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 L'écriture en blanche VS l'écriture en SFFF

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Mika
   
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Mika  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Citation :



En littérature de l'imaginaire : on raconte une histoire.
[...]
En littérature blanche : on éclate les codes.

Non, ça ne me convient pas comme explication. Dans tout roman, on raconte une histoire.

Tout auteur peut avoir l'envie de jouer avec les codes (ou non) et c'est de cette façon que l'on fait bouger les lignes ou que l'on crée de nouveaux genres.

Je pense donc que ce que tu dis là peut s'appliquer à tout roman. D'autant qu'en SFFF, on oublie dans ce fil de parler des nouvelles qui sont aussi là pour faire des essais, tant sur le style que sur le fond et ainsi, tenter de briser les codes.

Citation :
En littérature blanche : on éclate les codes.
Fuck l'histoire, l'intrigue, toutes les règles dramaturgiques, on part en mode bac à sable. Histoires de vies, autobiographies, autofictions, romans introspectifs, romans philosophiques, romans engagés... On parle parce qu'on a quelque chose à dire, mais qui n'est pas nécessairement une histoire.

Autobiographies / Biographies sont souvent classées à part, ce ne sont pas des romans contemporains à proprement parlé, c'est un genre à lui tout seul.

Un roman engagé peut être un SFFF (c'est d'ailleurs plus souvent un SFFF, souvent SF), donc cette caractéristique ne suffit pas au classement en littérature contemporaine. Bienvenue à Gattaca est un film SFFF, pas un drame contemporain et il se pose contre l'eugénisme.

Donc non, ces genres que tu cites ne sont pas des bacs à sable (en fait, tout roman est un bac à sable en soi selon moi). Ils ont tous leurs propres codes et ceux-ci ne sont pas inhérents au style de l'auteur.


Citation :
Aussi, j'entendais une éditrice sur tiktok dire qu'en gros les genres bien définis c'est en SFFF et donc tout ce qui ne rentre pas dans les cases de la SFFF serait de la littérature blanche.

Donc policier, romance, horreur, thriller qui ne cochent pas la case SFFF rentrent en littérature blanche ? Mais non, c'est n'importe quoi, ils restent ce qu'ils sont.


Citation :
Autre paramètre, vous rangez où la romance ? et le thriller ? deux genres bien plus populaire que la SFFF...

Nulle part, ce sont des genres à part entière. Certaines ME sont spécialisées dans ces genres-ci et ne publient qu'eux. Tu trouveras par exemple des romans policiers ou des romances.  Tous ont leurs propres codes.


Citation :
donc je dirais que d'un côté on a des genres très codifiés, dans lesquels tu peux opter pour des narrations et une plume radicale ou un style plus classique, tant que tu respectes les codes du genre ou au moins montre que tu les connais avant de jouer avec.

Totalement d'accord avec ça. Je pense que c'est ce qui résume le mieux les questionnements de ce fil.

Pour moi :

- Chaque roman a son style, propre à l'auteur.

- Dans chaque roman, on écrit une histoire (même si parfois certaines histoires sont moins passionnantes ou plus décousues que d'autres bien ficelées. Dans certaines on glandouille, l'auteur tourne en rond, ou alors il réfléchit à sa vie, mais ça peut être le cas de tout roman. J'ai lu des SFFF comme ça aussi, ce n'est pas propre de la littérature blanche. Perso je préfère les histoires bien ficelées, mais là n'est pas la question ici héhé L'écriture en blanche VS l'écriture en SFFF - Page 3 1f600 ).

- Chaque genre et sous-genre a ses propres codes et ceux-ci peuvent être nombreux. Pour faire simple, souvent ceux-ci se rapportent à l'histoire, à l'intrigue principale elle-même ou à des éléments de l'histoire qui vont permettre de classer le livre dans tel ou tel genre.

En littérature blanche/contemporaine, l'histoire va se passer dans notre monde, en ce moment (l'histoire est contemporaine de sa date de parution et donc contemporaine au lecteur au moment de sa sortie).

