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 Lire comme un écrivain...

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AlbertCamus
   
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   Pensée du jour  :  Plutôt 1000 fois mourir en Martyr du manque d'inspiration et de l'incapacité à écrire en général (avec tous les doutes, les hésitations, et les prises de têtes...) que d'aller se décérébrer dans les bars ou dans les boites !
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AlbertCamus  /  Tycho l'homoncule


Bonjour à tous Smile

j'avais lu il y a quelques temps un article dont je ne retrouve pas la référence concernant les outils et techniques pour lire avec un oeil d'écrivain : pour mettre à jour les procédés poétiques ou stylistique,     structure d'une narration, repérer la singularité d'une écriture et s'en inspirer ultérieurement etc.

Quand on lit , particulièrement s'il s'agit de littérature (les textes théoriques appellent d'avantage à l'analyse et la prise de notes), on est emporté par le flux, soit poétique soit de la fiction, on ne voit pas le texte selon  un angle de re-créateur ou de commentateur

Quels outils utilisez vous  pour une lecture savante?

Peut être faut il être équidistant entre la lecture plaisir et la lecture plus analytique ou universitaire.

Le problème se pose avec d'autant plus d'acuité pour un aspirant à l'écriture comme moi,  que j'ai la concentration facilement troublée  (j'ai une sorte de TDAH...) surtout quand il s'agit d'un texte long, et donc appréhender une structure au long cours avec une narration très longue est vraiment compliqué. (Mais si ça se trouve je suis vraiment pas fait pour autre chose que la forme courte... je le crois de plus en plus...)

Du coup ma question concerne plutôt la lecture savante d'ouvrages longs, pour avoir une vision d'ensemble, sa structure, etc.

Comment procédez vous?

Merci Smile
 
Scribolitain
   
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Salut Albert,

Pour le coup, c'est quelque chose que je me suis mise à faire naturellement en me mettant à écrire. Au début, ça me crispait beaucoup parce que je n'arrivais plus à profiter du texte. Aujourd'hui ça va mieux, j'arrive à lire pour le plaisir et repérer des astuces d'écriture dans les textes.

Ce que je fais en général, c'est que je lis le texte et lorsqu'une phrase ou un paragraphe me plait particulièrement (phrase bien tournée, émotion bien retranscrite, description bien amenée, etc.), j'arrête ma lecture, je relis le passage et j'essaye de voir comment l'auteur a arrangé les mots. Je ne prends pas de note, je me dis que j'ingurgite ça et qu'inconsciemment l'information reste.

Pour la structure générale, je regarde comment sont découpés les paragraphes et comment s'enchainent les actions. Je ne rentre pas dans le détail, je pars du principe que là aussi, les informations s'emmagasinent en arrière plan quand je lis et serviront plus tard.

Si l'analyse de la structure des textes t'intéresse vraiment, je te recommande plutôt de lire des livres sur ce sujet comme l'anatomie du scénario de John Truby.

Je pense que le principe même de lire pour bien écrire ne consiste pas à analyser toutes les œuvres que l'on a sous la main mais plutôt d'apprendre sans s'en rendre compte en se faisant plaisir. Enfin je crois, d'autres auront peut être des avis différents.
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Enirtourenef
   
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Personnellement, pendant longtemps, je ne comprenais même pas ce que ça voulait dire "voir comment les autres font". Aujourd'hui, je n'ai pas besoin de me forcer : quand je lis, je prends plaisir à plonger dans l'histoire, et en même temps une partie de mon esprit remarque le rythme, la construction… je n'ai pas fait exprès. C'est venu tout seul, comme un déclic, quand j'ai commencé à m'intéresser à la technique dans ma propre écriture, j'ai fini par me rendre compte au bout d'une poignée de livres que je la trouvais dedans. Après, j'imagine qu'il y a aussi beaucoup de choses que je ne vois pas.

Mais il faut dire aussi que ces derniers temps j'ai été en mesure de lire des jours entiers, donc de finir un livre en trois jours (je suis une lectrice lente, et tourne autour de 30 pages par heure), du coup, ça aide à voir la construction sur l'ensemble "livre" sans devoir prendre de notes, puisqu'on a tout bien en tête.

