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 Maisons d'édition scientifiques versus littéraires

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Flora
   
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Flora  /  Serial Constance killer


Azaby a écrit:
C'est que le monde de l'édition est le seul qui arrive à te faire croire qu'il est naturel de payer pour bosser. (...)

C'est terrible que certaines personnes (y compris des auteurs !!) en arrivent à accepter ça. Payer pour bosser. Rien que comme ça ça sonne absolument dingue. C'est la preuve (s'il en fallait encore une) que l'écriture n'est pas, et n'est pas près d'être, considérée comme un "vrai travail".

Comme toujours, je réagis : dans le domaine de la science, c'est trèèèès courant Wink Les chercheurs doivent publier leurs travaux pour être crédibles et/ou obtenir certains postes, et d'après mon expérience, la publication dans un journal scientifique est généralement payante. Ça n'excuse pas les méthodes des maisons à compte d'auteur, mais arrêtez de présenter ça comme une dinguerie exclusive à l'édition, et qui ne concerne pas les gens raisonnables x)


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Participez au concours d'extraits 110 jusqu'au 9 octobre !
 
Azaby
   
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Azaby  /  Hé ! Makarénine


Flora a écrit:
Azaby a écrit:
C'est que le monde de l'édition est le seul qui arrive à te faire croire qu'il est naturel de payer pour bosser. (...)

C'est terrible que certaines personnes (y compris des auteurs !!) en arrivent à accepter ça. Payer pour bosser. Rien que comme ça ça sonne absolument dingue. C'est la preuve (s'il en fallait encore une) que l'écriture n'est pas, et n'est pas près d'être, considérée comme un "vrai travail".

Comme toujours, je réagis : dans le domaine de la science, c'est trèèèès courant Wink Les chercheurs doivent publier leurs travaux pour être crédibles et/ou obtenir certains postes, et d'après mon expérience, la publication dans un journal scientifique est généralement payante. Ça n'excuse pas les méthodes des maisons à compte d'auteur, mais arrêtez de présenter ça comme une dinguerie qui ne concerne pas les gens raisonnables x)

Ce sont deux univers très différents d'une part (ne serait-ce que parce que la population d'auteurs ou d'aspirants auteurs n'est pas la même que celle que tu trouves en recherches), et d'autre part le monde de la recherche (enfin le seul que je connais est celui de la recherche en santé, mais je suppose que c'est pareil ailleurs) est également un monde blindé d'incohérences et qui est critiquable par bien des aspects. Pendant le covid, on a bien vu les limites de la course à la publication. On marche sur la tête dans beaucoup de situations aussi en recherche, mais ça n'est pas lié au fait qu'on facture les publications (qui sont facturées pour d'autres raisons, avec des enjeux différents).

Une différence parmi d'autres : quand tu travailles dans la recherche (que tu sois toi-même chercheur ou intégré à une équipe) ta légitimité est garantie par tes études et par un poste qui possède une réalité administrative et sociale. Tu possèdes, au-delà de l'investissement (qui en général ne vient pas directement de ta poche mais de labos/subventions hospitalières, en tout cas dans le milieu que je connais), un "véritable métier". Tu peux être chercheur et gagner ton pain, même en considérant ces publications payantes. Tu ne peux pas vivre en tant qu'auteur avec ces publications payantes, même si on te fait miroiter des ventes mirobolantes. (Non pas qu'en vivre soit forcément l'objectif, mais c'est pour illustrer que le métier d'auteur n'est pas considéré comme un véritable boulot).

La publication dans un journal scientifique n'a rien à voir avec une publication dans le monde éditorial et je trouve ça infondé de comparer ces deux univers. L'objectif de publication, la légitimité de facturer la publication, les personnes chargées de publier, les cercles dans lesquels tu publies... ne sont pas du même monde. L'objet final n'est pas le même non plus. Pas plus que l'ambition de l'auteur.

Le simple fait que les chercheurs possèdent un salaire/des bourses au-delà de leurs publications (même si leurs publications sont nécessaires pour s'implanter et même si cette course à la publication a ses travers), ils ont un métier reconnu par la société qui peut leur apporter une viabilité financière (même si d'expérience on sait que la rémunération des chercheurs est souvent à la ramasse par rapport aux qualifications). Rien que là, aussi, on sort du contexte éditorial.

