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 Des insécurités liées à l'écriture ?

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Joanna
   
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Joanna  /  Clochard céleste


Je me sens aussi en insécurité quant à mon écriture, en ce sens que j'oscille entre trouver que j'écris des textes formidables et des bouses pompeuses. Donc clairement à ce niveau-là je n'ai pas encore atteint une juste estime de moi-même.
Je peux également craindre le regard des proches ( pas les plus proches mais disons le deuxième cercle) mais je suis en progrès de ce côté là.
J'ai également beaucoup de questionnements et craintes sur la façon d'aborder des sujets plus sensibles et sur ma légitimité à le faire.
 
Lucille
   
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Lucille  /  Barge de Radetzky


Je me rends compte que je n'ai plus le temps de me poser ce genre de questions depuis, euh, des années. L'écriture est devenu le truc que je fais en volant du temps. Y a quelque chose dont personne n'a parlé dans ses réponses et ça me surprend. Evidemment que je me pose dix mille questions lorsque je sèche, me relis (et encore plus maintenant que j'ai un bouquin publié) mais quand on trouve du temps, et qu'on est content parce qu'on s'est senti emporté, ou quand quelqu'un a aimé ce qu'on a écrit, c'est quand même le pied, non ? Un peu de magie pour 10 litres de sueur;) J'ai eu des périodes où l'écriture m'angoissait trop (parce que ça ne voulait pas sortir ou que ça ne donnait rien), j'ai appris à accepter que ça faisait aussi partie du truc.
- L'art c'est personnel et c'est de l'imaginaire, de la sublimation. On n'est pas responsable de la manière dont son entourage reçoit les choses et si on en a tellement peur, c'est qu'on n'écrit pas un roman mais une autobiographie, non ?
- On est humain, c'est normal qu'on a la trouille de faire un truc nul. Parfois, c'est en dessous et parfois c'est au dessus. Maintenant, écrire avec son cœur et ses tripes ne donne jamais un truc ridicule. La question se posera plutôt en termes : est-ce publiable ou pas selon les critères de la ME ?

- J'avoue que je me suis déjà dit que si j'avais appris des langues plutôt que de m'échiner à écrire, je serais multilingue à l'heure actuelle. Et en même temps, si on écrit, c'est que ça nous rend heureux. Plus loin : Si on pouvait être heureux en faisant autre chose que de suer sur son manuscrit, je pense aussi qu'on le ferait.  
- Mon entourage ne s'est pas moqué, mais ça a toujours été pris pour "une occupation à côté". Il m'est arrivé du coup de me dire que si j'avais traité l'affaire un peu plus sérieusement, j'aurais peut-être été plus "loin" dans le sens où j'aurais achevé cette montagne de manuscrits inachevés qui dort dans mon ordi. Et puis, de l'autre côté, je me dis que l'écriture se nourrit de la vie et que la vie c'est aussi faire autre chose que d'écrire.
- L'art a toujours été considéré comme essentiel dans mon milieu, tout en souffrant d'un pur réalisme matériel : on ne gagne pas sa vie avec l'art (ou quelques élus).
- J'ai été longtemps l'extraterrestre qui écrivait dans mon cercle d'amis et il m'a fallu des années pour nouer des relations d'auteurs. Paradoxalement, depuis que c'est le cas, beaucoup plus de gens se révèlent écrivains autour de moi.
- Quant au couperet du capitalisme, rien que le système des droits d'auteur riquiquis pose question, saperlipopette.
 
Flora
   
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Flora  /  Serial Constance killer


Lucille a écrit:
Y a quelque chose dont personne n'a parlé dans ses réponses et ça me surprend. Evidemment que je me pose dix mille questions lorsque je sèche, me relis (et encore plus maintenant que j'ai un bouquin publié) mais quand on trouve du temps, et qu'on est content parce qu'on s'est senti emporté, ou quand quelqu'un a aimé ce qu'on a écrit, c'est quand même le pied, non ? Un peu de magie pour 10 litres de sueur;)

Parce que le sujet est sur nos angoisses et nos insécurités, pas sur ce qui nous fait kiffer Razz


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Lucille
   
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Lucille  /  Barge de Radetzky


@Flora Exact, lol, mais normalement le kiff doit dépasser les insécurités si on s'accroche Wink
 
Flora
   
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Flora  /  Serial Constance killer


Franchement, je ne sais pas. Je sais que de mon côté, je m'accroche dans l'espoir de retrouver ce plaisir, parce que je me souviens de l'époque où j'adorais ça, mais depuis que je suis éditée, ce n'est plus le même délire ^^ Je me sens dans le jugement en permanence.


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Lucille
   
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Lucille  /  Barge de Radetzky


@Flora Cela m'intéresse de discuter après-édition avec toi, on aura sûrement l'occasion d'échanger sur le chat du forum un soir. Bonne fin de semaine ! PS Je suis tellement charrette que je n'ai pas encore fait un petit post (trèèès enthousiaste!) sur Cannelle et Gingembre, je vais y remédier :-)
 
Cath
   
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Cath  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Je sens que répondre va me donner la désagréable impression de subir une séance de psychothérapie... Mais allons-y, parce que j'ai lu vos réponses, et que je trouverais ça bizarre de stalker sans participer.

Citation :
Est-ce que vous avez des insécurités liées à l'écriture ?
Oui. Mais comme pour tout. Je suis hyper angoissée de nature.

Citation :
Mais genre, quoi ?
J'ai peur de ne pas réussir à terminer ce que j'écris ; de ne pas réussir à transcrire de manière fidèle à l'écrit ce que j'ai dans la tête ; d'être jugée, moi, au travers de ce que j'ai écrit, par les personnes qui vont me lire ; d'écrire de la merde qui n'intéressera personne ; de ne faire preuve d'aucune originalité dans mes récits ; de recevoir des avis lapidaires quand je soumets mes textes ; d'être lue ; de ne pas être lue. De plein de choses, en fait.

