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 La prédominance des traductions vs la littérature francophone (surtout en SFFF)

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fabiend
   
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fabiend  /  Effleure du mal


Vous voulez une anecdote qui va vous faire rire ? J'essaie de placer mes nouvelles de SF / fantastique à droite à gauche (nouvelles individuelles, pas recueils), et pour l'instant, les seuls qui ont accepté d'en publier moyennant rétribution, ou même simplement qui m'ont fait des retours intéressés sans qu'on fasse affaire au final, ce sont des éditeurs États-Uniens. En tant que Français, j'ai moins de mal à être publié en anglais qu'en français.

Mais je ne jette pas la pierre aux éditeurs francophones, au contraire. Le marché francophone est plus restreint que le marché anglophone, c'est donc un plus gros risque de sélectionner un texte inédit pour le publier, et on le voit bien avec les difficultés d'ActuSF. Avec les traductions de textes ayant déjà eu du succès à l'étranger, le risque est beaucoup plus mesuré.

Page de Bâtons a écrit:
est-ce que vraiment Bragelonne a besoin d'aller chercher des autrices auto-publiées américaines, plutôt que d'investir sur leurs autrices francophones

Le fait qu'il y ait moins de stigmates vis-à-vis de l'autoédition aux États-Unis qu'en France (et ton message en est d'ailleurs l'illustration la plus parfaite : sous nos latitudes on n'a pas encore réussi à éradiquer la mentalité "mais si c'est autoédité c'est forcément moins bien, si c'était bien l'autrice aurait trouvé un éditeur traditionnel") explique sans doute pourquoi tu es si perplexe.

Dans le milieu de la SF autoéditée, il y a de véritables pointures. Kristine Kathryn Rusch par exemple (je parle d'elle parce que je suis son parcours de très près), éditrice puis autrice multi-récompensée outre-Atlantique, 30 ans de carrière, qui fait la couverture des magazines phares du genre là-bas, eh bien... elle est autoéditée depuis plus de 15 ans, et elle est en partie traduite en Français d'ailleurs, par des maisons traditionnelles dont Bragelonne (c'est peut-être à elle que tu fais référence d'ailleurs, je ne sais pas).

Et si elle a franchi le pas de l'autoédition après des années d'édition traditionnelle, ce n'est pas parce qu'elle est moins talentueuse que les autres, au contraire, c'est pour être libre d'écrire et publier ce qu'elle veut, et de prendre elle-même le risque de publier des textes de qualité mais au lectorat (relativement) restreint. Il y a peut-être une leçon à en tirer de notre côté de l'Atlantique...
https://fabiendelorme.fr
 
K.Holmes
   
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K.Holmes  /  Autostoppeur galactique


À mon sens, il n'y a pas de solution à ce problème. Entendre par là solution réalisable. Car oui, en théorie boycotter fonctionnerait mais personne ne va boycotter. Ceux qui boycottent sont les plus passionnés et sont peu nombreux. Ce ne sont pas eux qui renflouent les caisses des MEs donc ces dernières n'en ont pas grand choses à cirer.

A mon avis s'il doit y avoir un renouveau dans la consommation et/ou dans la production, il ne peut avoir lieu qu'à travers l'auto-édition. L'édition classique est soumise à un poids trop énormes de contraintes différentes. Et je ne me verrai pas attribuer un "devoir moral" comme j'ai lu plus haut à des MEs. Je ne suis pas d'accord avec ce qu'elles font, mais ce sont des structures commerciales. Je ne me vois pas attendre d'elles autres choses qu'une réflexion orientée sur, sinon le profit, au moins leurs survies lol.
https://www.amazon.fr/L-E-Metan/e/B07NCKV7J2/
 
Fred Dee
   
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Fred Dee  /  Hé ! Makarénine


Tout ce débat est super intéressant et ça élargit même très bien notre point de vue sur certaines choses.

Mais je voudrais juste revenir à ce que disait Hilna :
HilnaMacPhom a écrit:
Autre constat : on dégoûte les jeunes lecteurs du français à l'école. Ils n'étudient que des auteurs francophones, et ça alimente un mécanisme de repli vers des auteurs us ou japonais qui, eux, ne vont pas être barbant.
(Je dis ça, moi j'adore les classiques, hein)

"Dégoûte" est peut-être un peu fort. Je dirais plutôt que ça ne crée pas de goût pour la nouveauté. A cause de l'approche scolaire, les jeunes lecteurs ont forcément plus la vision d'une littérature française qui aurait connu ses meilleures heures il y a plus de cent ans. La preuve avec les best-sellers de la rentrée : Maupassant, Colette, Camus (bon, pas si vieux Camus, mais quand même, il faut être mort pour être lu, si je comprends bien).

Et donc cela crée l'a priori suivant chez les jeunes : soit la littérature contemporaine ne vaut pas le coup car elle n'aurait fait que décliner depuis le XIXe siècle, soit elle doit encore faire ses preuves, et donc devenir classique, mais alors on en reparlera dans cent ans. Sauf qu'alors, il n'y aura plus d'auteurs avant ça... Ils seront tous morts de faim (mais bon, s'il faut être mort pour être lu). Ou alors on n'aura fait que nourrir des romanciers populaires qui répètent une formule à la chaîne.

