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 et si le confinement faisait que nous ne soyons plus des cons finis ?

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pehache  /  Roland curieux


"Pourtant, tu protestes contre les "progressistes" qui ne les suivent pas et inventent les leurs...

J'avoue me perdre totalement dans tes posts.
Au début, j'ai pensé que c'était parce qu'ils sont longs et très adressés à des poètes connaissant des références autour de la poésie, mais j'arrive à suivre ceux de Aomphalos, Pasiphae et Mahendra qui sont eux aussi longs, assez érudits et très approfondis (Mahendra j'ai un peu de mal).
Alors, je ne sais pas.

Bonne suite à toi"

Je crois que  mes références sont plus politiques (mot tabou sur ce forum, ce qui m'interroge) ou philosophiques que poétiques. (Parce que je pense que l'art est intimement lié au monde, à la vie, à la culture et qu'il a, aussi, pour rôle de dénoncer les travers et les aveuglements que nous imposent un système libéral castrateur et décérébrant. )
Je crois aussi que celles des intervenants que tu cites te sont plus proches et, partant, plus accessibles.
La poésie est ma vie, ma passion. Les passions sont rarement paisibles... alors, oui, je m'enflamme...
Est-ce "mal" ? Je n'en suis pas certain.
Je te remercie du fond du cœur pour la tonalité de ton propos.
--------------

Aom, quelle gentillesse. Malgré le ton colérique de tes mots, je t'accorde un point: c'est que personne ne me lit (ce qui suffit à rendre caduc mes propos ?).

"Mahendra, Pasiphae, et d'autres t'expliquent que cette vision de la poésie n'est pas exclusive et, par ailleurs, t'expliquent que ta vision du rythme, des jeux sonores, de l'image est une vision tellement limitative qu'elle empêche d'accorder du crédit à d'autres approches poétiques que la tienne."

Mais quelle serait cette "vision du rythme, des jeux sonores, de l'image[qui] est une vision tellement limitative "?
En quoi consiste-t-elle ? Ai-je énoncé des règles d'écriture ? Une manière de manier le rythme, etc. ?


En dépit de ma connerie, on est tous un peu cons, je crois, et je ne pense pas que l'insulte soit un argument de poids, je te promets de me taire, de ne plus aborder ce sujet, si tu réponds aux questions du paragraphe ci-dessus.
Je ne pense pas que tu le fasses, je le regrette, cela m'aurait appris quelque chose: la nature de ces règles que je chercherais à imposer mais que j'ignore.
 
Siegfried
   
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Siegfried  /  Tapage au bout de la nuit


"un système libéral castrateur et décérébrant"
=> mais… lol. Ça m'étonne que tu ne parles pas des lézaro-reptiliens-communisto-illuminati. Ça veut rien dire tes adjectifs, faut pas t'étonner qu'on ne comprenne rien à ce que tu dis. Et je te plains si tu t'en sens et castré et décérébré. Jusqu'à preuve du contraire, en l'absence d'autre système, il n'interdit pas que des alternatives se mettent en place, et ne nous empêche encore moins d'y participer et de s'y investir.

"Je crois aussi que celles des intervenants que tu cites te sont plus proches et, partant, plus accessibles."
=> personnellement, je ne connais pas ces intervenants, et pourtant ils s'expriment plus clairement que toi, et ne se contredisent pas d'une intervention à l'autre.

"Aom, quelle gentillesse. Malgré le ton colérique de tes mots, je t'accorde un point: c'est que personne ne me lit (ce qui suffit à rendre caduc mes propos ?)."
=> mais stop le caliméro ! Regarde tes commentaires, regarde qu'à chaque fois que tu pleurchines y a des bons cœurs qui ont pitié, c'est bon. Personne ne te lit… mauvaise foi, quand tu le tiens ! En même temps, quand je vois l'accueil que tu leurs fais, oui, tu ne seras potentiellement plus lu par eux. On ne va pas perdre notre temps non plus, faut pas déconner.

