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 Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire

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Aomphalos
   
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Sous l'impulsion des échanges fructueux et des avis mesurés du topic art. Je vous propose de partager, avec moi, ce que notre époque décadente, progressiste et libérale fait de pire.

Ce bilan apocalyptique aura pour objectif de faire l'état de lieux de notre délabrement esthétique afin de nous sauver (sans auto-justification) et opérer une critique la plus juste possible du monde absolument abject qui est le notre.


Dernière édition par Aomphalos le Dim 21 Mar 2021 - 17:31, édité 1 fois


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Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire 9782707317377_1

Dans ce livre, Georges Didi-Huberman parle de Claudio Parmiggiani et notamment des Delocazione (1970). Le livre s'ouvre sur ces phrases :

Citation :
"Les choses de l’art commencent souvent à rebours des choses de la vie. La vie commence par une naissance, une œuvre peut commencer sous l’empire de la destruction : règne des cendres, recours au deuil, retour de fantômes, nécessaire pari sur l’absence."

Le mot delocazione (déménagement) fait sens puisque le travail de Claudio Parmiggiani dans ce cycle consiste à exposer non pas les objets, mais la trace que les objets laissent sur les murs (après un incendie par exemple).

Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire Claudio-parmiggiani-delocazione
Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire Claudio-parmiggiani

Le livre de Georges Didi-Huberman est magnifique et le travail de Claudio Parmiggiani me touche spécialement (parce qu'il est le fruit d'une époque libérale décadente, comme moi, mais aussi) parce qu'il investit l'espace de l'absence, montre par la cendre que ce qui n'est plus là habite encore les lieux. L'intérêt de Georges Didi-Huberman pour ce travail suit son intérêt global pour les motifs de la survivance au sens benjaminien, c'est-à-dire non pas d'une nostalgie, mais d'une vitalité du passé dans le présent (au-delà même d'une coexistence, un tressage de ce qui a été dans ce qui est, de telle sorte que le passé est encore).

L'air, le souffle, la cendre, la poussière sont les "porte-empreintes" d'une mémoire qui ne disparaît pas.

Citation :
Et cela, pour une raison au moins le lieu que nous habitons, l’air que nous respirons suffisent à former le porte-empreinte de toutes nos images et de toute notre mémoire. Ce qu’on appelle un fantôme n’est pas plus que ceci : une image de la mémoire qui a trouvé dans l’air— dans l’atmosphère de la maison, dans l’ombre des pièces, dans la saleté des murs, dans la poussière qui retombe— son porte-empreinte le plus efficace.

J'ai appris, avec Claudio Parmiggiani, la signification de l'inactuel chez Nietzsche et aussi ce qu'il y a d'absurde dans une certaine position décliniste. En fait, le passé hante le présent. Croire à la décadence, c'est croire que le passé est mort et oublier que la poussière continue son formidable travail de mémoire.

Mais, il ne faut pas que j'en parle plus, je vais dire n'importe quoi. Les delocazione invitent au silence. Ce silence que j'ai connu quand, après le décès de ma grand-mère, j'ai vu les pièces vides de sa maison et, au mur de ses pièces vides, la trace de ses meubles non pas comme un souvenir de ce que j'avais perdu, mais véritablement comme une survivance.

Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire Bibliotheuqe-Montpellier-2002-%C2%A9-Carlo-Vannini-1024x817


Dernière édition par Aomphalos le Dim 21 Mar 2021 - 17:39, édité 2 fois


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Notre époque décadente et progressiste fait déchoir, également, ce que le chercheur Alexandre Gefen appelle "l'idée de littérature", dans son ouvrage éponyme :
Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire Captur48

Alexandre Gefen explique quelque chose que je constate souvent, quand je me connecte sur le forum : nous serions passé·es d'une conception moderne de la littérature, née avec le Romantisme – la littérature séparée de la morale et de la vérité, close sur elle-même dans un pur souci esthétique ; produisant une vérité supérieure mais séparée des discours scientifiques ou historiques ; soucieuse d'abord de forme, et conçue comme une fin en soi plutôt qu'un moyen (d'instruire, d'édifier, de mobiliser) –, à une conception contemporaine qui, si elle porte encore en elle des discours modernes, admet de mieux en mieux des pratiques littéraires contextuelles, situées et adressées – ce qu'il appelle des écritures d'intervention – et qu'on ne peut plus tout à fait séparer des exigences éthiques / scientifiques.

