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 Comment ne pas mettre trop de soi dans ses écrits ?

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Mâra
   
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Mâra  /  Mérou


Pour reprendre Irving, la majorité de ses romans parlent de boxe, d'ours, d'écrivains et de sexualité floue. Autant dire, un condensé de ses propres centres d'intérêt.
Je pense qu'en tant qu'écrivains nous avons parfois des schèmes, des transpositions, et si là est notre talent, mieux vaut ne pas se réfréner...
Parfois aussi nous avons besoin d'écrire sur ce qui nous ressemble, et parfois, sur ce qui ne nous ressemble pas.
Si tu ressens une pression par rapport à cela... Peut-être devrais-tu, oui, éviter ce chemin la prochaine fois. Mais j'espère que, sur le long terme, tu ne te laisseras pas bouffer Smile
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Zetta
   
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Zetta  /  Effleure du mal


Valéry > c'est une solution ! Non mais franchement. Je vais y réfléchir. Je suis prête à tout remettre en question... le roman ne repose pas sur la féminité du personnage alors après tout... J'ai peur de sonner faux mais bon... ça pourrait au moins se tenter.
Assume, haaaa oui, mais ça... ça ne se décrète pas... Question

Marâ > j'aime à penser qu'en vieillissant je vais devenir sage, vénérable, détachée des contingences matérielles et du regard des autres et, euuuh, enfin en tout cas j'y travaille ! :mrgreen:

Cat
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Richard-James
   
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Richard-James  /  Autostoppeur galactique


"Le problème quand vous écrivez en vous inspirant de votre vécu, c’est que vous prenez le risque que votre entourage se reconnaisse. Nous ne nous voyons jamais tel que nous sommes, et se confronter à l’image que les autres ont de nous-même peut s’avérer difficilement acceptable." James Dickens - King of DRAMA

Ça reflète exactement ma pensée. Et c'est le problème que j'ai avec mon premier roman dans lequel j'y ai mis tellement de choses personnelles, sans que ce soit pour autant biographique, que j'ai peur de le partager avec certaines personnes, notamment ma mère qui risque de mal prendre les traits de certains personnages ...
 
Marie Fav
   
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Marie Fav  /  Petit chose


Je n'ai écrit qu'un début de roman, mon personnage principal, une fille, ne me ressemble pas. (à part sur des petites choses, du genre qu'elle n'aime pas qu'on lui parle au réveil, mais pour son caractère, ce n'est vraiment pas moi).
Par contre, je suis persuadée que quand je ferai lire ce roman à des gens qui me connaissent, ceux qui ont du mal à me cerner (parce que nos caractères sont trop distants, par exemple) vont penser que je parle de moi.
A vrai dire, je m'en fiche, parce que je pense que ces personnes là imagineraient quelque chose de faux sur moi, même sans un texte.
Par contre, pour mettre un peu de moi dans le livre, j'ai crée un personnage secondaire qui me ressemble, qui n' a pas la même vie mais qui pense comme je pense et qui a les réactions que j'aurais. C'est une manière comme une autre de se laisser une place dans les romans.

Mais mes conseils sont à prendre avec des pincettes, j'ai à peine écrit 150 000 signes (d'ailleurs, je vais m'y remettre ^^).
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MaddyForeigner
   
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MaddyForeigner  /  Journal du posteur


Je ne pars jamais de ma propre vie dans mes récits, mais plutôt de mes lectures, des films que j'ai vus, de musiques que j'ai écoutées. Mais j'essaie de tenir le Moi à distance, le plus possible. Je me mets dans la peau de mes personnages, non l'inverse, autant que je le peux. J'ai passé la journée d'hier à écrire un échange épistolaire entre un homme et une femme. Pas le même caractère. Il faut que ce soit crédible, et il faut surtout que le style ne soit pas le même (et pas le même non plus que dans la narration). Je travaille la syntaxe, je joue sur la longueur des phrases. Par contre, à un moment, j'ai craqué parce que le personnage masculin m'agace, que je comprends ce qu'Agatha Christie a dû ressentir pour Hercule Poirot. Smile Mes parents  et plusieurs membres de ma famille ou de ma belle-famille ont lu mes récits. Mon père m'a dit qu'il y avait forcément une part de moi qui... Mais non, je ne suis pas psychopathe. Un auteur de thrillers n'est pas un assassin. Stephen King est sûrement très sympa.

