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 [Langue] Féminisation, académie française et fautes d'orthographe.

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En Belgique, c'est majoritairement admis que « Les Scouts » sont mixtes, tandis qu'en évoquant « Les Guides », la majeure partie des gens ont tendance à penser que ce ne sont que des filles ; alors que les deux fédérations sont officiellement mixtes ; je sais pas trop pourquoi j'évoque cet exemple mais je trouve qu'il parle pour lui-même (alors que les deux mots sont épicènes).

Si la flemme de l'auteurice pose un problème, je ne comprends honnêtement pas pourquoi celle du lectorat n'en pose pas un aussi ? Pourquoi je devrais utiliser le terme « poétesse », par exemple, alors que visiblement, tu me fais comprendre que c'est une terminologie que je ne serai jamais apte à tout à fait saisir, parce que je ne comprendrai jamais quel effet il produit (puisque visiblement il n'en produit pas plus que poète pour moi, personnellement)  ? — et je ne voudrais pas me risquer à extrapoler ce qu'il pourrait émettre, alors que je ne sais pas en faire l'expérience.

C'est ce dernier point, vraiment, sur lequel je bute, parce que si j'oublie une fois d'écrire en inclusif ou autre (et si ce n'était pas du tout mon intention d'exclure le spectre féminin de mon exposé), du coup, je ne parlerais que d'hommes ? Je dis que c'est pratique parce que je projette l'éducation que j'ai eu sur les gens auxquels je m'adresse, en ignorant probablement qu'ils n'ont pas eu la même éducation que moi, et que donc en utilisant le masculin pour neutre, je m'attends à ce que chacun y voit hommes ET femmes, parce que je l'écris comme cela ; et donc, je reconnais maintenant que c'est un tort de ma part ; mais je pense que le lectorat n'y est pas non plus tout à fait innocent, si ?
 
Le Trader
   
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Le Trader  /  Autostoppeur galactique


J'aime assez l'idée de l'académie de miser sur la patience dans les usages de la langue, si la féminisation occupe de plus en plus les langages alors la langue évoluerera naturellement (diantre ! il est temps !). Le risque me semble être dans l'imposition et l'influence que certains et certaines veulent donner à la langue. En cela, imposer sa langue aux autres me semblent être au mieux révélateur d'une pensée immature, au pire 1984 d'Orwell. Et je reste poli. Cela étant, l'écriture comme avant-poste me semble efficace, si jamais ça répond au sujet. 

Pour le reste, des femmes apprécient être poètes ou poétesses (en connaissance même, car justifier par l'ignorance est une forme de mépris clairement affiché) malgré mes trolls réguliers sur le sujet j'aime a croire que les humains doivent être à l'aise avec leur langue personnelle, leurs élans, leurs argots et leurs accents. Cf le chanteur breton Kemener sur les langues prolétaires, un bon poème, un chouette morceau. Mais la liberté doit demeurer, le temps devrait faire le travail. Toujours tardivement... 

Je m'étonne juste qu'on parle de politique sur un forum qui le refuse. 
L'exception du sujet, sans doute.
 
Pasiphae
   
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Shahzou, ton exemple ne parle de rien d’autre que de lui-même. Perso, à chaque fois que j’ai entendu parler de Guides, c’étaient de filles. Peut-être sont-elles plus nombreuses ? C’est pareil quand on parle de sage-femmes, on imagine volontiers des femmes, parce qu’historiquement et encore aujourd’hui c’est une profession très majoritairement féminine. Je ne vois pas trop quel argument ça peut nourrir en fait.

L’argument de la flemme en plus est bizarre : à ce que je vois, tu n’utilises pas que des mots de moins de 5 lettres. Donc visiblement, tu n’as pas la flemme d’utiliser des mots plus longs.
Tu dois utiliser le mot poétesse pour 1. utiliser un terme correct 2. être respectueux envers les poétesses. On ne te demande pas de saisir l’expérience d’être chaise avant d’utiliser le mot chaise, c’est pareil.