On aurait donc une littérature pure, et une littérature impure, cette fois-ci moyen d'une action sur le monde.

Souvent, je me suis dit que sur JE, la création littéraire était quelquefois contextuelle – des textes qui répondent à d'autres textes du forum, des textes qui s'érigent sur la vie quotidienne de la communauté – et adressée – le·a destinataire du texte n'est pas un·e lecteur·ice virtuel·le et inconnu·e, par-delà la barrière du livre qui établit une séparation entre auteur·ice et lecteur·ice, une absence ; mais il est un lectorat précis, voire un·e lecteur·ice précis·e, à qui on tend quantité de perches et auquel on offre quantité de clefs de lecture – dans un même temps, et un même espace – liens hypertextuels, écritures participatives ou synchroniques.

Les textes, sur JE, ont parfois vocation à faire entendre des voix minoritaires : voix de femmes, de personnes racisées, de personnes en situation de handicap – la littérature est alors le moyen d'exprimer une expérience minoritaire, donc mal connue – sa fin esthétique n'est pas balayée pour autant, mais elle ne prime pas sur l'action envisagée, qui est d'instruire, et qui est politique.

Nous qui déchoyons, nous pratiquons parfois une critique dont le fondement n'est pas esthétique, mais éthique – je me souviens de beaucoup de débats sur les hétéronymes, qui a le droit de dire quoi, ou sur le sexisme / racisme de certains textes. Les questions que nous soulevons ne relèvent pas de la seule narratologie, mais engagent aussi la responsabilité de l'auteur·ice. La figure auctoriale glisse de sa position surplombante et amorale pour être récupérée par un public qui lui demande des comptes, et estime qu'iel ne peut pas tout dire.

Alexandre Gefen a parfaitement analysé notre manière de déchoir, je vous conseille son ouvrage.


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Pie Rat
   
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Je rebondis sur le titre même de l'ouvrage précédemment cité : Non Lieu. Une des notions majeures que j'ai étudié dans mes cours de photographie contemporaine. Si de prime abord les clichés que j'ai eu à étudier étaient froids, tristes et vides, il s'avère que le temps passant et en y repensant, non seulement j'ai fini par leur trouver une poésie mais aussi je me suis mis à pratiquer "à la manière" des photographes que j'ai étudiés. J'en citerai peut être d'autres plus tard mais deux photographes ont marqué ma mémoire: Raymond Depardon et le couple Bernd et Hilla Becher.

Quand je parle de Depardon je ne parle pas de toute son œuvre (c'est vaste !) mais plus spécifiquement de sa participation à la DATAR commande d'État lancée dans les années 1980 pour dresser un 'inventaire photographique de la France'. La DATAR fait écho à une mission beaucoup plus ancienne : la Mission héliographique initiée dans les années 1850, qui révéla une France faite de ruines, de monuments romantique, de château et de fortifications presque millénaires... Sauf que la DATAR ne révéla pas tant de poésie, bien au contraire, c'est une France défigurée et balafrée de modernité qui apparu sous l'objectif des photographes participants. Chez Depardon c'est d'autant plus touchant car il y a vraiment dans ses clichés une sérénité triste, c'est une France faite de banlieues dortoirs, de bar tabac qui respirent l'ennui et de grands ensembles. Dans le cadrage, dans les couleurs il y a quelque chose de froid qui nous projette dans l'endroit : on s'y croirait, tous ces endroits sont des 'Non lieux' car ces pavillons et ces tours pourraient tout aussi bien être en banlieue de Toulouse ou de Lille, ils auraient la même apparence. Ils provoquent vite un sentiment de vide, ils sont l'image du nulle part où vivent une grande majorité de français alors (et ça ne s'est pas arrangé les années suivantes).

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Le deuxième artiste cité, couple d'artiste en l'occurrence, Bernd et Hilla Becher sont des photographes compulsifs des structures industrielles. A la manière des photographes de la mission DATAR il dressent un portrait photographique (peu reluisant d'un point de vue esthétique) des paysages industriels allemands, belges et français. Ils se concentrent tout particulièrement sur les paysages de la Rhur, région industrielle allemande autrefois extrêmement dynamique. Leur particularité est de multiplier des clichés frontaux, comme si ils voulaient dresser un inventaire méthodique d'un monde sur le déclin, au bord de la disparition.