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle soit si personnelle qu'elle révèle de vous quelque chose qui sera horrifiant pour votre entourage ?
Non, parce que je ne cache pas qui je suis ou ce que j'ai vécu à mon entourage. S'ils doivent être horrifiés, ils le sont déjà.

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle ne soit techniquement pas assez maîtrisée pour qu'elle n'ait pas l'air ridicule ?
Ah oui, j'ai peur quand j'essaie d'écrire joliment de tomber dans l'ampoulé et le grotesque. Alors le plus souvent, j'évite. Et si, sur un texte donné, je choisis d'apporter un soin particulier au style, ma plus grosse crainte, c'est toujours d'en faire trop.

Citation :
(Pourquoi l'expression artistique personnelle d'un être humain aurait une obligation de technicité ?)
Je ne sais pas trop. Mais bon, je roule des yeux parfois quand je lis, en me disant que c'est techniquement mauvais, et ça gâche mon plaisir de lire, donc j'imagine que s'assurer que l'on maîtrise correctement le côté technique de l'écriture, c'est quelque part juste faire preuve d'un minimum de respect pour son lectorat.

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle vous fasse perdre du temps que vous auriez pu rentabiliser en tradant du Forex ?
Pas du tout. En revanche, j'aurais sacrément l'impression de perdre mon temps si je m'adonnais à la spéculation !

Citation :
Et comment ça se fait ?
C'est dans ma nature : j'ai peur pour tout. J'arrive à contrôler à peu près mes angoisses, mais je ne peux pas nier leur existence, elles font partie de moi, je ne peux qu'essayer de cohabiter au mieux avec elles.

Citation :
Est-ce que vos parents se sont moqués de vous quand ils ont su que vous écriviez ?
Ils n'ont jamais su que j'écrivais. Et ils ne le sauront jamais puisqu'ils sont décédés il y a 14 ans.

Citation :
Est-ce que votre culture familiale c'est "la culture c'est des conneries tu seras pas comédien tu iras au théâtre quand tu auras gagné des sous pour payer ta place grâce à ton travail d'expert-comptable" ?
Mes parents m'ont eue tard, et je ne suis moi-même pas jeune. Ils sont tous les deux nés avant la seconde guerre mondiale. Les mœurs de l'époque étaient assez différentes des nôtres. Ma mère a été élevée à la dure dans une famille paysanne, à coups de "lire, c'est perdre son temps". Toute sa vie, elle est restée incapable de lire sans faire autre chose en même temps (raccommoder des chaussettes, tricoter des pulls...). Idem pour les autres formes de loisirs culturels. Elle a réussi à s'en affranchir partiellement pour nous éduquer, mes frères et sœurs et moi, mais clairement, quand enfant, puis adolescente, j'exprimais mon envie de travailler dans le monde du livre (édition, bibliothèques, librairies...), je me faisais aussitôt recadrer : "il n'y a aucun débouché professionnel sérieux dans ce milieu, fais des études scientifiques". Alors, écrire ? Ce n'était même pas un métier.

Citation :
Est-ce que manque de bol tous vos potes ont été publiés à compte d'éditeur avant vous ?
Personne n'écrit, dans mon entourage.

Citation :
Est-ce que vous ressentez sur votre nuque le couperet du capitalisme, toujours prêt à nous exsanguiner si ça peut remplir un peu plus les poches de la classe capitaliste ?
Tous les jours ! Peut-être parce que mon mari n'a pas d'emploi, que nous avons deux enfants, que je n'aime pas mon boulot alimentaire, mais que je n'ai pas d'autre choix que d'aller au turbin tous les jours puisque sans ça, on ne pourrait ni se loger ni se nourrir. Grosse charge mentale que se dire qu'on est 100% responsable de 3 vies en plus de la sienne... et que le salaire à vie (tel que proposé par Bernard Friot, le sociologue spécialiste de la sécurité sociale, pas l'écrivain jeunesse) n'est pas près de venir mettre fin à l'organisation capitaliste de notre société et lever cette contrainte.
Sans ce couperet, je quitterais sûrement mon job pour écrire, passer du temps avec mes enfants, jouer de la musique, lire, me promener, m'investir davantage dans diverses associations... Ça a un rapport avec toute ma vie, en fait, pas uniquement avec l'écriture.

Voilà. Heureusement, tout ça ne m'empêche pas de m'amuser quand j'écris ! Very Happy
https://catherinephanvan.fr/liens-utiles
 
HilnaMacPhom
   
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HilnaMacPhom  /  Gloire de son pair


A mon tour 😀

@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez des insécurités liées à l'écriture ?
Mais genre, quoi ?
J'en ai un peu, sous forme de grosses poussées de type "mais j'y arriverai jamais". Mes insécurités sont vraiment là-dessus, sur le fait de sortir un jour de ma bulle d'écrivaine ratée et d'enfin légitimer tout ce temps passé derrière mon ordi.
Ce sont des insécurités qui ont augmenté depuis que je suis sur JE, avec ceux qui sont publiés et qui expliquent très gentiment que si on n'est toujours pas publié c'est forcément un peu de notre faute.

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle soit si personnelle qu'elle révèle de vous quelque chose qui sera horrifiant pour votre entourage ?
Alors non, pas du tout. Sans être très grande gueule, j'assume ce que je suis et ce que je fais.
Pas contre, je n'aime pas m'expliquer ni devoir rendre des comptes.