C'est une dinguerie d'estimer qu'on peut faire payer les auteurs pour les faire travailler. Et ça ne sera jamais raisonnable dans un contexte tel que celui de l'édition. Le fait qu'il existe des milieux dans lesquels les publications sont payantes ne change absolument rien à cette aberration qui profite de l'ignorance (voire de l'orgueil) des auteurs pour faire son blé (alors qu'en recherche, tu n'arrives généralement pas là sans savoir dans quoi tu t'engages).  Ça aussi, c'est un facteur qui fait que ça n'a rien à voir.
 
Mika
   
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Mika  /  Barge de Radetzky


Azaby a écrit:
Flora a écrit:
Azaby a écrit:
C'est que le monde de l'édition est le seul qui arrive à te faire croire qu'il est naturel de payer pour bosser. (...)

C'est terrible que certaines personnes (y compris des auteurs !!) en arrivent à accepter ça. Payer pour bosser. Rien que comme ça ça sonne absolument dingue. C'est la preuve (s'il en fallait encore une) que l'écriture n'est pas, et n'est pas près d'être, considérée comme un "vrai travail".

Comme toujours, je réagis : dans le domaine de la science, c'est trèèèès courant Wink Les chercheurs doivent publier leurs travaux pour être crédibles et/ou obtenir certains postes, et d'après mon expérience, la publication dans un journal scientifique est généralement payante. Ça n'excuse pas les méthodes des maisons à compte d'auteur, mais arrêtez de présenter ça comme une dinguerie qui ne concerne pas les gens raisonnables x)

Ce sont deux univers très différents d'une part (ne serait-ce que parce que la population d'auteurs ou d'aspirants auteurs n'est pas la même que celle que tu trouves en recherches), et d'autre part le monde de la recherche (enfin le seul que je connais est celui de la recherche en santé, mais je suppose que c'est pareil ailleurs) est également un monde blindé d'incohérences et qui est critiquable par bien des aspects. Pendant le covid, on a bien vu les limites de la course à la publication. On marche sur la tête dans beaucoup de situations aussi en recherche, mais ça n'est pas lié au fait qu'on facture les publications (qui sont facturées pour d'autres raisons, avec des enjeux différents).

Une différence parmi d'autres : quand tu travailles dans la recherche (que tu sois toi-même chercheur ou intégré à une équipe) ta légitimité est garantie par tes études et par un poste qui possède une réalité administrative et sociale. Tu possèdes, au-delà de l'investissement (qui en général ne vient pas directement de ta poche mais de labos/subventions hospitalières, en tout cas dans le milieu que je connais), un "véritable métier". Tu peux être chercheur et gagner ton pain, même en considérant ces publications payantes. Tu ne peux pas vivre en tant qu'auteur avec ces publications payantes, même si on te fait miroiter des ventes mirobolantes. (Non pas qu'en vivre soit forcément l'objectif, mais c'est pour illustrer que le métier d'auteur n'est pas considéré comme un véritable boulot).

La publication dans un journal scientifique n'a rien à voir avec une publication dans le monde éditorial et je trouve ça infondé de comparer ces deux univers. L'objectif de publication, la légitimité de facturer la publication, les personnes chargées de publier, les cercles dans lesquels tu publies... ne sont pas du même monde. L'objet final n'est pas le même non plus. Pas plus que l'ambition de l'auteur.

Le simple fait que les chercheurs possèdent un salaire/des bourses au-delà de leurs publications (même si leurs publications sont nécessaires pour s'implanter et même si cette course à la publication a ses travers), ils ont un métier reconnu par la société qui peut leur apporter une viabilité financière (même si d'expérience on sait que la rémunération des chercheurs est souvent à la ramasse par rapport aux qualifications). Rien que là, aussi, on sort du contexte éditorial.

C'est une dinguerie d'estimer qu'on peut faire payer les auteurs pour les faire travailler. Et ça ne sera jamais raisonnable dans un contexte tel que celui de l'édition. Le fait qu'il existe des milieux dans lesquels les publications sont payantes ne change absolument rien à cette aberration qui profite de l'ignorance (voire de l'orgueil) des auteurs pour faire son blé (alors qu'en recherche, tu n'arrives généralement pas là sans savoir dans quoi tu t'engages).  Ça aussi, c'est un facteur qui fait que ça n'a rien à voir.

Je partage ton point de vue que la publication d'un livre et d'un article scientifique sont différents.

Par contre, c'est fort difficile de justifier pourquoi les maisons d'édition en science entubent à ce point les chercheurs et les labos.

