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 Clause de préférence : discussion et témoignages

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Azaby
   
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Azaby  /  Effleure du mal


Salut ! What a Face

Petit sujet que j'ouvre à la suite d'une discussion sur un topic d'une autre section. En matière de contrat éditorial, que pensez-vous de la clause de préférence (ou de la clause d'exclusivité) ?

Pour rappel il s'agit d'un paragraphe dans le contrat stipulant que les prochaines œuvres d'un auteur doivent préférentiellement (ou exclusivement dans le cas de la clause d'exclusivité) être envoyées au même éditeur. Il s'agit donc d'attendre la réponse d'un éditeur donné avant de pouvoir s'engager ailleurs. C'est une façon pour les éditeurs de s'assurer que leurs auteurs n'aillent pas "voir ailleurs" (ce qui à mon sens en dit déjà long sur l'asymétrie imposée par cette clause   Razz )

Certains trouvent ça normal, mais à mes yeux ça n'est pas du tout le cas. Je lance donc une discussion dans un contexte plus approprié : En avez-vous signé au fil de vos aventures éditoriales ? Si elle était présente dans votre contrat, avez-vous réussi à négocier pour la faire sauter ? Votre éditeur a-t-il essayé de faire passer ça pour quelque chose de normal ? Smile

J'ai du mal à me représenter la proportion d'éditeurs qui proposent encore ce genre de clause.

Elle est à mon sens particulièrement abusive (hors cas de série ou d'univers liés) et je la considère comme l'un des drapeaux rouges les plus évidents du milieu  Clause de préférence : discussion et témoignages 1f6a9 Laughing

J'en ai signé une au début de ma carrière et j'avoue l'avoir regretté, même si cette clause était moins issue d'une malveillance de l'éditeur que de son ignorance du milieu (il espérait produire une série et voulait s'assurer que je ne lui fasse aucun coup bas). C'est du stress et du délai en plus, qui s'inscrit dans des démarches éditoriales déjà assez éprouvantes et interminables...  Laughing

Bref, je prends volontiers vos opinions à ce sujet ! N'hésitez pas à donner vos témoignages autour de cette clause !
 
Jimilie Croquette
   
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Jimilie Croquette  /  De l'Importance d'être Constamment Là


Chez So Romance : clause de preference. J’ai demandé à ce qu’elle soit retirée, ils l’ont retirée.
&H : Clause de préférence. Ils ont refusé de la retirer. J’ai signe quand même.
City : pas de clause de preference.

La question que je me pose moi est : dans quelle mesure est-ce limitant ?
La clause (chez harlequin en tous cas) signifie que je dois leur proposer les trois prochains manuscrits en priorité. Mais ensuite quoi ? S’ils me font une offre, je suis tout de même libre de la refuser. Je suis même libre de la refuser et de signer ailleurs.

Je connais une autrice (Lara Simmon) qui était liée à &h par cette clause et a sorti sa seconde romance chez Black Ink. Démonstration qu’en fait, ça ne la liait pas vraiment. Ils vont faire quoi harlequin si on refuse leur offre ? Ils vont pas nous poursuivre en justice… donc dans les faits la clause est dissuasive, mais elle n’est pas vraiment contraignante.
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KathyCat
   
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KathyCat  /  Barge de Radetzky


Comme dit Jimilie, je pense qu'on peut refuser une offre malgré la clause, surtout qu'un oui s'accompagne souvent d'un "mais on pense que telle partie mériterait d'être développée et si vous êtes d'accord on signe".

Pour les délais, il me semble que la loi dit qu'au bout de 3 mois sans réponse, l'auteur peut proposer ailleurs.

Quant à la démarche de la ME, pour celles de taille "conséquente", je suppose qu'il y a aussi une volonté d'avoir un auteur estampillé "nom de la maison d'édition".
Pour ma part j'en ai eu 2. Pour la première, j'ai naïvement été ravie, en me disant "mince, au moins une ME lira avec certitude mon prochain manuscrit".
Pour la seconde, ma foi, je veux bien rester chez eux ad vitam æternam, donc elle ne me dérange pas du tout.
 