Néanmoins, il ne faut pas généraliser : 1°) il y a des jeunes qui font de grandes découvertes en lisant des classiques (je me rappelle du choc Thérèse Raquin que j'ai dévoré en une nuit étant ado). 2°) il y a des profs qui savent intéresser des jeunes. Et aussi des profs qui font des choix d’œuvres différentes. J'ai vu récemment de la BD au programme scolaire. Ça change.

Donc cela ramène encore la responsabilité au marché, à la promotion, sur les choix éditoriaux, et enfin au lecteur qui doit aussi faire l'effort de faire un pas de côté de temps en temps pour ne pas être que le pantin de tout ce qui précède.
 
Page de Bâtons
   
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Page de Bâtons  /  Roland curieux


fabiend a écrit:
Le fait qu'il y ait moins de stigmates vis-à-vis de l'autoédition aux États-Unis qu'en France (et ton message en est d'ailleurs l'illustration la plus parfaite : sous nos latitudes on n'a pas encore réussi à éradiquer la mentalité "mais si c'est autoédité c'est forcément moins bien, si c'était bien l'autrice aurait trouvé un éditeur traditionnel") explique sans doute pourquoi tu es si perplexe. (...)

Et si elle a franchi le pas de l'autoédition après des années d'édition traditionnelle, ce n'est pas parce qu'elle est moins talentueuse que les autres, au contraire, c'est pour être libre d'écrire et publier ce qu'elle veut, et de prendre elle-même le risque de publier des textes de qualité mais au lectorat (relativement) restreint. Il y a peut-être une leçon à en tirer de notre côté de l'Atlantique...
Alors en vrai je suis tout à fait d'accord, et j'ai lu plein d'auto-édités très cool ! Laughing
Mais oui mon message était mal formulé. Ma réflexion était plutôt : Bragelonne, de facto, pense que les français n'écrivent pas des trucs biens (j'ai même quelqu'un qui avait répondu en commentaire de ma vidéo qu'elle avait entendu Bragelonne cracher sur les auteurices francophones en salon lol), et, bon ça c'est moi qui interprête, mais je suis assez certaine qu'ils méprisent aussi l'auto-édition. On pourrait donc se dire qu'ils traduisent les romans publiés traditionnellement aux US car ils ont été sélectionnés par une ME anglo-saxonne qui ont de gros budgets marketing à investir ensuite, et qui vont aussi avoir un impact en France. Mais non, ils vont chercher des auto-édités américains (donc, pas le même budget marketing qui aurait fuité sur les RS en France), et ce, pas parce que ce sont des pépites, car ils choisissent des romans avec des notes assez moyennes sur Goodreads (3,7 dans le cas d'espèce, c'est pas ouf ouf par rapport à ce qui peut se faire chez les US en général, et chez les auto-édités en particulier).
Si la question était juste une question de : auto-édités on peut voir si ça a bien vendu sur Amazon + ça va nous coûter moins cher qu'un livre en ME, dans ce cas, ils iraient fouiller les auto-édités français aussi, et sélectionneraient ceux qui ont prouvé avoir du succès et bien vendre. Ils ne le font pas.

Bref, pour moi, cela montre bien qu'il n'y a pas de volonté de traduire de bons livres, qu'ils soient auto-édités ou pas : ils auraient traduit Evan Winter, qui était auto-édité à la base, et qui est un succès à la fois critique et commercial, je serais super contente ! Même dans leurs traductions de romans édités traditionnellement, ça descend jusqu'à 3,5 sur Goodreads avec juste quelques centaines de chroniques, ce qui est TRÈS PEU pour l'édition traditionnelle américaine.
Tout cela montre plutôt une volonté de prendre tout ce qui leur tombe sous la main tant que c'est pas une auteurice francophone (avec quelques rares exceptions), et cela prouve qu'ils ne cherchent même pas dans le marché français.

C'est même pas pour juger de la qualité de ces romans, car bon, c'est subjectif bien sûr, et peut-on toujours se fier à la moyenne Goodreads ? Parfois un roman est super cool mais ne trouve pas son public. Et je ne dis pas non plus que nous écrivons mieux (ou pas) que les américains, pas du tout. Il y a de la qualité et des succès des deux côtés de l'Atlantique.

C'est vraiment uniquement ici pour lister les comportements qui montrent bien que dans ces traductions, il n'y a pas une recherche de la qualité des romans (auto-édités ou non), de pépites connues ou pas connues (auto-édités ou non auto-édités), de la sécurité financière, et que ce n'est pas non plus pour la certitude que cela marchera forcément bien. Non, c'est vraiment : on priorise les traductions dans absolument tous les contextes.

K.Holmes a écrit:
À mon sens, il n'y a pas de solution à ce problème. Entendre par là solution réalisable.
Je pense que si ! En promouvant (nous qui connaissons ce qui existe en francophone) les romans produits en français qu'on a adoré et qu'on trouve de qualité, on va aider à créer de la visibilité à tout ça.
Car les maisons d'édition qui publient des textes français, il y en a. I love you

