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 La critique en poésie

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Pasiphae
   
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


J'ai lu, ce matin, dans la nouvelle rubrique "Les Disputaisons" de la newsletter de Poezibao, cet article d'Olivier Barbarant et j'ai eu envie de le partager avec vous.

Citation :
La république des sourds

Image disputaisonLa critique littéraire, en matière de poésie, est-elle particulièrement indulgente, prompte à la louange, au point d’être suspecte de complaisance, et finalement de vide intellectuel ? Dans la presse, il est certain que les (très rares) pages qui sont lui consacrées naissent trop souvent du remords, de la mauvaise conscience d’en si peu parler, et finalement de l’éloge funèbre. Par périodes (une quinzaine au printemps ?), quand il « fait événement », la presse se souvient d’un genre que peu de journalistes connaissent, si bien qu’ils s’en acquittent par deux ou trois souvenirs scolaires et quelques grains d’encens autour de livres récents dont chacun constate à la lecture de l’article qu’ils ne sont guère plus lus que compris.

La véritable critique poétique se joue donc dans les revues ; elle est le fait des poètes eux-mêmes, qui, comme disait Montaigne, passent ainsi leur temps à « s’entregloser ». Ce phénomène n’est pas neutre : faute d’un regard extérieur, d’un arbitre (hors peut-être l’université, mais la plupart des professeurs spécialistes sont eux-mêmes auteurs de poésie désormais), une critique par les pairs se trouve toujours soumise aux effets des relations humaines, des amitiés comme des cousinages esthétiques. Je ne crois pas les poètes de ce point de vue plus compromis que d’autres écrivains. Une récente relecture du Journal de Matthieu Galey m’a montré les écœurantes complaisances et renvois d’ascenseur entre les romanciers des années 1970-1980. Parce qu’elle ne constitue pas un enjeu économique, la critique poétique est même en partie délivrée des abjections financières qui sous-tendent le tout : du moins sa mansuétude est-elle le fruit d’affinités – ou de l’espérance d’une réciprocité, mais dont les effets sont si dérisoires qu’on les observe avec au moins autant de pitié que de dégoût. Sans doute quelque X peut-il rendre compte du dernier chef d’œuvre d’Y en songeant qu’Y sera ainsi tenu de rendre la pareille… Nous avons tous croisé de ces auteurs chétifs et vinaigrés, furieux de l’absence de tout retour sur leurs écrits : mais leur hargne avoue tant de fragilité qu’elle mêle à son ridicule beaucoup de pathétique. Bien des poètes n’attendent pas de la critique une réflexion serrée, mais une manifestation de leur existence. L’indifférence de la société à leurs travaux explique leur demande d’enfants criant dans le noir : elle peut émouvoir, rapportée à l’injustice qui consacre tant de pages vaines à des livres vides, tandis que leurs efforts sont constamment négligés.

C’est d’ailleurs cette surdité sociale qui éclaire l’abondance des critiques positives. Face au silence en matière de poésie, quand on a la chance de disposer d’un peu de place, on peut hésiter à consacrer des lignes à autre chose qu’au salut que méritent des textes partout ailleurs négligés. Prime alors l’admiration, qui n’est pas un mauvais guide. Pour ce qui me concerne, la régularité de la chronique (une à chaque numéro d’Europe), et le nombre considérable de signes attribués (15000 !) permettent d’ouvrir la critique à plus d’une tonalité : l’éloge peut s’accompagner de réserves, d’interrogations, voire laisser la place à des contestations. Mais les tentatives de susciter une réflexion collective sont vite renvoyées à leur vanité. Ainsi par exemple avais-je cru en mai 2017 poser quelques questions assez précises concernant Un nouveau monde, l’épaisse anthologie d’Yves di Mano et Isabelle Garron publiée chez Flammarion : peut-on écrire l’histoire de la poésie depuis les années 1960 en s’en tenant aux auteurs qui débutent alors ? Cette question de méthode renvoie à deux conceptions antagonistes, qui me paraissent décider (bien mieux que l’ancienne opposition surjouée entre « lyrisme » et « antilyrisme ») des esthétiques d’aujourd’hui, selon qu’elles conçoivent la littérature comme un héritage, ou comme une table-rase générationnelle. Ecrit-on avec le passé des formes, ou contre lui ? Ce n’est pas tout à fait rien. Il n’y eut nulle réponse, mais, par ricochet, un témoignage, selon lequel il aurait été dit qu’« on se doutait que Barbarant n’aimerait pas ». C’est un peu mince. Mais cela en dit assez long sur la possibilité, en critique poétique, d’ouvrir aujourd’hui un débat.

