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 La plume est-elle une arme ?

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Nuage-Rouge
   
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Nuage-Rouge  /  Tapage au bout de la nuit


"La poésie c'est un contre-pouvoir sans pouvoir, qui décide de déposer les armes"
L'écriture automatique "c'est un peu comme se tirer les cartes à soi-même" :

Cette conception de la poésie, et plus largement cet esthétisme du "bon goût" et son "art", plait à Léa Salamé et à travers elle à la petite classe de bourgeoisie culturelle qu'elle représente. Qu'est ce que ça signifie ? de quoi ça témoigne ?
Il est toujours ici question de "démocratisation" de cette poésie plus ou moins classique, légitime, et inoffensive, de la poésie pour la beauté du geste (même dans une forme aléatoire), de "donner accès" à celui ou celle qui en manquerait. Mais pas du tout d'interroger le rapport culturel et politique qui préexiste à cette conception asymétrique de la poésie cherchant à se faire valoir, à se prêcher pour elle-même, face au supposé "défaut" de poésie de l'extérieur.
Il me semble qu'il s'agit ici de rapporter l'altérité à sa poésie plutôt que de se poétiser dans et à travers l'altérité.

Je vous propose de la mettre en face de ces quelques vers de Léo Ferré

Citation :
"Des armes, des armes, des armes
Et des poètes de service à la gâchette
Pour mettre le feu aux dernières cigarettes
Au bout d'un vers français
Brillant comme une larme"

et de ça que je viens de trouver :

"« La poésie est une arme chargée de futur. » (« La poesia es un arma cargada de futuro »), titre d'un poème de Gabriel Celaya":

Décider de "déposer ces armes" et de vider tout pouvoir de la poésie ou armer sa plume de son plein pouvoir poétique ?
Comment et au service de quel feu ou contre-feu ?
 
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Invité  /  Invité


Salut Nuage, ça va ?

Oui, comme on sait, la poésie peut être une arme politique. De manière générale et par définition, le langage est éminemment politique.

Je ne suis pas sûr d'avoir compris quel était exactement ton questionnement ; cela me semble très large... ?
 
SuperAlice
   
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SuperAlice  /  Adjointe sérénissime à la modération reconnaissante


J'avais une connaissance Iranienne qui m'avait parlé de leurs poètes qui utilisaient des images pour parler du pouvoir en place. C'est ce genre de choses certainement dont il est question... Un poète pour moi ne baisse jamais son arme, ou c'est qu'il l'a passée à gauche ou qu'il est Érème. (Huhuhu)

C'est une image encore je pense, il pose les armes pour utiliser sa plume, offrir (il me semble) une connaissance des faits et l'exposer pour ceux qui ont perdu espoir (censure) et aussi véhiculer le message "nous continuerons à lutter".

Pour l'écriture automatique il te faut certainement faire une petite recherche, ou pratiquer, je pratique que ça il me semble... Oui c'est comme se tirer les cartes, vu qu'on lâche tout ce dont notre esprit veut bien se libérer, après tu regardes le résultat.

Et pour la poésie est une arme chargé du futur, j'ai envie d'y voir, ce que je remarque bien souvent en écrivant, le fait de décharger son esprit sur du papier de le rendre d'une certaine façon "physique", il y a une projection et peut être, tu remarqueras que tu peux te retrouver à écrire des trucs qui vont t'arriver une sorte d'auto pnl, lolilol ; c'est pour ça aussi que j'essaie d'arrêter les darks poèmes, parce qu'après tu te retrouves avec des coïncidences flippantes.
Je tiens à ajouter, que JE le forum est une fourmilière à ce genre de phénomènes, pour moi en tout cas...
Enfin bon, la magie de JE.

Ça fait plaisir de voir des questionnements.
Je peux essayer de préciser certains points si tu le souhaites !
 
Liseth
   
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Liseth  /  Autostoppeur galactique


Laisse Aom tranquille SuperAlice ou je t'envoie des fleurs tant que vas t'etoufer avec.
La plume est-elle une arme ? 3029968519
 
Le Trader
   
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Le Trader  /  Hé ! Makarénine


Poser une question c'est déjà y répondre. C'était le piège de mon vieux topic sur la hauteur poétique !