Je fais ici une parenthèse sur un sous-genre qui semble tous vous confuser ici, c'est ce qu'on pourrait appeler "les tranches de vie", ces fameux romans sans histoire dans lesquels on suit un perso qui déambule ou à qui il arrive de petites aventures du quotidien, sans plus. Il existe de nombreux autres sous-genres de la littérature contemporaine, dont certains sont cités dans des postes plus hauts. Ainsi, cette unique caractéristique (roman sans histoire) ne suffit pas au classement définitif en littérature contemporaine. Par exemple, imaginez une histoire avec un Elfe qui déambule dans notre monde parce qu'il est vieux et qu'il en sa claque de la vie, et qu'il ne lui arrive rien de spécial, il n'y a pas vraiment d'histoire, il passe d'un bar à l'autre disons : on placerait plutôt ce livre en SFFF. Mais la même histoire avec une femme non-Elfe, vieille et blasée de la vie qui passe de bar en bar, serait classée en littérature contemporaine. Si cette personne est une détective qui erre de la sorte en réfléchissant aux enquêtes passées et à sa vie, on pourrait le placer en policier. > Car on y retrouve les codes de chaque genre = le monde contemporain pour classer en contemportaine, l'apparition d'un Elfe et donc d'un élément merveilleux dans notre monde = fantastique donc SFFF, et la présence d'une détective qui réfléchit à des enquêtes passées = policier.

La SFFF va nous faire vivre une aventure ou questionner nos sociétés en plaçant son intrigue dans un monde différent du nôtre, avec l'invention de technologies différentes, des peuplades différentes, une Histoire différente etc.

Un roman historique va raconter notre histoire en essayant d'être réaliste (si tu dévies, tu passes en SFFF. S'il n'y a pas d'intrigues, on ne parle pas de roman, mais d'un manuel d'histoire par exemple, ou alors, c'est un livre d'analyses d'un historien > je lis beaucoup de ceux-là, et attention, dans ce cas, on ne parle pas de la littérature blanche quand bien même il n'y a pas d'histoire. Tout simplement parce que ce ne sont pas des romans, mais des livres d'histoire tout comme l'est un livre scientifique < j'en ai pas mal de ceux-là aussi car c'est mon boulot et donc il existe des livres philosophiques aussi, comme quelqu'un le citait plus haut. Ce sont des livres de science et pas des romans donc ils ne rentrent pas dans la classification des romans et n'ont donc rien à voir dans ce fil)

Un policier sera classé comme tel par le fait qu'on suive une enquête (policière souvent).

Une romance par le fait que l'intrigue tourne autour d'une aventure amoureuse, souvent avant la mise en couple, mais pas toujours, car après la mise en couple, on pourrait le classer en contemporaine.

Etc...

(corrigez-moi si je me trompe !)

Il serait donc mal aisé pour moi de réussir à classer un roman juste par rapport à son style ou par le fait que ce soit une sorte d'essai d'écriture sans histoire.


Edit : PS : Je n'ai pas parlé ici des romans "jeunesse". Pour avoir regardé ou lu de nombreuses interviews d'auteurs de romans jeunesse ou avoir moi-même lu des jeunesses, on peut facilement remarquer un style différent entre les deux et ce, indépendamment du genre (contemporain, fantasy etc). On n'écrit pas un livre pour les enfants de la même façon qu'on écrirait un livre pour adultes. La différence de style entre les deux est assez forte pour la noter dans ce fil.


Dernière édition par Mika le Lun 29 Mai 2023 - 16:13, édité 1 fois
 
Eden Memories
   
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Eden Memories  /  Autostoppeur galactique


Tu as mêlé mes propos à ceux de quelqu'un d'autre que je citais, mais c'est pas très grave, je réalise que j'ai manqué de précision.