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle ne soit techniquement pas assez maîtrisée pour qu'elle n'ait pas l'air ridicule ? (Pourquoi l'expression artistique personnelle d'un être humain aurait une obligation de technicité ?)
Pareil, je n'avais pas cette peur, maîtrisant pas trop mal le français. Par contre j'ai acquis de nouvelles craintes (les adverbes par exemple) qui m'étaient totalement étrangères avant d'arriver sur ce forum. J'ai toujours un doute sur le bien fondé de certaines "normes" mais bon. J'entends que c'est comme ça que ça fonctionne alors j'applique, mais je constate aussi que désormais je m'autofreine sur ces sujets.

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle vous fasse perdre du temps que vous auriez pu rentabiliser en tradant du Forex ?
Et comment ça se fait ?
Je passe tellement de temps sur mon travail, qui pour le coup est rentable, que la question se pose surtout dans l'autre sens. Je vis un peu la même chose que Cath, donc pour moi l'écriture ne revêt pas la même pression. Pour autant je ne considère pas ça comme un hobby ; tout simplement parce que c'est beaucoup trop important pour moi. Un besoin viscéral n'est pas un hobby.

Citation :
Est-ce que vos parents se sont moqués de vous quand ils ont su que vous écriviez ?
Moqués, non, pas du tout. Après tout, ma mère me donnait des 18 en rédaction quand elle m'avait en classe, il a bien fallu qu'elle assume.
Par contre ils n'ont pas du tout réagi de manière encourageante quand j'ai exprimé l'envie d'écrire sérieusement. Ma mère me disait "des écrivains qui en vivent il n'y en a que 4 ou 5"!! Et donc ma fille tu seras gentille de trouver un vrai travail.
Ce que j'ai fait. Et c'est aussi une des raisons qui font que les gens qui ne font qu'écrire et s'en vantent m'agacent un peu : je suis juste jalouse parce que je n'ai jamais eu ce luxe. Donc non, en effet, je ne consacre sans doute pas le temps et l'énergie nécessaire pour me donner toutes les chances. Mais je fais vivre ma famille et je les emmène en vacances. Et j'aime mon travail : on peut aimer 2 activités à la fois sans que l'un soit forcément un hobby...

Citation :
Est-ce que votre culture familiale c'est "la culture c'est des conneries tu seras pas comédien tu iras au théâtre quand tu auras gagné des sous pour payer ta place grâce à ton travail d'expert-comptable" ?
Je pense qu'en fait c'était plutôt "j'ai pas envie que tu vives à mes crochets jusqu'à tes 50 ans sous prétexte qu'un jour tu vas percer".
Mais quand je vois certains amis musiciens, j'avoue avoir un pincement au cœur. Je suis aussi musicienne et quand je vois les prod de ceux que je connais, je ne peux pas m'empêcher de me dire que si je (ma famille) m'étais (m'avait) autorisée à me donner une chance dans ce domaine, ça aurait peut être marché. J'avais la formation et les bases pour, mais comme pour Cath, il fallait faire des études scientifiques pour échapper au Grand Méchant Chômage, le diabolique Mal qui faisait peur à tous les parents dans les années 90.
Maintenant les parents ont peur que leurs enfants fassent des burn-out, ça pose les sujets autrement.

Citation :
Est-ce que manque de bol tous vos potes ont été publiés à compte d'éditeur avant vous ?
Pour le coup, dans la vraie vie je ne connais qu'une seule personne qui est publiée, sur des albums jeunesse premiers lecteurs. Donc assez différent de ce que je fais moi.
Mes autres potes ne comprennent strictement rien au monde de l'édition.

Citation :
Est-ce que vous ressentez sur votre nuque le couperet du capitalisme, toujours prêt à nous exsanguiner si ça peut remplir un peu plus les poches de la classe capitaliste ?
Non. Ça ne me pose pas trop de problème. On est toujours exploité d'une manière ou d'une autre.

Citation :
Peut-être qu'il vaut mieux ne poster ici que si vous avez déjà réfléchi à la question ? Ou si vous avez eu un breakthrough à un moment et que vous êtes passés à un autre modèle plus serein ?
Je suis assez lucide sur tout ça. Mes moments de decouragements sont heureusement assez courts, et j'ai d'autres choses dans ma vie sur lesquelles miser.
 
Lylle
   
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Lylle  /  Barge de Radetzky


Après un week-end à me tourmenter sur mes capacités, je me dis que le destin est parfois facétieux de me montrer ton topic seulement aujourd'hui...
Je vais mettre une pierre à l'édifice des cœurs sensibles et des âmes torturées !

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle soit si personnelle qu'elle révèle de vous quelque chose qui sera horrifiant pour votre entourage ?

En ayant écrit un roman où le sexe est explicite, et même si je n'ai aucun tabou à parler de sexualité en règle générale, j'avoue que je suis mortifiée à l'idée que ma mère ou ma sœur me demande une copie de mon livre (si d'aventure il était édité).
Donc, est-ce vraiment une peur ? Je dirais plutôt une pudeur vis-à-vis de ceux qui nous ont élevé, comme lorsqu'on n'ose pas aborder nos relations amoureuses avec nos parents parce qu'on veut garder notre intimité pour nous. Je trouve ça plutôt sain mais peut-être est-ce tout le contraire :p

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle ne soit techniquement pas assez maîtrisée pour qu'elle n'ait pas l'air ridicule ? (Pourquoi l'expression artistique personnelle d'un être humain aurait une obligation de technicité ?)

Alors ça, oui. J'ai cette mauvaise habitude de comparer mon travail à celui des autres, moins bon, meilleur, égal, qu'importe, je trouverai toujours le moyen de me dire que ces centaines de pages sont juste bonnes à jeter à la corbeille.