De ce que j'ai entendu, il y a surtout une chose que je retiens : il fait de la poésie. On se demande, entre poètes.ses comment en proposer autrement, comment en partager autrement, comment faire poésie, en faire, en produire, avoir un auditoire, et que cette poésie soit présente autour de nous...il a trouvé la voie qui lui convient, il en fait à sa manière, et c'est déjà énorme. Et le temps passé (perdu) à débattre, de savoir quel genre de bourgeoisie prend son pied, il aura sans doute apporté beaucoup plus à des gens, pas forcément de la caste, pas forcément proches de la poésie. Avant de lancer des critiques, faudrait apprendre à faire. A développer un savoir-faire. A le diffuser. La critique vient après.

Bien sûr, on peut toujours poser son idéologie et sa vision du monde. Il reste à savoir si on veut militer pour la poésie, ou pour tout autre chose - car la poésie idéologique, politisée et partisane est, selon moi, parfaitement inintéressante. Eluard écrivait des poèmes ringards sur "Papa Staline", fin de la blague. Elle n'est pas un sport de combat, et elle tend à aller autre part que dans le combat et la lutte - pour celle qui me semble dire quelque chose d'universel et de singulier, qui possède cette force et ces mots qui parlent à chacun.e et à toustes à la fois.

Les termes posés ici par Nuage Rouge parlent d'altérité, mais demeurent globalement binaires. Les choses ne sont pas aussi simples que "interroger le rapport culturel et politique qui préexiste à cette conception asymétrique de la poésie cherchant à se faire valoir" - formulation qui me fait inévitablement penser au sketch de Franck Lepage (lien). Je pense, et j'en ai bouffé, que la poésie n'est pas un tract politique, ni un bouquin de socio mal dégrossi, encore moins une tentative de conversion du prolétariat en littéraires accomplis (lire ou relire Joseph Ponthus et ses feuillets d'usine : paix à ton âme et merci !). La vie n'est pas asymétrique, elle est erratique. C'est-à-dire que, parmi ses nombreux mystères, un jeune de banlieue va autant adorer Verlaine ou Apollinaire qu'un jeune bourgeois des arrondissements de l'ouest-parisien. Il est même possible qu'ils se retrouvent sur les bancs des mêmes prépas et sympathisent ! (et ça fait un film français). Il est également possible que de prétendues élites n'y connaissent rien en littérature et en poésie (rip Fleur Pellerin), mais font semblant, et que le lumpenprolétariat dévorent et récitent par cœur des poèmes...Ce n'est pas une vue de l'esprit mais du vécu (j'ai été des deux côtés, LLG et banlieues), les choses ne sont pas binaires, il n'y a que des gens, qui aiment ou n'aiment pas poétiser, écrire, lire, s'intéresser, de tous milieux, de tous âges, et surtout qui essaient de contrecarrer leurs naissances, qu'elles soient bonnes ou mauvaises d'ailleurs. Poser violemment des modèles, des stéréotypes de classes, tout en se défendant d'être parangon des genres et des justices, c'est cocasse.

Je vais un peu plus loin, il y a pour moi des faits poétiques absolument partout, qui rendent cette question non seulement stérile, mais tout à fait stupide. La poésie est présente en nous, autour de nous, et il ne tient qu'aux poètes.ses de s'en saisir. De se sentir appelé.es, d'être amené.es devant des livres, des musiques, des personnes qui sentent ce petit truc indicible qui fait compter sur les doigts ou qui nous fait découper des bouts de machins de phrases. Elle n'est pas arme, ni fleur, ni violence, ni paix, elle est, si on la fait.

Quand je lis le champ lexical de la guerre, de la puissance, du pouvoir, j'ai l'impression qu'on se trompe complètement de sujet. Déjà parce qu'on ne peut pas défendre la poésie en la revendiquant guerrière ou armée. On est ce qu'on propose, nos actions parlent autant que nos poèmes. Que dire d'un.e poète.sse voulant réduire à néant une partie de la population pour instaurer ses poèmes à toustes ? C'est un.e surréaliste des années 30, bon, d'accord, mais quelles poésies derrière ça ? Quelles valeurs ? Pour quelles jeunesses ? Vous voulez poétiser en mettant au ban une partie de la population, en séparant encore une fois les gens, en créant ressentiment, colère, expurgation, vengeance, en reprenant du pouvoir ? C'est devenir ce qu'on dénonce, les victimes deviennent des bourreaux et reproduisent ce qui a déjà été. On peut tout à faire défendre ce schéma, mais ça souillerait la poésie, le propos, la personne, et une certaine idée du bonheur (dit sans idéalisme de quelque nature). Et, précisément, c'est là toute la difficulté, et toutes les complexités auxquelles nous sommes confrontés, en tant que personne, poète, vivant et présent sur Terre en 2023.
(Un de mes profs d'histoire moderne parlait beaucoup de la difficulté de terminer les révolutions, quand on tue, quand on produit ou reproduit des souffrances, comment s'arrêter ?).