Je suis d'accord avec Scribolitain : beaucoup de choses s'emmagasinent en arrière-plan !

Par contre, je pense qu'on peut écrire du long avec un TDAH, même si ça demande des ajustements dans la méthode ! Je lis le blog d'une autrice avec TDAH, je peux te le retrouver, si ça t'intéresse Smile
https://enirenrekhtoues.blogspot.com/
 
AlbertCamus
   
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AlbertCamus  /  Tycho l'homoncule


Scribolitain a écrit:

Si l'analyse de la structure des textes t'intéresse vraiment, je te recommande plutôt de lire des livres sur ce sujet comme l'anatomie du scénario de John Truby.
je suis en train de lire "la dramaturgie " de Lavandier, un ouvrage similaire mais plus théorique je crois

Enirtourenef a écrit:

Mais il faut dire aussi que ces derniers temps j'ai été en mesure de lire des jours entiers, donc de finir un livre en trois jours (je suis une lectrice lente, et tourne autour de 30 pages par heure), du coup, ça aide à voir la construction sur l'ensemble "livre" sans devoir prendre de notes, puisqu'on a tout bien en tête.

Je suis d'accord avec Scribolitain : beaucoup de choses s'emmagasinent en arrière-plan !

Par contre, je pense qu'on peut écrire du long avec un TDAH, même si ça demande des ajustements dans la méthode ! Je lis le blog d'une autrice avec TDAH, je peux te le retrouver, si ça t'intéresse Smile

Honnêtement j'ai bien l'impression que écrire avec un trouble de la concentration oblige à des stratégies bien spécifiques (enfin on me dira et avec raison que tout écrivain a toujours par essence une stratégie singulière, donc bon...) Notamment celle qui est la mienne de sur-programmer et sur-planifier l'écrit, mais bon pourquoi pas...

Oui ça m'intéresse ce blog Smile

Est ce que des choses s'emmagasinent vraiment en arrière plan? je dirais que plus le volume de lecture est important moins c'est le cas: on ne visualise pas la stratégie d'un écrivain sur 200 pages ou même moins, comme sur un texte d'une seule page. Par définition...

Pour ce qui est de la vitesse de lecture, moi aussi je suis plutôt lent et je m'oblige à faire minimum deux heures de lecture par jour, le reste étant relatif à l'écriture. Mais je trouve que c'est compliqué de trouver un équilibre entre les deux activités. J'ai l'impression en fait que durant leur formation, les écrivains consacrent plusieurs années à de la lecture pure et ce n'est qu'une fois bien armés qu'un rééquilibrage se fait. Mais les premières années la lecture doit être l'activité prioritaire
 
Paige_eligia
   
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Je suis du même avis que Scribolotain.

A force d'écrire (et surtout de réécrire) mes yeux saisissent beaucoup plus de structure du texte que je ne le faisais avant. C'est d'ailleurs très frustrant car je n'arrive plus à aller au delà !

Sinon tu peux simplement mettre un petit post-it sur une page que tu as aimé en indiquant si c'est un dialogue, une description... Et le jour où tu bloques sur un dialogue tu peux aller retrouver les passages que tu aimes pour t'en inspirer.
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Enirtourenef
   
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Le blog : https://romanceville.wordpress.com/