Ces maisons sont cotées en bourse et brassent des milliards, sans jamais réinvestir quoi que ce soit dans la recherche (ou quelques miettes). Elles demandent des abonnements annuels très chers aux universités, tant que certaines ne peuvent les payer et n'ont pas accès au savoir de leurs consoeurs et confrères scientifiques.

En plus de ces coûts, elles demandent aux scientifiques de payer leurs publications (entre 2500 et 10000 euros par article), mais aucun service n'est proposé en retour. Le travail éditorial est fait par les chercheurs en poste, non payés pour le faire, un processus appelé reviewing. L'éditeur n'a qu'à les mettre en contact et à réaliser la mise en page. Sans compter que ces maisons n'impriment presque plus aucun exemplaire sur papier. Les articles sont postés en ligne.

Le scientifique ou le labo de recherche n'obtient rien, pas même un pourcentage faible sur les ventes, comme c'est le cas du monde de l'édition littéraire. Rien. Pire, si tu veux accéder à ta propre publication en tant que scientifique, dans le cas où ton université n'est pas abonnée à cette maison, tu dois encore leur verser entre 30 et 50 euros pour sa version numérique ! Vous vous rendez compte ?

J'enfonce le clou : l'image de couverture est aussi réalisé par les chercheurs à leurs frais (c'est entre 400-500 euros pour une image payé par le chercheur, parfois de sa poche !). Même ça, ils ne le font pas.

Le chercheur n'a pas le choix de publier s'il veut diffuser ses recherches. C'est indispensable à l'obtention de financement qu'on appelle bourses de recherche, parfois de plusieurs millions d'euros, indispensables pour payer ses employés et acheter les machines. D'où l'expression anglaise "publish or perish".

Je suis chercheur et j'ai toujours été choqué par ces pratiques indignes.
 
Azaby
   
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Mika a écrit:
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C'est que le monde de l'édition est le seul qui arrive à te faire croire qu'il est naturel de payer pour bosser. (...)

C'est terrible que certaines personnes (y compris des auteurs !!) en arrivent à accepter ça. Payer pour bosser. Rien que comme ça ça sonne absolument dingue. C'est la preuve (s'il en fallait encore une) que l'écriture n'est pas, et n'est pas près d'être, considérée comme un "vrai travail".

Comme toujours, je réagis : dans le domaine de la science, c'est trèèèès courant Wink Les chercheurs doivent publier leurs travaux pour être crédibles et/ou obtenir certains postes, et d'après mon expérience, la publication dans un journal scientifique est généralement payante. Ça n'excuse pas les méthodes des maisons à compte d'auteur, mais arrêtez de présenter ça comme une dinguerie qui ne concerne pas les gens raisonnables x)

Ce sont deux univers très différents d'une part (ne serait-ce que parce que la population d'auteurs ou d'aspirants auteurs n'est pas la même que celle que tu trouves en recherches), et d'autre part le monde de la recherche (enfin le seul que je connais est celui de la recherche en santé, mais je suppose que c'est pareil ailleurs) est également un monde blindé d'incohérences et qui est critiquable par bien des aspects. Pendant le covid, on a bien vu les limites de la course à la publication. On marche sur la tête dans beaucoup de situations aussi en recherche, mais ça n'est pas lié au fait qu'on facture les publications (qui sont facturées pour d'autres raisons, avec des enjeux différents).

Une différence parmi d'autres : quand tu travailles dans la recherche (que tu sois toi-même chercheur ou intégré à une équipe) ta légitimité est garantie par tes études et par un poste qui possède une réalité administrative et sociale. Tu possèdes, au-delà de l'investissement (qui en général ne vient pas directement de ta poche mais de labos/subventions hospitalières, en tout cas dans le milieu que je connais), un "véritable métier". Tu peux être chercheur et gagner ton pain, même en considérant ces publications payantes. Tu ne peux pas vivre en tant qu'auteur avec ces publications payantes, même si on te fait miroiter des ventes mirobolantes. (Non pas qu'en vivre soit forcément l'objectif, mais c'est pour illustrer que le métier d'auteur n'est pas considéré comme un véritable boulot).

La publication dans un journal scientifique n'a rien à voir avec une publication dans le monde éditorial et je trouve ça infondé de comparer ces deux univers. L'objectif de publication, la légitimité de facturer la publication, les personnes chargées de publier, les cercles dans lesquels tu publies... ne sont pas du même monde. L'objet final n'est pas le même non plus. Pas plus que l'ambition de l'auteur.