"En quoi consiste-t-elle ? Ai-je énoncé des règles d'écriture ? Une manière de manier le rythme, etc. ?"
=> Non, mais pas "progressiste" ni XVIIe. Désolé, mais ce que j'ai pu lire ici est bien rythmé et musical à leur façon, et le vers n'en est également pas dénué. Arrête de nous casser les couilles et/ou ovaires, et, je rejoins Aomphale, quand tu seras disposé à discuter, discutons. Sérieusement. J'ai l'impression de lire une bourrique c'est fou ça, sur un forum d'écriture !

"En dépit de ma connerie, on est tous un peu cons, je crois, et je ne pense pas que l'insulte soit un argument de poids, je te promets de me taire, de ne plus aborder ce sujet, si tu réponds aux questions du paragraphe ci-dessus.
Je ne pense pas que tu le fasses, je le regrette, cela m'aurait appris quelque chose: la nature de ces règles que je chercherais à imposer mais que j'ignore."
=> Mais stop ! On t'y a déjà répondu. Et arrête le dénis, accessoirement. Relis et baste !

Non mais… j'hallucine quoi.
 
Aomphalos
   
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Aomphalos  /  Evagre le Pontique


On peut jouer longtemps au squash avec toi.

Tu dis : "je n'énonce pas de règles, je dis ce qu'est la poésie". Puis, allant lire des auteurs que tu n'aimes pas sur le forum, tu leur dis : "c'est bien, mais ce n'est pas de la poésie". Quand on te demande ce qu'est la poésie, tu réponds : "c'est le rythme, le jeu sonore, l'image". On te répond : "Eh bien, j'ai travaillé sur le rythme ! J'ai fait des images, non ?". Tu réponds : "Non. Ce n'est pas ça le rythme, ce n'est pas ça l'image". Logiquement, on te demande de t'expliquer, d'énoncer les règles depuis lesquelles tu considères que notre travail d'écriture n'est pas rythmé, mais alors tu te caches et tu réponds : "Je n'énonce pas de règles d'écritures, je dis juste ce qui semble pour moi être la poésie."

Nous, idiots, nous répondons par de longs paragraphes (art., Pasi, Noxer, Mahendra sont des gens cultivés sur la question et qui ont vraiment pris le temps de répondre - va voir tes autres sujets, va voir tous les débats sur cette question) pour t'expliquer en  quoi le travail poétique que certains engage est fondé sur une certaine idée du rythme, une certaine idée de l'image (encore une fois, Pasi, Noxer, art. Mahendra et d'autres ont énoncés des principes). Et à ça, tu réponds de nouveau : "Très bien, mais ce n'est pas ça le rythme ni la poésie".

Bref, tu nous entraines dans une bouffonnerie.

Pire encore, tu chouines sur ton absence de lecteur et tu déclames tous les quatre matins que tu veux partir d'ici parce que tu es méprisé et ostracisé. Mais qu'attends-tu vraiment à la fin ? Nous n'aurons jamais la réponse que tu attends. Si ton petit jeu perpétuel de "je vais partir car vous ne me comprenez pas" est une manière névrotique d'avoir les lecteurs, tu n'as pas besoin de ça. Nous te lisons et, pour la plupart, apprécions globalement ta production. Mais si tu souhaites vraiment partir parce que tu es mécompris, pars. Et si tu souhaites continuer dans cette tonalité, au moins épargne-nous tes trémolos de poète incompris par un système qui te broie.

Bref, j'arrête de venir ici. Je constate que tu auras toujours le pouvoir de m'énerver. Je vais écrire des vers absolument sans rythme pour participer au progrès. En marche !


Des poèmes et ici un endroit pour les commenter.
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pehache  /  Roland curieux


Aom a dit: "(...) fondé sur une certaine idée du rythme, une certaine idée de l'image (encore une fois, Pasi, Noxer, art. Mahendra et d'autres ont énoncés des principes). Et à ça, tu réponds de nouveau : "Très bien, mais ce n'est pas ça le rythme ni la poésie"."