Mais même si effectivement je pense qu'on peut trouver la même radicalité, le même jusqu'au boutiste, la même réflexion chez les littératures dites de genre, disons que c'est pas faux de dire aussi qu'en littérature blanche on prône cela. Pas tous, les lecteurs par exemple j'en suis pas convaincue mais les éditeurs, journalistes et ceux qui en parlent en france recherchent cela et donc les auteurs pour avoir un succès critique y aspirent.

Ceci dit, ce que disait l'éditrice est pas faux, la définition même de la littérature blanche étant : "ce qui ne relève pas de la littérature de genre, en particulier la SFFF et le roman policier, par opposition à la littérature noire" (je cite Wikipédia). Elle avait juste oublié de mentionner le polar. Mais en soi, prenons la romance, nombre de littérature blanche aborde des histoires d'amour. En quoi sont-elles différentes d'une romance, comme tu le dis pour l'histo, la différence va se jouer dans des nuances, dans le fait qu'une romance populaire suit des codes très précis comme les comédies romantiques américaines, bien que, ces codes à force d'être utilisés changent. Sans parler qu'ils peuvent varier d'une maison à l'autre.

J'ai eu un texte reclassé par une maison d'édition en romance alors qu'à mes yeux c'était un roman gothique par excellence, j'avais respecté tous les codes du genre, et le fantastique était omniprésent, pour autant, oui il y avait aussi les codes de la romance même si j'avais pas spécialement cherché à les suivre.

En revanche je pense pas qu'il existe un roman sans histoire, ou en tout cas, ça risque de ne pas être lu ni même vendu. Il y a toujours quelque chose qui est raconté, même si ce n'est pas une intrigue aussi élaborée que celle d'un polar ou d'un récit de sf.

 
Mika
   
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Mika  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Je trouve qu'il y a bel et bien des romans sans histoire. Je pense par exemple au Festin Nu de W. Burrough. C'est du n'importe quoi ce livre, je ne sais si quelqu'un l'a lu ? je cite wikipédia : "Écrit largement sous l'influence de drogues hallucinogènes, d'héroïne et de cocaïne, la première mouture du Festin nu se présente sous la forme de notes éparses informes et obscènes, réarrangées parfois par la technique du cut-up (reformulation physique des chapitres après les avoir découpés, mélangés, et recollés ; dans une procédure inédite que l'on peut apparenter aux transes créatrices des surréalistes)[2]. Burroughs mêle drogue, politique, homosexualité, hallucinations, délire paranoïaque dans une danse de mots et de verbigérations déchaînés et puissants, cette forme délirante se voyant scandée par une sorte de satire sociale nébuleuse directement issue des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift[3]."

Donc je dirais clairement que ce style-ci n'est pas spécifique à la littérature blanche. Il s'inscrit pourtant bel et bien en littérature contemporaine car cette sorte histoire décousue se place dans notre monde contemporain (du moins celui à la date de sortie du livre). Et pourtant, on le compare à Gulliver donc SFFF. Allez comprendre.

Si tu prends maintenant Alice au pays des merveilles en comparaison, c'est tout aussi n'importe quoi. Et pourtant on va le classer en SFFF voire en jeunesse à sa sortie, pas en blanche (normal, l'histoire se déroule dans un monde imaginaire). Alors que l'histoire est total craquée aussi ! On a l'histoire de Disney mais si vous le lisez le roman, vous verrez, c'est nimp !

Donc la présence d'une histoire décousue ou pas d'histoire n'est pas une caractéristique de la littérature blanche.

C'est vrai que les Éditeurs adorent se flatter en placant la littérature blanche en opposition avec tous les autres genres (les Noirs ??). Mais en y réfléchissant bien, non, ce n'est pas la littérature blanche versus tous les autres. Pourquoi ça le serait ? La littérature blanche est juste un genre parmis les autres, genre. Il se trouve que ce genre est plus populaire en France, avec plus de ventes, mais c'est tout quoi.