AlbertCamus a écrit:
Est ce que des choses s'emmagasinent vraiment en arrière plan? je dirais que plus le volume de lecture est important moins c'est le cas: on ne visualise pas la stratégie d'un écrivain sur 200 pages ou même moins, comme sur un texte d'une seule page. Par définition...
J'ai envie de dire, si, justement : sur un temps plus long (sur le temps-roman) on voit comment les choses sont construites : tel indice posé à tel endroit te fait dire trente pages plus loin "aaaaaah mais oui", tel évolution du personnage, confronté de plus en plus régulièrement à ses angoisses jusqu'à ce que ça explose...
Mais bien sûr, il y a aussi des choses que l'on voit immédiatement : telle manière d'introduire un personnage, tel champ-lexical...
En fait, ça dépend de ce que l'on "cherche". Mais, la plupart du temps, je ne cherche rien en particulier : je lis, et je me dis "ah tiens !" et c'est tout, et quand j'écris un peu plus tard, parfois tel mot me viens et je pense à tel auteur.
Le plus gros problème quand on lit beaucoup d'un coup un même auteur, c'est l'effet éponge, ou là pour le coup trop de choses s'emmagasinent en arrière-plan et tu peux te retrouver à écrire vaguement "dans le style de".

AlbertCamus a écrit:
Mais je trouve que c'est compliqué de trouver un équilibre entre les deux activités. J'ai l'impression en fait que durant leur formation, les écrivains consacrent plusieurs années à de la lecture pure et ce n'est qu'une fois bien armés qu'un rééquilibrage se fait. Mais les premières années la lecture doit être l'activité prioritaire
Je ne sais pas.
J'ai commencé à écrire à 11 ans, je grattais des cahiers Clairefontaine au CDI. Et je lisais pas mal à côté. Forcément, l'effet éponge que je redoute aujourd'hui en me farcissant la tête des intégrales de Robin Hobb était décuplé à l'époque. C'est en ce sens-là que les choses s'équilibre : en emmagasinant beaucoup, en faisant aussi des expériences personnelles à côté, on développe notre propre style, qui se tisse. Mais on ne peut pas développer un style de manière "complète", si on n'écrit pas.
Je dis "complète" parce que, même quand on n'écrit pas, le style évolue. Avant de commencer mon Roman 1 il y a maintenant un an et demi, je sortais d'une période au moins équivalente où j'avais rien écrit du tout, et à peine beaucoup plus lu. Mais j'ai fait des expériences de vie, j'ai appris des mots, je devais bien penser à l'écriture de temps en temps, et du coup, même sans écrire, mon style a un peu évolué. Mais pour vraiment en sortir quelque chose, peaufiner, il faut écrire.
J'ai remarqué que généralement quand je suis en période d'écriture sérieuse j'ai tendance à baisser naturellement ma consommation de livres (ce qui me fait peur parce que je me suis lancée dans le grand cycle des Anciens, avec actuellement 9 intégrales, et qu'en même temps je dois commencer Roman 2 au 1er juillet : mauvais timing xP), sinon je suis un peu trop "éponge", encore, malgré l'expérience (et ce n'est pas une sensation très agréable).
Mais il faut lire un peu tout le temps. Même un auteur qui écrit depuis vingt ans et a un style bien à lui peut encore l'affiner et apprendre des choses en lisant les autres. C'est stimulant, et il faut de la stimulation pour ne pas resté campé sur ses acquis et "ronronner".
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Tocca
   
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Comme les autres, j'ai l'impression que mon oeil s'est habitué de lui-même à lire avec un regard critique, non pas à force de lire mais à force d'écrire et corriger mes textes et ceux des autres.
Quand je suis en phase de correction/réécriture, c'est le 'pire' : j'ai du mal à faire abstraction de la forme dans les bouquins que je lis pour le plaisir, j'analyse beaucoup. Ce qui fait que des livres que j'aurais adorés avant, je trouve maintenant des choses à redire dessus, des points que j'aurais traités / écrits autrement. Je pense que ça m'aide à affirmer mon style, ou au moins mes intentions.
Il reste quelques rares bouquins que je dévore sans même avoir un instant d'analyse. Quand c'est le cas, je relis une deuxième fois pour essayer d'identifier le 'truc' qui m'a permis d'être pleinement immergé dans le récit. Parce que c'est ce à quoi j'aspire en tant qu'auteur : écrire assez bien pour faire oublier la forme et laisser les lecteurs profiter au maximum du fond. J'ai espoir que ça vienne avec l'expérience : un texte après l'autre, j'ai l'impression de progresser dans mes premiers jets, de gommer des tics d'écriture, d'inclure des 'astuces' chopées à droite à gauche dans mes lectures ; et une correction/réécriture après l'autre, je deviens plus chiant, plus pointilleux, plus exigeant sur ce que je laisse passer et ce que je reprends.

