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 [Publier une histoire à la morale ambiguë ?]

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Emma Sages
   
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Emma Sages  /  Roland curieux


En fait, à mon avis, tu peux aborder tous les sujets, avoir tous types de personnages avec les pires défauts, l'important, c'est que le point de vue de l'auteur sur ces aspects transparaisse dans son récit.

C'est en tous cas ce qu'énonce Truby, dans son bouquin "Anatomie du scénario". Et je partage complètement son avis.

Donc ça serait dommage de lisser ce personnage alors que l'écriture est un formidable outil pour démontrer ce que tu penses, voire dénoncer ce type de comportements que tu désapprouves.

Tu peux le faire de plusieurs manières : soit à travers un perso secondaire qui te permet de donner ton point de vue (un perso qui "attaquerait" ce perso masculin, ou un autre qui conseillerait ton perso féminin), soit à travers une prise de conscience (la "révélation") de ton perso féminin ou masculin au travers d'un choix moral qui se poserait à un moment dans l'intrigue, etc.

Je ne sais pas si tu connais ce bouquin de Truby, mais je te le conseille vivement pour la conception de tes intrigues. Il détaille diverses étapes clés par lequel l'auteur doit passer pour écrire son scénario et nombre de ces étapes sont des outils permettant de mettre en évidence le point de vue de l'auteur, sa morale, ce qu'il cherche à démontrer grâce à son histoire (= son thème).

Voilà, selon moi (et selon Truby ^^), il faut que tu t'arranges pour que, d'une manière ou d'une autre, ton point de vue sur l'attitude de ce personnage transparaisse dans ton récit.
 
lili-orionis
   
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lili-orionis  /  Blanchisseur de campagnes


Il s'agit d'une question compliquée oui.
Ces bad romances qui laissent entendre aux jeunes filles que l'idéal masculin c'est le bad boy ténébreux et qu'elles pourront changer ses travers et le transformer en prince par la force de l'amour...
Je ne sais pas si c'est immoral, mais en tout cas, ça offre une vision assez irréaliste, voire trompeuse, de ce qu'il se passe dans la vraie vie. Hors des mondes de papier, la jeune fille finira certainement par être trompée, ou peut-être sans cesse surveillée par ce jaloux compulsif, rabaissée par ce pervers narcissique, battue peut-être... ou autres joyeusetés.
On peut aussi y voir un message perturbant pour les jeunes hommes : d'un côté, la société leur demande de respecter les femmes, et de l'autre, avec ces bad romances, on leur montre que l'idéal masculin, celui qui aura du succès, c'est justement ce type aux 50 nuances d'instabilités... C'est une remarque que j'entends souvent auprès d'amis hommes et je la trouve très pertinente.
Après, tout dépend de la manière dont l'histoire est tournée. Est-ce que le lecteur se met à distance ? Est-ce que ça pousse à la réflexion ? Personnellement, je ne suis pas très romance, je ne connais pas bien le genre. Mais je pense en revanche qu'il serait intéressant de proposer d'autres modèles masculins que ce bad boy qui, à mon avis, ne séduit franchement qu'un temps.
Ce serait sympa, surtout pour des ados, que les romances proposent davantage de figures masculines. Un danseur classique, un geek timide, un fan de brocante, un mordu de pâtisserie ou un gentil intello par exemple, ça peut être tout aussi séduisant I love you
 
@now@n
   
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@now@n  /  @n, bête @lph@


Je ne connais pas ton texte en détails, mais as-tu moyen de rendre ton héroïne aussi bad girl que le gars est bad boy ? Tu peux garder des personnages immoraux sans donner l'impression à ton lecteur que l'héroïne sera assassinée par son mari dans trois ans. bounce Je dis ça comme ça parce que tu ne nous parles pas d'un arc de "rédemption" pour le personnage masculin où il arrêterait de dire des menaces et se calmerait, mais si ça se trouve c'est ça son arc de personnage !

Cette suggestion est inspirée par un article que j'ai lu aujourd'hui sur un personnage féminin qui n'a pas besoin d'un homme pour rendre ses histoires moralement discutables.


Je tiens un blog d'écriture
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Séléné.C
   
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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


J'ai lu le texte hier soir (très vite et à partir de l'apparition du gars dans le récit)
La fille, à sa manière, est au moins aussi bad que lui, ce qui équilibre l'aspect psychologique

Je n'en dis pas plus (c'est le rôle de Yaëlle)
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Guanaco
   
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Guanaco  /  Pour qui sonne Lestat


Bonjour, je rebondis sur une information entendue ce matin à la radio concernant les jeunes et leur accès au porno via internet.
Les sites porno donnent en général une très mauvaise image de la sexualité aux jeunes qui se construisent. La réalité n'est pas celle que l'on voit. Non, les femmes n'aiment pas qu'on les maltraite (pour prendre un exemple simpliste).
Il faut aussi s'interroger au message que l'on veut faire passer à travers un roman.
J'ai lu 50 nuances de Grey (imbuvable pour moi pour son écriture et son thème), ainsi que After. L'image de la femme n'en ressort pas grandie. Il y a toujours une jeune fille vierge... et l'homme tout puissant qui la déflore. Elle subit même si l'auteur nous fait croire que c'est pour son bien.