Non, si tu oublies d’utiliser l’inclusif tu ne parleras pas que d’hommes puisque les usages malgré tout ont fait du masculin pluriel une sorte de neutre. Mais tout de même tu instilleras une représentation plus masculine des choses. Une des expériences de psycho sociale qui m’avait marquée est une expérience avec un groupe d’enfants. On leur parlait d’un métier imaginaire formé sur un néologisme. Lorsque les adultes ne le mettaient qu’au masculin et qu’on demandait aux enfants s’iels voudraient faire ce métier plus tard, une nette plus grande proportion de garçons levaient la main. Lorsqu’on redoublait le nom du métier en masculin et féminin, les filles aussi levaient la main dans la même proportion. Mais le masculin neutre dans le langage ne se réduit pas à ça : c’est un continuum. Ça va de parler de patrimoine et fraternité à dire « les fils d’ouvriers font de moins longues études que les fils de banquiers » ; et sur le plan des représentations matérielles çà peut être de représenter un corps masculin dans les livres de biologie. On en revient toujours à Simone de Beauvoir : le sujet neutre / point de vue par défaut, c’est le masculin, dont le féminin est toujours l’Autre. Aujourd’hui on pourrait rajouter que le point de vue par défaut est masculin, blanc, cis, valide et hétéro. La notion de point de vue est intéressante pour comprendre ces phénomènes !

Trader.

L’Académie est prescriptive. Ça leur va bien de dire que les usages font les choses, quand depuis quelques siècles iels s’amusent à expliquer comment il faudrait parler (et par finir par accepter les évolutions trop évidentes avec trois trains de retard). L’Académie française est une institution qui a un passif raciste, sexiste et en tous sujets conservateur ; elle n’a de plus jamais été constituée de spécialistes universitaires de la langue et ses communiqués font hurler les linguistes. Il serait bon de ne pas l’oublier en la convoquant (et de ne pas oublier qu’on se gaussait il y a peu encore à l’idée qu’un.e noir.e ou une femme y fasse son entrée).

Il existe des femmes qui veulent qu’on les appelle poètes en toute connaissance de cause ? Vraiment, en toute connaissance ? Personnellement je n’en connais aucune. Le consensus est plutôt établi parmi les poétesses de JE, d’ailleurs. Et ce n’est de toute façon pas aux poètes de donner leur avis là-dessus, car ils ne savent pas ce que c’est que de se voir exclu à tous les carrefours de la langue.
Et quand bien même : il existe des femmes conservatrices et anti-féministes. Je l’ai dit quelques messages plus haut. C’est souvent une stratégie de leur part d’ailleurs. On fait avec les règles et outils du dominant car iels nous offrent momentanément un espace de pouvoir. C’est bien connu.

Quant à tes piques passives agressives, je m’en passerais bien. On peut faire autrement, c’est plus agréable.


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Irvyn
   
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Citation :
Je m'étonne juste qu'on parle de politique sur un forum qui le refuse.
L'exception du sujet, sans doute.

En effet. Le sujet a quand même bien dérivé. Évitons de passer d'information à propagande.
Si l'auteure pouvait mettre un petit message comme quoi son doute n'est plus, ça permettrait de clore le sujet et d'éviter que l'Agora s'invite dans l’Écritoire. Very Happy
https://auteurnegora.wixsite.com/necrosang
 
Le Trader
   
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Le cas particulier comme argument, mouais...? Que ce soit l'échantillon JE et les femmes autour de nous, ça ne fait pas argument. Alice préfère poète, par exemple. En fait elle fait comme elle veut, en connaissance... Et ça ne fait pas argument là aussi. 

Celui qui vise à exclure les hommes du débat, je ne réagis même pas tellement on est au niveau zéro de l'échange... Critiquer l'exclusion par l'exclusion, waouh faut oser. De la même manière, exclure les femmes qui ne pensent pas pareil que ce consensus me paraît osé, sinon faux. 


Cela étant il me plaît d'avoir les deux parties chez les femmes, et poétesses et poètes. Ça crée des discussions enrichissantes, quand elles ne sont pas immédiatement fermées.
 
Pasiphae
   
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


C’est comme pour l’IVG : pas d’utérus pas d’avis. Sur des sujets sensibles comme ceux-ci, les concerné.es sont les plus légitimes. Qui historiquement est responsable de la masculinisation des noms de profession et de l’éviction bien concrète des femmes hors de ces professions ? Qui, aujourd’hui, ne voit pas le problème ? Besoin d’un dessin ?

Il se trouve que les poétesses JE ne sont pas un exemple, mais au moins une dizaine, représentatives de leur génération. Une émission France Culture consacrée aux poétesses contemporaines avait fait entendre un son de cloche équivalent. Il n’y a pas non plus des milliers de poétesses dans nos contrées francophones...