Le simple fait que les chercheurs possèdent un salaire/des bourses au-delà de leurs publications (même si leurs publications sont nécessaires pour s'implanter et même si cette course à la publication a ses travers), ils ont un métier reconnu par la société qui peut leur apporter une viabilité financière (même si d'expérience on sait que la rémunération des chercheurs est souvent à la ramasse par rapport aux qualifications). Rien que là, aussi, on sort du contexte éditorial.

C'est une dinguerie d'estimer qu'on peut faire payer les auteurs pour les faire travailler. Et ça ne sera jamais raisonnable dans un contexte tel que celui de l'édition. Le fait qu'il existe des milieux dans lesquels les publications sont payantes ne change absolument rien à cette aberration qui profite de l'ignorance (voire de l'orgueil) des auteurs pour faire son blé (alors qu'en recherche, tu n'arrives généralement pas là sans savoir dans quoi tu t'engages).  Ça aussi, c'est un facteur qui fait que ça n'a rien à voir.

Je partage ton point de vue que la publication d'un livre et d'un article scientifique sont différents.

Par contre, c'est fort difficile de justifier pourquoi les maisons d'édition en science entubent à ce point les chercheurs et les labos.

Ces maisons sont cotées en bourse et brassent des milliards, sans jamais réinvestir quoi que ce soit dans la recherche (ou quelques miettes). Elles demandent des abonnements annuels très chers aux universités, tant que certaines ne peuvent les payer et n'ont pas accès au savoir de leurs consoeurs et confrères scientifiques.

En plus de ces coûts, elles demandent aux scientifiques de payer leurs publications (entre 2500 et 10000 euros par article), mais aucun service n'est proposé en retour. Le travail éditorial est fait par les chercheurs en poste, non payés pour le faire, un processus appelé reviewing. L'éditeur n'a qu'à les mettre en contact et à réaliser la mise en page. Sans compter que ces maisons n'impriment presque plus aucun exemplaire sur papier. Les articles sont postés en ligne.

Le scientifique ou le labo de recherche n'obtient rien, pas même un pourcentage faible sur les ventes, comme c'est le cas du monde de l'édition littéraire. Rien. Pire, si tu veux accéder à ta propre publication en tant que scientifique, dans le cas où ton université n'est pas abonnée à cette maison, tu dois encore leur verser entre 30 et 50 euros pour sa version numérique ! Vous vous rendez compte ?

J'enfonce le clou : l'image de couverture est aussi réalisé par les chercheurs à leurs frais (c'est entre 400-500 euros pour une image payé par le chercheur, parfois de sa poche !). Même ça, ils ne le font pas.

Le chercheur n'a pas le choix de publier s'il veut diffuser ses recherches. C'est indispensable à l'obtention de financement qu'on appelle bourses de recherche, parfois de plusieurs millions d'euros, indispensables pour payer ses employés et acheter les machines. D'où l'expression anglaise "publish or perish".

Je suis chercheur et j'ai toujours été choqué par ces pratiques indignes.

Attention, je n'ai jamais dit que ce n'était pas choquant ! Si y a d'ailleurs un truc que j'ai retenu de mes cours de LCA ou mes cours théoriques sur les publications scientifiques, c'est que c'est bel et bien un milieu impitoyable et régi par des structures qui pèsent des millions et des millions. En plus, je pense que le débat initial s'articule autour de la publication "au sens large" d'articles et pas seulement d'un point de vue éditorial.

Je pense juste que ça n'est simplement pas comparable avec le milieu de l'édition "classique". Laughing

Ne serait-ce que parce que le chercheur a cet avantage-là d'avoir, aux yeux de la société, un véritable métier. Et une source de revenu indépendante de sa publication (même si la publication est nécessaire dans son parcours).

Pour recontextualiser, vis à vis des maisons d'édition à compte d'auteur/participatif... c'est ton unique intermédiaire, donc ton unique source de revenus pour ton travail. Même si en général les gens qui publient à compte d'auteur n'espèrent pas en vivre, il n'en reste pas moins que ton travail a une dimension professionnelle dès que tu le publies.

Quand je dis que c'est "une dinguerie" d'attendre des auteurs qu'ils paient pour être édités... j'entends par là que contrairement aux métiers de la recherche où tu as des revenus liés à ton travail de recherche, tu demandes à des gens de travailler à perte. Purement, de travailler à perte. Pour la gloire et la satisfaction d'être édité.