C'est d'ailleurs très difficile pour moi d'avoir le recul nécessaire quand je me relis. Certaines phrases que  je trouve trop ampoulées, d'autres trop courtes ou trop clichés. Clichés que je retrouve chez les grands noms que j'ai lu à côté... donc est-ce que je suis sur la bonne voie ou est-ce que je dois faire l'inverse ?

La toute-toute-toute première version de mon roman, le prototype-essai-germe-graine, mon compagnon m'a lessivé en une phrase : "pouah c'est lourd !" alors que j'avais adoré ce que j'avais écrit... De quoi me mettre dans un cocon de "tout est trop" quand j'écris à présent x)
Bon, il a fini par aimer ma réécriture et possède un enthousiasme et un optimisme pour 10 donc c'est lui qui me ramasse souvent quand je suis à deux doigts de cliquer sur Supprimer...

Cela ne tient pas à une volonté de trouver des tournures de phrases parfaites ou spectaculaires, ou des comparaisons poétiques, mais plutôt à une envie de mettre les mots juste sur les idées qui trottent dans ma tête (décrire le ciel quand le personnage est impuissant et voit dans les nuages les cendres des morts qu'il n'a pas pu empêchées, ce genre de choses). Parfois j'admets me repaître de quelques passages, j'arrive à y voir une certaine beauté, pour y revenir le lendemain et me dire que je me la pète beaucoup trop, parce que c'est clairement de la m****... C'est usant.

Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle vous fasse perdre du temps que vous auriez pu rentabiliser en tradant du Forex ?
Et comment ça se fait ?

Je passe mes journées à me dire que je pourrais trouver un boulot pour payer des coquillettes supplémentaires (mon compagnon pourvoit à nos dépenses et nous nous en sortons mais le confort vient par des rentrées d'argent supplémentaires, ne nous voilons pas la face).
C'est douloureux de se réveiller, de s'occuper du fiston, de rentrer pour "tenir la maison" et enfin écrire un peu... et réaliser que cela fait un an qu'on tapote sur le clavier sans que rien n'en sorte. Loin de vouloir gagner des millions d'euros avec l'écriture, le simple fait de "perdre du temps" dans une activité non rémunératrice a tendance à me plomber le moral.
Je suis inutile à la société, je ne sers à rien, personne ne voudra m'éditer, personne ne me lira. Tous ces mois à écrire pour rien. Même si j'en ressors heureuse d'avoir créé quelque chose de "mes mains", comment mettre de côté le matérialisme de la vie ?

Citation :
Est-ce que vos parents se sont moqués de vous quand ils ont su que vous écriviez ?
Est-ce que votre culture familiale c'est "la culture c'est des conneries tu seras pas comédien tu iras au théâtre quand tu auras gagné des sous pour payer ta place grâce à ton travail d'expert-comptable" ?

Non, ma mère m'a demandé pourquoi je ne lui en parlais pas, elle m'a vu écrire à plusieurs reprises, elle m'entend en parler avec mon compagnon et je pense qu'elle se sent un peu exclue de cette partie de ma vie, mais j'en reviens à la première question... la pudeur me retient énormément.
Que je publie ou non, elle me soutient dans tous les cas. Loin de m'offrir un enthousiasme dont mon ego pourrait profiter, elle m'écoute et me laisse expier mes craintes.
Ma mère et ma soeur étant respectivement directrice d'école à la retraire et professeur de français en lycée, autant dire que la seconde question ne me touche qu'à moitié.
Que je choisisse cette voie ne semble gêner personne mais étant plus jeune, j'ai souvent du finir des études où j'étais malheureuse pour avoir au moins un diplôme. Même si ce diplôme aujourd'hui ne me sert absolument à rien. Alors est-ce que ça se rapproche à cette notion de "l'art n'est pas un métier convenable" ? Pas sûre de cette réponse :p

Citation :
Est-ce que manque de bol tous vos potes ont été publiés à compte d'éditeur avant vous ?

Je n'ai aucun ami publié. Je suis la seule de mon cercle à avoir pris cette voie et j'ai beaucoup d'encouragements sans avoir de réel soutien.
Du coup, mon péché d'envie se reporte souvent sur les auteurs de JE déjà publiés Laughing
Je rejoins donc l'insécurité de HilnaMacPhom sur ce point !
Citation :
J'en ai un peu, sous forme de grosses poussées de type "mais j'y arriverai jamais". Mes insécurités sont vraiment là-dessus, sur le fait de sortir un jour de ma bulle d'écrivaine ratée et d'enfin légitimer tout ce temps passé derrière mon ordi.
Ce sont des insécurités qui ont augmenté depuis que je suis sur JE, avec ceux qui sont publiés et qui expliquent très gentiment que si on n'est toujours pas publié c'est forcément un peu de notre faute

Je n'ai envoyé mon manuscrit qu'à une seule maison après un appel à texte, je sais que je n'aurais aucun retour, je l'ai fait pour me sortir la peur du ventre, pour avoir cette première expérience et me confronter à mes terreurs. (mon texte ne convient pas à 100% aux exigences de l'appel, beaucoup d'envois, peu d'élus, je sais que d'autres seront pris, je l'ai accepté au moment où j'ai cliqué sur Envoyer).
Je sais qu'en plongeant dans le grand bain, en envoyant mes premiers courriels de ma propre initiative, je vais me retrouver dans ces eaux douloureuses où les refus seront automatiquement de ma faute, je ne prévois même pas d'avoir un "oui", c'est pour dire.
Et je reviendrais me lamenter de mon sort en suivant de loin les Publiés parler de salons, de conventions, de thématiques que je ne peux pas approcher parce que je ne suis pas éditée.
L'envie est un vilain défaut mais il est cruellement englué dans ma tête, je ne suis pas sûre de m'en éloigner, même si j'étais miraculeusement prise par une ME.