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Évidemment, tout artiste ayant tendance à faire des petits (qui deviennent aussi gros, voire même, surpassent les maîtres) je ne résiste pas à l'idée de lâcher quelque cliché d'Andreas Gurski. Vous avez forcément déjà vu ses clichés : immense, fourmillant de détails, des rayonnages de supermarché à perte de vue, des immeubles au nombre de fenêtre incalculable... Cette fois, des images plus vivantes de la modernité, et pourtant, qui montrent une autre forme de vide : celle de l'hyper activité, de la surconsommation, du brassage de vent monumental de l'époque contemporaine... Gurski a été élève de Bernd et Hilla Becher, les a longtemps suivi pour finalement s'en détacher.

Spoiler:
 

Pour poursuivre la réflexion sur le non lieu, le vide, je vous recommande plus que chaleureusement la lecture du tout petit essai "Zeropolis" de Bruce Bégout qui dépend un monde moderne fait de pancartes, des villes franchisées qu'on l'on voit de loin par les panneau publicitaires qui polluent leurs portes, des non-lieux angoissants mais qui n'en gardent pas moins une certaine poésie, leur charme à eux (cf Depardon).

Merci en tout cas Aom pour la création de ce topic j'en avais envie mais je n'arrivais pas à me lancer !

Un peu de teasing au passage : au prochain post je pense que je vous parlerai de Marina Abramovic I love you
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Aomphalos
   
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Aomphalos  /  Evagre le Pontique


Merci beaucoup vos partages qui nous permettent déjà de mesurer l'ampleur de l'effondrement artistique de notre époque qui est l'époque de la Fumisterie et de la Mystification par excellence.

Je voulais vous parler de Chiharu Shiota, artiste japonaise que j'ai découvert par une amie et qui réalise, notamment, des installations de fils tissés au centre desquels se trouvent des objets.

Je ne sais pas grand chose de l'intention de l'artiste, mais j'imagine.

Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire 6428

Le tressage des fils me fait penser au maillage temporel, à l'imaginaire du temps comme un fil qui se déploie, que les Parques peuvent couper. La saturation de l'espace par ces fils me ramène au lieu aristotélicien : lieu qui n'est pas espace disponible, mais endroit occupé par un corps. Ici, le corps fait parfois défaut, mais pas le temps qui se donne à voir synchroniquement (non pas dans le déroulement du fil, mais dans son inextricable et entière exposition).

Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire Me_somewhere_else_1_medium@2x

Ses œuvres sont aussi "immersives". "Immersives" est un mot décadent et progressiste par excellence. Il nie cet aura que Benjamin décrit comme "l'apparition d'un lointain si proche soit-il". Ou alors... ou alors l'immersion est aussi une manière d'habiter le lointain, d'en faire son domaine ?

Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire DuringSleep2002_luzern-1

Mais qu'est-ce que cela veut dire "'habiter le domaine du lointain" ? Mon amie, celle qui m'a fait découvrir Chiharu Shiota, travaille sur le rêve, son espace, sa cartographie difficile, impossible, paradoxale. J'imagine parfois que c'est cela le domaine du lointain qu'on habite : le rêve.

Je crois que c'est cela qui me touche et me fait penser dans ces installations de fils, de vide et d'objets. L'onirisme n'est pas la construction d'un lieu impossible, improbable et impénétrable - même si les fils opèrent comme une toile d'araignée. Non. L'onirisme des installations de Chiharu Shiota se révèle quand on comprend que ce sont les objets qui produisent ces architectures arachnéennes, ce sont des objets que viennent les trames intriquées.

Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire Chiharu-shiota_sleepin-is-like-death_templon-gallery

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Mâra
   
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Piraeus, la commande du DATAR préméditait-elle ce regarde désabusé, les artistes s’étaient-ils concertés, ou leurs résultats ont-ils convergé malgré eux ?
Et peut-on en trouver un recueil ?
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Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire 838_br10     
L'œuvre de Lucien Lucien est, à mon sens, digne d'intérêt. Sa proposition ci-dessus, intitulé " boîte à esprit " à provoqué la perplexité à la foire expo de Perpignan en 1994, un ami routier m'y avait traîné de force pour repousser, avec bienveillance, mais néanmoins fermeté, mon ignorance.
Il s'agit comme vous pouvez le voir d'une boîte à outils ouverte, présentant au voyageur de la pensée, un assemblage d'objet couramment utilisé dans les métiers manuels. 
La disposition a longtemps intrigué, certains pensent que Lucien Lucien à secouer une caisse à outils pleine qu'il avait acheté à un vide-grenier un an auparavant. Il aurait ensuite aspergé de colle néoprène les  différents ustensiles pour les figer dans leur temporalité, les tuer donc, puisque couper de leur fonction, en même temps que les immortaliser dans leur réalité sociologique.
Parce que le thème de son œuvre, c'est bien la dualité de ce qu'elle sous-entend et dit rétrospectivement de ce que l'on voit ou ignore. 
Cette caisse, cette boîte, plus d'une réflexion sur le temps concret que l'on fige, est une allégorie sur notre esprit, notre cerveau, et l'artiste l'ouvre à l'indécence et interrogation du regard du spectateur. Spectateurs, qui venu tranquillement flâner entre les stands des populeux, se retrouve comme victime d'exhibitionnisme, mi-gêné, mi-intrigué. Cette caisse crânienne représente la matérialité negationnelle de la mort, parce que construire, réparer, fabriquer, c'est refuser la mort, refuser les dégâts du temps qui passe. Repousser l'insupportable échéance de la vie. 


Lucien Lucien, acteur éponyme de la dualité représentative, a auparavant bousculé le monde de cinq ou six étudiants en art a la faculté de Perpignan,  en faisant une exposition sur le thème de la dualité antagonistique et symbiotique. On pouvait y voir un dé à côté d'une bille, la photo d'une voiture avec une petite fleur dedans, ou une chaise miniature tout en résine sur lequel était posé un suppositoire géant. L'audace et l'impertinence dans toute son essence.






J'arrête ici, le temps me presse ( y'a un jeu de mots ), je trouve dommage ce fil et son côté ironique ( bien fait cependant ) sur celui sur l'art. Parce qu'au lieu d'être dans le partage, vous cherchez le clivage, mais je note que votre bon âme vous gagne et que dans ce fil il y a tout de même plus d'amour que de haine.  Vous ne répondez pas en plus, personne ne doute de la qualité de certains artistes contemporains ou de leur sincérité. 
Mais il y a des personnes, qui s'interrogent sur la place de cet art et son rôle dans la société, société  plus destructrice que libéral, plus suicidaire que progressiste, plus dénués de sens que... tu meurs. 
Je suis persuadé que vous êtes toutes et tous des étudiants en art ou histoire de l'art, et je suis persuadé que nous sommes toutes et tous de la même origine sociale. Peut-être ne sommes nous pas d'accord,  peut être suis je ignorant,  peut être êtes vous endoctrinés. 




J'ai regardé vos photos, certaines sont vraiment chouette, mais à qui ça parle ? Qu'est ce que ça vous a appris sur quoi que ce soit ? En sachant d'où l'on vient, vous avez besoin de ça pour vous représenter le monde ?
En voyant ça,  vous ressentez, ok,  mais vous voulez agir sur quelques choses ?  Ça vous donne envie de reindustrialiser la Lorraine ou de faire de démonter des centres commerciales ?






https://www.google.com/amp/s/information.tv5monde.com/info/art-contemporain-la-banane-qui-valait-120-000-dollars-336084%3famp
Dérangeant ? oui, que l'on en parle de ce genre de truc c'est gênant.  C'est dérangeant que ça existe ? mais non, tant mieux même. Subversif ?  Ah, peut être. J'ai pas fait de master donc j'ai peut être pas les moyens de comprendre.
Les  employé.es de Colette ont dû être ravis de voir où part leur pognon, l'effet si l'achat avait été un Rembrandt n'aurais pas été le même.




Je laisse un véritable poète me faire ( avec humour ) une réponse à la Bergerac( sur la photo ), en me montrant  à quel point j'ai peu de lettres et d'esprit.


