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 Humeurs de l'auteur, autocritiques...

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rodingo
   
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rodingo  /  Début de partie


Salut amis auteurs,

J'avais bien envie de lancer un sujet que je ne n'ai pas forcément relevé ici, qui concerne le regard parfois douloureux que l'on peut porter sur nos textes achevés, comme si l'effet du temps et l'évolution de notre sensibilité pouvait court-circuiter le regard dont on s'est servi au moment d'écrire et qui ne nous satisfait plus du tout au présent.  Donnons-nous nos "sensations" après écriture, bien plus tard, c'est à vous!

Pour ma part, oui, c'est souvent douloureux de revoir dans un tapuscrit ou une petite publication une phrase qui aurait pu être davantage resserrée, une expression française très mal employée. Je note avec le temps des maladresses, ces fameux "flous" dans la syntaxe qui me désolent. Je ne sais pas si vous connaissez cet effet : on pense avoir écrit un bon texte abouti mais c'est finalement la sensation d'un brouillon, certes pas trop mal, mais insuffisant, qui apparait bien des mois ou des années plus tard. Oui c'est une sensation désagréable, de pédaler dans la semoule et de laisser - à soi, au temps qui passe - des traces écrites "passables".

Mais là encore, est-ce qu'un regard bienveillant pourrait changer cette autocritique, ce jugement solitaire et négatif de ses propres créations? Je trouve que tout ça  reste un enfer et me fait souvent du mal. un jour, on se sent sincère et bon traducteur de ses émotions sur le papier, un autre on supporte cette idée nauséeuse d'être un piètre amateur.

Bref, je serais curieux, amis auteurs, de connaitre le regard que vous portez sur votre production, au fur et à mesure. Et surtout: ne lâchez rien!
 
Ety
   
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Ety  /  Clochard céleste


Bonne question!

Effectivement pour moi, ce serait un peu des deux. J'essaie d'être dans une nuance équilibrée, qui me permettrait de reconnaître mes qualités/maintenir mon amour-propre tout en admettant les failles/reste à faire... mais c'est très difficile quand on souffre littéralement de troubles de l'humeur No  :mrgreen:

Plus concrètement, chez moi il y a des textes où j'admets ma supériorité ( Rolling Eyes ) et d'autres où j'admets qu'il y a tout à refaire, avec des nuances selon les passages que je lis.
Par exemple, j'ai beaucoup de mal avec l'exercice de révision d'un manuscrit, donc j'ai mis 5 ans à être insatisfaite d'un premier jet, que tous ceux qui ont lu ont adoré, sans savoir comment le corriger. La solution a été radicale: la page blanche, et hop! On recommence tout (je connais mes intrigues par cœur, à force d'y penser). Ca va beaucoup mieux tout d'un coup!  king
J'ai personnellement un problème de structure (vouloir tout mettre sans être sûre que ça sert l'intrigue, et surtout ce que j'appelle le "découpage chapitral"), qui fait que la seule solution (et aussi la plus longue) est souvent celle-là.

Lorsqu'on est insatisfait, il s'agit de repérer méthodiquement les éléments qui posent problème ou tout refaire à l'arrache, et lorsqu'on est satisfait, il s'agit de calmer son orgueil et de d'abord vérifier que c'est bien la qualité qu'on voulait atteindre, et ensuite repérer et capitaliser sur ses forces.
(Je parle exclusivement de mon ressenti)
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S.C.Boyer
   
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S.C.Boyer  /  Petit chose


Alors quand j'étais ado et que j'écrivais des fanfictions, il y a très longtemps de cela, je pense que cette sensation douloureuse était une des causes de mes nombreux abandons de textes. C'était un mélange du syndrome d'imposteur ("mais qui suis-je pour écrire ?") et d'autodénigrement ("c'est vraiment nul ce que j'ai écrit"). Bon il y avait aussi le fait que j'avais d'autres idées qui me venaient en tête, et que du coup je voulais partir sur une nouvelle histoire alors j'abandonnais les autres. Et c'était aussi un moyen de repartir de zéro. Tu sais quand tu commences la course sur Mario Kart et que direct tu te prends une banane, alors tu recommences la partie alors qu'elle venait tout juste de commencer ? Bref...

