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 Qu’est ce qui définit la littérature qualifié de « populaire » selon vous ?

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CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


En France on fait une distinction entre une sorte de littérature populaire et d’une littérature qui en opposition ne le serait pas, et qui serait implicitement perçue comme plus « noble ».

Qu’est ce qui définirait un roman populaire selon vous ? Et qu’est ce qui ferait qu’un roman ne le serait pas ?

Est ce que ça serait lié aux problématiques mentales du personnage principale qui apparaîtraient comme plus vulgaires et moins noble aux yeux d’une certaine élite ? Est ce que ça serait lié à un style plus descriptif et moins introspectif, moins réflexif et plus narratif ?

Je me posais la question en fait.

Certains éditeurs se revendiquent, comme fleuve noir avant notamment, de publier de la littérature « populaire », mais qu’est ce que ça veut dire en fait ?

Pardon les modérateurs si je n’ai pas posté ce sujet au bon endroit 🙂


Dernière édition par CalédoniaRob le Lun 13 Mar 2023 - 20:12, édité 1 fois
 
LuigiR
   
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LuigiR  /  Bile au trésor


Si un auteur vends beaucoup de livres comme Marc Lévy ou Michel Bussi, on lui colle l'étiquette populaire et les critiques leur cassent du sucre sur le dos. Le milieu littéraire parisien aime bien les écrivains qui vendent peu et ne savent pas raconter des histoires. Beaucoup d'écrivains reconnus par la critique écrivent en regardant leur nombril et sont dans le petit milieu germanopratin.
Alexandre Dumas serait sûrement aujourd'hui rejeté par la critique .
 
Talisman
   
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Talisman  /  Pour qui sonne Lestat


Un roman populaire...bonne question.
Ma vision (et strictement ma vision), c'est que c'est un auteur / une autrice qui est assez prolifique, genre écrit un livre par an ou presque, qui a beaucoup de succès, mais qui n'est pas proportionnel à la qualité du texte ou de l'histoire. Ca ne voudra pas dire que c'est mauvais, juste que ça sera "plutôt simple", efficace...
Mais peut-être suis-je juste remplie d'idée préconçues et de préjugés !
http://www.soufflemots.com
 
Chimère
   
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Chimère  /  Constamment Fabulous


Les romans dits populaires, au-delà de leur puissance de vente, sont généralement répartis dans les sempiternelles mêmes catégories :

- Le facile et bourré de clichés, qui va plaire au plus grand nombre possible (les "bons publics" sans exigences particulières)
- Le pionnier, l'unique en son genre, voire le si bon que personne ne peut prétendre que c'est nul, même en essayant
- Celui qui est archi-vendu par la critique, lui garantissant automatiquement un très bon démarrage quoiqu'il advienne
- Celui qui surfe le mieux sur LA tendance actuelle ou, plus rarement, qui est lui-même à l'origine d'une tendance, voire créateur d'une catégorie pleine et entière.

Des fois, c'est mérité. Des fois, moins.
C'est donc pour ça que Lévy, R.R. Martin, King, Nothomb et Rowling produisent des romans dits populaires (pour ne citer qu'eux, je n'ai pas 3h devant moi).

Sortir un roman populaire, ça ne se s'invente pas, même en listant soigneusement tous les prétendus ingrédients et en les suivant à la lettre.
Quoiqu'il en soit, il faut soit être très au courant des tendances, avoir le nez creux et sentir le vent tourner, soit proposer une idée absolument novatrice, particulière et géniale (mais au bon endroit et au bon moment, sinon c'est trop facile).

Je rappelle quand même, à toute fins utiles et à mon humble avis, qu'un roman ne peut être bon que s'il est maîtrisé et "véridique" ; en voulant écrire comme quelqu'un d'autre, on finit souvent par écrire n'importe quoi Wink
 
CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


Personnellement je voulais plutôt parler de littérature dîte « populaire » et moins de l’idée du best seller, même si souvent la littérature populaire fournit des best sellers.