Alice n’a jamais expliqué son choix. Elle n’en a peut-être pas envie mais du coup je vois mal comment il pourrait être pris comme exemple.

Irvyn, un sujet comme celui-ci n’est pas neutre politiquement. On ne peut se contenter des avis des institutions sans savoir d’où parlent ces institutions et quelle est leur légitimité à parler. On ne peut pas plus décrire des moyennes d’utilisations sans explorer leurs causes. En tant qu’écrivain.e, faire un choix concernant la féminisation ou non des noms de profession c’est faire un choix politique. A partir de là, faire comme si de rien n’était est au mieux hypocrite. Cette discussion a tout à fait sa place dans l’écritoire. La technique, à plus forte raison lorsqu’elle concerne l’écriture, possède une dimension culturelle.


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Bah, c'est juste que je comprends vraiment pas. Pour ce qui est de mon exemple... Les Scouts et les Guides ont une histoire assez similaire dans la création du mouvement : mouvement masculin pour les Scouts, mouvement féminin pour les Guides ; sauf qu'aujourd'hui, les deux sont officiellement mixtes, effectivement, il y a certainement plus de filles que de garçons chez les guides, et du coup ça légitime le fait qu'ils soient forcément exclus quand on évoque le guidisme, alors que ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui, du moins en Belgique, pour l'évocation du scoutisme ? — c'est devenu très difficile d'imaginer des Scouts exclusivement composés de garçons, puisque les troupes conservatrices sont généralement nommées conservatrices, ou alors qu'il s'agit de Scouts d'Europe. Laughing ça n'a donc absolument rien à voir avec le métier de sage-femmes, le scoutisme et le guidisme ont exactement le même but, utilisent les mêmes outils, ont été fondé par les mêmes personnes ; il me viendrait jamais à l'esprit de défendre l'idée, par exemple, qu'en disant « luxembourgeois de Belgique », il est tout à fait normal que les gens en concluent qu'il ne s'agit que de jeunes blancs et blanches ; je trouve ça malsain de permettre ça, de laisser des gens penser cela, alors que c'est tout à fait faux dans les faits, non ? Quand bien même les gens de couleur y soient minoritaires, pourquoi forcément les exclure — ou se permettre de les exclure, par facilité ?

J'évoquais la flemme plus pour parler de celle du lectorat, j'imagine, j'ai eu tort, pardon. Puis, d'ailleurs, la condition de la femme doit au moins autant à la flemme des femmes tout au long de l'histoire qu'à l'avarice des hommes, non ? Sûrement que la première poétesse, à qui son papa à offert une position de pouvoir, a-t-elle participé, peut-être (et sûrement) malgré elle, à écrire, déjà, ce que deviendrait la condition de la femme ? Je pense que tout remettre à longueur de cause sur l'homme blanc cis-machin-chouette, ça devient stérile à force, j'ai pas l'impression que ça fasse plus avancer les choses, si ? Les premiers juifs ont fait pareil en composant leur dieu vengeur et jaloux, résultat des courses, ils se sont mangé un Dolfie, etc. etc.

Ce que je veux dire c'est que j'ai l'impression que l'imposition du terme poétesse à tout-va — et non sa proposition, ou sa demande — incite le même genre de dualité relativement nauséabonde, et qu'il serait assez cool (parce qu'on aurait une connaissance globale des choses depuis le début de l'histoire : Sumer) d'enfin dépasser ces petites querelles pas tout à fait constructives ; c'est-à-dire qu'en tant qu'auteur, je veux bien demander à chaque fois : tu préfères poète ou poétesse (pour reprendre cet exemple) ? Si Alice veut que je l'appelle poète, OK, si toutes les autres veulent poétesse, OK ; mais, parce que par-dessus tout je préfère la liberté de toutes et tous, quoiqu'en soit les biais, je refuserai toujours ce qu'on m'imposera — et vraiment désolé si ça fait de moi le pire des connards, du coup (ce que je n'ai, toutefois, pas trop l'impression).

 
Le Trader
   
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C'est à la fois caricatural et dangereux. Agir dans l'exclusion au lieu d'être dans l'acceptation et la compréhension mutuelles n'apportera rien de bon...En somme, tu vas tenir le même discours que ceux que tu dénonces. En renforçant un engagement qui sera communautaire, de ce que je lis.