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Il n'y en avait pas dans mon contrat.

Cette clause n'a aucun intérêt pour nous, auteurs : si ça se passe bien, on reproposera de toute façon nos manuscrits, donc pourquoi se bloquer volontairement et "perdre" trois mois (au mieux) dans nos démarches éditoriales ? C'est une clause qui ne bénéficie que l'éditeur, donc il n'y a aucune raison de la garder pour nous si on peut l'enlever.

Ensuite, certes, on peut refuser une offre, mais l'existence de la clause peut nous empêcher d'entamer des démarches en amont avec un autre éditeur (par exemple pour signer une commande pour un autre roman, ou bien les concours Fyctia comme Aliénor qui ne peut y participer à cause de la clause de préférence de son éditeur).

Je ne parle même pas des clauses de préférence qui imposent un contrat similaire à celui qu'on a déjà signé (pas sûre que ce soit légal though).

Comme Azaby, pour moi c'est quelque chose sur lequel j'insisterai fortement pour l'enlever si un éditeur essaie un jour de me l'imposer. Et cela peut refléter une forme de malhonnêteté de la part de l'éditeur.
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Arnina
   
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Arnina  /  Clochard céleste


Dans la ME où j'ai signé, pas de clause de préférence.

Je trouverais ça assez abusif, sauf si elle est véritablement précise (du type, on veut priorité sur vos romances YA pendant les 3 prochaines années si c'est le genre dans lequel on vous publie). De plus, il faut à mon sens insister pour avoir une mention qui précise bien que ces œuvres donneront lieu à de nouveaux contrats à part entière, que ce soit pas "conditions reconductibles" du premier contrat.

CECI DIT, même si je suis contre l'idée de faire figurer la clause dans le contrat, je trouve qu'il doit y avoir une clause de préférence morale tacite. Une ME t'a donné ta chance, elle va employer des moyens pour te faire connaître, faire du toi un nom qui se vend (elle va en tout cas essayer) donc je trouve ça moyen d'aller dans la foulée utiliser ce nom ailleurs sans raison particulière pour qu'une autre ME récolte ce que la ME initiale a semé. Mais dans le cadre du respect de la liberté de l'auteur, ça devrait rester "moral" à mon sens.
 
Chimère
   
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Chimère  /  Constamment Fabulous


J’ai une clause de préférence chez l’un de mes éditeurs, mais elle ne concerne que les manuscrits mettant en scène les mêmes univers / personnages que ceux d’un texte déjà publié chez eux, ce que je trouve tout à fait logique. Je n’ai donc pas demandé à la retirer. En plus, il est bien spécifié que ces manuscrits ultérieurs feraient l’objet de contrats distincts, ce que je vais d’ailleurs signer dans quelques jours. Pas de souci à ce niveau-là.

Mais pour une clause de préférence plus générale, je ne suis pas fan. Comme dit très justement plus haut, je reviendrai soumettre des textes à la même ME si je suis satisfaite, de toute façon ! Et je n’ai absolument pas envie de me retrouver entravée de quelque manière que ce soit… Ou d’attendre une plombe qu’on daigne valider ou non mon nouveau manuscrit.
J’imagine que c’est plus coton à négocier chez les mastodontes de l’édition.
 
Flora
   
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Je voudrais rebondir là-dessus :

Arnina a écrit:
CECI DIT, même si je suis contre l'idée de faire figurer la clause dans le contrat, je trouve qu'il doit y avoir une clause de préférence morale tacite. Une ME t'a donné ta chance, elle va employer des moyens pour te faire connaître, faire du toi un nom qui se vend (elle va en tout cas essayer) donc je trouve ça moyen d'aller dans la foulée utiliser ce nom ailleurs sans raison particulière pour qu'une autre ME récolte ce que la ME initiale a semé. Mais dans le cadre du respect de la liberté de l'auteur, ça devrait rester "moral" à mon sens.