Par exemple j’imagine que SAS c’est de la littérature dîte populaire, après oui le côté prolifique doit pas mal jouer, je me souviens qu’au fleuve noir ils avaient des auteurs qui parfois publiaient 2 ouvrages de sf par an, sans pour autant avoir l’air de creuser bcp la trame et l’univers, même si parfois ces mêmes auteurs gagnaient de temps en temps un prix littéraire.

Edit : je change le titre du sujet pour que ça prête moins à confusion
 
Mokkimy
   
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Mokkimy  /  Maîtrise en tropes


Pour moi, un roman populaire, c'est un roman qui dépasse les 5 000 notes sur Babelio.

A titre d'exemple :
- Harry Potter tome 1 : 31 009 notes
- A la croisée des mondes tome 1 : 6 391 notes
- Le seigneur des anneaux, tome 1 : 9 115 notes
- Da vinci code : 20 313 notes
- L'étranger : 23 709 notes
- Madame Bovary : 13 604 notes
- Au revoir là-haut : 10 664 notes
- Et après... : 5 214 notes
- Je l'aimais : 5 608 notes

Ça a l'air de marcher autant pour les classiques que pour les bouquins plus ou moins récents.

Ce n'est pas tant le fait d'être beaucoup lu/beaucoup acheté qui rend le roman populaire. C'est plus la motivation des foules à vouloir le commenter.

Après, pour la recette magique du roman populaire, je ne sais pas. J'ai déjà du mal à trouver des points communs entre les neuf cités au-dessus. ^^
https://lamonstrotheque.home.blog/
 
Hortense
   
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Je pense que la "grande" littérature, par opposition à la littérature "populaire" se distingue par ses canaux de vente.
Ce n'est pas pour rien qu'on parle aussi de "roman de gare".

La littérature populaire sera celle qu'on trouvera dans les supermarchés, dans les gares, etc. contrairement à la "vraie" littérature, qui aura sa place dans les librairies indépendantes. Pas mis en avant, parce que l'art n'est pas un commerce...

C'est le genre de texte qui ne sera pas, ensuite, réédité en poche, parce qu'il y a un élitisme intellectuel (et financier) derrière, et que les poches, c'est pour les pauvres.

Il y a un podcast de France culture que j'ai beaucoup aimé sur le sujet : et vous, que lisez-vous aux toilettes ? Ils y citent effectivement le cas des SAS et des San Antonio.
Qui n'étaient pas disponibles en librairie, parce que même si c'était de l'écrit et que ça se vendait comme des petits pains, ça n'était pas de la littérature (et donc pas digne d'être à côté de vrais livres).

En fait, tout dépend de l'image qu'on a de l'art. Est-ce qu'un tableau Ikea vendu à 300 000 exemplaires est une oeuvre d'art ? ou est-ce qu'il faut que ça soit une oeuvre unique ? ou d'une complexité suffisante pour n'être accessible que d'une minorité de personnes ? mais alors, les oeuvres religieuses ne sont pas des oeuvres d'art ?
Un bon sujet pour le bac, tenez : un SAS est-il une oeuvre d'art ?
https://hortensemerisier.com/
 
Mika
   
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Mika  /  Double assassiné dans la rue Morgue


"parce que l'art n'est pas un commerce..." ?
> Ah ? Tu m'apprends quelque chose

Pour moi, la différence entre littérature blanche et populaire n'est dûe qu'à une sorte d'élitisme.
De vieux intellectuels, ceux qui donnent les prix littéraires et qui sont en général de vieux monsieurs très riches, définissent entre eux, dans leur club, ce qu'est la grande littérature. Dans les faits, ils favorisent souvent leurs ami.es. C'est donc une notion très subjective. Ils sont en général soutenu par le gouvernement, par exemple par le ministre de la culture qui (ça tombe bien) est leur ami et ensemble, ils vont diffuser ces idées là.
Pour un exemple récent (enfin pas tant que ça, je me rappelle les diatribes de la miss Ségolène Royal à ce sujet il y a 10 ans 😄), on a donc les mangas classés pele mêle dans la littérature populaire, comme s'ils n'étaient qu'un style vulgaire et enfantin, sans aucune distinction ni de genres ni de thématiques intrinsèques. Beaucoup de gens vont ensuite répéter ce que disent ces hommes puissants très riches et l'idée va se diffuser.