Citation :
Est-ce que vous ressentez sur votre nuque le couperet du capitalisme, toujours prêt à nous exsanguiner si ça peut remplir un peu plus les poches de la classe capitaliste ?

Mon crédit maison te répond oui.
Ma tendance à faire très attention aux dépenses te dirait non.
Je vais plutôt m'effrayer d'un monde de l'édition très obscur et auto-centré où l'argent n'est finalement un problème que pour les éditeurs que pour moi (si je touche ne serait-ce qu'un euro pour mon livre, je pense hurler de joie à en faire décoller le papier peint).

Ensuite, pour rajouter à ce long exposé une autre angoisse, qui n'a peut-être pas de lien et qui va peut-être me donner une très mauvaise image, une de mes plus grosses terreurs est la réaction des lecteurs vis-à-vis de l'un de mes personnages.
J'ai écrit un salaud dans mon roman, un personnage secondaire adultérin, narcissique, violent, prédateur, qui joue pour beaucoup dans les angoisses de mon héroïne.
Un personnage à la peau noire.
Vous comprendrez peut-être ma terreur avant même que je ne la formule...
Suis-je légitime à écrire un personnage de ce genre, moi qui suis blanche ?
Est-ce raciste de le faire quand il est l'un des deux seuls personnages à la peau noire ? (l'autre étant une femme qui aide grandement les héros et donc a une position tout à fait différente).
J'ai plein d'autres questions qui me taraudent à ce sujet et je ne veux même pas les formuler, tant j'ai peur de ne pas savoir le faire correctement...

Parce qu'au-delà de mon "talent" d'écriture, il y a aussi la notion de ce que j'écris qui entre en jeu dans mes insécurités. Les choix de mes personnages, de leurs trajectoires, de leurs buts et de leurs destins.
Dois-je me conformer à ce que la société actuelle impose de bienséance ou dois-je me battre pour conserver mon intime conviction que tout le monde peut être un salaud ?
(Voyez, en écrivant ça, j'ai l'impression de pas faire passer le bon message et de donner une image de moi qui n'est pas du tout la bonne... De quoi me dire que je ferais mieux de tout arrêter avant de foncer dans le mur x))

Allez, ça ira mieux mardi, quand les chocolats auront fait effet et que la dopamine fera flotter mon cerveau dans une liqueur sirupeuse de néant Very Happy
 
Uraeus Zahato
   
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@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez des insécurités liées à l'écriture ?

Oui, je ne peux pas me dire totalement à l'aise dans mon écriture actuellement.

@now@n a écrit:
Mais genre, quoi ?

Je crois que ma plus grosse insécurité est qu'actuellement, la profession d'écrivain.e n'est pas reconnue.

@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle soit si personnelle qu'elle révèle de vous quelque chose qui sera horrifiant pour votre entourage ?

Oui et non. Un peu oui, parce que j'ai fini par comprendre avec mes propres écrits que mon moi se glissait dedans inéluctablement. Mais plutôt non parce que finalement, le désir que j'ai, c'est que les gens sachent.

@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle ne soit techniquement pas assez maîtrisée pour qu'elle n'ait pas l'air ridicule ? (Pourquoi l'expression artistique personnelle d'un être humain aurait une obligation de technicité ?)

Oui, carrément. Quand j'ai mes idées, quand je les écris, j'ai plutôt la conviction qu'elles sont géniales ! Mais quand je vois que mes ventes ne décollent pas, je me dis que finalement, peut-être que j'écris comme une merde et que personne n'ose me le dire.

@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle vous fasse perdre du temps que vous auriez pu rentabiliser en tradant du Forex ?

Considérant que je trouve la vie elle-même comme une perte de temps, je crois qu'écrire est la meilleure utilisation que je puisse faire de mon temps.

@now@n a écrit:
Et comment ça se fait ?

Parce que la première fois que j'ai exprimé mon souhait de devenir écrivain.e, on m'a répondu que ce n'était pas un métier.

@now@n a écrit:
Est-ce que vos parents se sont moqués de vous quand ils ont su que vous écriviez ?

Moqués non, mais ils ne m'ont pas prix au sérieux.

@now@n a écrit:
Est-ce que votre culture familiale c'est "la culture c'est des conneries tu seras pas comédien tu iras au théâtre quand tu auras gagné des sous pour payer ta place grâce à ton travail d'expert-comptable" ?

Un entre-deux : c'est pas "la culture, c'est des conneries", c'est plutôt "la culture, c'est bien. Cela fait chic, classe, cultivé. Mais ça fait pas de thunes."

@now@n a écrit:
Est-ce que manque de bol tous vos potes ont été publiés à compte d'éditeur avant vous ?

Je n'ai pas de potes, ce qui aide. Plus sérieusement, je vois des gens publiés à compte d'éditeur heureux, des gens publiés à compte d'éditeur malheureux, des gens pas publiés malheureux, relativement peu de gens pas publiés heureux. Je me dis que la publication à compte d'éditeur n'est qu'une étape. Une grande étape, certes. Mais que l'aboutissement, le vrai, c'est la reconnaissance réelle du métier. Autrement dit, une vraie rémunération.

@now@n a écrit:
Est-ce que vous ressentez sur votre nuque le couperet du capitalisme, toujours prêt à nous exsanguiner si ça peut remplir un peu plus les poches de la classe capitaliste ?

Sur ma nuque, mes épaules, ma tête, mes mains, mes bras, mes jambes, partout. Quand le capitalisme sera mort, la littérature pourra vivre.
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Hortense
   
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@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez des insécurités liées à l'écriture ?
Je ne me suis jamais vraiment posé la question.
Je suis plutôt le genre de personne qui a envie de faire quelque chose, qui se lance, et qui regarde ce qui se passe. Et au niveau de l'écriture c'est pareil : j'ai toujours voulu et aimé écrire, alors j'écris. Comme j'écris beaucoup, j'ai fini par écrire bien, et comme j'écris bien ça se passe bien.