Quant à la longueur : le court, c'est bien, ça permet de beaucoup travailler le style et la forme, profites-en ! Et un bon 'premier pas' dans le long peut être une série de nouvelles autour d'un même personnage, comme une suite d'instantanés de sa vie (les photos d'un album n'ont pas de lien entre elles, mais peuvent raconter une même grande histoire)
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AlbertCamus
   
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AlbertCamus  /  Tycho l'homoncule


Merci pour vos réponses

C'est vrai que c'est pas toujours facile de s'y retrouver, après le maitre mot restera toujours l'expérience à titre individuel, chaque auteur voit ce qui marche pour lui

Bon moi, je galère avec les formes longues, ça m'oblige à beaucoup recomposer, faire des plans, ça sclérose un peu le tout. Mais bon... On peut très bien avoir une orientation naturelle d'écriture vers le court plutôt que le long, qu'il ne faut pas contrarier. Après tout il y a bien des poètes incapables d'écrire des romans.

C'est là que c'est compliqué aussi de bien faire la part des choses ambition / capacités propres. L’expérience jugera encore une fois.

Pour en revenir à la lecture je crois que je vais adopter une approche bien plus qualitative. Si j'ai du mal à laisser tomber ma mentalité trop analytique je vais plutôt lire 3 fois trois livres que une seule fois dix livres où je serais trop immergé pour voir des stratégies. C'est le seul moyen d'avoir un filtre efficace. On dit beaucoup que dès qu'il y a du plaisir dans la lecture le problème de mémorisation et de saisie des techniques ne se pose plus. Bien sur il y a une part de vrai, Mais c'est une question de profil de  lecteur, aussi je crois...  Si la lecture m'excite et active trop mon imaginaire, j'ai du mal à faire confiance, sur le moment, à ma capacité d'analyse

La relation à un texte est toujours trop intime pour que les conseils de lecture généraux ne trouvent pas très vite leurs limites, c'est le problème... D'ailleurs et j'en avais parlé dans un autre sujet il y a un an , c'est le même problème qui m'a fait quitter ma préparation pour les concours d’enseignement: je n'arrivais vraiment pas à faire un travail construit et rigoureux sur la durée. Là pour l’écriture c’est purement récréatif donc ça va mieux, mais le même problème tend à se répercuter.  

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Sinon il y a une question qui a été abordée en incidente, c'est celle de l'expérience de vie nourrissant l'écriture. je suis quelqu'un qui reste en marge essentiellement , pour tout un tas de raison, le type "tour d'ivoire", et je décide de me reposer pour ce qui est de l'inspiration essentiellement sur mes lectures.

Pensez-vous que c'est dangereux de trop minimiser l’expérience de vie si l'on veut écrire?     Il est clair qu'il est naïf de croire qu'une vie trépidante et pleine d'aventures suffit à faire un bon écrivain. Mais une vie faite de lecture n'a t elle pas son lot de handicaps? C'est Hemingway qui parlait de l'importance de l'expérience de vie. Sans doute une question d'équilibre...
 
Enirtourenef
   
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AlbertCamus a écrit:
Sinon il y a une question qui a été abordée en incidente, c'est celle de l'expérience de vie nourrissant l'écriture. je suis quelqu'un qui reste en marge essentiellement , pour tout un tas de raison, le type "tour d'ivoire", et je décide de me reposer pour ce qui est de l'inspiration essentiellement sur mes lectures.

Pensez-vous que c'est dangereux de trop minimiser l’expérience de vie si l'on veut écrire? Il est clair qu'il est naïf de croire qu'une vie trépidante et pleine d'aventures suffit à faire un bon écrivain. Mais une vie faite de lecture n'a t elle pas son lot de handicaps? C'est Hemingway qui parlait de l'importance de l'expérience de vie. Sans doute une question d'équilibre...