C'est en ça que j'estime qu'il y a une différence : payer pour la publication ne serait pas (dans l'absolu, disons que ça poserait un problème moindre) un problème si l'entièreté du métier d'artiste-auteur (en tout cas quand tu as une envergure assez modeste pour être intéressé par du compte d'auteur) ne reposait pas sur tes droits ou tes avances.

Bien sûr que c'est injuste de devoir se soumettre à la course aux publications par crainte d'être bouffé dans le milieu scientifique. Mais la différence majeure c'est que ton métier (et la viabilité de ton métier) ne repose pas (en substance, même si comme vous l'avez dit tous les deux c'est un passage obligé) sur la publication.

Ce qui me fait hurler à l'indécence avec les maisons à compte d'auteur, c'est que ça laisse entendre que le métier d'artiste-auteur n'en est pas un, et que la publication est un privilège. Qu'il est légitime, ou tolérable, de faire payer les auteurs dans un souci de "sécurité" financière.

Et au-delà des auteurs qui se font arnaquer, ça nourrit une image terrible pour les auteurs dont c'est la profession (à mi-temps ou à plein temps).

Quand t'es auteur pro, demander à ta banque un prêt relève de l'enfer (et ce, même si tu es multipropriétaire par ailleurs, j'en discutais avant-hier avec un collègue dont c'est l'unique métier). Idem pour t'assurer, ou pour envisager quoi que ce soit d'administratif. La case artiste-auteur n'existe même pas dans la plupart des cas ! Exemple con : actuellement je suis en année de thèse d'exercice (pas de recherche). Je n'ai donc pas encore mon statut de prof libérale, plus le statut d'étudiant (pour grossir le trait), et mon seul statut concret est celui d'artiste-autrice. Quand tu veux te déclarer à la CAF, par exemple, c'est un enfer.

On pourrait arguer (à raison) que les auteurs qui signent chez le Lys Bleu ou d'autres maisons participatives ne sont pas des auteurs qui envisagent d'en faire une carrière. Mais il n'empêche que c'est un travail avec une dimension professionnelle puisqu'il répond à un marché et permet à des entreprises de se faire de l'argent.

C'est ça qui fait à mon sens la différence. Le fait qu'il soit limite accepté socialement qu'on fasse payer un auteur pour ce qui constitue la totalité de son exercice (ce n'est donc pas un "investissement nécessaire", mais le gage d'un travail à perte dans la plupart des cas). Payer pour travailler (ce qui ici équivaut à "travailler sans être payé").

Il y a plein de cas où on paie pour pouvoir travailler : on a parlé des publications en recherche, mais il y a aussi les profs lib qui doivent contracter d'énormes prêts pour leur matos et leurs locaux, certaines professions uniquement accessibles par des formations payantes...

Mais là, c'est pire que ça. C'est à dire que tu produis l'entièreté de ton travail d'auteur sans même avoir la garantie d'être rémunéré un jour. C'est en ça que je considère que c'est incroyable.
 
Pasiphae
   
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Je précise, pour ajouter mon grain de sel, qu'une proportion non négligeable de la recherche, en tout cas en France, est effectuée gracieusement, par des gens qui ne reçoivent pas un rond pour le faire (et qui parfois y vont de leur poche, même, pour se rendre à des événements scientifiques / publier).

Ce paragraphe,
Citation :
Ce qui me fait hurler à l'indécence avec les maisons à compte d'auteur, c'est que ça laisse entendre que le métier d'artiste-auteur n'en est pas un, et que la publication est un privilège. Qu'il est légitime, ou tolérable, de faire payer les auteurs dans un souci de "sécurité" financière.

pourrait leur être appliqué à la lettre.


Poésie – Traque – Liquide – Roman – Miettes – Nouvelles – L'heure du thé – Thèse – Ecriture - Journal - ça raconte - Îles
 
Mika
   
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Mika  /  Barge de Radetzky


Je suis d'accord avec toi Azaby. En fait mon poste n'entrait pas en contradiction avec le tien. Je trouve que c'est abbérant dans les 2 cas que des maisons d'édition profitent de notre travail.

Certains articles scientifiques mettent dix ans à être écrit. Une fois publiés, ces articles génèrent parfois une grande reconnaissance intellectuelle pour l'équipe de recherche. Il serait bien que celle-ci soit accompagnée d'une reconnaissance financière, non pas pour le chercheur lui-même, mais pour l'équipe, pour le labo.