K.Holmes a écrit:
Et je ne me verrai pas attribuer un "devoir moral" comme j'ai lu plus haut à des MEs. Je ne suis pas d'accord avec ce qu'elles font, mais ce sont des structures commerciales.
On partirait peut-être trop dans un débat de droit des sociétés/éthique des affaires Laughing mais je pense que si, les entreprises peuvent avoir des devoirs moraux, et que, en plus, ceux-ci ne sont pas forcément en contradiction avec leurs obligations fiduciaires envers leurs actionnaires. Par exemple, en sortant de l'industrie du livre, plein d'études et de comparatifs ont montré que les entreprises avec de la mixité, ou avec des objectifs ESG, avaient une meilleure performance que la moyenne.
Pour revenir au monde du livre, bien qu'on puisse apprécier la traduction de certains titres géniaux, et qu'on comprenne le choix de la sécurité financière à ce sujet (bien que, comme plusieurs interventions l'ont prouvé, l'investissement financier initial est bien plus fort, et donc porteur de risques, d'autant plus quand on traduit des romans ayant eut des retours critiques très mitigés aux US), publier des auteurices francophones peut AUSSI être un pari gagnant financièrement (EN PLUS d'avoir un impact positif sur la scène culturelle française). Par exemple, pour reprendre Bragelonne : Margot Dessenne avec Absolu.
Donc si, je pense qu'il y a un devoir moral Very Happy
C'est juste une organisation et un travail différent. Bref, c'est un choix moral.

(mais bon je pense aussi que les entreprises pétrolières ont un devoir moral, donc bon, je suis une cause perdue, LOL)
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Citation :
Le fait qu'il y ait moins de stigmates vis-à-vis de l'autoédition aux États-Unis qu'en France (et ton message en est d'ailleurs l'illustration la plus parfaite : sous nos latitudes on n'a pas encore réussi à éradiquer la mentalité "mais si c'est autoédité c'est forcément moins bien, si c'était bien l'autrice aurait trouvé un éditeur traditionnel") explique sans doute pourquoi tu es si perplexe.

J'aimerais juste rebondir là-dessus.

L'auto-édition outre-Atlantique et l'auto-édition en France n'ont rien à voir. Ne serait-ce que parce que l'éditeur (et les mécanismes éditoriaux) n'ont rien à voir là-bas.

De gros auteurs américains ou canadiens créent leur propre structure ou fonctionnent avec un équivalent (Anne Robillard, par exemple).

Là-bas, l'éditeur a principalement un rôle d'imprimeur, et s'occupe de la logistique.

Chez nous, l'éditeur a un rôle de travail du texte, un accompagnement beaucoup plus poussé. C'est une culture de l'édition tout à fait différente. Les éditeurs font en France ce que les agents littéraires font beaucoup aux US (c'est d'ailleurs pour ça que la profession d'agent littéraire en France peine à percer : leur intérêt est nettement moindre, ils doivent jouer sur d'autres tableaux que ce qu'on attend d'eux en Amérique).

Il y a vraisemblablement des auteurs en AE très talentueux dans le paysage français. Mais en France en 2023 (et j'insiste : parce que je ne sais pas ce qu'il en est ailleurs), l'image de l'AE est ternie par des auteurs qui font le travail à moitié. Pas de correcteur pro, pas de maquette pro, pas d'illustrateur pro, pas d'éditeur pro freelance pour les aider. C'est une réalité : beaucoup (je vais même aller jusqu'à dire une majorité ) des textes AE en France ont un rendu plus ou moins amateur. Parce que les auteurs eux mêmes voient ça comme une "alternative amatrice" à l'édition. C'est entre autres pour ça que l'auto-édition est mal vue.

Aux USA, comme beaucoup d'autres choses, l'AE est un business. Perçue comme un business. Avec des moyens différents, et des attentes différentes. Et cette philosophie du business change tout.
 
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Hum, je voudrais nuancer ce que tu dis : je suis beaucoup d’auteurs américains, et il y a le même travail éditorial chez eux que chez nous. Certains doivent même réécrire entièrement des pans de leur roman suite au retour de l’éditeur. Certains agents effectivement travaillent le texte en amont, mais pas tous (ils font la distinction entre les agents qui sont « éditoriaux » ou non). Il y a ensuite les mêmes étapes de corrections orthographiques comme en France, voire même plus nombreuses que chez nous. Je pense que Anne Robillard (ou d’autres auxquels tu penses peut-être) sont des exceptions et ne sont pas du tout la règle.

Et à mon avis, le problème de la France par rapport à l’argent littéraire, c’est juste qu’on a pas assez d’argent pour que la profession vive. Quand aux US l’agent prend 15% d’un a-valoir à 300 000$, c’est pas pareil que nous l’a-valoir à genre 5000€ dans le meilleur des cas alignement des planètes et poupée vaudou. En plus, vu les contrats pourris que certains se tapent aux US, avec non pas des clauses de préférence mais carrément des clauses de non concurrence où ils ont interdiction de travailler sur d’autres projets tant que le dit roman est pas publié (lol ??), on en a pas forcément besoin haha.

Enfin, il y a aussi des AE anglophones qui ne font pas un travail correct sur leurs romans… ils sont aussi très nombreux, c’est juste que tu ne les vois pas car ils ne vendent pas haha.
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Citation :
Hum, je voudrais nuancer ce que tu dis : je suis beaucoup d’auteurs américains, et il y a le même travail éditorial chez eux que chez nous. Certains doivent même réécrire entièrement des pans de leur roman suite au retour de l’éditeur. Certains agents effectivement travaillent le texte en amont, mais pas tous (ils font la distinction entre les agents qui sont « éditoriaux » ou non). Il y a ensuite les mêmes étapes de corrections orthographiques comme en France, voire même plus nombreuses que chez nous. Je pense que Anne Robillard (ou d’autres auxquels tu penses peut-être) sont des exceptions et ne sont pas du tout la règle.


