance du milieu éditorial. Ici, on a accès à du soutien, de l'information, des tuyaux, des appels à textes relayés... ça fait partie de ce que j'appelle le recul sur le milieu et la connaissance du monde éditorial. Je pense que ce serait plus biaisé, au contraire, de se comparer avec une population d'aspirants-auteurs qui tente l'aventure sans savoir dans quoi elle s'engage.

Je pense qu'à l'inverse, il vaut mieux dissiper cette aura "mystique" autour de l'édition. C'est un parcours compliqué, certes (et ce serait très mal placé de ma part de dire le contraire), mais la plupart des gens ont toutes leurs chances d'y arriver. C'est vrai, la plupart du temps, il faut des années pour transformer l'essai. C'est vrai aussi qu'on échoue parfois sans raison évidente. C'est également vrai que d'autres réussissent plus vite sans forcément valoir mieux que nous d'un point de vue littéraire.

Mais être écrivain est un métier. Comme tout métier, il a ses portes d'accès, ses écueils et ses petites joies. Comme tout métier aussi, tous les profils ne sont pas taillés pour s'y épanouir... mais la publication en tant que telle n'est pas si inaccessible que ce que beaucoup de gens pensent.
 
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Oui, j'imagine qu'il faudrait avoir des stats précises sur le sujet, du moins ça serait la meilleur façon d'éviter le biais. J'imagine aussi que tout ceux qui ont essayé une fois ou deux auraient pu essayer encore plus et arriver à leur fin et qu'ils ne font pas part de leur échecs et donc qu'ils échappent ainsi à toutes statistiques (il y a tout de même 95 à 99% des manuscrits qui ne sont pas publiés, que veut dire ce chiffre ?). Après il y a peut être aussi la qualité de l'éditeur à prendre en compte. Car se faire éditer chez un plus ou moins éditeur tocardos n'est peut être pas non plus un fin en soi. J'aurais aussi tendance à me dire, que se faire éditer pour vendre 100 exemplaires (dont 80 à sa  famille et ses amis) n'a peut être pas beaucoup d'intérêt,si ce n'est de satisfaire un fétichisme de l'objet livre.  Et si effectivement il suffit de s'acharner pour être éditer, et bien, je dirais qu'il n'y a pas vraiment de besoin de s'en faire ou de se ronger les sangs.
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


Moi je suis plus mitigé sur la logique des éditeurs « chez qui être publié ». Je me trompe peut être mais il me semble avoir lu que k.dick par exemple qui écrivait 60 pages par jour pour survivre, donc de manière entre autre alimentaire si on veut, était publié chez des petits éditeurs aux usa. Sa vie a été tragique on ne souhaite pas ça aux écrivains mais ce que je veux dire c’est que pas mal avaient l’air de publier chez qui voulait bien d’eux. Maintenant je comprends parfaitement la logique de « grande ME plus de visibilité ». Mais dans le fond si elles n’en veulent pas, alors même une petite ME qui vendrait 100 exemplaires me parait légitime.
 
   
    
                         
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 Je suis obsédée par la publication et ça m’empêche d’écrire.

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