Je suis passée par 3 maisons différentes et je suis en contact avec une 4e...
Pourquoi ? Piochez dans les raisons ci-dessous :
• Le travail éditorial n'était pas assez poussé à mon goût
• Le livre ne s'est pas bien vendu
• La confiance n'est pas au rendez-vous
• La maison n'aime pas le genre de mon nouveau manuscrit (et en publie très peu)
• Une opportunité dans une autre maison s'est présentée (et je voulais enrichir mon expérience d'autrice)
• La maison travaille très bien, mais elle est minuscule et publie très peu

Par ailleurs, quand tu t'engages avec une maison, tu ne sais jamais comment va se passer le travail avec les éditeurs. Ils vont tous te promettre une super relation de travail au moment de la signature, mais en pratique... tout est possible.

C'est pourquoi, de mon côté, à moins que la maison soit vraiment bien installée et inspire confiance à tout le monde, je ne signerais pas un contrat avec une clause de préférence.


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Arnina a écrit:
Une ME t'a donné ta chance
Non : une ME pense se faire de l'argent avec notre roman. Ce n'est pas de la charité quand elles nous signent.

Après je comprends tout à fait le sentiment de reconnaissance qu'on a quand une ME nous signe en tant que primo-auteur, car dans la pratique, c'est difficile... Et si ça se passe bien en plus derrière, évidemment que ça donne d'autant plus envie de continuer à travailler avec.

Mais je voulais juste quand même rappeler qu'en théorie, ce n'est pas une fleur que la ME nous fait : un contrat d'édition, c'est une relation commerciale dont l'objectif est d'exploiter notre propriété intellectuelle, pour que les deux parties au contrat en tirent un bénéfice financier (idéalement). C'est d'autant plus important pour moi à garder en tête que beaucoup de ME malhonnêtes jouent sur ce sentiment de reconnaissance pour arnaquer les auteurs (les forcer à signer des clauses abusives, leur mentir et les voler en ne leur versant pas tous leurs droits d'auteurs...).
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Azaby
   
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Merci pour ton partage Jimilie !


Citation :
La question que je me pose moi est : dans quelle mesure est-ce limitant ?

Pour moi il y a plusieurs raisons qui font que c'est un drapeau rouge. Le fait que ce soit limitant n'en est qu'une.

C'est limitant car ça t'empêche de faire un planning de soumission classique, ou en tout cas ça le rallonge forcément : au mieux de quelques semaines, au pire de quelques mois.

Il y a également le fait que ça puisse empêcher la participation à un AT ou un concours en particulier (c'est ce cas-ci qui se déroulait sur le topic qui m'a poussée à créer celui-ci). Bref, ça te dépossède d'une partie de ton temps. Non pas qu'il vaille de l'or, mais en matière de temps, on se fout déjà assez de la gueule des auteurs à mon opinion.


Citation :
La clause (chez harlequin en tous cas) signifie que je dois leur proposer les trois prochains manuscrits en priorité. Mais ensuite quoi ? S’ils me font une offre, je suis tout de même libre de la refuser. Je suis même libre de la refuser et de signer ailleurs.

Là, on peut aborder la deuxième question. Quel intérêt ont-ils à proposer une clause de préférence pour un auteur, s'il ou elle n'a aucune raison d'aller ailleurs ? A mon sens, aucun. C'est purement pour se rassurer ("il/elle ne nous plantera pas après qu'on lui ait mis le pied à l'étrier") et pour avoir la garantie de pouvoir te garder si d'aventure un de tes romans avait un franc succès.

Pour moi, c'est abusif. Et c'est ce point-là encore plus que la limitation concrète qui me gêne. Cette clause n'est là que pour t'empêcher d'aller voir ailleurs. "Après ce qu'on a fait pour toi, tu nous dois bien de rester même si tu pourrais avoir des opportunités ailleurs". Dans beaucoup de cas, c'est ce qui ce cache derrière ces clauses.

Et franchement, je trouve qu'on morfle déjà assez en tant qu'auteurs pour être tenus ainsi par une clause tout à fait dispensable.


Citation :
Je connais une autrice (Lara Simmon) qui était liée à &h par cette clause et a sorti sa seconde romance chez Black Ink. Démonstration qu’en fait, ça ne la liait pas vraiment. Ils vont faire quoi harlequin si on refuse leur offre ? Ils vont pas nous poursuivre en justice… donc dans les faits la clause est dissuasive, mais elle n’est pas vraiment contraignante.