De façon générale, le travail éditorial d'importance (avec refonte de pans du texte) est bien moins systématique qu'en France. C'est ce que j'ai tiré en tout cas de discussions avec des auteurs américains en tournée FR. Ça me semblait cohérent avec les données qu'on nous apprenait en formation. Peut-être qu'au Canada et notamment au Québec, ça peut s'avérer différent !



Citation :
Et à mon avis, le problème de la France par rapport à l’argent littéraire, c’est juste qu’on a pas assez d’argent pour que la profession vive. Quand aux US l’agent prend 15% d’un a-valoir à 300 000$, c’est pas pareil que nous l’a-valoir à genre 5000€ dans le meilleur des cas alignement des planètes et poupée vaudou. En plus, vu les contrats pourris que certains se tapent aux US, avec non pas des clauses de préférence mais carrément des clauses de non concurrence où ils ont interdiction de travailler sur d’autres projets tant que le dit roman est pas publié (lol ??), on en a pas forcément besoin haha.

Je pense que si c'était le cas, les auteurs (extrêmement rares) en France qui ont l'assurance de faire de gros chiffres auraient des agents. En tout cas, en auraient plus que les auteurs "modestes" en début de carrière. Je ne crois pas (mais je peux me tromper) que ce soit le cas. La plupart des auteurs pros que j'ai eu la chance de côtoyer (sans parler de célébrités, disons des auteurs pour qui vendre plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires est une norme) n'en ont pas.

Et quel intérêt auraient-ils à en avoir ? Ils savent négocier leurs contrats eux-mêmes, ont déjà des contacts partout, sont autonome dans la rédaction de leurs manuscrits...

Dans le monde anglosaxon où tu peux te perdre dans l'immensité du milieu, où les entreprises sont concurrentielles, ça peut avoir un intérêt. Mais chez nous, dans un monde aussi petit où tout le monde connaît tout le monde - ou presque -, l'intérêt me semble minime. S'il y avait de l'argent (parce que tu as raison, il en manque), ça n'est clairement pas là qu'il serait investi en priorité.


Citation :
Enfin, il y a aussi des AE anglophones qui ne font pas un travail correct sur leurs romans… ils sont aussi très nombreux, c’est juste que tu ne les vois pas car ils ne vendent pas haha.

100% d'accord avec ça, mais justement, on comparait avec ceux que l'on voit de chez nous, donc ceux qui marchent. Car même s'il y a tout de même une majorité de romans auto-édités bâclés, il y en a qui fonctionnent ou qui, à défaut de fonctionner, ont un rendu un minimum professionnel. En France, c'est encore rarissime de trouver de l'AE dont le niveau avoisine le niveau éditorial. (heureusement ça a tendance à changer notamment grâce aux forums et aux réseaux sociaux qui rendent accessibles les informations et les contacts permettant un beau travail en AE)
 
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Azaby a écrit:
De façon générale, le travail éditorial d'importance (avec refonte de pans du texte) est bien moins systématique qu'en France. C'est ce que j'ai tiré en tout cas de discussions avec des auteurs américains en tournée FR. Ça me semblait cohérent avec les données qu'on nous apprenait en formation. Peut-être qu'au Canada et notamment au Québec, ça peut s'avérer différent !
Je parlais bien des US/UK. Ça m'étonne vraiment ce que tu dis, peut-être qu'on a pas les mêmes échantillons, mais littéralement premier lien google en tapant "do editors make you work on your novel" me dit l'inverse : "It is not uncommon for books to undergo major revisions - especially later books in series. About 15-20% of the first book in my duology changed - and my edit letter was considered light."
Quand 15/20% de changements est considéré comme "léger", je dirais même que c'est bien plus que la moyenne en France. On a certes des éditeurs qui demandent de grosses modifications, mais ça n'est pas toujours le cas, et ça dépend beaucoup aussi du roman, de la ligne édito, etc.

Du même site : "Smoothing over is more what a line editor or copy editor does - and those stages will happen too." -> est-ce que ces auteurs ne te parlaient pas plutôt du "line editor" ? (qui est un entre-deux entre l'éditeur et le correcteur, là pour donner des commentaires de forme ligne par ligne)

Citation :
Je pense que si c'était le cas, les auteurs (extrêmement rares) en France qui ont l'assurance de faire de gros chiffres auraient des agents. En tout cas, en auraient plus que les auteurs "modestes" en début de carrière. Je ne crois pas (mais je peux me tromper) que ce soit le cas. La plupart des auteurs pros que j'ai eu la chance de côtoyer (sans parler de célébrités, disons des auteurs pour qui vendre plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires est une norme) n'en ont pas.
C'est pas du tout une norme chez nous, mais je peux en nommer plusieurs qui sont représentés par des agents Very Happy

Azaby a écrit:
Dans le monde anglosaxon où tu peux te perdre dans l'immensité du milieu, où les entreprises sont concurrentielles, ça peut avoir un intérêt.
C'est aussi qu'ils ne peuvent littéralement pas soumettre leurs manuscrits aux maisons d'édition (à part quelques rares exceptions) sans le biais d'un agent... ils sont coincés, et doivent recourir à un agent, et je suis contente qu'on n'en soit pas là chez nous.

Citation :
En France, c'est encore rarissime de trouver de l'AE dont le niveau avoisine le niveau éditorial. (heureusement ça a tendance à changer notamment grâce aux forums et aux réseaux sociaux qui rendent accessibles les informations et les contacts permettant un beau travail en AE)
Je trouve que tu es dure avec notre production AE. On a quand même plusieurs noms au même niveau que des ouvrages de qualité édités professionnellement - moins de noms qu'aux US, mais ils sont juste tellement plus nombreux, et ont commencé plus tôt l'AE.