C'est vrai que certains romans sont à cheval sur plusieurs genres. C'est le cas des romanfantasy ou romance-fantasy. Perso, j'aurais plutôt tendance à les caser dans romance que fantasy mais plus objectivement, c'est un hybride. Pour les romances en littérature blanche, c'est ptêtre le fait que le genre romance se base plus sur la rencontre entre deux amoureux.ses jusqu'à ce qu'ils se casent ensemble (ou non) à la fin, alors que les romances en blanche explore d'autres aspects (les enfants, la vue de couple, le divorce, ce genre de choses), mais là, c'est vraiment ma vision perso car je lis peu de romance.

PS : @Eden Memories : je viens de corriger mon précédent poste si je me suis embrouillée dans les quotes dsl !
 
Mokkimy
   
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Mokkimy  /  Maîtrise en tropes


Je vais préciser mes précédents propos.

Quand je parle d'histoire pour la littérature de genre, en opposition  à la litté blanche, qui n'est pas construite autour d'une histoire... C'est histoire dans le sens grossier de "situation initiale, élément déclencheur, acte 1, acte 2, acte 3, climax, dénouement, situation finale". Schéma narratif, quoi, ou intrigue.

(Peu importe qu'il s'agisse après d'un découpage du récit à la Aristote, en 22 étapes à la John Truby  ou façon voyage du héros.)

Parce qu'évidemment, si on y va par là, tous les récits racontent quelque chose.

Mais en litté de genre, le schéma narratif est le cœur du roman. Protagoniste, antagoniste, péripéties jusqu'à la confrontation.
Tenir en haleine le lecteur, éviter l'ennui, divertir.
On peut difficilement s'éloigner de la structure narrative classique, par exemple en se disant "allez hop, je raconte l'histoire d'un héros et d'un adversaire qui ne vont jamais se confronter".

En litté blanche, chaque récit a bien un point de départ et une direction, ce qui pourrait être qualifié d'histoire que l'on raconte. Mais on va te demander quelque chose de beaucoup plus libre dans la forme, on s'en fout qu'il n'y ait pas de conclusion, ou pas d'adversité, ou pas de tension nerveuse, ce qu'on recherche est ailleurs. C'est pour cela que je dis qu'il n'y a pas d'histoire et que c'est un bac à sable, mais il serait plus exact de dire qu'il n'y a pas de schéma narratif classique attendu et que l'auteur est libre de tout.

C'est pour ça qu"Auprès de moi toujours" est vendu en littérature blanche et non en littérature SFFF, alors que c'est de la SF pure.
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fabiend
   
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Eden Memories a écrit:
Mais en soi, prenons la romance, nombre de littérature blanche aborde des histoires d'amour. En quoi sont-elles différentes d'une romance, comme tu le dis pour l'histo, la différence va se jouer dans des nuances, dans le fait qu'une romance populaire suit des codes très précis comme les comédies romantiques américaines, bien que, ces codes à force d'être utilisés changent. Sans parler qu'ils peuvent varier d'une maison à l'autre.

La romance est un genre assez codifié et dont la définition est assez simple (plus simple que la SF ou le policier, en fait). Une romance, c'est une histoire qui se focalise principalement sur le développement de la relation amoureuse entre deux personnages, et qui se termine bien. Ils se rencontrent, ils se plaisent mais quelque chose les empêche de vivre pleinement leur relation, et finalement ils réussissent à affronter tous ces obstacles et vivre pleinement leur histoire. Si tu rentres dans cette trame, c'est une romance. Si tu en dévies, ça n'en est plus une.

Citation :
J'ai eu un texte reclassé par une maison d'édition en romance alors qu'à mes yeux c'était un roman gothique par excellence, j'avais respecté tous les codes du genre, et le fantastique était omniprésent, pour autant, oui il y avait aussi les codes de la romance même si j'avais pas spécialement cherché à les suivre.