Il me semble que les femmes veulent justement éviter l'exclusion des hommes, au nom d'une vengeance arriérée. Avancer ensemble et non pas dresser des bilans accusateurs (type sjw), ce qui est du reste vain et futile. Mais je dois fréquenter d'autres féministes, manifestement.

Bon courage   [Langue] Féminisation, académie française et fautes d'orthographe. - Page 2 3029968519
 
Caulfield
   
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Caulfield  /  Homme invisible


Mais c'est précisément parce que je suis féministe, que je suis contre la féminisation des métiers...
On pourrait en débattre longtemps. Certes. Mais si je devais résumer ma position, c'est que je ne supporte pas qu'on me ramène constamment à mon utérus. Soit dit en passant, moi je suis écrivain tout comme je suis étudiante, et j'espère un jour être auteur et docteur.
À titre purement personnel, et je peux comprendre que ma position ne soit pas comprise, je pense que c'est une erreur que de vouloir déformer les mots de force pour y faire passer le féminin. Je suis bien plus pour un neutre épicène.

Par contre, je n'apprécie vraiment qu'on présuppose que je suis anti-féministe pour cette raison. Toute ma vie je me suis battue contre les gens misogynes, hommes ou femmes, quitte à m'attirer parfois beaucoup de problèmes. Et je suis d'accord que l'écriture est politique, et c'est pour ça que je prends un soin tout particulier à ce que font et disent mes personnages sur ces questions là.

(Et pour précision, ma position est à titre personnel. Je ne m'opposerai jamais à ce qu'une femme me demande de l'appeler autrice, ou la ministre. Je soulignais juste qu'il n'y avait pas de consensus, et je me demandais comment ça se traduisait pour les aspirants écrivains.)
 
Dan Souplincot
   
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Dan Souplincot  /  Bile au trésor


Sans vouloir être misogyne, je pense que cette idée de "je choisis de ne pas féminiser mon nom de métier donc je m'oppose au féminisme en ne remettant pas en cause des dénominations imposées par une société misogyne" va un peu loin. Je vois plus le féminisme comme un droit à l’égalité et un droit au choix. Du coup, cela se traduit par la possibilité de choisir si oui ou non l'on souhaite garder son titre de métier au masculin.
Le problème qui se pose aujourd'hui est de faire en sorte que ce choix soit normal et non pas une marque de SJWarriorisme / d’antiféminisme aux yeux d'autrui.
Il faut comprendre que certaines personnes risqueraient sans doute de perdre des clients en féminisant leur nom de métier (voire en ne le féminisant pas). Le combat pour faire en sorte que tout choix soit acceptable et sans conséquence vis à vis d'autrui est bien plus important que la volonté futile de classer les gens en féministe / antiféministe sur des critères biaisés.

En termes littéraires, je pense que cela a peu d'importance sur les métiers dont le nom féminisé est admis / reconnaissable / correspond au caractère du personnage qui l’évoque.
Cependant un abus de la féminisation aura clairement des répercussions sur le texte (oui, ce serait un choix très net et je pense que la plupart des maisons d’éditions préféreront des choix plus neutres sauf dans des cas d'ouvrages s'engageant vraiment sur le sujet ).
 
Noxer
   
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Noxer  /  Au nom de l'Abeille – Et du Papillon – Et de la Brise – Amen !


Caulfield a écrit:
Mais c'est précisément parce que je suis féministe, que je suis contre la féminisation des métiers...
On pourrait en débattre longtemps. Certes. Mais si je devais résumer ma position, c'est que je ne supporte pas qu'on me ramène constamment à mon utérus. Soit dit en passant, moi je suis écrivain tout comme je suis étudiante, et j'espère un jour être auteur et docteur.
À titre purement personnel, et je peux comprendre que ma position ne soit pas comprise, je pense que c'est une erreur que de vouloir déformer les mots de force pour y faire passer le féminin. Je suis bien plus pour un neutre épicène.

Par contre, je n'apprécie vraiment qu'on présuppose que je suis anti-féministe pour cette raison. Toute ma vie je me suis battue contre les gens misogynes, hommes ou femmes, quitte à m'attirer parfois beaucoup de problèmes. Et je suis d'accord que l'écriture est politique, et c'est pour ça que je prends un soin tout particulier à ce que font et disent mes personnages sur ces questions là.