Olivier Barbarant

Je me suis demandé ce qu'on pouvait, nous, tirer de ses réflexions dans le contexte particulier qui est le nôtre – au sens où il pense que la critique virulente est impossible parce que les espaces dédiés à la poésie sont rares dans la presse traditionnelle, problème qui ne se pose pas trop pour nous ici qui disposons d'un espace illimité :flower:
 
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Je ne sais pas si je suis d'accord avec toi quand tu dis que nous disposons d'un "espace illimité" ou alors je ne comprends pas ce que tu veux dire exactement. Les lieux que nous occupons sont peut-être potentiellement illimités, mais je trouve qu'ils sont concrètement assez restreints et j'ai plutôt le sentiment que nous sommes, surtout en poésie, sur un îlot, parce que nous savons bien qu'il y a peu de place ailleurs pour être lu (ce n'est peut-être pas l'impression qu'ont les romanciers sur le forum, je suis curieux de savoir ce qu'ils pensent sur ce sujet d'ailleurs).

J'ai trouvé cette phrase très intéressante :

Citation :
Bien des poètes n’attendent pas de la critique une réflexion serrée, mais une manifestation de leur existence

Je crois qu'ici aussi c'est l'une des dimensions très importantes de la critique ici. Recevoir un commentaire - positif ou négatif - c'est avoir la certitude d'avoir été lu et cela fait sortir l'écriture du champ de l'intime où elle tendrait sinon à rester. Il est intéressant de voir que les nouveaux poètes.ses sont assez peu commentés et même pas du tout quelque fois, comme s'il fallait briser une glace sociale avant d'avoir droit d'être lu. Je suis toujours troublé par ce phénomène là et je me demande souvent ce qu'il faut pour qu'une personne obtienne le droit à la lecture.

Bref, il me semble qu'il y a un paradoxe dans notre rapport à la critique. Nous avons les moyens techniques de produire un retour précis et régulier sur les écrits des autres, mais, comme nous craignions les blessures, ou que nous nous accoutumons à l'écriture d'une personne, nous devenons peut-être aveugle à ses infléchissements ou, pire, à ses échecs. Nous avons très peur de dire que fondamentalement nous n'aimons pas et nous préférons souvent le silence - l'inexistence en quelque sorte - plutôt que la rude parole. C'est que, comme nous nous connaissons pour beaucoup, nous identifions le poème et le visage et je crois que nous avons peur, en frappant l'un, de frapper l'autre.

Pourtant, il y a une disponibilité immense à la critique (et c'est peut-être ce que tu veux dire quand tu dis qu'ici est un "espace illimité) puisque nous ne sommes pas soumis aux limitations d'une revue ou d'un article de journal et, plus encore, puisque nous sommes spectateur d'une poésie qui se fait. A la fin, j'ai l'impression parfois que nous peinons à prendre en main totalement ce pouvoir - par paresse, par peur, par habitude - et que nous restons sur le seuil d'un mouvement très puissant en poésie (et pas seulement j'imagine).

Enfin, là je dis le versant "négatif" de cet espace collectif, il y a plein de choses que je trouve formidable dans la manière dont nous échangeons sur JE.


Il me semble que le silence est d'autant plus opérant sur le forum qu'il ne survient pas au milieu d'un espace immense

https://aomphalos.wordpress.com/
 
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Aomphalos a écrit:
Je crois qu'ici aussi c'est l'une des dimensions très importantes de la critique ici. Recevoir un commentaire - positif ou négatif - c'est avoir la certitude d'avoir été lu et cela fait sortir l'écriture du champ de l'intime où elle tendrait sinon à rester. Il est intéressant de voir que les nouveaux poètes.ses sont assez peu commentés et même pas du tout quelque fois, comme s'il fallait briser une glace sociale avant d'avoir droit d'être lu. Je suis toujours troublé par ce phénomène là et je me demande souvent ce qu'il faut pour qu'une personne obtienne le droit à la lecture.