Enfin bref, on sort un peu du sujet Laughing
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lula_mae a écrit:
Je me permets de mettre mon grain de sel sur la question. Je suis traductrice litteraire et si, je vous assure, une traduction (du moins dans une maison d'édition sérieuse) passe par un(e) relecteurice (qui compare le texte VO à la traduction, fait des remarques en commentaires et suggestions, que le ou la Traducteurice valide ensuite ou non) puis un(e) correctrice. Le travail est bien sûr différent sur une traduction qu'un roman français, plus rapide aussi, mais il s'agirait de ne pas dire n'importe quoi non plus. Shocked Le soucis, c'est aussi que des maisons peu scrupuleuses donnent cette fausse impression, mais ces trois acteurices sont indispensables à la qualité d'une traduction. Quand on traduit, on corrige automatiquement ses coquilles car on connaît le texte, on peut oublier des morceaux de phases... On reste humain et on a besoin du soutien d'une équipe edito sérieuse pour produire ensemble une traduction qualitative.

Je ne sors pas cette information de mes fesses, je l'ai simplement entendue à plusieurs reprises, de la part de personne travaillant à des postes divers et dans des ME diverses. Je ne dis pas que toutes les ME oublie la phase de corrections, simplement que certaines le font, et quand on a ces bouquins dans les mains, ça peut même être assez simple de le repérer (beaucoup de fautes, phrases maladroites qui quelque fois ne veulent rien dire...)

Redornan a écrit:
Ohlala avec le logo "Netflix" dessus en plus, je crois. Déjà que ma version poche est une nouvelle sortie SUITE aux jeux (vu que c'est la cover avec Geralt in game Embarassed A l'époque je me souciai pas de ce genre de détail). Mais quand je regarde le rayon Leclerc multimédia à côté de chez moi, tu enlèves les rééditions GOT, Lovecraft et Witcher, je crois que y a la moitié du rayon qui s'en va. Rolling Eyes

Ah oui tiens, tu fais bien de me le rappeler, c'est vrai qu'il y a aussi une version avec le Geralt du jeu !
Après clairement, en ce moment les rayons SFFF sont littéralement squattés par GoT, Witcher, Lovecraft, King et de Romantasy, il n'y a que très très peu de place pour le reste.

Redornan a écrit:
Et vu l'hégémonie de cette culture, c'est dur de leur en vouloir. Regarde les cartons box-office en France, tu verras pas non plus beaucoup de films français (et vu les retours que j'ai eu sur Astérix, ça n'est pas si surprenant). On peut parler de l'hégémonie culturelle américaine, et on peut aussi parler de l'incapacité en France de faire des films/séries sans tourner sur du pathos et des "drames familiaux" ou de l'historique (Trois Mousquetaires).
Où sont nos adaptions de Jules Verne ? Ou d'autres pontes de la SF/fantasy/fantastique ? Nos jeux-vidéos la Horde de Contrevent (projet abandonné, IIRC) ?

Hégémonie de la culture américaine ou alors du blockbuster ? Parce que certes, les films français actuels ne tiennent pas la route, mais lorsque je regarde les gens que je fréquente de façon assez large, ce qui englobe mes ''vrais'' proches, les connaissances internet, les gens sur les forums/groupes d'amateurs de SFFF, etc... je vois surtout des gens qui manquent énormément de culture SFFF et ne connaissent que les blockbuster américain alors qu'ils n'hésitent pas à se qualifier de ''grand fan'' ou ''grand connaisseur''. Et là, peu importe la nationalité du film, ça me fait toujours mal de constater que ces fameux grands fans connaissent tous les Marvel, les Disney Star Wars, les séries Netflix à la mode, mais que des grands films (comme allez, à la louche : La cité des enfants perdus (français d'ailleurs), Dark City, Soleil Vert, Metropolis (allemand), EraserHead, The Thing, Stalker (russe), Brazil, l'échelle de Jacob...) sont en revanche plus méconnus.
Juste pour exemple, dites à quelqu'un qu'un des films Alien a été réalisé par un français, et il y a de fortes chances qu'on se moque de vous. Pareil, demandez aux gens quelle est la nationalité de l'artiste qui a créé l'Alien et vous vous rendrez compte que déjà, beaucoup de monde l'appelle ''le gars de Alien'' sans savoir qu'il s'appelle Giger, et que bien peu de gens savent qu'il est suisse.
Sans oublier aussi des réalisateurs français qui bossent aux USA et qui sont souvent pris pour des américains (Jeunet pour Alien, Gans pour Silent Hill, Aja et ses films d'horreur...)

Pour les jeux vidéos, c'est carrément pire, parce que c'est un milieu très multi-culturel mais que beaucoup de gens sont persuadés que tout vient des USA alors que le Japon sort des jeux énormes (Dark Souls, Elden Ring, Silent Hill, Castlevania, Metal Gear Solid, Death Stranding, Metroïd, Zelda...). Et encore, s'il y a des gens qui vont penser au Japon, peu par contre vont penser à la Pologne (The Witcher, Baldur's Gate, Cyberpunk) ou à la France (The Plague Tale, Dofus, Dishonored, Beyond : Two Souls, Detroit : Become Human, Life is Strange...) Et c'est là que ça coince : la France sort énormément de très bon jeux mais que beaucoup attribuent à d'autres pays par méconnaissance totale.