Sans animosité.
 
Pasiphae
   
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Je ne suis pas étudiante en arts, et j'ai souvent beaucoup de mal avec l'art contemporain, mais je trouve très beau ce que vous avez partagé – d'autant plus avec vos regards posés dessus.


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Jasmin
   
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J'adore ce fil, merci pour tous vos partages, j'y apporte ma contribution dès que j'arrive à me poser.
 
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Pareil, j'adoooore !!! Ce que notre époque décadente et progressiste fait de pire 1f49d

Merci !
 
Aomphalos
   
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Mariolo, ce que je voulais en créant ce sujet c'était, outre partager ce que j'aime dans l'art qu'on dit "contemporain", manifester, par l'exemple, que les propositions péremptoires sur l'état de l'art, de l'esthétique, du goût, nient souvent la complexité du réel et mon ironie visait simplement à montrer grossièrement comme cette position caricaturale est une photographie un peu simpliste et confortable du réel.

Le fil ne vise pas à entrer dans la polémique sur le marché de l'art ou l'état général de l'esthétique contemporain. Ce sont des  sujets sur lesquels je n'ai pas de connaissances assez éclairées ni de croyances assez affirmées pour pouvoir me positionner. Il vise seulement à montrer, par l'exemple, que la création contemporaine ne peut pas être entièrement fourrée dans le sac de l'imposture. Il vise aussi à constater que, malgré les discours déclinistes et apocalyptiques qu'on entend partout, qu'il est facile d'entendre et d'énoncer, il y a aussi de "belles choses" qui sont imaginées, produites, exposées.

Citation :
J'ai regardé vos photos, certaines sont vraiment chouette, mais à qui ça parle ? Qu'est ce que ça vous a appris sur quoi que ce soit ? En sachant d'où l'on vient, vous avez besoin de ça pour vous représenter le monde ?
En voyant ça,  vous ressentez, ok,  mais vous voulez agir sur quelques choses ?  Ça vous donne envie de reindustrialiser la Lorraine ou de faire de démonter des centres commerciales ?

Je trouve cette question intéressante, mais ne se pose-t-elle pas pour n'importe quel type de création ? A qui ça parle un Rembrandt ? Est-ce que ça me donne envie de réindustrialiser la Lorraine d'écouter Chopin ou Aznavour ? J'ai envie d'agir sur quelque chose quand je regarde les sculptures de Camille Claudel ? A qui parle tes nouvelles ? A qui parle mes poèmes ? Bref, c'est une question qu'on peut toujours poser à l'art et à son inutilité, à sa vacuité. Et au fond je ne sais pas. Tu ne cesses de revenir sur notre titre imaginé de "spécialistes" (donc parlant "entre-nous" et nous comprenant "entre-nous"). Je viens d'une famille de la classe moyenne basse, si ça veut dire quelque chose. Mes sorties au musée était des sorties scolaires. Je ne viens pas d'un sérail auto-satisfait qui veut valider sa culture dominante. Les choses que je partage sur ce fil me touche, c'est tout. C'est assez faible, cela manque sans doute de théorie critique ou d'analyse sociologique, mais c'est ainsi. Je n'ai rien appris en découvrant Chiharu Shiota, mais j'étais content de savoir qu'elle existait et inventait ces lieux-là et, d'une certaine manière, ça a modifié mon regard. Tu pourrais toujours mettre ça en balance avec la misère, la réalité économique, le "vrai réel" et l'art paraîtra toujours, à côté, absurde et vaniteux, que dire ? Si c'est cela, considérons que ce fil partage de l'inutile et du vain qui nous plait.

Et merci pour la boîte à outils !


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Moi je vais mettre ça :



Musique Steeve Reiche ; chorégraphie  :  Anne Teresa De Keersmaeker
Interprète : Anne Teresa De Keersmaeker & Michele Anne de Mey

Puis je mettrais ça :



Musique : Phil Glass et mise en scène Robert Wilson (le papa de Lambert).

Pour Phil Glass (en miroir de ce qu'a posté Pie Rat, quelque part ça m'y fait penser) :
Koyaanisqatsi/Powaqqatsi/Naqoyqatsi (Réal : Godfrey Reggio)





Et j'ai rien à dire dessus de particulier.
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