Il y a des années, il y avait un bon podcast sur ce sujet sur France culture, avec l'exemple des livres vendus au supermarché ou de la collection harlequin. Par ailleurs, on peut aisément trouver les interviews des auteurs de ces livres qui vivent très bien de leurs ventes et font rêver des milliers de gens. Ils sont fiers de ce qu'ils écrivent, vivent confortablement de leurs écrits et n'ont pas à rougir face aux auteurs plus considérés. Je me rappelle les avoir lues il y a quelques années et ils m'ont paru très pros. La seule différence, c'est qu'ils ne sont pas interviewés par le magazine Lire ou par de plus grands relais élististes.

C'est aussi le cas des romans graphiques que les marketteux ont élevés au rang de littérature blanche pour booster les ventes, à l'opposé d'autres BDs, populaires voire enfantines donc boudées et dénigrées par cette élite.

Je ne pense donc pas que cette classification soit liée à la qualité des textes en soi.

Parfois au contraire, cela sert à l'oeuvre. Dire que ça provient de la culture populaire peut aussi être un argument de vente. C'est le cas des comics et des histoires de super héros, populaires et pourtant adorés et dont le blason a été redoré de nos jours. Certains se flattent même d'être "geek", alors que justement, quelques années plus tôt, on les aurait rattachés à la culture populaire. Donc ces normes se renversent souvent avec le temps. Ainsi, il y a de grandes chances que ce qui était populaire et boudé par les élites hier sera la grande littérature de demain.
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Jimilie Croquette
   
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Jimilie Croquette  /  De l'Importance d'être Constamment Là


Citation :
Pour moi, la différence entre littérature blanche et populaire n'est dûe qu'à une sorte d'élitisme.

Je pense aussi.
Toute théorisation d'une pratique s'accompagne de snobisme et de gate-keeping de la part de celles et ceux qui décident d'en faire leur domaine d'expertise.

Ainsi la production littéraire est triée à l'aune du snobisme des experts... tout comme le cinéma, la musique, la bande-dessinée...

Iels adorent dire "on méprise telle catégorie, c'est commercial".

Quand j'étais étudiante en BD, on méprisait les éditions Soleil, leurs filles à poil, leurs albums de fantasy. On ne jurait que par la nouvelle vague, le roman graphique, des albums de BD en noir et blanc et en 500 pages.
N'empêche, en vrai n'importe lequel d'entre nous aurait été fou de joie d'être édité chez Soleil et de trouver ses albums partout dans les supermarchés. La vente, l'argent, ça fait vivre !

Catégoriser "ça c'est ce que j'aime et qui vaut la peine d'être lu" vs "la merde pour les ploucs", ça se retrouve dans tous les domaines.
Au final, c'est une démarche pourrie.

On crache sur 50 shades "han lala c'est de la sous littératuuuuuure". N'empêche la meuf en a vendu des millions et n'a plus besoin de bosser. Donc continue de manger des cailloux avec ton roman illisible et snob que n'achèteront que trois pépés en uniforme nostalgiques de la colonisation ; moi je veux bien écrire de la prétendue sous-littérature qui m'assure un revenu sans bosser jusqu'à la retraite.

Stephen King disait : il a remis une nouvelle de quelques pages à son prof de littérature qui lui a flanqué une mauvaise note en déclarant "on dirait du roman de gare". Et Stephen King de réagir "Deal. Il se vend énormément de romans, dans les gares."
(j'aimerais bien retrouver la source de cette anecdote).

Conclusion : fuck l'élite et leur snobisme. Lis ce que tu veux, écris ce que tu veux.
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Mika
   
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elopez7228 a écrit:
Conclusion : fuck l'élite et leur snobisme. Lis ce que tu veux, écris ce que tu veux.