Ça c'est un autre problème. Le gothique est un genre littéraire commercialement mort, alors que la romance est le genre le plus rentable. Si une histoire suit à la fois les codes du roman gothique et ceux de la romance, ce serait du suicide de le cataloguer gothique au lieu de romance.
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Mika
   
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Mika  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Mokkimy a écrit:

Mais en litté de genre, le schéma narratif est le cœur du roman. Protagoniste, antagoniste, péripéties jusqu'à la confrontation.
Tenir en haleine le lecteur, éviter l'ennui, divertir.
On peut difficilement s'éloigner de la structure narrative classique, par exemple en se disant "allez hop, je raconte l'histoire d'un héros et d'un adversaire qui ne vont jamais se confronter".

C'est pour ça qu"Auprès de moi toujours" est vendu en littérature blanche et non en littérature SFFF, alors que c'est de la SF pure.

Je reste pas d'accord.

Si tu prends les Raisins de la Colère de Steinbeck, un blanche car contemporain du lecteur à sa sortie, on a des héros qui déambulent et pourtant l'histoire suit une structure (que tu appelles "classique"), en l'occurrence ici celle appelée "Save The Cat", j'avais vu une vidéo là-dessus. 

Tu cites toi-même Auprès de Moi Toujours, c'est un SF et j'ajouterais même SF-horreur (un de mes livres préférés, j'adore ce roman) qui ne suit pas ce que tu appelles la structure classique, au sens où héros et adversaires ne vont jamais se confronter, mais c'est passionnant comme livre, tant dans la façon de raconter (donc il y a une structure) que dans l'histoire si originale (et glaçante !). C'est une traduction de l'anglais et je pense que les agents d'Ishiguro ont voulu le passer en blanche en France pour mieux le vendre et faire plus intello, mais ce n'est clairement pas de la blanche, on est d'accord. C'est un choix marketing. Je suis pourtant sure que tu peux retrouver dans ce livre une structure bien établie, peut-être meme Save The Cat qui est quasi partout !

Il y a différents sous-genres de littérature blanche. Perso, ceux que je lis comportent une histoire (car je n'aime pas les romans sans histoire, à ce compte-là je préfère un livre de photos ou quelque chose comme ça). C'est d'ailleurs vrai pour les autres genres. Les récents récits de SFFF primés dans lesquels il n'y a pas d'histoire, je les ai lus, mais ce n'est pas pour moi (par exemple l'Enfant de Poussière que je n'ai pas aimé du tout du tout). En blanche, je pense aux Modiano qui souvent raconte des histoires plus plates que celles qui nous arrivent dans la vie réelle, une héroïne qui discute dans un café de sujets dans intérêt, alors que dans la vraie vie, la même scène peut être passionnante. Peut-être as-tu ce type de romans en tête ? Ils ne constituent pas non plus 100% de la blanche (et heureusement, sinon je n'en lirais pas perso).

En ce moment, je lis La Papeterie Tsubaki de Ogawa Ito, c'est un blanche, je dirais même tranches de vie justement. Il se passe pourtant pleins de trucs dans ce roman. C'est l'histoire d'une jeune écrivaine publique (elle écrit des lettres sur commande) qui reprend la boutique familiale au Japon. Chaque partie est construite comme ça : Poppo l'heroine fait un petit truc mignon au début (du rangement, un barbecue...) puis un client débarque et la met au défi d'ecrire une lettre pour quelqu'un. Elle doit ensuite trouver comment aborder ce sujet délicat en douceur (une lettre de rupture, un deuil, le refus de prêter de l'argent, ce genre de choses). Ce faisant, elle lie des amitiés, déambule dans la ville de Kamakura (elle doit y tester tous les restos !) L'écriture en blanche VS l'écriture en SFFF - Page 3 1f600 , va au temple etc, c'est plutôt lent, mais jamais chiant, il y a toujours quelque chose qui émerveille ou contrarie cette brave Poppo 🙂 Le style est simple et direct quoique comportant parfois de mignonnes descriptions originales (j'ai encore en tête sa comparaison des petits moineaux à du riz soufflé). Bref, il y a une histoire et elle est sympa et pourtant on est clairement dans de la littérature contemporaine.