@now@n a écrit:
Mais genre, quoi ?
J'ai peur qu'on m'en prive.
C'est complètement irrationnel, mais l'écriture est à mes yeux le seul moyen de communication que je maîtrise. Alors si je n'ai plus ça, je n'ai plus aucun moyen d'interagir avec les autres.

@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle soit si personnelle qu'elle révèle de vous quelque chose qui sera horrifiant pour votre entourage ?
J'écris des choses personnelles qui restent privées, et des choses pas personnelles qui sont publiques.
J'ai piqué l'idée aux réseaux sociaux.
D'ailleurs, pourquoi faudrait-il parler de soi pour que ça sonne juste ?

@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle ne soit techniquement pas assez maîtrisée pour qu'elle n'ait pas l'air ridicule ?
La technique, ça s'apprend. Du coup j'ai commencé par travailler là-dessus, pour démanteler tout éventuel complexe d'infériorité avant qu'il ne pointe le bout de son nez.
Ensuite, je suis partie en vrille...

@now@n a écrit:
(Pourquoi l'expression artistique personnelle d'un être humain aurait une obligation de technicité ?)
Parce que l'expression artistique n'est justement pas personnelle.
Ce que j'écris pour être lue fait intervenir un tiers : le lecteur. Pour qu'on se comprenne (ce qui est la base d'une communication réussie), il faut qu'on ait des codes communs. Ces codes s'expriment par la technique.
Ca, je ne l'ai découvert qu'après les avoir acquis, c'était une agréable surprise pour quelqu'un comme moi qui a du mal avec les codes de la communication.

@now@n a écrit:
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle vous fasse perdre du temps que vous auriez pu rentabiliser en tradant du Forex ?
Je ne rentabilise pas mon temps. Je l'apprécie.
J'apprécie le temps que je passe à écrire ; et je l'apprécierais peut-être aussi si je tradais du Forex, mais je n'ai pas essayé.

@now@n a écrit:
Et comment ça se fait ?
Mon temps m'appartient. J'ai donc le choix de le soumettre ou pas aux lois du capitalisme.
Je l'y soumets 35 heures par semaine quand je travaille, mais le reste du temps est hors-capital, parce que le temps ne peut pas se capitaliser.
Le temps qui a passé ne reste pas quelque part pour qu'on l'utilise plus tard. Une fois qu'il a passé, il a passé et c'est fini.
Je pourrais l'utiliser pour construire peut-être autre chose et apprécier peut-être mieux le temps que j'aurai peut-être plus tard, mais je préfère l'apprécier avec certitude maintenant.
Je crois que c'est là le plus grand mensonge de la rentabilité du temps : on essaie de nous faire croire que notre temps est monnayable, alors qu'il devient monnayable si on choisit de le rendre monnayable et dans la proportion où on le monnaie. Mais dans ce cas, on n'a jamais la moindre garantie du retour sur investissement : même dans un travail, on se rend compte qu'on peut être licencié ou qu'à la fin on n'aura pas la retraite à laquelle on aspire.

@now@n a écrit:
Est-ce que vos parents se sont moqués de vous quand ils ont su que vous écriviez ?
Pas du tout, mais ils ne s'y sont pas non plus intéressés.

@now@n a écrit:
Est-ce que votre culture familiale c'est "la culture c'est des conneries tu seras pas comédien tu iras au théâtre quand tu auras gagné des sous pour payer ta place grâce à ton travail d'expert-comptable" ?
Oui, en partie.
Ils ont en tout cas le sens des réalités : on ne vit que rarement de l'écriture et quitte à "monnayer" son temps, autant le faire pour gagner un maximum d'argent.
Moi j'ai plus le sens de la nuance : on n'a que 24 heures dans une journée et il faut trouver un juste équilibre entre les heures qu'on monnaie et les heures qu'on apprécie. Chacun choisit l'équilibre qu'il veut et je suis bien consciente que la plupart des gens monnaient la quasi-totalité de leur temps, y compris une partie de leur temps de sommeil. Mais ce n'est pas mon cas.

@now@n a écrit:
Est-ce que manque de bol tous vos potes ont été publiés à compte d'éditeur avant vous ?
Je n'ai aucun pote qui écrit. Peu qui lisent, aussi.
Bref je n'ai aucun moyen de me comparer aux autres, et je continuerai comme ça aussi longtemps que possible.

@now@n a écrit:
Est-ce que vous ressentez sur votre nuque le couperet du capitalisme, toujours prêt à nous exsanguiner si ça peut remplir un peu plus les poches de la classe capitaliste ?
Non, parce que c'est moi qui déciderai si oui ou non je rentre dans le système.
Mon temps est à moi, et ce que j'en produis (ou pas) peut (ou pas) être capitalisé. Il faut arrêter de croire qu'on n'a pas le choix : on a le choix. On peut décider d'écrire un roman par an et de le faire simplement parce qu'on a apprécié de le faire.
Il m'arrive de me dire que ça doit être une façon très agréable d'écrire, même si c'est un peu à contre-courant du capitalisme environnant (qui implique consumérisme et productivisme excessifs).
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J'ai peur.

J'ai peur de ne plus être capable de mener une histoire jusqu'au bout, et que les projets abandonnés s'accumulent.

J'ai peur d'être refusée partout et de réaliser que je n'écris pas mieux qu'un autre. Que mon écriture est banale, quelconque, inintéressante.

J'ai peur de ne pas être assez pour mes idées et mes personnages. D'être trop renfermée, trop inexpérimentée. De ne rien connaître du monde et des relations et que cela se ressente quand on me lit. Que ça rende mes textes moins réalistes, moins plausibles, moins acceptables.