Fred Dee a écrit:
Eh bien, non, justement, c'est pas une période pour prendre des risques.

Des petites et moyennes ME réussissent pourtant très bien à le faire, alors pourquoi elles et pas les gros mastodontes de l'édition française ? (et c'est une vraie question, pourquoi des petites ME réussissent très bien à tourner sur un catalogue francophone alors que des grosses maisons très connues ne le font pas et n'y arriveraient soit-disant pas ?)

fabiend a écrit:
Vous voulez une anecdote qui va vous faire rire ? J'essaie de placer mes nouvelles de SF / fantastique à droite à gauche (nouvelles individuelles, pas recueils), et pour l'instant, les seuls qui ont accepté d'en publier moyennant rétribution, ou même simplement qui m'ont fait des retours intéressés sans qu'on fasse affaire au final, ce sont des éditeurs États-Uniens. En tant que Français, j'ai moins de mal à être publié en anglais qu'en français.

Tu participes à des AT ou alors tu envoies spontanément des textes ? Parce qu'au contraire, je trouve qu'en matière de nouvelles SFFF, la France sort pas mal d'anthologies et que ça ouvre pas mal de portes.

Page de Bâtons a écrit:
Ma réflexion était plutôt : Bragelonne, de facto, pense que les français n'écrivent pas des trucs biens (j'ai même quelqu'un qui avait répondu en commentaire de ma vidéo qu'elle avait entendu Bragelonne cracher sur les auteurices francophones en salon lol), et, bon ça c'est moi qui interprête, mais je suis assez certaine qu'ils méprisent aussi l'auto-édition.

Bragelonne méprise aussi les auteurs français qu'ils éditent eux-même. Je me souviens du cas d'une autrice (je ne sais plus si j'avais vu passer ça ici ou sur Facebook) qui se plaignait que son bouquin était sorti avec zéro pub, dans l’indifférence la plus totale.
J'ai également le roman Plague Tale, écrit par Cédric Degottex (français) qui est sorti récemment, et c'est un torchon ! Il y a énormément de fautes, des noms de personnages qui changent dans une même action, des noms dont l'écriture change d'un coup sur l'autre. J'ai été choquée de voir Bragelonne avoir apporté aussi peu de soin à ce bouquin, et je me demande si le fait que l'auteur soit français n'y est pas pour quelque chose.

__

Après d'une manière générale, force est de constater que le marché littéraire est saturé, et que les gens se dirigent aussi vers les gros titres américains par manque de connaissance, parce qu'ils ne connaissent que les auteurs à la mode. Et malheureusement, c'est peut-être moi qui suis pessimiste, mais je doute qu'il soit possible de pousser aux changements des gens qui consomment exclusivement du blockbuster ou de la série Netlfix (sans mépris d'ailleurs, c'est juste que je me verrais mal proposer du Van Vogt ou du Ballard à quelqu'un qui me dit être fan de SF alors qu'il ne connait que les Marvel).
 
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Page de bâtons > Je ne disais pas que les sociétés ne pouvaient pas se voir attribuer d'impératifs moraux. Je disais juste que personnellement je ne leur attribue pas. Car à quoi bon ? Si elles ne sont littéralement pas forcés par la lois, elles iront quasiment toujours vers le profit.
Je préfère ne même pas m'attendre à ce qu'elles fassent des choix moraux quand je suis a 500% sûr qu'elles ne les feront pas, ahah.
Je comprends néanmoins ta vision et tout ce que tu partages dessus.

Et d'ailleurs, ça revient aussi à ce que tu dis avant. Outre l'histoire des notes (parce que bon un roman (surtout en auto édition) peut être très bon et ne pas avoir une note à sa hauteur), les MEs ne cherchent pas à publier le meilleur livre. Elles cherchent la majorité du temps à publier le plus rentables des livres qu'elles peuvent publier.

Azaby a écrit:
En France, c'est encore rarissime de trouver de l'AE dont le niveau avoisine le niveau éditorial. (heureusement ça a tendance à changer notamment grâce aux forums et aux réseaux sociaux qui rendent accessibles les informations et les contacts permettant un beau travail en AE)

Je suis curieux de tout ce que tu entends et englobe dans "niveau éditoriale" qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
Tu parles juste de l'objet ? Entends par là maquettage, couverture(illustrateur), correction, etc.
Ou tu parles aussi de la qualité de ce que l'histoire raconte (sous-entendant donc, que le travail éditoriale améliore forcément la qualité d'une histoire) ?
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Cervidé Grognon a écrit:
Je ne sors pas cette information de mes fesses, je l'ai simplement entendue à plusieurs reprises, de la part de personne travaillant à des postes divers et dans des ME diverses. Je ne dis pas que toutes les ME oublie la phase de corrections, simplement que certaines le font, et quand on a ces bouquins dans les mains, ça peut même être assez simple de le repérer (beaucoup de fautes, phrases maladroites qui quelque fois ne veulent rien dire...)
Je critiquai la généralité que tu en tirais, à savoir "le traducteur se corrige souvent seul", c'est faut, un traducteur pro n'est pas son propre correcteur. Que des maisons peu scrupuleuses bâclent le travail et oublient l'étape essentielle de la relecture (ça non plus, ça ne sort pas de mes fesses, je fais aussi de la relecture pour une maison d'édition) et de la correction, c'est un manquement assez grave. Que ça existe, certes, qu'on le critique, avec joie. Mais il ne faut en aucun cas penser que c'est une règle. Je ne signe un contrat de trad que si j'ai l'assurance écrite de la part de l'éditeur que mon travail passera par ces deux étapes, et ça me semblait important de le préciser sur ce topic. :flower:

