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 [Scénarisation] Récurrence des scènes

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Le Renard Rouge
   
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Le Renard Rouge  /  Pour qui sonne Lestat


Coucou, sur un petit projet actuel, je suis confronté à un problème. J'ai l'impression que certaines scènes se reproduisent à certain moment.

Par exemple :

- Le protagoniste/Un ami du protagoniste se fait capturer (2 occurrences)

- Le protagoniste se lance dans une filature/écoute une conversation (3 occurrences)

- Le protagoniste/Un ami du protagoniste est pris dans une embuscade (2 occurrences)

Est-ce que cela vous arrives dans vos écris ? Est-ce problématique pour un lecteur ?

Bon c'est assez vaste ^^
 
Melon Jaune
   
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Melon Jaune  /  Pippin le Bref


Salut !

Bien évidemment ça dépend, mais effectivement je pense que si le traitement des scènes est similaire, le lecteur peut avoir l'impression d'une répétition. Si la scène évolue, à mon avis pas de problème : par exemple un entraînement avec son mentor au début du récit pour poser l'ambiance et introduire le perso, puis un deuxième entraînement interrompu par une attaque surprise. Ou bien, si ton personnage est espion, quoi de plus normal qu'il écoute plusieurs fois des conversations ^^ Mais ce serait dommage qu'on ait l'impression que tu n'as pas d'autres idées de ressorts narratifs.

Je n'ai pas d'exemple de cas où ça m'a dérangé en temps que lecteur, mais dans mon texte on m'a reproché la récurrence de scènes similaires (le héros était fait prisonnier trois fois dans des contextes différents). Du coup j'ai réfléchi à la possibilité de faire avancer l'histoire sans que le héros ne soit fait prisonnier, et dans l'un des trois cas j'ai réussi à fonctionner autrement.

Curieux de connaître les réponses des autres à ce sujet Wink
 
Mmokong
   
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Mmokong  /  Barge de Radetzky


Je pense que oui c'est un peu problématique... En tout cas en tant que lectrice ça me gène. En BD, les Tintins et Blake & Mortimer usent et abusent des mêmes situations, c'est assez lourd et particulièrement quand celles-ci sont normalement exceptionnelles (on ne se fait pas kidnapper 4 fois par jour, non ?).

Peut-être ça dépend alors de la probabilité de la scène, donc kidnapping, maximum 1, et filatures, 3 ou 4 sans problème si c'est justement le métier du personnage.
 
Paige_eligia
   
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Paige_eligia  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Tout dépend de comment c'est traité. Mais j'ai envie de dire que si tu te poses la question c'est qu'il faut surement modifier quelque chose Wink

J'ai un contre-exemple : les scènes de combats.
Ils se battent plusieurs fois dans le roman mais ça n'a jamais gêné personne.
Par contre, pas contre les mêmes personnages, pas pour le même enjeu, pas de la même envergure...
https://paigeeligia.com/
 
Hortense
   
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Hortense  /  Tycho l'homoncule


Bonjour,

En tant que lectrice, ça me dérange.
Tout simplement parce que le ressort narratif qui consiste à mettre ton personnage dans une situation improbable pour faire avancer l'histoire, ça montre seulement que tu n'as pas réfléchi à ton histoire avant de l'écrire.

Lorsqu'une histoire est préparée, il est beaucoup plus facile d'insérer un ressort narratif plus puissant.
Celui que je préfère (mais je suis sournoise) est la fausse compréhension : ton personnage / ton lecteur a vu quelque chose et le comprend d'une façon, mais au final il a mal compris parce qu'il a été induit en erreur par ses préjugés.
Dans un film, ça pourrait être une scène qui commence avec des flics qui poursuivent une autre voiture. Ce qu'on comprend, c'est que les gentils poursuivent les méchants (un classique). Ce qu'on ignore, c'est que les flics sont corrompus (un autre classique) et poursuivent le vrai gentil (encore un classique) qui veut les faire tomber.
Là où ce ressort narratif est puissant, c'est que le lecteur comprenant assez tôt dans l'histoire que tu vas le balader, va douter de ses propres perceptions et de sa propre compréhension, et tourner les pages pour s'assurer qu'il a compris / découvrir le fin mot de l'histoire.

Tu peux aussi jouer sur le style ou l'univers pour faire avancer l'histoire. Dans ce cas, on est plus dans une immersion, et le lecteur est coincé dans l'univers et ne peut plus s'en détacher.
Mais ça demande un peu plus de technique et une réelle préparation de ton univers et de ton histoire. Il faut que tout s'enchaîne naturellement, et dans ce cas tu n'as pas besoin de beaucoup d'embuscades ou d'enlèvements pour dérouler ton histoire. Un bon exemple de ceci est Le Seigneur des anneaux ou les romans de Grangé. Le style et le background soutiennent une intrigue finalement pas ouf.
En pratique, il faut avoir énormément de détails sur ton univers, des détails très précis, et développer une façon bien à toi de le raconter (sans, s'il te plaît, les entasser comme une pile de déchets, au risque de noyer ton lecteur).