Après, je pense que c'est plus qu'une évolution de sa sensibilité, ça demande en fait une acceptation de soi (que je n'avais pas à l'époque). Il faut s'accepter comme on est, dans notre imperfection. Personne n'est parfait, et les seuls qui ne font jamais d'erreurs sont ceux qui ne font rien. Mais ceux-là n'écrivent pas de livre !

Et depuis que j'ai adopté cette philosophie, que j'arrive à être fière de ce que je fais, même s'il y en a qui font mieux, tant mieux pour eux, je me relis avec plaisir. Il faut avoir confiance en soi, s'autoféliciter, se réjouir de ses propres accomplissements. Il faut y croire en fait, croire en soi, en ce qu'on fait et en ce qu'on va faire.

Ca a été un long parcours, et paradoxalement, ce n'est pas à travers l'écriture que j'ai réussi à me soustraire de cette mauvaise image de moi-même, mais plus à travers mes études. J'avais besoin de me prouver que les autres avaient tort, notamment ceux qui me disaient au collège que je n'étais pas faite pour les études, et je me le suis prouvée en me battant pour faire de grandes études. Et s'ils avaient tort sur ça, ils avaient certainement tort sur les autres choses aussi. Et comme l'image que j'avais de moi était le reflet de celle qu'ils avaient de moi, cette image était forcément fausse puisqu'ils avaient tort...

Voilà pour ma petite analyse introspective Razz
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Le vent l'emportera
   
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Le vent l'emportera  /  Autostoppeur galactique


Je n'ai strictement aucune idée de comment échapper au masochisme qui me semble consubstantiel à toute entreprise littéraire, au point de mettre en péril le plaisir qui l'inaugure et de compromettre celui qui devrait le conclure. Je n'ai jamais rien réussi à finir tout à fait, le volume étant compromis par des reprises continuelles et en fin de compte l'épuisement de ma disponibilité, puis de mon alignement avec le projet. J'adore me relire, corriger, réarranger, réfléchir, reposer mais ce travail stylistique m'absorbe au détriment du discours, du récit et il m'arrive en effet de me dire "à quoi bon ? qui verra ceci ? et quand bien même, qui l'appréciera ? et donc, au service de quoi ?" mais il me semble impossible de laisser même une lettre au hasard et c'est la source, non pas tout à fait d'une frustration, car je m'amuse et m'exerce quand même, mais d'un échec certain !
 
josephcurwan
   
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josephcurwan  /  Bile au trésor


>>>"à quoi bon ? qui verra ceci ? et quand bien même, qui l'appréciera ? et donc, au service de quoi ?">>>

oui, je pense comme ça souvent aussi. ruminations maussades.

et puis on fait sa page, malgré tout, parce qu'il le faut.
 
fabiend
   
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fabiend  /  Effleure du mal


rodingo a écrit:
on pense avoir écrit un bon texte abouti mais c'est finalement la sensation d'un brouillon, certes pas trop mal, mais insuffisant, qui apparait bien des mois ou des années plus tard.

D'abord, il me semble important de comprendre qu'un texte "abouti" au sens de parfait, ça n'existe pas. Nulle part. Donnez-moi n'importe quel texte de n'importe quel auteur et je suis certain que j'y trouverai des faiblesses.

D'autre part, et c'est le plus important pour moi, je pense que ce n'est pas une bonne idée de relire un texte qu'on a écrit des années après. On a évolué, en tant qu'écrivain. C'est même plutôt bon signe, en fait, de se dire "mais c'est nul, j'écris plus du tout comme ça aujourd'hui !" C'est le contraire qui serait inquiétant. Ça voudrait dire que ça fait des années qu'on stagne.
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S.C.Boyer
   
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S.C.Boyer  /  Petit chose


fabiend a écrit:
C'est le contraire qui serait inquiétant. Ça voudrait dire que ça fait des années qu'on stagne.

Je ne suis pas d'accord là-dessus. On peut relire un texte qu'on a écrit il y a des années et encore en être fier, voir ému. Ça ne veut pas dire qu'on stagne. Après il y aura forcément des passages perfectibles, mais d'autres que l'on ne toucherait pour rien au monde. Le livre que je suis en train d'écrire, je l'ai commencé il y a plus de trois ans, et j'ai commencé à relire les premiers chapitres il y a seulement quelques mois (pour le publier sur Wattpad) et franchement il y a des passages pour lesquels je me suis même demandée si c'était moi qui les avais écrits, je les trouvais très bien écrits et en quelques années je les avais complètement oubliés. scratch Razz
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