(Et pour précision, ma position est à titre personnel. Je ne m'opposerai jamais à ce qu'une femme me demande de l'appeler autrice, ou la ministre. Je soulignais juste qu'il n'y avait pas de consensus, et je me demandais comment ça se traduisait pour les aspirants écrivains.)

Je comprends ta position, et loin de moi l'idée de faire une leçon ou quoi que ce soit, je suis pas expert, mais j'ai le sentiment qu'il y a malgré tout une incompréhension ou une ignorance sur ce que le féminisme peut dire sur la langue et ses discriminations. Certes, chacun.e possède sa propre langue, et a la liberté de choisir son moyen d'expression qu'iel préfère, mais cette idée ignore totalement le fait que, comme le dit Pasiphae, la langue soit politique, ce qui veut dire qu'elle n'est pas utilisée seul.e, et qu'en faire usage n'est pas seulement une expression de ses choix personnels, mais s'inscrit dans des dynamiques qui peuvent être des dynamiques d'oppression, d'invisibilisation, etc, selon le public auquel le langage s'adresse. Ignorer cela, c'est participer à ces dynamiques que l'on le veuille ou non ; de ce que j'ai compris des interventions de Pasiphae, elle n'a jamais accusé personne d'être anti-féministe ou quoi que ce soit, mais simplement rappelé que ne pas féminiser les métiers etc c'est participer à un anti-féminisme.

Le public que l'on touche, en tant qu'auteur.e, ne saura jamais que pour toi, tel mot est épicène, parce que tu le vois de telle manière personnellement. La question de féminiser les métiers, et la raison même de l'existence de ce topic est que dans l'expression du langage et dans sa diffusion, il n'y a pas que toi qui existe, et que, si ça peut être malheureux quant à tes nobles pensées et idéaux, la plupart des gens qui liront avocat, auteur, docteur, ne penseront pas la même chose que toi, et te liront avec des présupposés sexistes à ton insu, dans le pire des cas.

C'est pour cela que Pasiphae parle de faire des choix (si j'ai bien compris) politiques dans l'écriture. La plupart des mots féminins existants existent justement de telle manière à ce qu'on aurait du mal désormais de parler de "déformer les mots autoritairement" ou quoi que ce soit, à partir du moment où ils sont présents dans l'usage courant, quelle excuse y aurait-il à ne pas les utiliser ? Personnellement quand je ne les vois plus, et que je vois le masculin utilisé à la place, c'est presque tout le temps utilisé soit d'une manière réactionnaire, soit c'est une ignorance du mot même.

Citation :
Le problème qui se pose aujourd'hui est de faire en sorte que ce choix soit normal et non pas une marque de SJWarriorisme / d’antiféminisme aux yeux d'autrui.

Citation :
C'est à la fois caricatural et dangereux. Agir dans l'exclusion au lieu d'être dans l'acceptation et la compréhension mutuelles n'apportera rien de bon...En somme, tu vas tenir le même discours que ceux que tu dénonces. En renforçant un engagement qui sera communautaire, de ce que je lis.

Je crois qu'il y a là une idéalisation du langage, qui serait en dehors de tout ce qui se passe dans le monde, et une idéalisation de la neutralité, la position démocratique qui voudrait ignorer les dynamiques politiques derrière chaque acte et faire passer pour naturel ce qui ne l'est pas, ceci tout en participant à la pérennité des oppressions...

Je crois comme Pasiphae qu'il faut faire un choix et lutter pour que les choses deviennent alors naturelles. Les choses ne viennent jamais d'elles-mêmes et il est naÏf de croire que des siècles de sexisme à travers le langage sera effacé juste en se disant qu'on est pas sexiste quand on l'utilise. C'est comme dire je ne suis pas raciste je ne vois pas les couleurs.

Citation :
Le combat pour faire en sorte que tout choix soit acceptable et sans conséquence vis à vis d'autrui est bien plus important que la volonté futile de classer les gens en féministe / antiféministe sur des critères biaisés.

C'est mignon de vouloir que tout le monde se prenne la main et acceptent leurs différences mais quand ces mêmes différences font qu'ils se tiennent la main mais qu'il y en a qui marchent sur les pieds en même temps, il y a un souci. Ce que je veux dire c'est que c'est très conservateur de parler de respecter la liberté des choix quand les choix impliquent des inégalités.