En résumé, il existe d'autres façons de faire que de multiplier les rebondissements.
https://hortensemerisier.com/
 
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Invité  /  Invité


Je dirais que ça dépend du genre de ton roman, et de la taille aussi, de la durée de l'histoire (en plus de ce qui a déjà été dit du traitement). Parce que si en 50 000 mots et 7 jours de scénario on lit 50 fois la même chose, effectivement, ça va devenir lourdingue. Si c'est en 210 000 et que ça se passe sur 3 ans, c'est déjà plus digeste, je pense.
Après, ça dépend aussi des situations dans lesquelles le personnage se retrouve. Tintin, pour reprendre l'exemple plus haut, se trouve quand même dans des enquêtes particulières. Et les méchants ben… ils ont tous un peu les même techniques, hein. Donc par exemple un photo-journaliste qui serait spécialisé dans le reportage sur le djihadisme un peu partout dans le monde aurait plus de probabilités de se retrouver pris en otage, vu que la prise d'otage est une méthode d'Al-Qaïda, de Boko Haram, de l'État Islamique, etc. donc en suivant la guerre menée contre tous ces groupes, statistiques, le photo-journaliste fait augmenter le risque. Après, il fait augmenter le risque, c'est pas pour ça qu'il est pris à chaque fois, c'est sûr (même si je crois que c'était déjà arrivé à un journaliste de subir deux prises d'otages).
Ça peut aussi être une question d'univers – ou cette famille syrienne réfugiée en Ukraine qui doit refuir.
Ou quelque chose en lien direct avec la personne. J'avais entendu l'histoire d'un surfer qui était beaucoup plus attaqués par les requins que la normale. Les scientifiques se sont aperçus que c'est parce qu'il urine beaucoup dans sa combinaison, ce qui attire les requins. Et puis, les méchants n'ont aucune raison de se creuser la cervelle si le héros est à côté de ses pompes. Par exemple un gars qui sait qu'il peut être une cible mais part faire son jogging tous les matins à la même heure et suit le même parcours. Pourquoi les mafieux se feraient-ils chier à inventer un truc tordu pour lui faire du mal, s'il est réglé comme une horloge et qu'il suffit de le cueillir ?

Ceci dit, je me souviens que dans Les Aventuriers de la mer, Robin Hobb utilise le ressort de "un personnage pense qu'un autre auquel il tient est mort" trois fois en même temps et que ça m'avait un peu dérangée (oui, j'ose critiquer Robin Hobb Razz).

En tant qu'autrice, j'ai le problème mais dans des romans différents. Une tendance à utiliser le recours aux archives pour faire avancer les informations connues par les personnages (déformation de mes études d'Histoire), et je me suis rendue compte que j'étais partie pour embarquer les personnages de Roman 3 dans une recherche à l'aveuglette comme dans le roman précédent. Je pense que c'est normal en tant qu'auteur d'avoir parfois ce genre d'automatisme (comme les tics d'écriture, d'ailleurs) parce qu'à la base, l'écriture sert à exprimer des émotions, et du coup les différents motifs ont un sens pour nous (par exemple à côté des romans j'écris des histoires à la con, des romances niaises à mourir, et c'est toujours le même modèle, c'est hyper flagrant) et nous soulagent sur un plan inconscient. Je ne sais pas si, comme le suggère Hortense, cette récurrence est un manque de préparation. Je pense qu'elle intervient quand on se laisse un peu embarquer par l'histoire, ce que l'on met dedans de nous, et qu'on a au fond un peu la tête dans le guidon.
Donc c'est le moment de se poser pour gamberger (et c'est une jardinière à 90% qui dit ça, hein xP) et faire juste un pas de côté. Par exemple, mes personnages vont effectivement faire une recherche, mais pas à l'aveugle : l'héroïne a essayé de déduire l'emplacement du truc qu'ils doivent trouver, elle s'est trompée et par manque de vigilance les envoie dans un piège, ce qui en plus est plus intéressant du point de vue culpabilité derrière que si le hasard les avait fait tomber là. Au final, il se passe la même chose, une recherche, mais j'ai essayé de faire un pas de côté sur l'automatisme.
Pour faire ce pas de côté, personnellement, je parle toute seule. Genre j'explique un truc à un journaliste. Je parle toute seule dans mon salon, parce que "l'esprit achève sa propre pensée en la mettant au dehors" comme disait Louis XIV et que ça permet de réfléchir plus vite, je trouve. Donc je reviens aux personnages, à ce qu'ils veulent, ce qui les tiraillent, et à "OK, et maintenant ?". Elle est comme ceci alors elle agit de telle manière. Il y a tels enjeux politiques, donc lui il fait ça comme ça. Et puis voilà. Des fois ça coule tout seul, des fois je reviens sur mes pas !
 
Amorgein
   
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Amorgein  /  Barge de Radetzky


(tu peux critiquer Hobb, le talent et le succès n'empêchent pas les erreurs et la critique)

Les occurences peuvent être intéressantes si bien utilisées, elles peuvent être utilisées pour souligner l'évolution du personnage par exemple. Confronté à la même cause, il a apprit de ses erreurs et il va tenter une approche différente pour une évolution en spirale. Elles peuvent aussi être le point de départ d'une remise en question, puisque les mêmes causes ont les mêmes conséquences, le personnage ou son entourage peut se demander pourquoi ça lui arrive à lui.

Ensuite, évidemment, ça dépend du style d'écrit. Les répétitions et les occurrences sont très présentes dans les contes (un style que j'affectionne), car le conte a vocation à être scandé, dit à haute voix et donc les répétitions font partie du rythme du récit. Je crois que c'est comme tout en écriture, rien n'est vraiment à bannir mais il faut se demander "pourquoi", quel est l'intérêt de la scène. Ce qui se répète, et ce qui change. Ce que tu veux souligner, montrer, mettre en exergue...

Voilà c'était ma brindille à l'édifice Wink
 
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Bonjour, la réitération de certaines scènes peut s'avérer intéressante si elle apporte de la variation, une focale sur une évolution morale ou situationnelle, ou tout simplement de l'humour, ou encore une réminiscence poétique! Songeons par exemple à un personnage jeune/âgé, à des situations de transmission d'une mémoire, à une péripétie qui éveille la nostalgie amicale... Il ne faut point trop s'en faire si votre texte en comporte, ce peut devenir une force si vous prenez plaisir à écrire ces scènes doubles avec leurs variations!
 
   
    
                         
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