1) Je n'ai jamais formulé de critiques concernant l'utilisation (bonne ou mauvaise) des "images".
2) Je n'ai obtenu d'aucun d'entre vous (sauf Art., et plutôt en débats privés que publics) la moindre définition de ce que serait le rythme (pas l'usage que l'un ou l'autre d'entre nous en ont), mais le sens basique du mot en poésie (duquel découle la lecture même des textes et de la perversion féconde que l'on peut y apporter).
Tu ne l'as pas fait là non plus.
Encore une fois, tu invectives, tu méprises, tu me rejettes dans l'insane (chouiner, névrotique, etc.), tu psychologises (je t'énerve) mais tu ne fournis aucune réponse consistante, tu te contentes de te faire plaisir en récusant a priori. [ J'ai fait mon deuil de lecteurs sur ce forum, alors pourquoi reviens-tu sur ce sujet ?]

... ça veut dire quoi, pour vous, ce mot: rythme ? (en quoi une parole poétique, unique, individuée, s'inscrit-elle dans le cadre plus vaste d'une notion partagée: le rythme)
Parce que je vais à la ligne, même inopinément, j'institue un rythme ? Qu'en est-il des accents de groupe ? etc.
 
jdoo
   
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Hello, Pehache, sur ce que tu dis ici :

... ça veut dire quoi, pour vous, ce mot: rythme ? (en quoi une parole poétique, unique, individuée, s'inscrit-elle dans le cadre plus vaste d'une notion partagée: le rythme)
Parce que je vais à la ligne, même inopinément, j'institue un rythme ? Qu'en est-il des accents de groupe ? etc.


Je comprend parfaitement ta critique et interrogation, que cela fasse débat,et que sur ce sujet cela puisse énerver les uns et les autres. Mais c'est à coup sûr un peu stérile, car ce n'est pas compliqué de répondre "hé bien, moi je fais comme ça" à celui qui dit "il ne faut pas faire comme ça". Donc, la dessus à chacun de voir le degrés où peut allez la discussion. J'ai vraiment du mal à imaginer une référence absolue en la matière.

Mais peu importe, car c'est là peut être le plus important par rapport à la question posée : je ne vois pas l'impacte sur notre avenir et l'après covid 19, si on se résout à bien rythmer ses poèmes. Moi je ne crois pas que la vertus personnelle soit proportionnelle à la maitrise que l'on a de l'art. On peut être un grand artiste et psychopathe complet et un ignare totale, n'avoir jamais rien lu, n'être allé dans aucun musé est être un brave gars. Il me semblait à moi que cela tombait sous le sens.

J
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Moïra
   
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pehache a écrit:
2) Je n'ai obtenu d'aucun d'entre vous (sauf Art., et plutôt en débats privés que publics) la moindre définition de ce que serait le rythme (pas l'usage que l'un ou l'autre d'entre nous en ont), mais le sens basique du mot en poésie (duquel découle la lecture même des textes et de la perversion féconde que l'on peut y apporter).

En même temps, peut-on donner une définition finie et bornée du rythme en poésie ? On peut définir avec précision des rythmes solaires, lunaires, circadiens, cardiaques, parce qu'ils se basent sur des mesures temporelles et sur des évènements tangibles. Mais, dans la mesure où une langue, un art, une culture évolue, peut-on lui assigner un rythme invariant ? Définir un rythme universel pour la poésie, c'est à mon avis une entreprise périlleuse, voire prétentieuse.

Tu proposes par exemple les jeux sonores. Et c'est une bonne initiative que de faire des propositions, moi je n'en suis pas capable sur ce thème là. Mais que vaudrait cette définition dans une langue complètement différente de la nôtre ? Tu peux proposer des définitions, les soumettre à discussion, c'est super intéressant d'en débattre ensuite, mais tu ne peux les ériger en absolu, en définition invariante du rythme poétique en mettant au ban tous ceux qui n'y adhèrent pas.