Une lectrice voulait que j'écrive un roman uniquement sur Meredith (le personnage de Chicago Requiem présent sur mon avatar). Meredith est psychopathe, médisante, folle à lier. Quand j'écrivais au roman, je maîtrisais de mieux en mieux son vocabulaire, sa façon de parler, de penser. J'ai fini par basculer au monologue intérieur. Mais je n'en pouvais plus. À l'heure actuelle, écrire 300 ou 400 pages d'un roman intitulé Meredith... je finirais dans un hôpital psychiatrique.
En revanche, quand j'ai lu les thrillers de Karine Giebel, j'ai été soufflée par sa capacité à n'avoir aucune limite. S'il faut tuer de façon horrible un personnage ou décrire le viol d'un enfant, elle y arrive, ce qu'on lui a parfois reproché (dans les commentaires sur Amazon) : zéro limite. J'ai un côté trop rose bonbon par rapport à elle et tendance à me considérer comme une limite. Ceci étant, on sent que Karine Giebel condamne Sade ou les violeurs d'enfants : aucun doute là-dessus. Elle y met même les formes et une bonne argumentation. Mais au moment de mettre en scène des psychopathes, elle ne lésine pas sur les détails, elle y va à fond.

Ce que je veux dire, c'est qu'au-delà des éléments autobiographiques, ou pas, que l'on met dans ses fictions, il y a aussi le style, la façon de voir le monde, les limites qu'on a par rapport à la description des scènes érotiques ou de la violence. Le Moi censeur, en quelque sorte.
 
Séléné.C
   
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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


Mes personnages reçoivent beaucoup de mes lectures, de films, ou de gens que j'ai rencontrés...
Peu pensent comme moi
Très peu se conduisent comme je le ferais
Et pourtant... ils ont tous énormément de moi
En quoi ? à vrai dire, je ne saurais pas dire ce qu'ils ont... mais du seul fait que je dois "me mettre dans leur peau", ils en reçoivent. Peut-être (sûrement) que c'est infime.
Peut-être que ce sont des oppositions avec moi. Peut-être simplement des trucs refoulés. Ou bien dans des questionnements que m'ont inspiré les livres/films/rencontre sus-cités.
Mais ils en ont, c'est sûr.
DiscoBall est rempli (déborde) de salopards et de demi-cinglés...  mais je n'ai pu leur donner vie qu'en entrant dans leur peau. C'est très dérangeant, mais ce qui l'est encore plus, c'est de sauter de l'un à l'autre, et aborder la même situation de deux points de vue différents, voire opposés.
Ceci étant, c'est un texte qui pour moi est très constructif. Il m'oblige à envisager toutes sortes de personnalités, et équilibrer les subjectivités, sans tenter jamais l'objectivité du narrateur externe (laquelle a bien peu de chances d'être objective... puisqu'elle est le point de vue de l'auteur)
Par contre, je fais très attention à ne pas en créer qui puisse me ressembler de près, ou tout au moins pas qui oit plus qu'un figurant (mettre un figurant qui vous ressemble, c'est même assez marrant). Parce que là, je mettrais "trop de moi", ou risquerais de le faire
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MaddyForeigner
   
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MaddyForeigner  /  Journal du posteur


Inversement, en tant que le lecteur, on peut se retrouver dans les héros d'autrui. Récemment, Vance Weston dans Sur les rives de l'Hudson et les dieux arrivent d'Edith Wharton m'avait un peu fait cet effet. Une figure d'écrivain déconnectée, tête à claques, mais il me ressemble sur bien des points.
Et une lectrice de mon roman m'a écrit qu'elle avait mis du temps à le lire, avait du mal à écrire sa chronique (que j'attends toujours Smile ) parce qu'elle s'est retrouvée dans deux personnages (pas Meredith ! Very Happy Rose, plutôt... et pourtant, je trouve ce personnage moins fouillé).