Pour finir, j'annonce mes conflits intérieurs : Léo Ferré est pour moi un poseur égocentrique (lisez ses correspondances), bien cerné par le poète Xavier Grall à l'époque, et j'adore Léa Salamé quand Jancovici lui annonce qu'on ne devrait faire que 4 voyages en avion tout au long de sa vie. J'annonce aussi que j'ai fait de la socio-histoire et j'ai même bien connu la violence politique au pas des manifs jaunissantes et la voix de Liam gueulant tous les soirs quelque chose sur le "capitalèèèèsme". Un accent tolosan qui devrait être médaillé des Arts et des Lettres, on confie ça à SuperAlice.

Bref, ce monsieur Teboul est plutôt touchant, son cabinet est dans le Marais donc effectivement il restera dans un cercle plutôt déterminé, mais il aurait pu ne rien faire du tout et ne pas supporter la critique. Merci à lui, l'avenir nous dira son apport à l'œuvre commune !
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Nuage-Rouge
   
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Nuage-Rouge  /  Tapage au bout de la nuit


Tout feu tout flamme et toi camarade ?

Citation :
Oui, comme on sait, la poésie peut être une arme politique. De manière générale et par définition, le langage est éminemment politique.
Et partant de là la question qui peut se poser c'est : qu'est ce qu'on en fait ? Qu'est ce que les gens en font, pourquoi et comment ? Dans quels sens ?
Oui c'est assez large mais en même assez ciblé car il s'agit de prendre conscience de ce pouvoir et de décider de l'orienter ou de le déposer ici où là : « Un grand pouvoir implique une grande responsabilité. »
La discussion est ouverte vers cet horizon qui ne recouvre évidement pas tous les horizons du langage et de sa poésie, mais qui néanmoins les contacte.




Alice.,
Citation :

Oui c'est comme se tirer les cartes, vu qu'on lâche tout ce dont notre esprit veut bien se libérer, après tu regardes le résultat.
Pour moi la poésie ce n'est pas assembler des mots au hasard. Après, faire de nombreux essais au hasard peut donner quelque chose de signifiant sur un coup de chance je ne le conteste pas.

Citation :
il y a une projection et peut être, tu remarqueras que tu peux te retrouver à écrire des trucs qui vont t'arriver une sorte d'auto pnl
La pnl je crois bien que c'est du bullshit...

Moi ce que j’interprète par une « une arme chargée de futur », c'est que la poésie peut (doit?) être un saut vers l'avenir à travers le langage, comprendre « avenir » non comme la suite du présent selon la ligne du temps, mais comme le futur provoqué d'un présent conservé dans un état stagnant, par un certain ordre social. L'avenir c'est ce qui fait suite aux événements qui brisent la reproduction d'un présent plus ou moins identique à lui-même malgré le temps.

C'est ce que je comprends dans « chargée de futur », la poésie tire avec le boulet rouge du futur qu'elle envisage, qu'elle provoque, sur ce présent de conservation, sur cet ordre social maintenu dans un même temps (ou dans un « en même temps »).

Citation :
après tu te retrouves avec des coïncidences flippantes.
Je tiens à ajouter, que JE le forum est une fourmilière à ce genre de phénomènes, pour moi en tout cas...
Enfin bon, la magie de JE
Pour ma part je suis plus que sceptique quant à l’existence de tels « phénomènes » mais j'imagine sans autre réserve que si des événements reçoivent cette interprétation c'est qu'elle contribue à leur donner du sens.

Citation :
Ça fait plaisir de voir des questionnements.
Je peux essayer de préciser certains points si tu le souhaites !
Précise et développe tout ce que tu jugerais utile de partager je t'en prie, l'espace est fait pour ça.