Haha, je suis d'accord !

Il y a quelques années, je m'intéressais encore à certains prix littéraires pour orienter mes achats, mais depuis que j'ai un peu mis le nez dans cette affaire de prix, j'en ai exclus bon nombre pour sélectionner les oeuvres que je vais acheter. Pas tous, certains prix ont du sens. Pour comprendre, j'examine la composition du jury et et on peut y trouver des Monsieurs très vieux, très riches, très conservateurs qui ne s'intéressent qu'à se promouvoir l'un l'autre et propager un certain élitisme sans offrir de chance à de bons jeunes auteurs. Ces Monsieurs là s'accrochent d'ailleurs à leurs privilèges de faire partie de ces jurys et s'accrochent, s'accrochent à leur poste. Ce qui fait que d'autres personnes appartenant à une classe sociale différente de la leur ou même d'autres personnes type des femmes n'y ont pas accès. Quand je vois cette composition, je passe désormais mon tour. Ce prix ne signifie rien pour moi et malgré le prestige, je pense que le recevoir m'écoeurerait. Il y a par ailleurs de bonnes vidéos Youtube à ce sujet, je vous les conseille pour mieux comprendre d'où vient l'élitisme, du moins à la française.
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Lylle
   
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Elopez a écrit:
On crache sur 50 shades "han lala c'est de la sous littératuuuuuure". N'empêche la meuf en a vendu des millions et n'a plus besoin de bosser. Donc continue de manger des cailloux avec ton roman illisible et snob que n'achèteront que trois pépés en uniforme nostalgiques de la colonisation ; moi je veux bien écrire de la prétendue sous-littérature qui m'assure un revenu sans bosser jusqu'à la retraite.

Tu as tout dit...

J'ajouterais qu'en tant qu'auteurs, est-ce qu'on est bien capable de s'auto-étiqueter en tant que populaire ou non ? C'est aux lecteurs et aux ventes de parler non ? (La critique littéraire, pour le peu d'attention que je lui donne... disons que bon, voilà x))
Combien d'entre nous ont commencé à écrire en se disant "faut que je me sorte cette histoire de la tête, que je la couche quelque part" et une fois finie, l'histoire se transforme en une opportunité de mettre quelques euros sur son PEL ? (Je me range là-dedans, bien que l'idée de pouvoir tirer 50€ de mes pages me semble le bout du monde Laughing )
Et combien écrivent en n'ayant aucune notion d'argent et font ça pour le simple bonheur d'écrire ?

Et dans ces deux catégories (voire plus, je n'ai pas poussé ma réflexion, je l'avoue) tomberont dans la case populaire ? Ceux qui avaient pour idée de faire de l'argent ? Ou les chanceux qui ne s'attendaient à rien ?

Elopez a écrit:
Conclusion : fuck l'élite et leur snobisme. Lis ce que tu veux, écris ce que tu veux.

Échec et mat, dix de der, emballez c'est pesé, tu as tout dit ² Razz
 
CalédoniaRob
   
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CalédoniaRob  /  Effleure du mal


« Ces termes recouvrent des œuvres d'une grande variété : romans policiers, d'aventures, historiques, régionaux, d'amour, etc. Le point commun est de présenter une histoire selon une chronologie simple, avec des personnages bien identifiés, des archétypes, et où l'intrigue primera sur les considérations de style. La morale est parfois empreinte de bons sentiments, de « bon sens populaire », voire de manichéisme ; d'autres fois, elle est comme retournée, à grands coups d'effets naturalistes, positionnant les lecteurs face aux notions de juste et d'injuste.

Les œuvres d'Eugène Sue, Alexandre Dumas ou de Georges Simenon, entre autres, sont classées parmi les plus grandes réussites du roman populaire, au regard de leur postérité. »

Voilà une partie de la définition de wikipedia 🤔 Vous en pensez quoi ?
 