Dernière édition par Moïra le Dim 19 Avr 2020 - 12:56, édité 1 fois
 
Mahendra Singh Dhoni
   
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On t'a déjà dit que faire du rythme le pivot et l'essence de la poésie ne nous importait pas. Que le rythme ne fonde pas plus que le vers ou la pratique du bilboquet la poésie. Que donc tu énonces une règle impérative "hors du rythme, point de poésie" avec laquelle nous manifestons, pour des motifs différents, notre désaccord ; appuyé pour cela sur une tradition poétique débutée il y a plus d'un siècle ; ne prétendant pas (sauf pour la forme et le plaisir du scandale) rompre avec la poésie antérieure mais lui apporter une dimension nouvelle ; ce comme toutes les novations ; de Corneille à Baudelaire, Hugo et Dada et toutes les bandes de tous les temps de tous les pays.

Donc, et c'est bien le problème tu naturalises une règle et ne l'interroges plus ; naturalisée jusqu'à ce point de transparence que tu ne la vois plus comme règle, mais juste comme identité et fondement de la "poésie".

Lorsque tu réclames une autre définition  je t'ai indiquée divers mouvements allant en ce sens et, navré de te l'apprendre, Pound sera toujours un plus grand poète que Pehache.
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En tout cas, on va pouvoir finir par dégager un rythme d'apparition de cette discussion sur le rythme. Ce débat c'est un peu le cœur qui bat du forum.


Dernière édition par Moïra le Dim 19 Avr 2020 - 16:10, édité 1 fois
 
Séléné.C
   
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Moïra a écrit:
En tout cas, on va pouvoir finir par dégager un rythme d'apparition de cette discussion sur le rythme. Ce débat c'est un peu le cœur qui bat du forum.

+ 1





Histoire de ne pas poster juste pour approuver une boutade...
J'ajoute ceci


Embarassed oui, oui, le troll me guette...
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Doliprane  /  Tapage au bout de la nuit


De toute façon, le rythme, ce n’est pas quelque chose qu’on définit, c’est quelque chose qu’on sent. Cette discussion n’a aucun intérêt.
 
Mahendra Singh Dhoni
   
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Dans notre ennemi le capital il parle "d'idéologie du genre". Ce qui le disqualifie et éclaire très bien ce qu'il entend par progressisme ; et par la même occasion ta définition. Morale, disqualifiante et excluante. Michéa est un peu plus subtil que certains de son genre. 
Il n'en demeure pas moins d'un marxisme passé et excluant. Prétendant faire de l'exploitation économique le seul critère valable il peut donner libre cours à son sexisme dissimulé.
On sent poindre le sexisme, notamment lorsqu'il parle, pour qualifier les femmes recourant à la GPA de "bimbo". Rien d'étonnant, au fond, que tu ne vois pas le problème ; et par là tu nous en contes beaucoup sur toi. Tout en rythme. La langue n'est pas neutre. L'absence de mise en contexte (les femmes subissent des injonctions particulièrement écrasantes quant à leur apparence physique ; il ne s'agit pas que d'une exploitation capitaliste des plus pauvres mais bien, aussi, de la traduction d'oppressions genrées).
Au fond, il s'en fout de la parole des femmes, il les considère, et se croit par là du plus bel égalitarisme, comme d'autres prolétaires sans caractéristiques distinctives.
Et bien si, les femmes, en plus de l'oppression économique, subissent des oppressions particulières et invisibles (voire dénigrées!!!) par Michéa. 
Il parle du "bas de la pyramide sociale" qui serait indifférente à ces "arguties" or, tout le mouvement afro-féministe, à l'intersection d'oppressions, démontre bien le contraire : en tant que femmes ET racisées celles-ci subissent une domination spécifique et se lèvent contre elles.

Il emploie, pour se disqualifier totalement, le terme de "idéologie du genre". Parce qu'il ne comprend pas, ne comprend pas l'urgence, pour certains de survivre (parce que c'est le cas, nous ne sommes pas que des machines). Faire de l'exploitation économique le coeur de la lutte et le fondement des oppressions, pourquoi pas, dénigrer le reste (en prétendant l'inclure comme avec le féminisme et dont on a pu montrer le sexisme crasse que ça dissimule et qu'on a déjà vu chez toi par ailleurs) non. 