Mais je suis d'accord que certaines maisons qui sont en fait des usines à trad publient des textes traduits par des traducteurs souvent non pro ou débutants et mal encadrés, qui se retrouvent un coup vite fait sur Antidote, et hop, le carnage est imprimé. Sad
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Cervidé Grognon a écrit:
Je ne dis pas que toutes les ME oublie la phase de corrections, simplement que certaines le font, et quand on a ces bouquins dans les mains, ça peut même être assez simple de le repérer (beaucoup de fautes, phrases maladroites qui quelque fois ne veulent rien dire...)
Pour name and shame, on avait carrément DeSaxus qui avait laissé un COMMENTAIRE WORD dans la version imprimée et vendue Laughing

Cervidé Grognon a écrit:
Fred Dee a écrit:
Eh bien, non, justement, c'est pas une période pour prendre des risques.

Des petites et moyennes ME réussissent pourtant très bien à le faire, alors pourquoi elles et pas les gros mastodontes de l'édition française ? (et c'est une vraie question, pourquoi des petites ME réussissent très bien à tourner sur un catalogue francophone alors que des grosses maisons très connues ne le font pas et n'y arriveraient soit-disant pas ?)
cheers cheers cheers AMEN cheers cheers cheers

Cervidé Grognon a écrit:
Après d'une manière générale, force est de constater que le marché littéraire est saturé, et que les gens se dirigent aussi vers les gros titres américains par manque de connaissance, parce qu'ils ne connaissent que les auteurs à la mode. Et malheureusement, c'est peut-être moi qui suis pessimiste, mais je doute qu'il soit possible de pousser aux changements des gens qui consomment exclusivement du blockbuster ou de la série Netlfix (sans mépris d'ailleurs, c'est juste que je me verrais mal proposer du Van Vogt ou du Ballard à quelqu'un qui me dit être fan de SF alors qu'il ne connait que les Marvel).
On a les mêmes constats mais moi je suis optimiste I love you
On a des ME indépendantes qui se portent très bien. On a des auteurs francophones qui vendent bien. Certes le milieu est devenu ultra concurrentiel, mais les gens continuent de lire, les adaptations en série ou jeu vidéo qui marchent bien en SFFF proviennent souvent d'un livre à la base... bref, j'y crois ! Il faut juste aider à la visibilité de ces ME indépendantes qui nous publient. C'est ma mission sur les réseaux sociaux, et ça marche bien en plus ! Very Happy

Cervidé Grognon a écrit:
Bragelonne méprise aussi les auteurs français qu'ils éditent eux-même. Je me souviens du cas d'une autrice (je ne sais plus si j'avais vu passer ça ici ou sur Facebook) qui se plaignait que son bouquin était sorti avec zéro pub, dans l’indifférence la plus totale.
J'ai également le roman Plague Tale, écrit par Cédric Degottex (français) qui est sorti récemment, et c'est un torchon ! Il y a énormément de fautes, des noms de personnages qui changent dans une même action, des noms dont l'écriture change d'un coup sur l'autre. J'ai été choquée de voir Bragelonne avoir apporté aussi peu de soin à ce bouquin, et je me demande si le fait que l'auteur soit français n'y est pas pour quelque chose.
Peut-être que ça explique l'accent sur les trad : peut-être que finalement, ils ne savent pas vraiment faire du travail éditorial, et que ce manque de compétence les pousserait (en plus de tout le reste) à se détourner des auteurices francophones ?

K.Holmes a écrit:
Page de bâtons > Je ne disais pas que les sociétés ne pouvaient pas se voir attribuer d'impératifs moraux. Je disais juste que personnellement je ne leur attribue pas. Car à quoi bon ? Si elles ne sont littéralement pas forcés par la lois, elles iront quasiment toujours vers le profit.
Je préfère ne même pas m'attendre à ce qu'elles fassent des choix moraux quand je suis a 500% sûr qu'elles ne les feront pas, ahah.
Je comprends néanmoins ta vision et tout ce que tu partages dessus.
Ah oui je vois ! Tu es probablement juste plus pragmatique que moi Laughing

K.Holmes a écrit:
Et d'ailleurs, ça revient aussi à ce que tu dis avant. Outre l'histoire des notes (parce que bon un roman (surtout en auto édition) peut être très bon et ne pas avoir une note à sa hauteur), les MEs ne cherchent pas à publier le meilleur livre. Elles cherchent la majorité du temps à publier le plus rentables des livres qu'elles peuvent publier.
Oui, même si ça m'agace, car je ne pense pas qu'un catalogue plus ouvert sur le francophone serait forcément moins rentable (si, derrière, des efforts pour donner de la visibilité à ces titres sont bien effectivement engagés - ce qui n'est, hélas, pas toujours le cas).
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lula_mae

Je ne voulais pas donner l'impression d'une généralité, désolée si ma phrase était mal tournée. Mais j'ai vraiment l'impression que sans être courant, ce qui n'est pas si rare non plus, y compris dans des ME très connues et reconnues. J'ai dans ma biblio de véritables torchons avec des phrases qui ne veulent rien dire, au point que je dois parfois revendre ma version neuve pour me tourner vers le marché de l'occasion en espérant y trouver une traduction plus ancienne (quand on pense que les vieilles trad' de SF étaient très critiquées il y a quelques années, je trouve d'ailleurs ça assez hypocrite).