Le trader,:
 
SuperAlice
   
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Coucou

Je vais juste essayer de recentrer mon propos tout en essayant de coller au thème, c'est assez difficile parce que c'est un peu large !!

Je pense que pour parler du temps : passé présent futur et de le faire coïncider avec la pratique d'une écriture que j'appelle "automatique, il faut considérer que pour mon cas, je me positionne dans un espace neutre, je plonge dans un univers homogène ou le temps n'existe plus, pour moi c'est ainsi que l'on doit exister en tant que poète, ou que j'aime exister en tant que poète.

De là, s'aligne des mots qui sortent bien de moi même, de tout ce que je vois connais ai vu, maîtrise plus ou ne maîtrise pas, coïncident par des biais passant du coq à l'âne peut être mais sont rattachés dans mon esprit par des cordelettes.
C'est pour ça que j'aime bien ne pas travailler mes texte pour que le chemin soit visible et que l'on puisse l'interpréter comme on interprète un rêve ou comme on tire les cartes en gros !

Il est dur de s'auto persuader de choses qu'on ignore, à moins vraiment l'hypnose certains adhèrent sur eux cela fonctionne et tant mieux si ça peut aider des personnes en détresse. 🫤

C'est un peu la même chose que tu dis il me semble.

Mais je reste fascinée par les effets de l'espace temps ! Il y a véritablement quelque chose à fouiller.
Le césium est beaucoup plus précis que le quartz pour calculer le temps. Mais c'est grâce au scepticisme que tant de choses sont expérimentées ! 🤭

Le temps n'est qu'un calcul, que sommes nous pauvres fourmis, pauvres futur pétrole et encore peut être même pas, la planète aura peut être explosé d'ici là.

C'est très rimbaldien cette histoire de saut ! " Le poète doit se faire voyant" oui il faut être moderne...
Si ce n'est fait je te conseille vraiment la lecture de ses œuvres complètes !!
Il parle de ce saut que doivent faire les poètes de leur statut de porte bannière aussi, de folie.
Quand je dis qu'il m'a sauvée c'est vrai, j'ai du revenir de l'au delà, je sais pas où j'étais je peux pas vous faire une description des enfers grecs, même si je connais les lieux comme ma poche, j'adore je kiffe, mais oui quoi petite saison en enfer ça m'a pas fait de mal, je suis là avec vous en partie grâce à la voix de Rimbaud, d'autres dont la voix est sympa sans arrêter d'écouter du rap bien saillant aussi, beaucoup Lim et rattraper la réalité.

Donc pour moi l'écriture automatique n'est pas aligner des mots au hasard, je lançais avant une phrase d'amorce, je ne le fais plus trop elle ne fonctionne plus 😔. Mais j'inspire et me lance et suis un fil que l'esprit me propose, je "trouve" mon poème comme disaient les trouvères ou troubadours !



 
SuperAlice
   
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J'avais pas lu l'autre partie, celle pas pour moi.

Je peux avoir mon commentaire s'il vous plaît monsieur nuage rouge ? Si vous avez le temps hein.
Il me semblait qu'on était bien partis...
 
Tengaar
   
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Je pense que bien affutée, tu peux percer un œil avec mais ça reste pas évident.
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Nuage-Rouge
   
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Alice,
Citation :
De là, s'aligne des mots qui sortent bien de moi même, de tout ce que je vois connais ai vu, maîtrise plus ou ne maîtrise pas, coïncident par des biais passant du coq à l'âne peut être mais sont rattachés dans mon esprit par des cordelettes.
C'est pour ça que j'aime bien ne pas travailler mes texte pour que le chemin soit visible et que l'on puisse l'interpréter comme on interprète un rêve ou comme on tire les cartes en gros !
Oui je vois, mais j'ai un peu de mal à appeler ça de la poésie, du point de vue de l'acte, tant la méthode d'écriture parait hasardeuse et dénuée d'intention de communiquer quelque chose de volontairement signifiant (mais je vais nuancer).

Ce qui donne du sens à ce type de production c'est l'interprétation purement subjective et arbitraire qu'on en fait du coup, si c'est comme pour un tirage de carte comme tu dis, qui n'a aucun sens en soi.