Ce que tu appelles progressisme c'est bien ceci : ce que tu ne comprends pas, ce que tu juges cosmétique tandis même que c'est vital pour d'autres. En gros c'est une position de privilégiés. C'est cocasse quand on se croit pourfendeur de la "vraie" exploitation.
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Siegfried
   
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Moïra a écrit:
En même temps, peut-on donner une définition finie et bornée du rythme en poésie ? On peut définir avec précision des rythmes solaires, lunaires, circadiens, cardiaques, parce qu'ils se basent sur des mesures temporelles et sur des évènements tangibles. Mais, dans la mesure où une langue, un art, une culture évolue, peut-on lui assigner un rythme invariant ? Définir un rythme universel pour la poésie, c'est à mon avis une entreprise périlleuse, voire prétentieuse.

Tu proposes par exemple les jeux sonores. Et c'est une bonne initiative que de faire des propositions, moi je n'en suis pas capable sur ce thème là. Mais que vaudrait cette définition dans une langue complètement différente de la nôtre ? Tu peux proposer des définitions, les soumettre à discussion, c'est super intéressant d'en débattre ensuite, mais tu ne peux les ériger en absolu, en définition invariante du rythme poétique en mettant au ban tous ceux qui n'y adhèrent pas.

Je rebondis sur ce que tu dis, Moïra, en ajoutant que, surtout, nous avons, historiquement, déjà tenté plein de choses dans ces matières.

Rythmer la poésie, c'est quoi. Pour certains, entre autres à cause des accents de la langue, c'est faire du vers (et pas n'importe comment), c'est-à-dire amener notre maîtrise de la langue à un degré tel d'excellence qu'elle paraisse toujours naturelle quel que soit le "carcan", toujours dynamique, rythmée. Alors, oui, avec l'habitude de lecture, un alexandrin, c'est toujours un ronronnement gonflant 6-s puis 6-s, sans que beaucoup ne perçoivent les légères subdivisions internes (minimes, certes ! — mais, pour rappel, notre langue, à l'oral, c'est en moyenne des accents, même minimes, toutes les 4-6 voire 8 syllabes !). Qu'est-ce qu'on fait, bah on essaye de chambouler le ronronnement, en gardant cette somme 12-syllabique, etc.

D'autres, comme Kahn, ce sont dit, allez, on fait du vers libre. Mais c'est déjà ce que fait La Fontaine avant lui… les belges (mais aussi des hongrois, des américains…), qui a priori ne comprenaient pas la versification française, ne respectaient plus vraiment l'impératif de ne pas faire rimer singuliers et pluriels entre eux, et ils ont, par certains, été suivis, malgré l'hostilité xénophobique française de la Belle Époque.

Puis ensuite le vers-libre et autres expérimentations, une nouvelle conception rythmique, plus syntaxique avec Jaccottet, plus traditionnelle, et pourtant curieuse…, avec Bonnefoy, etc. Mais aussi des retours en arrière avec Valéry, et d'autres, qui restent convaincus, et ils ont totalement raison, on a tous, selon ses critères, raison, que la belle forme, classique, est rythmée.

Pour les jeux sonores, la rime se suffit-elle pas ? On peut varier les richesses… on peut, même si ce n'est pas trop classique, rajouter des rimes internes, ou jouer comme Pierre Louÿs (cf le quatrain que j'ai partagé, et ça lui arrive d'aller encore plus loin que ça) en exagérant sur la présence des mêmes sons au sein d'un même vers.

On peut abandonner la rime au profit de vers assonances (ô grande découverte de la fin du 19è ! et mon cul, c'est du poulet ? On le faisait déjà au moyen âge… modernité, ou retour en arrière, in fine ??), ce qui n'est pas forcément plus simple pour autant. On peut se fixer comme objectif, dans un poème, de maintenir, vers après vers, lignes après lignes, un son principal qui viendrait parcourir le texte, le nourrir, que sais-je.

On peut inclure des onomatopées (ou, pour les poèmes-vidéos, ou vidéo-poèmes je sais pas comment vous appelez ça, carrément des bruitages ? s'inspirer en cela de la musique concrète des années 60-70 ? — Pierre Schaeffer par exemple). On peut aussi, à l'instar de Romains, créer et théoriser son propre art poétique, tellement singulier, et s'y tenir, et emmerder les rageux en les enjoignants à aller se faire voir chez les grecs.