Si les histoires passionnantes et bien ficelées n'étaient réservées qu'aux littérature de l'imaginaire ou aux autres genres que la blanche, je ne lirais que ça (car je n'aime pas les romans sans histoire. Ça a été dur pour moi de lire Le Festin Nu que je citais plus haut par exemple, pfiou laborieux et je n'en ai rien retenu !). Or, j'aime bien la blanche, donc il y a bien une histoire avec une structure sous-jacente comme dans tout roman, donc je ne mettrais pas le manque d'histoire ou le fait d'essayer des trucs nouveaux comme une caractéristique du genre "blanche".
 
fabiend
   
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fabiend  /  Effleure du mal


"Auprès de moi toujours" (comme tous les bouquins d'Ishiguro qui relèvent presque tous de la littérature de genre) est vendu en blanche parce que ça ne ferait pas sérieux d'admettre (en France) qu'un titulaire du Nobel écrit de la SF et de la fantasy. C'est purement du marketing.

De toute façon ces questions de littérature blanche vs littérature de genre, SF vs fantasy vs policier vs romance vs etc., ce sont aussi beaucoup des questions de marketing. Dès qu'on les analyse sous cet angle, beaucoup de choses s'éclaircissent.
https://fabiendelorme.fr
 
Mika
   
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fabiend a écrit:
"Auprès de moi toujours" (comme tous les bouquins d'Ishiguro qui relèvent presque tous de la littérature de genre) est vendu en blanche parce que ça ne ferait pas sérieux d'admettre (en France) qu'un titulaire du Nobel écrit de la SF et de la fantasy. C'est purement du marketing.

De toute façon ces questions de littérature blanche vs littérature de genre, SF vs fantasy vs policier vs romance vs etc., ce sont aussi beaucoup des questions de marketing. Dès qu'on les analyse sous cet angle, beaucoup de choses s'éclaircissent.

Je trouve en effet intéressant d'utiliser Ishiguro comme un exemple représentatif qui permet d'apporter une réponse claire à ce fil. Cet auteur a écrit un roman par genre (à part blanche) et il est publié sous blanche.

En voici la preuve :

Lumière pâle sur les collines > fantastique
Un artiste du monde flottant > Recueil de nouvelles
Les Vestiges du jour > roman historique
Quand nous étions orphelins > Thriller/roman policier (enquête sur ses parents disparus)
Auprès de moi toujours > SF/horreur
Le Géant enfoui > Fantasy arthurienne
Klara et le Soleil > SF
Il y a aussi l'Inconsolé mais c'est le seul que j'ai pas lu donc je ne me prononce pas sur le genre.

Le style de l'auteur ne varie pas entre chaque livre, il garde le sien. Si un style spécifique par genre existait (lequel ?), il ne l'a pas copié.

Ses thèmes ne varient pas (trop), son thème principal étant la mémoire, donc si c'était vrai qu'il existait des thèmes spécifiques à chaque genre (lesquels ?), Ishiguro n'en tient pas compte et développe ses propres thèmes de prédilection dans chaque genre.

Chaque roman comporte une structure. Il y a une histoire passionnante (ou un peu moins dans l'Inconsolé, raison de pourquoi c'est le seul livre que je n'ai pas fini !), donc quelque soit le genre, ce n'est pas décousu.

Ishiguro a reçu le prix Nobel. Trois de ses romans ont été adaptés en film. Et il a écrit trois scénarios de films (j'ai juste vu Vivre qui est pas top selon moi ! L'écriture en blanche VS l'écriture en SFFF - Page 3 1f600 Qu'en pensez-vous ?). C'est pas le gars inconnu quoi.

Et répétons-le, il est publié en blanche.

J'en viens donc à la même conclusion que Fabiend ci-dessus. On n'a pas à faire ici à une réflexion d'écrivains mais d'éditeurs, car la conclusion est purement marketing : il vaut mieux camoufler ton roman en blanche si tu peux, car ce genre est mieux vu auprès des lecteurs, plus intello, et donc donc plus vendable. Pour l'auteur/la qualité du roman incluant style ou structure, ça ne change rien.

 
   
    
                         
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