J'ai peur de ne pas mettre assez de diversité. D'avoir des personnages jeunes, minces, beaux, blancs. Je ne veux pas, mais c'est ce qui me vient spontanément. Je travaille dessus, cependant.

J'ai peur d'aborder des thèmes qui soient trop gros pour moi. Même si mes intentions sont bonnes, j'ai peur de le faire maladroitement, de contribuer aux clichés et aux idées reçues.

J'ai peur que mes histoires fonctionnent et reçoivent une étiquette qui les réduira à une thématique alors qu'elles sont plus que ça.

J'ai peur que le monde les abîme, les déforme, les interprète mal et les juge. Et me juge par extension.

J'ai peur de l'après. J'ai peur de la visibilité, des démarches auprès des librairies, des rencontres avec les lecteurs, des échanges oraux et des discussions. Je veux que mon livre existe, mais pas moi.
 
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Alors personnellement, je suis bourrée d'incertitudes. Je suis championne olympique de l'autoflagellation.
Aucun de mes proches n'a lu un truc à moi. L'idée qu'ils le fassent m'angoissent profondément. J'en parle, sans plus, car j'ai trop peur du jugement.
Je viens de signer dans une ME et depuis, je ne fais que retravailler mon texte. J'ai le sentiment qu'ils se sont plantés, que ça va être nul.
Un collègue a cafté que j'allais être publiée, tous mes collègues profs ( y' a pas pire qu'un prof !) me disent l'attendre avec impatience, j'en suis à moitié malade lol

Chez moi le syndrome de l'imposteur est perpetuel Neutral
 
Mika
   
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Citation :
Est-ce que vous avez des insécurités liées à l'écriture ?

Pas vraiment, car écrire est un hobby pour moi.


Citation :
Mais genre, quoi ?

J'ai toutefois peur d'ennuyer ceux qui me lisent, alors j'ai tendance à beaucoup bosser sur mes écrits. Je mets en général 2 ans pour boucler un carnet de voyage. J'ai passé 5 ans sur mon roman de fantasy et 3 sur mon livre pour enfant. Et là, c'est bien parti pour 2-3 ans sur mon roman contemporain. J'ai un projet SF qui pourrait être assez faramineux. Avec ce que je prévoie, j'ai peur de m'embarquer dedans pour 5 ans aussi !


Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle soit si personnelle qu'elle révèle de vous quelque chose qui sera horrifiant pour votre entourage ?

Horrifiant non, mais certaines de mes opinions pourraient surprendre certains j'imagine. Tout dépend du livre considéré. Dans mon roman de fantasy, j'exprime une position anti-raciste. Or, j'ai des gens qui votent extrême droite dans ma famille (le livre est d'ailleurs écrit pou eux et puis ça m'évite de ruminer leurs propos dans mon coin). Dans mes carnets de voyage, j'exprime les difficultés de ma vie à l'étranger, mais aussi les bons côtés etc, ça peut surprendre ceux qui s'imaginent que tout est rose ou tout est noir. C'est pour qu'ils se rendent compte de la réalité (ou de ma réalité) que je les écris. Donc le but lui-même est d'y révéler quelque chose de personnel. J'ai écrit des livres jeunesse, mais ils ne révèlent pas grand chose, à part que les femmes doivent avoir un bon boulot et ne pas abandonner. En ce moment j'écris un roman sur le milieu scientifique, je pense que c'est celui qui surprendra le plus ceux qui me liront, surtout mes collègues et anciens collègues dont certains sont mes beta-lecteurs pour d'autres projets (enfin j'espère qu'ils le seront, et pas horrifiés !  Des insécurités liées à l'écriture ? - Page 2 1f600 ).


Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle ne soit techniquement pas assez maîtrisée pour qu'elle n'ait pas l'air ridicule ? (Pourquoi l'expression artistique personnelle d'un être humain aurait une obligation de technicité ?)

Oui, surtout certains chapitres en particulier. Le pire pour moi est d'écrire les scènes de cul ou les scènes tristes. J'ai toujours peur d'en faire trop et de tomber dans le ridicule. Du genre tire-larme. Du coup, je fais beaucoup relire ces chapitres-ci, autour de moi, mais aussi sur des forums d'écriture. Puisque là, j'ai vraiment besoin que l'émotion fasse mouche ou alors la scène devient ringarde !


Citation :
Est-ce que vous avez peur que votre expression artistique personnelle vous fasse perdre du temps que vous auriez pu rentabiliser en tradant du Forex ?

Je joue beaucoup à des jeux vidéo et je passe pléthore de week-ends à marcher dans la forêt, ce qui ne sert absolument à rien non plus. Je vois l'écriture comme ça, une activité qui me fait rêver et donc plaisir (d'ailleurs, j'ai très souvent le même sentiment en écrivant qu'en jouant à un jeu vidéo. Une totale plongée dans le monde, dans les objectifs à résoudre, si bien que je peux parfois écrire 10h d'affilé sans m'arrêter, tout comme je pourrais construire une cité sur Anno pour l'éternité. Je ne vois pas le temps passer !). Pas besoin de rentabiliser les meilleurs moments, non ?


Citation :
Et comment ça se fait ?

Je ne me prends pas trop la tête sur mes passions. Ou si en fait, je me prends la tête pour conserver ce temps libre, sinon on me collerait toutes les tâches pourries du coin à faire, balayer le balcon, laver le goulot sous la baignoire qui est sale, cirer les chaussures, poncer et repeindre la plainte, tous ces petits trucs que je repousses tout le temps, car je me dis que j'ai assez bossé cette semaine pour gagner ce temps à moi. J'estime être libre de pouvoir rêvasser et de faire ce que j'aime. Je ne suis pas un robot et j'en ai souvent assez du travail et des tâches domestiques, c'est chiant. Donc ces petits moments cools, il faut aussi prendre le temps de les apprécier, voire se battre pour, même s'ils ne rapportent rien en terme d'argent.