Toutes ces approches se valent. Se respectent. Après, nous avons effectivement nos préférences et zones de conforts. Mais est-ce une raison pour traiter une pratique de rétrograde, ou de progressito-n'importe-quoi ? Le n'importe quoi, c'est le borné. Toutes ces pratiques sont dignes de respect. Après, oui, il faut sortir de sa zone de confort et essayer de comprendre ce que fait l'autre. Mais ça fait partie de la littérature : s'ouvrir à autrui, partager, comprendre, ou du moins essayer, mais ne pas dénigrer.

D'où qu'effectivement certaines attitudes m'exaspèrent au plus haut point mais passons.
 
Aomphalos
   
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Je suis d'accord Mahendra.

Et je m'interroge.

Moïra a écrit:
Définir un rythme universel pour la poésie, c'est à mon avis une entreprise périlleuse, voire prétentieuse.

J'ai l'impression que l'intérêt d'une telle définition est qu'elle permet d'aplanir les discontinuités du discours et de fournir, clef en main, une théorie totale permettant de ne pas voir ce qu'il y a de particuliers, de spécifiques, bref, de difficile dans le discours, dans l'écriture et, plus globalement, dans le réel.

Ce que tu dis Mahendra me semble juste. Je me demande si cette exigence, poussée jusqu'à l'absurde, d'une définition de la poésie ne manifeste pas plus profondément le refus du problème inhérent à toutes définitions. En interrogeant perpétuellement les écritures qui ne se conforment pas à la définition, érigée en principe, les pehaches évitent de s'interroger sur le caractère problématique de leur propre approche.

Ma poétique, si je dois en avoir une, est un souci. Mais si je réponds à un pehache que je ne sais pas comment j'écris, que j'essaie, en faisant des efforts et en y travaillant souvent, cela ne suffit pas et discrédite même ma parole. Et puisque je n'ai pas de théories fournies à offrir pour justifier la lutte, les pehaches remplissent ce défaut par un manque et diront de cette poésie qu'elle est l'exemple d'une certaine théorie, par exemple cette du progrès. Bref, que je suis le fruit, malheureux, de mon époque.

Cela permet une double négation confortable :

1) ça permet de nier l'intérêt spécifique d'une écriture qui ne se conforme pas à la notre.
2) ça me permet de nier sa propre historicité et ainsi fonder sa poétique comme un discours valide "par définition".

Récuser ou montrer l'alternative à la poétique pehachienne c'est immédiatement, du coup :

1) nier que notre critique est le fruit d'une époque décadente (parce que "progressiste" - même si personne ne se réclame de ça ici)
2) manifester notre mécompréhension du mot lui-même : "tu ne sais pas ce qu'est la poésie alors ? si tu ne sais pas quelle est fondée sur rythme, son, image.

Que ces concepts soient, comme tous les concepts intéressants, des problèmes et non pas des réponses, cela ne fait rien.

L'avantage c'est que ça offre aux pehaches une position extrêmement confortable. Ils n'ont plus besoin de s'interroger sur leurs propres écritures et leur propre rapport au monde. Une grille tombe devant les yeux et tout y est placé. Et ce qui est saisissant alors c'est qu'une telle posture est typique de ce que les pehaches critiquent puisqu'elle relève d'un égocentrisme spectaculaire. Il change l'ordre du monde à partir d'eux-mêmes. Toutes les anomalies, les réalités discontinues, les questions disparaissent sous un schéma et ils peuvent décider librement s'ils préfèrent avoir cette attitude du côté du pouvoir "en place" ou du côté de la "résistance" imaginaire. Ils s'inventent ou bien comme ceux qui ont compris et qui donc gouvernent, ou bien comme ceux qui ont compris et qui donc "luttent".