Si je comprends bien on lui avait fait une offre sous clause de préférence qu'elle a refusée ? Il y a peut-être des configurations différentes - et des formulations différentes dans le contrat -  dans ce cas précis, mais dans l'absolu, si tu refuses leur offre ils peuvent rompre ton contrat présent et potentiellement réclamer des dédommagements si tu signes ailleurs (ami(e)s juristes, corrigez moi si je me trompe, mais c'est ce que j'en comprends).   study

(Et quand bien même tu pourrais refuser sans souci, ça ne change rien aux deux points précédents qui à mon sens sont suffisants en eux-mêmes !)


Edit :

Citation :
CECI DIT, même si je suis contre l'idée de faire figurer la clause dans le contrat, je trouve qu'il doit y avoir une clause de préférence morale tacite. Une ME t'a donné ta chance, elle va employer des moyens pour te faire connaître, faire du toi un nom qui se vend (elle va en tout cas essayer) donc je trouve ça moyen d'aller dans la foulée utiliser ce nom ailleurs sans raison particulière pour qu'une autre ME récolte ce que la ME initiale a semé. Mais dans le cadre du respect de la liberté de l'auteur, ça devrait rester "moral" à mon sens


Je ne suis absolument pas d'accord avec ça !
La ME ne nous "donne pas notre chance", elle collabore avec nous sur un pied d'égalité. Tout comme il semblerait aberrant d'exiger contractuellement de l'éditeur qu'il nous contacte préférentiellement pour toute volonté de parution dans un genre/public donné, l'éditeur n'a aucun droit moral sur nos prochains textes. Et ile ne devrait surtout pas en avoir.

Une collaboration peut très mal se passer, il peut y avoir des défauts de paiement, un travail éditorial limité, des ventes décevantes, un souci humain... ou tout simplement, un manque de satisfaction dans le processus éditorial. Il n'y a pas besoin de raison explicite pour cesser une relation (soit-elle humaine, sociale, professionnelle, sentimentale ou sexuelle).

Ce serait un dramatique pas en arrière que de laisser entendre qu'il soit une norme morale de soumettre nos prochains manuscrits à l'éditeur précédent. Si l'éditeur précédent fait du bon travail, il saura garder ses auteurs. Le contraindre (tacitement ou contractuellement), c'est un gros signe d'abus.
 
Arnina
   
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Arnina  /  Clochard céleste


Page de Bâtons a écrit:
Arnina a écrit:
Une ME t'a donné ta chance
Non : une ME pense se faire de l'argent avec notre roman. Ce n'est pas de la charité quand elles nous signent.

Après je comprends tout à fait le sentiment de reconnaissance qu'on a quand une ME nous signe en tant que primo-auteur, car dans la pratique, c'est difficile... Et si ça se passe bien en plus derrière, évidemment que ça donne d'autant plus envie de continuer à travailler avec.

Je suis tout à fait d'accord. Il ne s'agit pas de "charité", mais on ne m'enlèvera jamais de la tête que la ME qui est la première à avoir vu quelque chose en mon écriture, je lui dois une allégeance. Surtout quand c'est une ME qui n'a pas besoin de moi pour faire sa thune. Bien sûr, cette allégeance qui me poussera à contacter de préférence la ME pour mes autres projets n'est pas inconditionnelle. Comme ça a été dit plus haut, on peut avoir intérêt à changer de maison pour plein de raisons diverses. Tant que tout se passe bien, cependant, je m'interdis de bifurquer et je préfère même choisir la patience. On m'a souvent presque "reproché" mon trop grand sens de la loyauté dans la vie. Peut-être que je me trompe en prenant cette décision. L'avenir nous le dira Razz

EDIT :

Azaby a écrit:


La ME ne nous "donne pas notre chance", elle collabore avec nous sur un pied d'égalité. Tout comme il semblerait aberrant d'exiger contractuellement de l'éditeur qu'il nous contacte préférentiellement pour toute volonté de parution dans un genre/public donné [...]
Ce serait un dramatique pas en arrière que de laisser entendre qu'il soit une norme morale de soumettre nos prochains manuscrits à l'éditeur précédent. Si l'éditeur précédent fait du bon travail, il saura garder ses auteurs. Le contraindre (tacitement ou contractuellement), c'est un gros signe d'abus.