Je pense effectivement que c'est une question d'équilibre. Comme il s'agit rarement de faire un roman auto-biographique et des personnages double de l'auteur, pas besoin d'avoir fait un safari dans le désert du Sahara pour en raconter un (un peu de documentation, et c'est bon : Jules Verne a fait aller ses personnages autour de la lune, lui-même n'y est pas allé). Par exemple, je ne suis jamais tombée amoureuse et personne n'est jamais tombé amoureux de moi pour autant que je sache, mais ça m'arrive quand même de faire naître des sentiments amoureux à mes personnages.
Je pense que les clefs sont l'observations et l'émotion. Par observation j'entends les petites manies des gens, les façons de marcher, l'élocution, la manière dont une discussion dévie de sujet tout à coup ou de manière plus douce, etc. Là où l'expérience est vraiment enrichissante, c'est moins dans ce que l'on fait (un safari dans le Sahara) que par ce que l'on ressent. J'ai déjà éprouvé une grande honte, de la colère, de la joie, etc., et je peux les raconter, même si mes personnages n'ont pas honte, ne sont pas en colère ou joyeux pour les mêmes raisons que moi. Un safari dans le Sahara, peut-être éprouverait-on certaines émotions en voyant un dromadaire pour la première fois. Bien : pas besoin de voir un dromadaire : rappelons-nous ce que l'on a ressenti quand on a vu un animal un peu cool/bizarre/que sais-je pour la première fois, ce qu'est l'émerveillement mêlé de curiosité, et voilà.
Je pense que l'on peut écrire seulement à partir à partir des lectures, mais ne faire que ça me paraît compliqué. Je reprends mon exemple : je ne suis jamais tombée amoureuse et je n'ai jamais parlé avec mes amies de ce que ça faisait, donc mes seuls points de repères sont : les mangas, les dramas japonais, les livres (je lis peu de romance mais on trouve souvent de la romance en fantasy), les films, etc. Du coup, ce que je peux écrire, ce sont des imitations, des projections de ce que l'on est censé ressentir. Je peux essayer de mettre en place une histoire d'amour de manière "intellectuelle" (là, il doit penser à elle, etc.), technique, mais les sentiments que je vais décrire, je ne les ai jamais éprouvé. Je sais, intellectuellement, qu'il peut y avoir du manque, par exemple : mais moi, personne ne me manque. Même parmi mes amis, ma famille, etc. Pour moi c'est simple : tu es là, ou tu n'es pas là, c'est un état de fait, et je n'y peux rien. Donc les gens ne me manquent pas, je ne peux que imaginer ce que ça fait, le projeter. Du coup, pour l'écrire, c'est compliqué. Je peux essayer de l'induire chez les lecteurs par de la technique d'écriture (j'en sais rien, je dis n'importe quoi : des ellipses, des actions des personnages, etc.) mais ça ne sera jamais pareil que si je l'avais déjà ressenti.
Si je vais encore plus loin, puisque j'en suis à parler de moi : je suis vierge (oui, à 24 ans, que voulez-vous…). J'ai déjà lu des livres (non-érotique, je précise huhuhu Razz) où les personnages font l'amour. Je peux reprendre des expressions (certaines des Mille et Une Nuits traduites par René R. Khawam me plaisent beaucoup, par exemple), mais ça ne sera jamais pareil que si je pouvais écrire moi-même, ou reprendre ces expressions en connaissant les impressions, les sensations qu'il y a derrière. En gros, si jamais je dois faire faire l'amour à deux personnages, je sais "avec ma tête" ce que je dois faire (les battements de cœur, les respirations, les caresses, etc.) mais pas avec mes tripes.
Donc on peut écrire sans expérience, mais je pense que quand on peut, c'est bien d'avoir de l'expérience. Parce que la connaissance intellectuelle d'une émotion ou d'une expérience (comme voler en montgolfière) ne remplacera jamais complètement le fait de l'avoir vécu. (Même si l'esprit est fort pour se projeter ; par exemple, on peut avoir un orgasme rien que par la pensée !)
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