Après je ne sais pas si des genres sont plus touchés que d'autres par ce souci, mais j'ai vu passer pas mal de YA qui étaient bourrés de fautes.

Page de Bâtons a écrit:

Pour name and shame, on avait carrément DeSaxus qui avait laissé un COMMENTAIRE WORD dans la version imprimée et vendue Laughing

Je ne voulais pas nommer de ME mais clairement, cet exemple là est magique. J'ai aussi un autre exemple d'un auteur très à la mode, qui est traduit et retraduit ad nauseam, quelque fois avec des phrases tellement bancales qu'on a l'impression qu'un collégien s'en est chargé.

Page de Bâtons a écrit:

On a les mêmes constats mais moi je suis optimiste I love you
On a des ME indépendantes qui se portent très bien. On a des auteurs francophones qui vendent bien. Certes le milieu est devenu ultra concurrentiel, mais les gens continuent de lire, les adaptations en série ou jeu vidéo qui marchent bien en SFFF proviennent souvent d'un livre à la base... bref, j'y crois ! Il faut juste aider à la visibilité de ces ME indépendantes qui nous publient. C'est ma mission sur les réseaux sociaux, et ça marche bien en plus ! Very Happy

Je suis entièrement d'accord avec toi, certaines ''petites'' ME s'en sortent super bien et font un travail énorme en terme de qualité, et ces ME ont généralement un public derrière qui achète chaque sortie les yeux fermés parce que la qualité est forcément là. Mais ça touche surtout un petit cercle de lecteurs ''informés'', là où le lecteur moyen va connaître une poignée de noms ultra connus mais n'ira jamais sortir de sa zone de confort.
Pour les adaptations par exemple, tout le monde connait La Planète des Singes, mais bien peu de gens savent que le bouquin est français.

Page de Bâtons a écrit:

Peut-être que ça explique l'accent sur les trad : peut-être que finalement, ils ne savent pas vraiment faire du travail éditorial, et que ce manque de compétence les pousserait (en plus de tout le reste) à se détourner des auteurices francophones ?

Ouais ben même côté traduction, c'est pas ça chez eux sur certains bouquins :mrgreen:


Après j'ai eu une petite joie l'année dernière : j'ai voulu tester la ''Kube'', une cube littéraire qui contient un livre choisi par un libraire indépendant suivant les goûts et demandes renseignés, plus des petits cadeaux (marque page, thé, carnet...). Et bien j'ai été ravie de voir des bouquins français m'être proposés en priorité alors qu'il existait un ''équivalent'' américain et que je n'avais rien précisé en terme de nationalité de l'auteur. J'ai l'impression que certains libraires essayent vraiment de mettre en avant les auteurs français et c'est top !
 
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Sujet vraiment très intéressant, sur une question qui me turlupine depuis longtemps Wink
Bragelonne est cité à de nombreuses reprises, et ce qui m'interpelle, c'est que à ses débuts, justement, cette ME publiait pas mal de Français, et pas forcément connus à l'époque (voire, certains le sont encore, d'autres sont tombés dans l'oubli) : j'ai dans ma bibliothèque Jérôme Camut, Henri Loevenbruck, Ange, Stéphane Malagoli... et il y en a sûrement d'autres. Et pour avoir discuté avec cette ME à l'époque, il y a une vingtaine d'années donc, ça se vendait bien apparemment (et c'était vraiment des passionnés).
Alors quoi ? Que s'est-il passé ? Pourquoi ont-ils viré leur cuti ainsi ? Je sais les scandales, le rachat, etc, mais ils ont arrêté de publier des Français bien avant, j'ai l'impression...
 
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Très intéressant fil, je partage pas mal des idées émises ici ou là, quand bien même elles sont en désaccord les unes par rapport aux autres (car il y a du vrai dans les unes et les autres). Je ne viens donc pas alimenter mais juste faire un petit clin d'oeil par rapport à la parenthèse du titre de ce fil : "surtout en SFFF". C'est marrant, moi j'aurais dit "Surtout en polar". Quelqu'un a aussi évoqué la romance. Je ne suis pas qualifiée pour parler de la SFFF ni de la romance, je le serais plus pour le polar, en soulignant que les traductions viennent aussi des modes : il y a quelques années, on était assuré de vendre si on avait un pseudo suédois. Et certaines maisons d'éditions ont une préférence nettement affichée (que j'appelle pour ma part snobisme) pour l'auteur le plus lointainement ou inattendument - j'invente ce mot - étranger qui soit (Zoulou, Mhong, Ouïghour...). Elles le revendiquent dans leur ligne éditoriale, comme si le fait d'être de ces nationalités (que je respecte infiniment, appartenant moi-même à une culture qui a dû elle aussi lutter pour survivre, même si notre langue se meurt) vous donnait une sorte de plus-value. Plus value éditoriale oui sans doute d'un point de vue marketing c'est un créneau, comme le fut autrefois la fameuse collection "Grands détectives", mais je suis moins sûre de la constance d'une plus-value de qualité d'écriture. C'est pourquoi je parle de snobisme.
Bon mais voilà qu je m'étale...
 
   
    
                         
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 La prédominance des traductions vs la littérature francophone (surtout en SFFF)

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