Jdoo
   
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Je suis d'accord.
Populaire, c'est que ça plaît à beaucoup de gens. À mon avis,c'est tout.
Ça ne veut pas dire que c'est mal et ça ne veut pas dire que c'est bien.
Ce qui dit la critique n'est d'ailleurs pas systématiquement en accord avec ce qui plaît à la majorité des gens. Et les gens se foutent bien de la critique, me semble-t-il.
De l'art et ce qui fait une bonne littérature on ne peut rien en dire. Je n'en dirais donc rien.
Par contre il ne faut pas confondre exigeant et élitiste. Cela crée de lourd contre sens, notamment celui de croire qu'élitisme implique l'exigence. Ce qui n'est pas très grave, mais un peu pénible à la longue.  
Ce qui est élitiste n'est pas forcément exigeant (loin s'en faut), et l’exigence n'est pas forcément élitiste, en ce sens l'exigence est ouverte à tous (par rapport à ce point, je comprend bien sûr, les restrictions qui sont liés aux capital et bagages culturels de chacun).
Il y a fort à parier que si c'est populaire, c'est vraisemblablement pas très exigeant. Cependant, tout le monde peut faire l'effort de s'emparer d'une œuvre exigeante (ou pas, la terre s'arrêtera pas de tourner). Et ce n'est donc pas parce qu'une œuvre est exigeante (donc vraisemblablement peu populaire) qu'elle est élitiste ou snob, ou bourgeoise, ou je ne sais quelles conneries. En soit l'anti-exigence (on dira aussi l'anti-intellectualisme) primaire est insupportable et terriblement gonflante.
L’œuvre peu exigeante vide la tête à contrario elle la remplit. Ceci dit, sans jugement de valeur. Et surtout comme dit plus haut, faite bien comme vous voudrez, dans tous les cas, c'est certainement bien.
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Mika
   
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Mika  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Pour moi, un livre peut être classé comme populaire de nos jours, indifféremment de son succès. Un livre de littérature blanche bien vendu n'aura jamais ce qualificatif, à moins d'atteindre une supra célébrité comme Amélie Nothomb par exemple. À l'inverse, les romans de genre sont souvent qualifiés de "populaires" quand bien même ils ne se sont pas écoulés à des millions d'exemplaires.

Pour un historique et des exemples de romans populaires, je te conseille le site du Larousse plus fourni : Encyclopédie Larousse - Romans populaires .

Voici le début qui résume bien : "En France, pendant plusieurs siècles, le public aristocratique a partagé avec le peuple un goût pour le merveilleux des romans médiévaux.Mais, au xixe s. et encore aujourd'hui, la littérature populaire a été souvent condamnée comme une littérature mercantile, présentant des personnages sans épaisseur et sans vraisemblance à travers des intrigues et un style stéréotypés. Fabriquée pour un large public, elle est souvent désignée par des appellations dévalorisantes : « romans à quatre sous », « littérature de gare », paralittérature ou sous-littérature. Opposée à la littérature reconnue par l'institution littéraire, elle constitue cependant la majeure partie de la production littéraire."

J'ajoute qu'il ne faut pas oublier que ce qui était considéré comme populaire à un l'époque peut être un classique de nos jours. C'est le cas de Balzac ou Dumas qui sont parfois même enseigné à l'école aujourd'hui.

Spoiler:

L'article décrit ensuite l'apparition des romans populaires de genre, d'horreur, le policiers, la SF/fantasy et la romance.

Puis conclu :

Spoiler:

L'article indique donc qu'un roman populaire est ou a été soumis à des exigences de publications (comme les mangas de nos jours ou Dumas publié en feuilleton à l'époque) et a souvent été imprimé sur du mauvais papier pour une large distribution.