Bah, on va pas se mentir, c'est qu'on va d'abord lire nos potes, et qu'on pratique l'entre-soi. La plupart du temps on a la flemme de se confronter à un "monde" nouveau, ou alors que celui-ci casse trop avec les codes de JE auxquels on est habitué.e.s, et du coup la personne étant un peu "à la marge", elle se fait royalement ignorer. Je dis ça je suis la première à le faire hein ! Mais c'est vrai que ça serait pas si mal de faire un peu plus le premier pas vers les nouveaux-elles. Ça éviterait qu'iels partent assez vite, comme on le voit généralement. C'est à nous qui sommes déjà là d'inclure les gens.


Aomphalos a écrit:
Bref, il me semble qu'il y a un paradoxe dans notre rapport à la critique. Nous avons les moyens techniques de produire un retour précis et régulier sur les écrits des autres, mais, comme nous craignions les blessures, ou que nous nous accoutumons à l'écriture d'une personne, nous devenons peut-être aveugle à ses infléchissements ou, pire, à ses échecs. Nous avons très peur de dire que fondamentalement nous n'aimons pas et nous préférons souvent le silence - l'inexistence en quelque sorte - plutôt que la rude parole. C'est que, comme nous nous connaissons pour beaucoup, nous identifions le poème et le visage et je crois que nous avons peur, en frappant l'un, de frapper l'autre.

Toutafé.
 
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je cherchais le fil sur le féminisme pour dire qu'aujourd'hui on était le 25 novembre (et euh.. c'est tout, enfin juste dire que des gens ont décidé de faire de ce jour un jour signifiant), et je tombe sur ce sujet un peu par hasard. je voulais prendre le lire et lire les interventions des autres avant de répondre mais en fait un passage m'éclate un peu à la figure :

Citation :
Nous avons tous croisé de ces auteurs chétifs et vinaigrés, furieux de l’absence de tout retour sur leurs écrits : mais leur hargne avoue tant de fragilité qu’elle mêle à son ridicule beaucoup de pathétique. Bien des poètes n’attendent pas de la critique une réflexion serrée, mais une manifestation de leur existence. L’indifférence de la société à leurs travaux explique leur demande d’enfants criant dans le noir

Oui, on en croise sur JE haha ? J'avoue, je me suis reconnu dans ces lignes. A part que je ne suis pas furieuse de ne pas avoir de retours, je sais que c'est comme ça et que c'est difficile de s'intégrer quand on est nouveau quelque part (et même les anciens aussi, parfois). Mais ça me fait carrément réfléchir sur mon rapport aux forums, en fait... c'est un peu cru de lire ça comme ça. Oui, ça me semble vrai. Les concours de nouvelles et de poésie, où les gens sont obligés de se commenter les uns les autres, changent la donne. Parce que ce qui aurait été de l'indifférence ("je n'aime pas ce que tu écris mais je vais me contenter de ne pas le dire en commentaire) se traduit dans ces pensées mises en commentaires justement - à quel point honnêtes, ça je ne sais pas. A la radio l'autre jour un animateur radio demandait à un écrivain : "je sais que c'est bateau comme question, mais pourquoi est-ce que vous écrivez ?" oui c'est un peu bateau et je n'ai jamais pris le temps d'y réfléchir non plus (bof), mais par contre, la question "pourquoi publier", y compris sur les forums, celle-là je la trouve plus importante et elle mérite d'être posée... y a aussi un pote d'un forum qui m'a dit l'autre jour : "toi, comme truc et machin, vous n'écrivez pas en tenant compte des lecteurs ("pour" des lecteurs), et ça se sent à la lecture que vous ne voulez pas communiquer- or c'est dommage parce que dans le fond vous avez des choses intéressantes à dire". bref, désolé, c'est très confu ce que je raconte, je réalise petit à petit que ces espaces de commentaires qui m'ont tellement aidé ces dernières années (dans un endroit où je suis considéré comme un meuble haha), ne sont plus faits pour moi - non en fait c'est moi qui ne suis plus faite pour eux.

je viendrai probablement éditer tout ça pour enlever le côté "je me parle toute seule" à cette intervention ^-^
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Pasiphae
   
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Je réalise que je n'avais pas pris le temps de répondre, alors que vos réponses m'avaient fait méditer.

Aomphalos, je crois que j'étais infiniment pragmatique en parlant d’espace illimité. A Barbarant qui expliquait que l'espace de critique en poésie était limité, car il pense aux pages littéraires des journaux généralistes et aux quelques revues de poésie existantes (donc à une limite très concrète de signes, de visibilité, de possibilité pour les auteur·ices de poésie en fait d'écrire un texte critique qui soit publié et lu - c'était donc pour lui une des raisons pour lesquelles on ne va pas s'embarrasser des critiques négatives quand il y a déjà tant à encenser et si peu d'espace pour le faire), j'opposais l'espace virtuel qui est le nôtre, illimité car nous disposons d'autant de signes, de topics, de messages et de visibilité / lisibilité que nous le voulons.