Apparemment je me suis mal exprimée car, bien entendu, je n'ai dit nulle part que s'il y a des problèmes avec la ME en question, on lui doit une loyauté sans faille. C'est bien sûr dans le cas où tout se passe globalement bien. Bien sûr que si la ME ne me paie pas ou fait n'importe quoi sur la promo, je me casse de là pour le prochain projet, cela va sans dire (d'où le fait que je suis contre la clause dans le contrat).

Mais je ne suis effectivement pas sur la même longueur d'ondes exactes que vous lorsque vous rejetez l'expression "donner sa chance" et parlez de pied d'égalité. Certes, je crois au talent, et chaque auteur devrait pouvoir s'appuyer sur son talent dans la recherche de ce qu'il mérite, mais, dans ce milieu, je crois aussi à la chance et aux hasards de la vie. Oui, un jour, quelqu'un dans cette ME a pris mon manuscrit dans la pile, et, oui, il a bien fallu que quelques astres s'alignent pour que le stagiaire qui lisait soit sensible à mon écriture, et oui, mon manuscrit n'était peut-être pas meilleur que celui de Gertrude qui cherche à se faire publier depuis 50 ans sans avoir jamais eu l'alignement des astres avec elle. Quand le comité de lecture me choisit moi et pas mon voisin, c'est pas parce que j'ai plus de talent que le voisin, vraiment pas. Y'a une bonne dose d'arbitraire, de sensibilité personnelle : c'est la rencontre de la sensibilité d'un éditeur et de ses projections commerciales avec ma sensibilité d'écrivain. La ME qui voit un potentiel en nous et décide d'essayer de nous "faire devenir une marque" (pour son propre bénéfice, certes)  nous tend une main, nous sort de la pile à lire alors qu'elle aurait vraiment pu sortir quelqu'un d'autre. Je trouve ça presque présomptueux de la part d'artistes de croire que toute leur carrière est le fruit de leur génie ou de leur hargne et rien d'autre. Y'a bien quelqu'un qui te donne un premier rôle alors que t'étais pas si incroyable au casting, comme beaucoup d'autres néophytes. Les personnes "installées" dans certains milieux repèrent les futures générations et, qu'on le veuille ou non, participent de la pluie et du beau temps.
Je continuerai de dire que ma ME m'a "donné ma chance" parce que je ne saurais le décrire autrement.

Tant que ça se passe bien avec une ME, je considère normal de leur soumettre en priorité tous mes manuscrits qui rentrent dans leur ligne éditoriale. Aller prospecter ailleurs alors que tout se passe bien, ça me déplaît. Bien sûr, si la ME n'est pas intéressée par les autres projets, je me sens libre comme l'air. Mais vraiment, si je ne passais pas d'abord par ma ME, j'aurais profondément le sentiment de trahir quelque chose d'important pour moi.
 
Azaby
   
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Azaby  /  Effleure du mal


En fait, toute ta philosophie et tes convictions tiennent là-dessus :

Citation :
Je suis tout à fait d'accord. Il ne s'agit pas de "charité", mais on ne m'enlèvera jamais de la tête que la ME qui est la première à avoir vu quelque chose en mon écriture, je lui dois une allégeance.

Encore une fois, j'ai du mal à savoir pourquoi dans le milieu artistique il y a cet irrespect pour le travail de l'auteur.

Je suis à peu près certaine que dans ton contexte professionnel hors écriture, tu ne dirais pas de ton patron que tu lui dois allégeance ? study

Bien sûr qu'une maison d'édition a besoin de livres pour faire son blé. Mais si elle te choisit toi et pas le manuscrit suivant sur la pile, c'est qu'il y a une raison. Ou pas, peut-être qu'effectivement les astres se sont alignés (comme dans beaucoup de situation professionnelle), mais dans tous les cas rien ne justifie qu'on se place en soumission de soumission face à l'éditeur.