Si tu défends que c'est normal que les maisons d'édition scientifiques s'en mettent plein les poches sans rétribuer l'auteur, parce que celui-ci a un métier, je pourrais rétorquer que la majorité des écrivains ont un métier à coté également. Dans ce cas, suivant ta logique, leur travail ne devrait pas être rétribué. Le fait de ne pas payer l'auteur/ les auteurs pour le travail accompli reste une aberration pour moi dans les deux cas.
 
Azaby
   
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Mika a écrit:
Je suis d'accord avec toi Azaby. En fait mon poste n'entrait pas en contradiction avec le tien. Je trouve que c'est abbérant dans les 2 cas que des maisons d'édition profitent de notre travail.

Certains articles scientifiques mettent dix ans à être écrit. Une fois publiés, ces articles génèrent parfois une grande reconnaissance intellectuelle pour l'équipe de recherche. Il serait bien que celle-ci soit accompagnée d'une reconnaissance financière, non pas pour le chercheur lui-même, mais pour l'équipe, pour le labo.

Si tu défends que c'est normal que les maisons d'édition scientifiques s'en mettent plein les poches sans rétribuer l'auteur, parce que celui-ci a un métier, je pourrais rétorquer que la majorité des écrivains ont un métier à coté également. Dans ce cas, suivant ta logique, leur travail ne devrait pas être rétribué. Le fait de ne pas payer l'auteur/ les auteurs pour le travail accompli reste une aberration pour moi dans les deux cas.


Je n'ai en aucun cas défendu qu'il était normal que les maisons d'édition scientifiques s'en mettent plein les poches sur le dos des auteurs (je l'ai même précisé dès mon premier paragraphe).

Je souligne juste la différence entre le travail de recherche (dont les publications constituent une part mal rémunérée, longue et mal considérée) et le travail d'écrivain (dont les publications constituent la totalité de son exercice et de ses revenus tant qu'il n'a pas une certaine renommée).

Un écrivain qui ne publie pas n'a aucun revenu, même s'il a publié par le passé (sauf rares exceptions de long-sellers). La publication n'est pas qu'un passage obligé, elle est l'unique source de revenus.

Et comme tu dis, la majorité des gens ont besoin d'avoir un deuxième métier pour s'en sortir, c'est bien ça le problème. C'est en ça que c'est à mon sens le pinacle de l'injustice que de nourrir (en faisant payer les auteurs) cette idée qu'écrivain n'est pas un métier à part entière. C'est pour ça qu'à mon sens, c'est absolument dingue, et ça ne vise pas à diminuer la difficulté du monde de la recherche. Je constate juste (pour en avoir dans ma famille et dans mon entourage proche) que même si l'édition est un passage particulièrement injuste de ce monde, être chercheur est un métier, qui obtient rémunération. Mais on ne dira jamais à un chercheur (en tout cas quand j'ai posé la question à mes proches concernés, c'est ce qu'on m'a confirmé mais je m'ouvre à d'autres témoignages) : "Sinon, ton vrai métier, c'est quoi ?"

Et le fait qu'une partie non négligeable de la population trouve acceptable qu'un auteur doive payer pour travailler (pas payer pour obtenir une situation qui lui permette de travailler, payer pour l'entièreté de son travail) me chagrine profondément. Et même si la recherche connaît des injustices similaires, le regard que porte la société et certaines maisons sur le travail de l'écrivain est plutôt unique, même dans les sphères artistiques.

Je ne dis pas que que le métier de chercheur est justement rétribué dans ses publications (et ça fait partie des raisons qui font que je n'ai pas envisagé de carrière universitaire, d'ailleurs). Je dis qu'au moins, c'est considéré comme un métier et que c'est une perspective de carrière qui a du sens aux yeux de la société. Que les mastodontes du milieu de la recherche ponctionnent injustement les chercheurs, et que ce métier soit très injustement considéré ne change rien à mon assertion initiale.  

C'est en ça que ce n'est à mon sens pas vraiment comparable Sad
 
Pasiphae
   
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Citation :
être chercheur est un métier, qui obtient rémunération. Mais on ne dira jamais à un chercheur (en tout cas quand j'ai posé la question à mes proches concernés, c'est ce qu'on m'a confirmé mais je m'ouvre à d'autres témoignages) : "Sinon, ton vrai métier, c'est quoi ?"