Ce sont des livres qui jouent sur le style pour introduire du suspense et de l'émotion et ainsi happer le lecteur. Je pense que cet aspect "distraction" est important, mais il faut garder en tête qu'il ne gâche en rien le sous-texte de l'auteur, contrairement à ce qu'on entend parfois. Quand on lit un roman SF par exemple, on a cet aspect distrayant (heureusement). Pour autant, le livre est souvent porteur d'un message. Idem dans une romance qui peut nous faire réfléchir au bien fondé des normes imposées, comme le mariage, ou proposer une meilleure inclusion des personnes LGBT. Les policiers et livres d'horreur font en revanche réfléchir à la part sombre en nous.

Ce coté "distraction" est souvent mis en avant pour critiquer ces livres et les opposer à la grande littérature, mais le plaisir de lecture est pourtant un grand plus pour moi et ce qui fait la richesse de ces oeuvres. Il permet d'aborder simplement et pourtant intelligemment certains points chers à l'auteur, tout en rendant son message accessible au plus grand nombre. Même aujourd'hui, on a plaisir à redécouvrir l'histoire à travers les Trois Mousquetaires. Le style immersif qu'on appelle parfois "show don't tell" est loin d'être aisé à maîtriser et parfois plus compliquer à mettre en place qu'un panneau de texte expliquant les émotions des personnages (comme dans les livres de Kundera par exemple). Là, on vit l'histoire en même temps que les personnages. Je dirais même que le temps de la lecture, on est le personnage. On a donc l'opportunité de vivre plusieurs vies en quelque sorte, ce qui crée bien plus d'empathie qu'en lisant un essai sur le sujet.

Ainsi, la distraction ne s'oppose pas à la réflexion selon moi, au contraire. La joie que procurent certaines oeuvres explique même que de nombreux romans populaires soient passés à la postérité et soient aujourd'hui des classiques, et qu'à l'inverse, des oeuvres jugées plus "intellectuelles" soient tombées dans l'oubli.

PS : Il faut bien garder en tête que cette opposition dans la classification est bel et bien une affaire de classe sociale. Le début de la définition du Larousse parle bien de "public aristocratique" versus "le peuple". Et c'est bien ce qui se passe de nos jours. Quand je disais que la composition des jurys des prix littéraires est encore composé de Monsieurs très riches dans mon poste précédent, cela montre bien d'où vient cette distinction. De nos jours, les nobles ne sont même plus des littéraires ou des gens cultivés comme au XVIIIe siècle. Beaucoup de gens du peuple ont d'ailleurs fait des études plus longues qu'eux. Moi je me dis qu'ils ont une propension rapide à juger et des goûts de chiottes, tout simplement. Les riches ne sont pas plus capables d'évaluer la qualité d'une oeuvre que nous. Utiliser le terme de populaire pour dévaloriser une oeuvre n'a donc tout simplement pas de sens.


Dernière édition par Mika le Mer 15 Mar 2023 - 1:53, édité 3 fois (Raison : ajout de spoilers pour réduire la longueur du poste)
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Eden Memories
   
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Pour ma part je reviendrais aux sources du mot. Populaire c'est le peuple. Une littérature populaire se veut pour le peuple, destinée donc à un public plutôt prolétaire, qui n'a pas forcément le temps de se "prendre la tête", qui cherche à être diverti de son quotidien, mais ça veut pas non plus dire que ça doit être abêtissant. Un cinéaste dit populaire c'est Steven Spielberg par exemple, un auteur populaire ce sera plutôt un Stephen King, une JK Rowling, effectivement des personnes qui vont plutôt chercher à raconter une histoire je dirais, en respectant les codes d'un genre car ça facilite la lecture pour le public, et qui transmet des émotions et diverti du quotidien.

Après est-ce qu'un Zola n'était pas populaire ? Pour moi si, il s'adressait au peuple. Un Celine, un Faulkner, pourtant, ils sont classés aujourd'hui en classique et littérature blanche. A noter qu'on pourrait même donner une teinte politique et parfois un peu de voyeurisme, comme les publications de Boris Vian sous le pseudonyme de Vernon Sullivan qui reprend les codes d'une littérature populaire par essence et pourtant distille sous son vernis sulfureux des questions politiques sur son époque et le racisme.
 
   
    
                         
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