Je trouve vraiment toxique de s'écraser comme ça devant l'éditeur au point d'utiliser le champ lexical de la vassalité pour qualifier une relation éditoriale.

En soi, ton opinion t'est personnelle. Mais je regrette fortement que beaucoup d'éditeurs jouent de ça. Cherchent à te prendre par les sentiments. Te donnent l'impression que c'est grâce à eux que tu es publié(e), ce qui est une connerie : le livre n'existe que parce qu'il y a collaboration de l'auteur et de l'éditeur. C'est comme si un père disait à une mère "regarde, c'est grâce à moi que notre enfant est né". Je pense que cette opinion, en plus de caractériser l'une des plus grosses tares du monde éditorial français (qui veut l'auteur docile et reconnaissant face à l'éditeur magnanime qui donne se chance aux nouveaux), est la graine d'une pensée dangereuse pour la profession.

Si la majorité des auteurs s'aplatissent face aux éditeurs, il n'y aura pas de changement. Il faut que les choses bougent, et il est à mon sens impératif de bousculer la relation auteur-éditeur pour établir quelque chose de plus sain. Quitte à y perdre au passage quelques contrats d'éditeurs qui attendent l'allégeance de leurs auteurs.

Non le monde de l'édition ne sera jamais juste. Mais la relation éditorial ne doit pas tendre vers autre chose que l'équité.

Je suis vraiment choquée par cette notion d'allégeance.
 
Arnina
   
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Arnina  /  Clochard céleste


Azaby a écrit:

Je suis à peu près certaine que dans ton contexte professionnel hors écriture, tu ne dirais pas de ton patron que tu lui dois allégeance ? study
Alors il s'avère que si Razz La loyauté m'a même permis d'obtenir des avantages considérables (à tous niveaux) car lorsque le patron est passé par une période où il n'avait plus le vent en poupe, je suis restée dans son camp de façon indéfectible. J'ai beaucoup évolué dans un environnement où la loyauté finissait par être récompensée, parfois grandement. Je ne suis pas totalement naïve et je sais que ça ne fonctionnera pas à tous les coups.

Oui, l'idée d'allégeance me plaît même dans le cadre de relations professionnelles. Je n'appelle pas ça être "écrasé" puisque l'allégeance est soumise en retour à un ensemble de conditions de bons traitements attendus. Si les bons traitements prennent fin, l'allégeance n'est plus de mise. Si j'étais appelée à diriger un jour une structure dans le cadre professionnel, je serais à la recherche de personnes capables d'allégeance. On se lance ensemble, on progresse ensemble, on grandit ensemble, et tant que personne ne se montre nuisible, on continue ensemble à la vie à la mort. Je t'accorde que c'est une façon de penser radicale et particulièrement intense qui m'est sans doute propre, et je doute que beaucoup de gens soient ainsi. J'ai par exemple appliqué ce mode de vie à des pans de mes relations qui n'ont a priori rien à voir, comme l'amour (toujours en couple avec mon premier amour parce qu'il est le premier et que, tant que la relation est tout à fait épanouissante, même mieux qu'au premier jour, je n'ai pas vu l'utilité de rompre dans les périodes difficiles pour aller "prospecter ailleurs" voir si y'avait mieux que lui. Mes relations ne sont pas un marché, ce sont des engagements profonds qui dépassent le strict cadre contractuel, même dans le monde pro). J'ai conscience de tenir un discours qui fait arriéré, un peu médiéval sur les bords. Au fond, loin de vouloir nuire au statut de l'auteur, il est empreint d'idéalisme. Parce que c'était lui (l'auteur), parce que c'était elle (la ME). Clause de préférence : discussion et témoignages 3029968519
 
Azaby
   
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Azaby  /  Effleure du mal


Arnina a écrit:
Azaby a écrit:

Je suis à peu près certaine que dans ton contexte professionnel hors écriture, tu ne dirais pas de ton patron que tu lui dois allégeance ? study
Alors il s'avère que si Razz La loyauté m'a même permis d'obtenir des avantages considérables (à tous niveaux) car lorsque le patron est passé par une période où il n'avait plus le vent en poupe, je suis restée dans son camp de façon indéfectible. J'ai beaucoup évolué dans un environnement où la loyauté finissait par être récompensée, parfois grandement. Je ne suis pas totalement naïve et je sais que ça ne fonctionnera pas à tous les coups.