Pour le rêve c'est un peu plus controversé, mais il y a de grandes chances pour que le contenu d'un rêve n'ait lui non plus aucun sens en soi (qu'il soit simplement un processus de traitement et optimisation des données dans la mémoire, ou d'interprétation des stimulus extérieurs en vue de garantir l'état de sommeil), mais que ce soit uniquement l'interprétation qu'on en fait a postériori qui lui donne un sens, et cette interprétation varie fortement d'un environnement culturel à un autre. L'anthropologie des rêves fournit des données très intéressantes sur la variété des conceptions et interprétations des rêves au sein de l'humanité, dont l'interprétation psychanalytique n'est qu'une forme arbitraire et située parmi d'autres.

Je dirais que ces manières d'associer des idées, des mots, des images ne sont pas poétiques en elles-même, mais peuvent évoquer par hasard de la poésie sous le regard d'un observateur qui lui verrai un sens poétique.

C'est en quelque sorte une astuce de génération d'images et de formules, un peu comme une IA qui générerait des formes sans intention poétique, mais qui pourrait donné des résultats perçus comme "poétiques" indépendants d'une intention poétique préexistante, à travers le regard de quelqu'un qui y voit ce qui correspond pour lui à de la poésie.

Ca me fait penser aussi à la manière dont on peut être touché par une œuvre provenant d'une culture à  laquelle on serait parfaitement étranger, de laquelle on ignorerait tout, objet symbolique dont le sens nous serait inaccessible, mais qui trouverait un chemin vers une nouvelle signification du point de vue exotique à lui, recevant une nouvelle appréciation sensible et symbolique.

La « poésie » de l’œuvre, si intention il y a eu, est perdue. Mais un nouveau regard, avec de nouveaux codes culturels, peut y trouver quelque chose de poétique qui n'a aucun rapport avec l'intention originelle.

Citation :
Le temps n'est qu'un calcul, que sommes nous pauvres fourmis, pauvres futur pétrole et encore peut être même pas, la planète aura peut être explosé d'ici là.
Je ne m'en fait pas trop pour ce bout de cailloux, ni pour cette machine adaptative qu'est la vie. L'humanité en revanche, et surtout ses franges les plus fragiles, c'est une autre histoire. Et on sait que le temps est relatif, voire, pour nous, êtres de conscience, subjectif. La poésie pourrait servir à représenter ces dimensions du temps oui.

Citation :
Si ce n'est fait je te conseille vraiment la lecture de ses œuvres complètes !!
y a un moment j'ai lu quelques trucs, et la lettre du voyant oui, merci. Et écouté certaines adaptations musicales par Léo Férré qui peuvent être assez stylées
Mais "le voyant" n'est pas, il me semble, celui qui écrit à l'aveugle, et paf ça fait de la poésie, bien au contraire, il est plutôt celui qui projette intentionnellement une vision, une réflexion (du monde) au moyen de la poésie.

J'aime bien l'aphorisme d'Eluard qui dit : « Le poète est celui qui inspire bien plus qu'il n'est inspiré »


j'en viens à la nuance à propos de l'automatisme que tu défends (bon on s'éloigne un peu de l'armement poétique que j’interrogeais je crois, mais pas grave)
Citation :
Mais j'inspire et me lance et suis un fil que l'esprit me propose, je "trouve" mon poème comme disaient les trouvères ou troubadours !
Oui il se peut que tu « trouves » ton poème de manière intuitive, ce qui ne signifie pas pour moi qu'il faille sacraliser l'automatisme de cette intuition.
Peut-être que les intuitions ont pu donner des phases incroyablement inspirantes (plutôt qu'inspirées), et p-e qu'à d'autres moment il est possible de trouver mieux en « retravaillant ». Un automatisme peut coller à une intention, réussir à la capter sur le vif, mais le travail du texte peut lui aussi réussir à cristalliser, affiner cette intention après un automatisme hasardeux.

Pour moi c'est plus une question de méthodes, d'outils, que de déceler la « nature » poétique dans telle ou telle pratique. C'est l'intention qui est poétique (qu'elle soit le fruit d'un automatisme ou d'un travail plus profond), et la poésie est communiquée si cette intention produit des effets qui correspondent plus ou moins aux attentes de la personne qui reçoit la forme.

