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 [Journal de lecture] Fabre

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Bonjour!

Pour partager mes lectures et un petit retour de ce que ça m'a inspiré, j'ouvre ce "Journal de lecture", qui reprend les mêmes billets que je publie sur Facebook.

Je ne sais pas si un topic de commentaires est utile, ni le cas échéant où le mettre, donc commentez directement ici.

Sommaire:
La possibilité d'une île, Houellebecq
Année vingt-quatre, Patrik Ourednik
 
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La Possibilité d'une île, de Houellebecq

J'ai trouvé ça assez mou et longuet, avec quelques morceaux de bravoure, notamment la description de la misère sexuelle de part et d'autre - une jeunesse sans profondeur et une vieillesse du narrateur, romantique façon ado de pub pour Sunnydelight. Le délire post apo est si cliché et stupide, les hommes du futur sont des plantes sans âme (alors pourquoi/comment arriver à aimer un chien?) et les sauvages du futur sont des cannibales décérébrés sans culture assoiffés de cul. Bon. C'est démodé et inexact comme vision des sauvages depuis au moins 60 ans, de même la survivance d'objets intacts, comme des appareils photos, sur 2000 ans (!) ne tient pas. Mettons ça sur le compte de la métaphore, mais même, ça reste caricatural.

Je m'attendais à quelque chose d'iconoclaste, et je me suis vu devant un conte désabusé et plat d'une certaine vision de la vie et de l'expérience humaine, où seuls comptent un hédonisme crétin et la réduction de la douleur liée au passage du temps. Cette description du vide de l'existence j'ai déjà lu et vu ça mille fois, et cette nostalgie de la jeunesse et d'un corps parfait ne m'a pas touché, c'est vrai, puisqu'étant né handicapé, je ne peux pas comprendre ce sentiment de "retour à l'acmé du corps", le mien a toujours été déglingué d'une manière ou d'une autre. De même, je n'ai pas compris cette complaisance dans la décrépitude, et cette vision de la vieillesse ou des limites comme mauvaises en soi.

Concernant la présence d'une secte, c'était assez rigolo, mais je reste sur ma faim. Bref, tout m'a paru assez timide, mais c'est peut-être parce que ma génération a l'habitude d'une certaine violence, graphique ou écrite, un peu partout, des snuffs movies, aux vidéos trashs sur youtube, et aux trolls sur les réseaux.
Est-ce que ses autres livres sont plus incisifs?
 
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Année vingt-quatre, de Patrik Ourednik

Cet auteur est cher à mon cœur; j'avais lu Europeana de lui voilà quelques années et diantre, quel choc! Ce minuscule opus complètement barré, grande fresque de l'histoire européenne du XXe siècle composée d'un flot continu d'images, de faits, de commentaires sans aucune hiérarchie (on passe de la vie sexuelle des hommes des années 20, qui "enduisent leur sexe de coke pour tenir" à La Nuit de Cristal dans la même ligne de texte!) m'avait bouleversé, tant Ourednik avait réussi non pas à dépeindre le XXe siècle en Europe, ni à le décrire ou l'analyser, mais à le faire ressentir.

Même topo ici: Année 24 reprend le jeu popularisé par Perec du "Je me souviens..." centré sur les années d'adolescence et de jeune adulte d'Ourednik, alors citoyen dans les années 60/70 de République socialiste tchécoslovaque, régime communiste sous la coupe de l'URSS. Mais Ourednik, si une fois encore il parvient à faire ressentir un monde disparu, celui des journaux propagandistes, des magasins en rupture de stock et de l'angoisse permanente entre blagues anti-régime et martyrs antisoviétiques, pervertit le jeu: première différence entre ses souvenirs et l'exactitude historique (sa mémoire parfois inexacte est soulignée par des notes du traducteurs), seconde différence entre ressenti d'un évènement et perception de l'époque, de commentateurs plus tardifs, ou même de ses proches.

Ainsi, la toile espiègle entre l'Histoire, la mémoire et la littérature se tisse, et on prend plaisir à se prendre au jeu, loin des documentaires pompeux et scolaires des chaines de TV éducatives, ouf!
 

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