J'ajoute un élément : mon dernier livre a été lu par des bêta-lecteurs. L'une estime que mes personnages sont trop lisses. L'une de mes héroïnes n'évolue pas car à l'issue de son voyage, elle retourne d'où elle vient. Je trouve pourtant que le voyage l'a changée, intérieurement. Ma bêta-lectrice me suggère d'introduire une scène de viol. Cela m'a choquée. Pourquoi devrait-elle se faire violer ? Pour soi-disant évoluer. Une femme a-t-elle besoin d'être violée pour sortir plus forte ? Des rencontres douces et agréables peuvent aussi la changer. Voici mon point de vue. Bon, je m'éloigne peut-être du sujet. Quoique. Quelle image veut-on donner en tant qu'auteur du rapport homme/femme, du rapport amoureux... Vous avez 4 heures !
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Verowyn
   
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Verowyn  /  Pour qui sonne Lestat


Dans un monde idéal, on pourrait traiter n'importe quel sujet de n'importe quelle façon, mais on vit dans une société qui est loin d'être idéale, et chacun de nos écrits contribue, à son échelle, à la façonner et peut, soit renforcer des stéréotypes toxiques soit au contraire les mettre en lumière et amorcer une réflexion chez le lecteur. Je pense qu'il est très important de se poser la question, surtout quand on s'adresse à un lectorat jeune et forcément un peu plus impressionnable que des adultes.
 
Séléné.C
   
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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


De ma lecture, j'ai eu la sensation que le problème n'était pas tant au niveau de la domination, qui est très liée à des circonstances extérieures au couple, mais à celui des émotions et sensations mises en évidence.

Ceci étant : ni la romance ni le roman jeunesse n'entrent dans le cadre de ma palette d'écriture habituelle, et je ne suis donc pas un avis très compétent.

Quant à la morale et à la chute = la fin est très ouverte et on pourrait très bien imaginer d'aller voir dans un tome 2 où ça en est trois ans plus tard...


Dernière édition par Séléné.C le Mar 9 Fév 2021 - 14:08, édité 1 fois
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Yaëlle M.
   
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Yaëlle M.  /  Bile au trésor


Merci à tous pour vos retours qui nourrissent ma.reflexion. Comme dit par Séléné, mon héroïne est aussi très ''bad'' par certain côté. Je ne pense pas qu'elle soit ''soumise'' au gars, dans l'histoire. Elle est d'ailleurs passablement manipulatrice, elle aussi. Pas forcément beaucoup plus saine que lui.

Cependant les manières du gars, comme mentionné par Paige Eligia, ne sont pas toujours reluisantes. Mais les changer entièrement changerait tout du ton de de l'histoire... Finalement, l'héroïne a des aspects malsains psychologiquement et lui dans ses actes. C'est donc pas trop déséquilibré, mais pas sain pour autant.

Lili-Oniris : dans ma première romance, le perso masculin est un jeune SDF absolument adorable. Donc oui, on peut proposer d'autres modèles masculins. Smile Et c'est bien parce que j'en avais exploré d'autres avant, que j'avais envie de jouer avec celui-ci...

Guanaco : en effet, c'est très choquant... Cela dit ça peut être une manière de dénoncer le viol...

Je n'ai pas répondu à tout le monde mais c'est super.interessant ! Merci !
 
Séléné.C
   
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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


Yaëlle M. a écrit:
Guanaco : en effet, c'est très choquant... Cela dit ça peut être une manière de dénoncer le viol...
Tout est dans la façon de raconter...
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Chimère
   
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J'arrive après la bataille, mais...

Tengaar a écrit:

1. vu le succès d'After, je ne pense pas que ce soit un problème pour être édité ou avoir du succès.

Tu ne pensais sûrement pas à mal, mais ça m'a fait tiquer ; After est une sombre bouse, dangereuse tant elle est bête, mal faite, et de par sa propension à glorifier des comportements toxiques, dangereux ou carrément stupides. Ce n'est pas parce que ce genre de grosse daube, malheureusement, fonctionne auprès d'une part de la population qu'il faut en ajouter d'autres.
Le fait qu'elle soit en plus adressée à un jeune public influençable et n'ayant pas les bagages suffisants (pour un bon nombre des jeunes spectateurs) de prendre du recul et de comprendre pourquoi cette chose est toxique est pire encore.