Sans quoi il n'y a pour moi pas véritablement de maîtrise de « l'art » mais plutôt des hasards qui associent des expériences sans véritables intentions, ou avec des intentions faibles/hasardeuses/vagues, et des regards sans capacité de déceler une intention, et seulement livrés à leur propre capacité à inventer du sens à partir de « rien », tel qu'on peut le faire à partir d'un nuage ou d'un rocher, qui n'ont aucune valeur/nature poétique en soi.
Ca peut être très agréable, stimulant, divertissant, enrichissant, émouvant ou que sais je, c'est pas la question, mais pour moi on s'éloigne de la maitrise de la poésie.



Pour en revenir à l'arme poétique, et la question de "l'art" et le politique :
Ici on a encore un bon exemple du poids de l'idéologie dominante sur les conceptions de « l'art », qui doit demeurer dans le giron d'un pseudo apolitisme conservateur, sous couvert « d'objectivité/neutralité ». On en vient vite à des paradoxes ridicules :


Citation :
Je pense que bien affutée, tu peux percer un œil avec mais ça reste pas évident.
Crever un oeil à son adversaire, c'est plutôt évident et c'est déjà ça, mais donner l’œil sur l’adversité, c'est d'une toute autre dimension combative et autrement plus intéressant il me semble. C'est cette voie que j'interroge ici...
 
SuperAlice
   
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Ahhh, en vrai je ne dois pas faire de l'écriture automatique alors...

Quand j'écris, le plus souvent je pars en me disant qu'est-ce que je vais pouvoir leur sortir qui va pouvoir leur clouer le bec à ceux là (je choisi ou pas ma cible, l'individu en général, je suis une personne plutôt branchée compétition, sans oublier que j'estime mes adversaires - là on rejoint un peu cette idée d'écriture armée -) ; ensuite, soit je vise un thème, si j'en vise pas, donc j'arme et me positionne en mode concentration ; je commence à écrire (peut être là écriture automatique ou j'utilise une phrase d'accroche que je connais) puis je cherche à mesure que j'écris un truc qui colle qui suit le thème lancé, donc en écrivant je fouille en même temps et je me dis que tel au tel concept irait bien, j'universalise ou recentre sur une idée une description une comparaison et quand j'arrive au milieu de ma page, je cherche à conclure ou faire une morale, c'est le pic en général et parfois ce pic arrive juste avant la conclusion en vrai c'est là que mon esprit est face à la conclusion qui naît en moi.

Après bien sûr je fais d'autres méthodes où je pense en aval au poème, parfois sur plusieurs jours comme là celui que je prépare.

Sur les petits poèmes parfois c'est dès le début de l'écriture, je me dis : ah là ça va aller vite. Hihi

Parce que sinon c'est écrire les yeux fermés en piquant des mots au hasard dans un dictionnaire ou je sais pas c'est vrai que c'est étrange. 

Le processus d'écriture d'un poème sur la base même du hasard ça me paraît étrange pratique totalement étrangère et impossible en vrai, je n'écris pas au hasard du tout ! :/

Après pour extrapoler ultra rapidement, le tarot n'est pas naît en un jour ; ce sont des outils et une pratique qui ont été travaillés sur des tas et des tas d'années. 
C'est un besoin pour certaines personnes d'être rassurés, être aussi au centre de quelque chose durant une scéance et je trouve que ça en revient par là aussi à cette idée de guerre, guerre contre le malheur des gens.
Bon je délire peut être mais y'a un peu de ça c'est sûr.
 
Le vent l'emportera
   
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La distinction de la poésie dans le champ littéraire précède largement Léa Salamé et dois-je dire ? le capitalisme, l'invention de l'imprimerie, la naissance de Mahomet, la conquête de la Gaule, que sais-je.  

Un poème peut-il avoir pour effet de blesser, d'anéantir ou tout au plus de mettre en joug ? Admettons à titre métaphorique. Ne se dénature-t-il pas alors, notamment dans la quête prioritaire du "beau", de l'harmonie, de la réconciliation des sens et de la condition humaine ? 

Une poésie offensante viendra disputer cette universalité prétendue et une poésie offensante et émérite recréera par ailleurs un autre terrain d'expression vertueuse sans quoi elle repose toute entière sur un référentiel extérieur et dénigré - je trouve cela indigne et par conséquent anti-poétique. Il semble dès lors que la poésie peut être offensive, stratégique, ciblant et se dérobant, comme sur un champ de bataille.  Admettons à titre métaphorique (encore, je joue le jeu...) car après tout, des brèches successives dans les thèmes et formes de la poésie à travers l'histoire suggèrent en effet de nombreuses conquêtes... dans le ciel des idées.