Oui ce que tu relèves rejoint mon sentiment, que tu formulais aussi dans L’heure du thé - nos écritures sont adressées, elles s’insèrent dans un cadre d’énonciation (le forum) qui les font viser la communauté / collectivité comme lectorat à la fois visé et effectif. D’où peut-être les très nombreux liens qui se tricotent de texte à texte et de projet à projet, plus ou moins consciemment.

Je pense (j’ai beaucoup médité, ce que tu relèves également Miromensil, sur les raisons pour lesquelles on commente au départ si peu les nouvelleaux-venu·es) qu’il existe trois raisons à cela :

- Pour la plupart des écritures de nouvelleaux, il y a l’effet « poème de débutant·e ». Quand nous étions lycéen·nes nous apprenions à écrire de la poésie, quand aujourd’hui, après tant d’années de fréquentation, nous n’en sommes plus vraiment là (nous les faisons évoluer et progressons, mais avons passé certains stades qualitatifs). Il est parfois difficile de se remettre à lire / commenter un poème de débutant·e, parce que ce n’est plus ce que nous recherchons tout simplement. Personnellement, je me vois de moins en moins commenter ce type de poésie : je ne sais plus trop qu’en dire. Quand j’en étais encore là de ma propre démarche, j’avais des idées, plus maintenant. Donc il existe déjà un filtrage assez rude par la « qualité », qui fait que nous n’accueillons plus que des écritures déjà au moins un peu mûres (cmllrz, Keanu, n’ont eu aucun mal à être reconnu·es et commenté·es, mais iels écrivent depuis aussi longtemps que chacun·e d’entre nous) Or, la plupart des nouveaux/nouvelles venu·es en poésie sur un forum comme le nôtre, et c'est normal, sont débutant·es, n'ont jamais confronté leur poésie à un large lectorat de pairs. Iels sont au début d'un chemin sur lequel nous avons déjà largement avancé. Désolée si ce premier tiret semble pédant ! mais il me semble que c'est une réalité que nous n'osons pas formuler et qui pourtant explique bien des choses (et la faible fidélisation des nouvelleaux poéètes·es ces dernières années ; par contraste, quand je suis arrivée, il y avait une place pour les débutant·es car peut-être moins membres de plus âgé·es / plus aguerri·es, ou en tout cas la possibilité pour les débutant·es de se constituer en micro-communauté). le mode de recrutement du forum (recrutement de personnes qui cherchent un premier espace de publication, donc en général qui débutent) et le degré de "professionnalisation" du microcosme poétique qui s'y trouve sont de plus en plus antagonistes, en fait... c'est un vrai problème.
- Il est plus facile de commenter un poème lorsqu’une longue habitude de lecture s’est établie. Aujourd’hui, quand je commente un poème d’Aomphalos, je peux, au choix, écrire un commentaire à la va-vite (car il s’insère dans une longue chaîne de lectures et commentaires qui l’étoffera) ou me reposer sur une large part d’implicite (ex : je sais que tu sais que si je te critique ici, ce n’est pas parce que je n’aime pas ton écriture mais parce que CE poème me semble moins bon qu’à l’ordinaire / je fais telle remarque qui suppose que nous avons déjà discuté de cette problématique de rythme / je fais telle remarque qui suppose que je compare ce texte à un autre ensemble écrit il y a deux mois, ou aux textes d’un·e autre écrivain sur le forum)
- Il ne faut pas minimiser non plus les critères afférents aux sociabilités. Je vais être plus curieuse d’aller lire le dernier texte de telle personne qui est mon amie / dont j’estime l’écriture depuis longtemps, et qui m’a donc permis de forger des attentes dont je sais qu’elles ne seront pas déçues que celui de X-pseudo-nouveau.    