Je n'ai pas de définition précise de la poésie et cela ne suppose pas que je ne fais pas de la poésie. Pas plus qu'il serait logique de dire "tu n'as pas de définition de la liberté à l'esprit, alors tu n'es pas libre". Avoir une poétique, pour moi, c'est comme avoir une théorie en philosophie : c'est arrêter de penser. Ou alors, il faut que cette poétique et cette théorie soit toujours le fruit d'une interrogation "du dedans". "Ma" poésie ne se dégage que dans une pratique quotidienne et elle gravite, chez moi, autour du problème de la dénomination et se manifeste, souvent, par des jeux sonores à l'intérieur des vers ou des phrases. Qu'est-ce cela rajoute de le dire ? Strictement rien. Et pire, ça fixe quelque chose qui ne doit pas être fixé. Exactement comme les vieux profs de fac en philosophie qui se disaient "kantiens" et qui, ainsi, n'avaient plus à réfléchir à leur propre fragilité.


Des poèmes et ici un endroit pour les commenter.
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Siegfried  /  Tapage au bout de la nuit


Je tiens à rebondir sur ce que tu dis, Aomphale : pour toi, si on théorise une pratique, on s'arrête de réfléchir sur elle, c'est ça ?

Mais est-ce qu'on ne peut pas, justement, malgré une théorie, continuer de s'interroger ?

Je pense à ma pratique poétique, entre autre. Je suis effectivement des règles, mais, comme toi, je m'interroge : comment dénommer les choses, comment dire une chose, ou son expérience ? Comment trouver LA formulation qui, en plus d'être conforme à la chose, au vécu, à ce que je veux dire, soit également conforme aux règles que je décide, arbitrairement, de m'imposer ? En soi, je pourrais pondre un paragraphe de prose quoi pour m'exprimer, non ? Sauf que je décide de faire un sonnet. Sauf que je décide de faire un quatrain. Ou de rimer, ou d'assonancer, que sais-je, si ça appui, développe, enrichit, embellit, mon propos.

Est-ce qu'avoir une théorie sur la poésie, a priori fermée, comme le serait éventuellement la mienne, m'empêche de penser les apports poétiques de la fin du 19e, de ce qu'on a pu faire au 20e (je parlais de Romains par exemple), ou de vous lire vous sur ce forum en me posant des questions (souvent nées effectivement d'une incompréhension au premier abord), et par cela m'empêche de me questionner sur mon rapport à la poésie ? Même si je ne changerai pas de système d'écriture, je ne pense pas que ces lectures ne m'influencent pas.

Je pense, entres autres, à certains poèmes de Rostand, ou, plus catégorique, Corbière : le vers persiste, mais ô combien est-il sapé de l'intérieur ! Et ça n'empêche pas certains d'être somptueux et exquis pour autant, en même temps qu'ils questionnent leur propre pratique et approche du vers, de leur poétique.
 
Aomphalos
   
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Aomphalos  /  Evagre le Pontique


C'est pour ça que, selon moi, une théorie, qu'elle soit en poésie ou ailleurs, si on y croit, elle doit toujours être interrogée de l'intérieur et être un lieu d'inquiétude et pas de certitude. Il ne me semble pas, du coup, que ton approche soit fermée puisque tu considères d'autres écritures non pas du point de vue de ta propre approche, mais comme des manifestations ayant un intérêt aussi.

A titre personnel, je ne parviens pas à théoriser quoique ce soit en poésie. Je vagabonde un peu dans les idées. Mais c'est sans doute une déformation philosophique de se rendre compte qu'à chaque fois que je croyais avoir une idée un peu fixe sur quoique ce soit, celle-ci était immédiatement fragilisée et inquiétée quelque part ailleurs. Donc, j'ai parfois, ici et là, des micro-théories, mais elles sont labiles. Je constate aussi que, souvent, les adversaires de cette position la caricature sous le gros mot de "relativisme". En fait, je n'ai pas de théories, parce que je n'ai pas d'explications, seulement des hypothèses et c'est pourquoi aussi je ne suis pas relativiste, parce que le relativisme est encore une théorie.


Des poèmes et ici un endroit pour les commenter.
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 et si le confinement faisait que nous ne soyons plus des cons finis ?

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