Oui, l'idée d'allégeance me plaît même dans le cadre de relations professionnelles. Je n'appelle pas ça être "écrasé" puisque l'allégeance est soumise en retour à un ensemble de conditions de bons traitements attendus. Si les bons traitements prennent fin, l'allégeance n'est plus de mise. Si j'étais appelée à diriger un jour une structure dans le cadre professionnel, je serais à la recherche de personnes capables d'allégeance. On se lance ensemble, on progresse ensemble, on grandit ensemble, et tant que personne ne se montre nuisible, on continue ensemble à la vie à la mort. Je t'accorde que c'est une façon de penser radicale et particulièrement intense qui m'est sans doute propre, et je doute que beaucoup de gens soient ainsi. J'ai par exemple appliqué ce mode de vie à des pans de mes relations qui n'ont a priori rien à voir, comme l'amour (toujours en couple avec mon premier amour parce qu'il est le premier et que, tant que la relation est tout à fait épanouissante, même mieux qu'au premier jour, je n'ai pas vu l'utilité de rompre dans les périodes difficiles pour aller "prospecter ailleurs" voir si y'avait mieux que lui. Mes relations ne sont pas un marché, ce sont des engagements profonds qui dépassent le strict cadre contractuel, même dans le monde pro). J'ai conscience de tenir un discours qui fait arriéré, un peu médiéval sur les bords. Au fond, loin de vouloir nuire au statut de l'auteur, il est empreint d'idéalisme. Parce que c'était lui (l'auteur), parce que c'était elle (la ME). Clause de préférence : discussion et témoignages 3029968519


J'ai toujours du mal à voir en quoi tu dois plus allégeance à ton éditeur que ce que lui t'en doit, même à la lumière de tes explications sur la loyauté (qui n'est à mon sens pas un synonyme d'allégeance) Shocked
 
Arnina
   
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Arnina  /  Clochard céleste


Azaby a écrit:

J'ai toujours du mal à voir en quoi tu dois plus allégeance à ton éditeur que ce que lui t'en doit, même à la lumière de tes explications sur la loyauté (qui n'est à mon sens pas un synonyme d'allégeance) Shocked

Peut-être que secrètement, j'espère que la loyauté tacite me serait un jour rendue en cas de besoin et si l'occasion se présente un jour... Pas sûre que ça fonctionne, mais j'ai envie d'essayer. Effectivement, je pousse sans doute trop loin la métaphore avec le terme d'"allégeance" en ce qu'il contient d'absolument obligatoire. Je consens à la retirer et à le remplacer simplement par "loyauté" dans le raisonnement si c'est moins choquant.
 
Jimilie Croquette
   
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Jimilie Croquette  /  De l'Importance d'être Constamment Là


Quand j’ai demandé à &H pourquoi cette clause, l’éditrice a dit « on souhaite capitaliser sur nos autrices. On souhaite qu’elle revienne sur deux, trois livres. Une autrice qui démarre n’a pas de public, au second livre déjà davantage, etc. »

Donc eux leur démarche est : se créer un pool d’autrices qui se constituent une communauté qui va s’agrandir de titre en titre.

Évidemment, on peut objecter : « si vous êtes un éditeur correct, les autrices reviendront de leur plein gré ».

Perso, j’avais donc une clause pour les trois prochaines romances. J’ai proposé
1- les amants interdits (refusé - on ne fait pas 1914-1980)
2-mon recueil de nouvelles érotiques (refusé, pas la ligne édito)
3- un troisième dont je ne me rappelle plus , refusé aussi

Et je me suis ainsi libérée de la clause.

Et maintenant je retournerais chez &H si j’ai un manuscrit qui s’y prête, (et qu’il a été refusé par les autres). (En dernier choix donc. Voir si l’herbe est plus verte ailleurs).
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