Emma Sages a écrit:
En fait, à mon avis, tu peux aborder tous les sujets, avoir tous types de personnages avec les pires défauts, l'important, c'est que le point de vue de l'auteur sur ces aspects transparaisse dans son récit.

Tout à fait, c'est exactement ça !
La difficulté de la narration lorsqu'on dirige un personnage à vomir, ou qu'on dépeint des actes répréhensibles, c'est de se positionner pour manifester notre désaccord et notre distance avec, en tant qu'auteur.e. Et en plus, de le faire de manière assez pertinente pour que le lectorat perçoive le message, mais également assez subtile pour que ça ne tourne pas à la tribune moralisatrice qui justifie l'action mauvaise sur 15 pages.
D'ailleurs, je n'ai justement pas trouvé cette distance dans Gagner la guerre de Jaworski, par exemple :

Spoiler:

Guanaco a écrit:
Ma bêta-lectrice me suggère d'introduire une scène de viol. Cela m'a choquée. Pourquoi devrait-elle se faire violer ? Pour soi-disant évoluer. Une femme a-t-elle besoin d'être violée pour sortir plus forte ? Des rencontres douces et agréables peuvent aussi la changer.

Cela me choque aussi. Cette personne a de sérieux problèmes.

Quant à mon point de vue perso (j'ai survolé ce qui a déjà été dit) ; si le roman induit deux personnages aussi instables l'un que l'autre, ça me paraît plus logique et plus "sain" (dans le sens où il n'y a pas de rapports réels de domination, que c'est davantage équilibré). Si en plus tu parviens à expliquer au lectorat que cette relation n'est pas saine, pas normale, et que tu démontres que proposes avant tout une fiction, c'est encore mieux.
Je rejoins l'avis des autres membres qui disent qu'il ne faut pas censurer la littérature "de peur de", de lisser les personnages "de peur de"... Mais cela requiert une narration particulière qui est un exercice difficile. Surtout lorsqu'on s'adresse à un public YA : quand on est jeune avec encore peu d'expérience des rigueurs de la vie, on ne possède parfois pas le recul nécessaire pour comprendre toutes les subtilités d'une histoire, pour reconnaître les exemples toxiques, ect. J'ai 30 ans, et je me souviens avoir lu/vu des œuvres dans mon enfance et mon adolescence qui étaient clairement à vomir sans que je ne m'en rende vraiment compte sur le moment, car je n'avais pas le bagage, l'expérience requis...
Bien sûr, je parle ici en généralisant, je ne dis pas que ta narration est maladroite ou ton histoire à vomir, attention ! Au contraire, je suis pour toutes les histoires, tant qu'on comprend sans mal le positionnement moral de l'auteur vis-à-vis de la noirceur de ce qu'il dépeint.

J'ajouterai à cela que le sujet est toujours très complexe de nos jours, et que beaucoup d'exemples "phares" sont glorifiés alors qu'ils ne le devraient pas, mal compris par le public, ect...
J'ai envie de citer la relation Joker x Harley Quinn, par exemple ; elle a été rendue super "originale", super "classe" voire "glamour" dans les comics et les films récents, mais de base c'est encore plus toxique qu'un fût de déchets radioactifs. Ce n'est absolument pas un exemple à suivre. (Et j'aime le personnage d'Harley Quinn pourtant, en partie à cause de ses failles monstrueuses et de son aveuglement absolument désastreux, qui en font un personnage complexe, intéressant, imprévisible).
Même choses pour les bouses du genre 50 nuances, after ect. C'est absolument lamentable de voir les dégâts que ces choses ont pu causer dans l'imagerie populaire et les comportements.
 
Natf
   
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Yaëlle M. a écrit:


Je n'ai pas répondu à tout le monde mais c'est super.interessant ! Merci !

oh la, ça c'est de l'exhumation de topic :mrgreen:
Il me semblait avoir lu dans le règlement que ce n'était pas trop apprécié, cependant pour le coup je vais me permettre d'en rajouter une couche, non pas pour donner mon avis, mais plutôt parce que je suis curieuse de savoir ce qu'à fait Yaëlle finalement avec son roman.
 
Elyon64
   
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@Chimère petit HS mais justement je pensais à Gagner la guerre comme contre exemple, je trouve que clairement dans ce livre ça marche parfaitement, parce que le héros est une pourriture, et on nous le montre bien dès le début. Je l'ai trouvé justement très réaliste. Vu que la narration est à la première personne, c'est "normal" qu'il justifie ses actes. Je doute que beaucoup de criminels/agresseurs/violeurs font ce qu'ils font en se disant "je suis une merde".
Et vu que tout dans le récit indique qu'on est du côté des "méchants", je trouve que ça fonctionne.
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