Citation :
Est-ce que vos parents se sont moqués de vous quand ils ont su que vous écriviez ?

Oui, surtout que j'aime beaucoup la fantasy/SF. Quand j'ai donné à lire mon livre de fantasy à ma mère, elle l'a lu et m'a même corrigé les fautes d'orthographe/grammaire (elle est prof de français), mais sa remarque principale est que j'aurais mieux dû passer mon temps à écrire un vrai livre (sous-entendu, un roman de littérature blanche), plutôt que sur ces trucs de gosses (sous-entendu, la fantasy).


Citation :
Est-ce que votre culture familiale c'est "la culture c'est des conneries tu seras pas comédien tu iras au théâtre quand tu auras gagné des sous pour payer ta place grâce à ton travail d'expert-comptable" ?

Non même pas, c'est une réflexion pour les hommes ça, mais moi, je suis une femme. Ma famille, c'est : "pourquoi tu bosses et tu ne fais pas des enfants comme les autres ?" J'entends ça depuis que j'ai fini mes études. Ils s'attendaient à ce que je me trouve un boulot au rabais, sans utiliser mon diplôme de docteur. Faire des études pour une femme nous permet de trouver un mari qui aura du fric. Pourquoi travailler ensuite alors que je pourrais être si heureuse avec deux beaux enfants ? De fait, je suis très critiquée, car je suis scientifique. Mes cousines ont des enfants, un pavillon en banlieue et un travail d'appoint, un mi-temps, quelque chose à côté (comme l'écriture d'ailleurs), car c'est le mari qui bosse. C'est ça réussir pour eux. Donc si j'avais pu concentrer mon énergie sur mes enfants, avec une activité comme l'écriture qui m'aurait tenue à la maison, ça aurait été le top pour eux. Justement, je suis indépendante et je gagne du fric, il y a soucis (étonnamment, c'est surtout les femmes dans ma famille qui ont cette pensée, voire certaines de mes anciennes amies. Les hommes sont plus mitigés à vrai dire).


Citation :
Est-ce que manque de bol tous vos potes ont été publiés à compte d'éditeur avant vous ?

Non, personne d'autre n'écrit autour de moi, à part mon mari, mais c'est un hobby pour lui et il publie ses textes sur internet. Ça ne lui viendrait pas à l'idée de les envoyer à un éditeur.


Citation :
Est-ce que vous ressentez sur votre nuque le couperet du capitalisme, toujours prêt à nous exsanguiner si ça peut remplir un peu plus les poches de la classe capitaliste ?

Haha je ne sais pas trop en quoi c'est lié à la littérature et à l'insécurité d'écrire. Serait-on mieux lotis sous un autre régime ? A-t-on besoin d'un capital pour se lancer ? J'imagine, mais c'est bien pire dans d'autres domaines. Je ne me verrais pas lancer mon labo toute seule par exemple, il me faudrait des moyens colossaux. Pour l'écriture, j'utilise mon ordi et Antidote, donc merci aux boites qui ont développé ces deux outils, c'est plus pratique qu'avant à la plume je pense.
 
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Mika a écrit:
Mes cousines ont des enfants, un pavillon en banlieue et un travail d'appoint, un mi-temps, quelque chose à côté (comme l'écriture d'ailleurs), car c'est le mari qui bosse. C'est ça réussir pour eux.
Mais oui !! Elles ont raison tes cousines !
Comme ça en plus tu peux dire "mais vous comprenez, moi, je ne suis pas capable de travailler, je suis une artiste..." (ce qui est vrai).

Au fond, crevons l'abcès. Tout ça est une question de pognon. Quand on n'a pas à se poser la question, c'est facile de dire qu'on s'investit à fond sur l'écriture, qu'on a une approche professionnelle... puisqu'on n'a pas besoin d'en retirer une rémunération !
Pour tous les pauvres artistes coupés dans leur créativité par la nécessité de manger, payer le loyer (et accessoirement nourrir quelques autres personnes /animaux), tout ça donne un sentiment d'amertume.
Dans ces cas là, les critiques sur le fait d'être professionnel.le ou pas font mal. En tout cas, moi, elles me font mal. J'adorerais l'être. On peut dire que c'est de ma faute si je ne le suis pas, bien sûr. C'est peut-être vrai, sans doute pas, mais ça fait encore plus mal.

Mika a écrit:
A-t-on besoin d'un capital pour se lancer ?
En voilà une question intéressante.
Je ne reviens pas sur l'intérêt immense d'être riche / entretenu.e et être dans de meilleures dispositions pour écrire.
Je pense qu'en réalité, même s'il n'est pas indispensable, le capital est une aide précieuse. Sauf que ce capital n'est pas immatériel, mais plutôt relationnel et informationnel. Si tu te lances dans l'écriture en ayant déjà un réseau et des techniques, clairement, tu seras plus rentable plus vite. Et au-delà de la rentabilité, tu seras aussi plus validé sociétalement dans ton écriture, ce qui amène davantage de confiance en soi. Et davantage de pression sociale, etc. Moins de liberté, probablement.
Sans capital, c'est possible aussi ; mais plus dur et avec d'autres problèmes.
Comme on dit souvent, c'est le 1er million le plus dur.

Hortense a écrit:
Je ne rentabilise pas mon temps. Je l'apprécie.
Merci pour cette phrase. J'y ai pensé l'autre jour en musique (où j'ai des blocages plus conséquents qu'en musique, à cause d'insécurités encore plus fortes) et ça m'a aidée à me libérer un peu.
 
   
    
                         
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