Il faut donc parfois lutter contre ses petites habitudes et routines de lecture pour aller se confronter à une écriture nouvelle et en produire un commentaire - car écrire le premier commentaire d’une nouvelle écriture demande un investissement supérieur puisque rien ne peut reposer sur l’implicite, le clin d’œil, et aussi parce qu’il faut trouver le « ton » dont on commentera cette nouvelle écriture, ce qu’on trouvera à en dire, ce qui nous marquera en elle (alors que je sais très bien par exemple que ce qui me plaît a priori dans l’écriture d’Holopherne, c’est son rythme, dans celle de cmllrz, son rapport au multimédia et au geste de publication, etc, et que je n’aurai pas besoin de renouveler sans cesse, de créer en fait, mon prisme de lecture). Et comme nous sommes des êtres moraux, nous savons que c’est injuste et qu’il faut lutter contre ce petit confort.

Je suis d’accord avec toi Aomphalos que nous ne saisissons peut-être pas toutes les potentialités de l’outil formidable qu’est le forum pour formuler des critiques qui aillent plus loin. Il y a une forme de paresse, à laquelle je sacrifie souvent, qui est de rester sur une pure appréciation, ou de se taire si ce que nous avions à dire devait l’être d’une manière un peu rude. Est-ce parce que Mahendra en a parlé dans sa vidéo de L’heure du thé ? J’ai l’impression qu’il y a depuis quelques temps une micro prise de conscience, que certaines critiques sont plus franches et entières. On a vu de vrais débats interprétatifs fleurir, par exemple sur la légitimité ou non de certains exercices, le sens et l’importance à leur accorder (l’os, Acanthe comme hétéronyme féminin, le poème cathartique de Mahendra, etc)

Moïra en en arrivant à ton message je me rends compte que tu avais déjà dit d’une manière très synthétique ce que j’ai étalé plus haut ahah

Miromensil, je ne t’ai pas reconnue dans ces lignes pour le coup ! ne serait-ce que parce que tu as une belle écriture, que tu as finalement assez peu rendue visible ici, dans une forme de pudeur qui ne rappelle en rien ce profil de poète (qui pour le coup me fait penser à deux ou trois cas, mais c'est si rare). Je n’ai pas bien compris ce que tu disais de ton rapport à ces espaces de commentaire, et je serais curieuse si tu avais envie de développer.

Après ça me semble normal de chercher un lectorat quand on écrit !
 
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Pasiphae a écrit:
Est-ce parce que Mahendra en a parlé dans sa vidéo de L’heure du thé ? J’ai l’impression qu’il y a depuis quelques temps une micro prise de conscience, que certaines critiques sont plus franches et entières. On a vu de vrais débats interprétatifs fleurir, par exemple sur la légitimité ou non de certains exercices, le sens et l’importance à leur accorder (l’os, Acanthe comme hétéronyme féminin, le poème cathartique de Mahendra, etc)

Je pense plutôt que ça vient surtout par vague, j'ai l'impression qu'il y a des moments où la critique se fait plus forte sur le forum, puis ça rediminue, puis ça revient. C'est peut-être lié à l'activité du forum aussi, ou alors à des périodes où les gens accordent plus d'importance à ce qu'il se fait comme textes en ce moment, etc, (ce que je dis ne concerne que la section poésie).
 
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Tu as sûrement raison, c'est vrai que les commentaires plus aboutis semblent parfois venir par vague ! là on doit être, en partie grâce à l'enquête sauvage, dans un moment de plus grand intérêt / disponibilité aux textes
 
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Citation :
Miromensil, je ne t’ai pas reconnue dans ces lignes pour le coup ! ne serait-ce que parce que tu as une belle écriture, que tu as finalement assez peu rendue visible ici, dans une forme de pudeur qui ne rappelle en rien ce profil de poète (qui pour le coup me fait penser à deux ou trois cas, mais c'est si rare).
haha merci même si je n'ai pas tout saisi non plus ! (2-3 cas ?)

Citation :
Je n’ai pas bien compris ce que tu disais de ton rapport à ces espaces de commentaire, et je serais curieuse si tu avais envie de développer.
je voulais faire écho à la phrase de l'article qui dit que l'attente de commentaires sous des poèmes revient à pousser un cri pathétique et euh je me disais autant arrêter de crier pathétiquement en noir sur blanc devant tout le monde, disons. autant le faire dans son coin sans rien attendre de personne. mais en vrai c'est chouette tout ce qui se passe sur les plateformes donc je vais rester encore un peu :noange:
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"Ecrit-on avec le passé des formes, ou contre lui ?"
Article avec lequel je m'entends assez bien. Reste la phrase, citée au-dessus.
écrire AVEC le passé des formes, c'est écrire aussi contre lui.
Ecrire sans le passé des formes, est-ce même écrire ?
 
   
    
                         
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