Je comprends néanmoins que la question se pose ici-bas : peut-on générer, ou s'emparer politiquement d'un poème comme instrument de contestation ou d'affirmation du pouvoir ? Il me semble que les hymnes nationaux en font la preuve mais plutôt que des armes, j'y vois des boucliers. 

Je n'ai pas bien compris les vers de Léo Ferré, mais je lis et choisis de comprendre "désarme, désarme, désarme".  Ainsi, si certains assemblages de mots ouvrent bien des trous de balle, il y a rarement du sang.

Le vent l'emportera


Dernière édition par Le vent l'emportera le Dim 4 Juin 2023 - 23:46, édité 1 fois
 
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Le vent l'emportera  /  Autostoppeur galactique


SuperAlice, ce que tu décris comme effets de constellation et de convergence pendant la rédaction de tes poèmes me rappelle une conférence à laquelle j'ai assisté il y a fort longtemps et je ne me souviens donc plus ni du titre, ni de l'oratrice mais elle traitait de la métaphore et se demandait pourquoi elle créait de tels effets cognitifs et émotifs. Je ne me souviens pas du tout de sa démonstration. Je me souviens néanmoins qu'elle parlait de synesthésie nous renvoyant à la toute petite enfance, à notre état de nourrisson, pendant lequel, apparemment, nos sens ne sont pas encore proprement dispersés dans nos organes et encore traités confusément par le cerveau. Je crois. C'était il y a longtemps.
 
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Noxer  /  Au nom de l'Abeille – Et du Papillon – Et de la Brise – Amen !


j'avais bien aimé l'intervention du trader, parce qu'elle a douché le cynisme assez tentant dans lequel je me suis plongé après avoir vu la vidéo de ce monsieur Teboul, dont je n'aime pas la poésie. ou alors c'est parce que j'ai lu le commentaire après avoir mis hors de vue sa tête à claque.

je ne comprends pas l'intérêt de la question, la poésie est ce qu'on en fait. et puis est-il encore intéressant en 2023 de disserter sur un extrait d'interview-coup-de-pub pour filer une métaphore guerrière foireuse de lutte des classes ?

franchement nuage rouge, niveau poésie, perso je préfère un mec un peu niais comme Teboul qui fait un peu chier à faire la promo d'une poésie (la sienne) qui effectivement plaît à la bourgeoisie pas vraiment par hasard, mais globalement inoffensif, plutôt que d'avoir tes commentaires. confondre l'humain avec le social, ça va un moment quoi. tu écrases toutes les fleurs des possibilités humaines et de la beauté qui peut y résider avec tes sabots rouges. quand après ça veut revendiquer la poésie, c'est un peu ironique, si tu n'es pas capable de voir plus loin que le bout de ton "arme" lol.

la poésie militante qui ne m'ennuie pas, c'est celle qui ne l'est pas, c'est à dire celle qui s'énonce et se crée par impulsion poétique et non politique. parce que bon je sais pas si vous avez déjà eu affaire à de la poésie écolo sur mère nature qui pleure mais bon... moi je trouve ça chouette que tata fasse de la poésie, mais je trouverais ça encore plus chouette si elle s'y intéressait au delà de l'action politique dans lequel elle se confine de réciter les trois quatre vers dont elle se souvient... c'est faire pour faire la plupart du temps quoi, à partir de là se poser la question de plaire / d'utiliser la poésie, c'est un peu regarder son nombril de poéètesse, parce que ça aurait pu être n'importe quoi d'autre que la poésie... (c'est mon côté cynique qui se plaint en vrai j'applaudis quand même...)
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Merci le vent l'emportera pour la petite démonstration ! Très sympathique.

Et Noxer, pauvre Tata et ses poèmes écolos. ^^'

En vrai je ne regarde jamais de vidéos sur la poésie... 
Donc ça me parait toujours un peu étranger les discours sur la poésie ; ceci dit, jai regardé il n'y a pas longtemps Siméon que j'ai bien aimé !
 
   
    
                         
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 La plume est-elle une arme ?

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