Mais tout ça n'est qu'en partie vrai. Je suis chercheuse mais ne suis pas rémunérée pour mon travail ; on me demande souvent des nouvelles de mon vrai (futur) métier. Et nous sommes des tas de doctorant·es / docteur·es à produire gratuitement de la recherche (voire, à payer pour faire de la recherche).


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Pasiphae a écrit:
Citation :
être chercheur est un métier, qui obtient rémunération. Mais on ne dira jamais à un chercheur (en tout cas quand j'ai posé la question à mes proches concernés, c'est ce qu'on m'a confirmé mais je m'ouvre à d'autres témoignages) : "Sinon, ton vrai métier, c'est quoi ?"

Mais tout ça n'est qu'en partie vrai. Je suis chercheuse mais ne suis pas rémunérée pour mon travail ; on me demande souvent des nouvelles de mon vrai (futur) métier. Et nous sommes des tas de doctorant·es / docteur·es à produire gratuitement de la recherche (voire, à payer pour faire de la recherche).

Je suis d'accord. À l'étranger, c'est parfois même pire. En Australie, une de mes collègues travaillait bénévolement. Au Japon, un de mes collègues à dû travailler 2 ans sans salaire pour finir sa thèse (et avoir les publications lui permettant de continuer). En France, c'est normalement interdit par la loi, mais ces pratiques sont courantes, hélas.
 
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Mon cas, et celui de la plupart des doctorant·es en SHS, est le même que celui du collègue du Japon : nos thèses durent en moyenne 5 ans, nos contrats ne durent que 3 ans. L'université compte sur Pôle emploi pour nous indemniser à moindre coût, et cette situation hypocrite est courante (sans compter les doctorant·es en SHS qui effectuent leur thèse sans le moindre contrat, 2/3 de l'effectif total, et qui pourtant participent pleinement à la vie de l'université : publication, prise en charge de séminaires, participation ou organisation d'événements scientifiques). Je ne crois pas que la loi dise grand-chose à ce sujet ; régulièrement, on ressort l'idée qu'il faudrait interdire les thèses sans financement, mais je crois que dans les hautes sphères, on a trop conscience que cela réduirait drastiquement leur nombre, et couperait l'accès à une main-d'œuvre bénévole et qualifiée qui aujourd'hui assure une grosse part de l'activité universitaire. Désolée pour cette digression, mais parfois (souvent) le statut des chercheur·euses n'est pas bien meilleur que celui des auteurices (qui du moins peuvent espérer rémunération après publication).


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Moïra
   
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Moïra  /  qui murmure à l'oreille des planctons


Je rejoins les propos de Pasiphae et Mika.

Et même en STS, les thèses durent 3 ans : tu publies 1 ou 2 papiers au cours des 3 ans (en moyenne en sciences de l'environnement). Mais au bout des 3 ans, c'est ciao, et tu écris les autres papiers issus de ta thèse sur ton chômage. Donc là encore : le processus d'écriture d'articles n'est pas rémunéré. Sans compter que, au cours de ta thèse, il y a des chefs qui veulent que tu écrives les articles sur tes week-ends.

Citation :
c'est considéré comme un métier et que c'est une perspective de carrière qui a du sens aux yeux de la société.

Mouais pas par tout le monde Laughing Y tout un pan de la société qui considère qu'il faudrait couper encore plus les financements aux universités et autres organismes de recherche...
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Mika
   
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Mika  /  Barge de Radetzky


Pareil, j'ai fini ma thèse en étant payé par le chômage 900 euros par mois pour finir les articles bénévolement pour lesquels je n'ai pas été rémunérée. J'ai un ami en poste d'ATER payé une misère, à 8 ans post-thèse ! Tout ça parce qu'ils refusent d'employer des profs de fac. Le job est donné aux ater ou aux étudiants en thèse sous-payés (tu es au SMIC pendant ta thèse quand bien même tu travailles plus de 40h par semaine + les weekends) ou pas payés du tout. J'ai des amis qui ont fait leur thèse en histoire sans financement aucun ! Donc pas un sous, elles travaillaient comme secrétaires ou bibliothècaires à côté a mi-temps, elles vivotaient quoi. Ça a duré 5 ans comme ça. À la fin, tes publications ne sont pas rémunérées. Il est même arrivé qu'un chef de thèse lui vole son travail ! Je ne plaisante pas !
 
   
    
                         
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