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Le Trader
   
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Le Trader  /  Autostoppeur galactique


Merci pour la traduction franco-française !
(Je parlais dans le passage cité du militantisme, non pas de l'écriture. Je suis d'accord avec ce que tu dis sinon).
 
Mokkimy
   
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Merde, je ne pensais pas qu'aimer le masculin, c'était si mal perçu, de nos jours. ^^'

Moi, j'utilise les deux dans mes récits, parfois je féminise, parfois non. Ce n'est pas par méconnaissance ou par passéisme, c'est juste parce que j'aime pouvoir choisir. Pour moi, c'est ça, le féminisme. Ne pas se laisser imposer ses choix par les autres, masculins ou féminins, et ne pas céder à des arguments politiques, ou culturels, ou religieux, ou quoi que ce soit. Être l'égale des hommes, c'est pouvoir décider en toute liberté de son propre sort, et en l’occurrence, de son propre langage.

L'avis de l'académie française sur la question m'indiffère, j'utilise aussi parfois des néologismes, des mots-valise, ou d'autres termes non accrédités par Larousse. Ceci dit, si un éditeur me demande un jour de procéder à des corrections, je ne m'en formaliserai pas et ne lui sauterai pas à la gorge. La féminisation ou non des mots, c'est pour moi franchement secondaire. ^^

(Tiens, en fait, je rejoins la position de Dan Souplicot. J'avais pas vu, mais je plussoie, du coup.)
https://lamonstrotheque.home.blog/
 
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Merci Noxer. Pas l’énergie ce soir de répondre aux autres. L’usage du terme SJW est de toute façon rhedibitoire à mes yeux.


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Caulfield
   
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Mon avis, c'est que la genrification de la langue est une erreur, et c'est bien en tant que féministe que je m'y oppose. C'est juste que j'estime ne pas avoir la légitimité d'imposer mon point de vue aux autres, alors je n'en fais pas une bataille de tous les jours; mais je pense bien que de vouloir systématiquement faire une démarcation entre femme et homme est plus préjudiciable qu'autre chose. Parfois j'ai franchement l'impression d'être de retour en enfance, à l'époque où il fallait absolument différencier les garçons des filles: dans l'apparence, dans les activités, dans les goûts et les couleurs, etc. Toujours, toujours souligner que les garçons et les filles sont différents, et que ce serait la honte de prendre l'une pour l'autre.
Pour moi, mettre systématiquement la différence en lumière peut surtout mener à un enfermement des uns et des autres dans certaines catégories, et donc finir par créer une discrimination.

En plus, même dans la façon de féminiser, je trouve que c'est une erreur. Pourquoi (presque) toujours rajouter un bout de mot à la fin? Ça fait encore comme si le mot "de base" était le masculin, et que le féminin n'était qu'une caractéristique superflue qu'on ajoute à la fin. Certes, je ne vois pas trop comment faire autrement, mais pourquoi ce point est particulièrement problématique, si on veut parler de la psychologie de la langue.

En ce qui concerne la psychologie de la langue et la linguistique d'ailleurs, là non plus il n'y a pas de consensus. La flemme de ressortir mes cours de linguistiques (de toute façon on pourrait me répondre que le milieu universitaire est déconnecté de la réalité, ce qui serait vrai)... Si on ouvre un sujet débat sur l'agora, peut-être que je le ferai.

Bref. C'est ma position. Le féminisme est tellement vaste et complexe, même à l'intérieur de cette pensée tout le monde n'est pas d'accord. Et nos détracteurs se nourrissent bien de cette complexité pour nous réduire à nos divergences. Le nombre de fois où j'ai appris à quelqu'un qu'il était féministe sans le savoir, tout simplement parce qu'il n'avait en tête qu'un cliché véhiculé aveuglément...


Mais pour en revenir au sujet et clore le débat (qui est passionnant, on s'entend) :
1) L'Académie française dit de faire comme on veut.
2) Il semblerait que l'usage aille vers l'épicène ou la féminisation (une ministre, une chef, une cheffe au choix).
3) Ce qui semble le plus important, dans le cas d'un manuscrit, c'est l'homogénéité.

Si jamais quelqu'un trouve des exemples concrets et récents de cette féminisation (ou non féminisation) dans des romans, ça pourrait être cool de les partager!
 
   
    
                         
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