Mais... je crois qu'on met aussi du moi dans ses lectures, dans son rapport aux personnages d'autrui.
 
Séléné.C
   
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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


C'est même un des principes élémentaires de la narration = le lecteur s'intègre mieux dans l'histoire s'il y trouve des personnages en lesquels il retrouve sa façon de penser et/ou ses préoccupations.
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MaddyForeigner
   
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MaddyForeigner  /  Journal du posteur


Un auteur étrange à ce niveau est Marguerite Yourcenar. Ses narrateurs se ressemblent, son univers est cohérent et elle se projette dans ses écrits.
Mais ce ne sont jamais des narratrices, le thème de l'homosexualité masculine est souvent central (pas toujours... Anna, soror...), son écriture n'est pas "genrée".
 
Irvyn
   
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C'est au contraire là où se trouve toute l'étrangeté : de souhaiter genrer ou voir un genre dans la plume. Des hommes qui se mettent dans le peau de femmes et des femmes qui se mettent dans la peau d'hommes est quelque chose qui me semble presque naturel, et pas aussi rare qu'on pourrait le penser. À moins d'écrire à une époque de profondes divisions, voire même de ségrégation, je ne sais pas vraiment comment (et, plus particulièrement encore, pourquoi) masculiniser ou féminiser une plume.

À Zetta :

Je ne me sens ni plus ni moins perdu lorsque j'écris du point de vue d'un homme ou d'une femme, ou même d'un personnage non affilié à l'un de ces genres. Idem pour ce qui est de la lecture, où je n'ai aucun frein à entrer dans l'esprit d'un personnage féminin. D'ailleurs, il est assez rare qu'un personnage soit strictement l'un ou l'autre. La plupart aurait pu être homme ou femme, sans changer grand chose à l'histoire.
Après oui, je pense qu'il existe plusieurs types d'auteurs. S'il y a ceux qui ont besoin de parler d'autres choses, de se libérer du quotidien et d'explorer des thèmes et des psychés différents, d'autres auteurs seront plus centrés sur eux-mêmes et auront ce besoin de parler d'un vécu.

Il y a peut-être un facteur empathie qui joue là-dedans, de pouvoir imaginer plus ou moins facilement les réactions d'un caractère éloigné du nôtre. J'avais déjà fait la comparaison entre auteurs et acteurs. Dans les acteurs, il y a ceux qui seront doués pour jouer un seul type de personnages, et d'autres qui pourront entrer dans des caractères complètement différents et les rendre crédibles.
C'est un peu définitif comme point de vue, mais limite, pourquoi chercher à concourir dans la catégorie qui n'est pas la tienne ? Si tu es douée dans le fait de jouer des personnages qui te ressemblent ou, de manière générale, avec un seul type de personnage, alors soit ! Fais une série de romans qui tournera autour de la vie de ce personnage au lieu d'empiler les personnages-clones dans une multitude d'histoires. Où est le souci ?


Dernière édition par Nordgia le Dim 29 Oct 2017 - 17:53, édité 1 fois
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Je ne sais pas si tu t'adresses à moi... mais je fais ce que je veux. Smile Et sûrement pas avec un seul type de personnage ou des personnages qui me ressemblent.

En revanche, quand j'ai eu les Mémoires d'Hadrien au programme de l'agrégation, la question du rapport de l'écrivain à son oeuvre était primordiale. De Marguerite Yourcenar à Hadrien.
Depuis le Nouveau Roman, et Robbe-Grillet, on part de l'idée que le personnage n'existe pas, qu'il n'est qu'un avatar de l'auteur.
 
Irvyn
   
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Citation :
Je ne sais pas si tu t'adresses à moi

Seulement le tout début du message, qui questionnait plus qu'il ne donnait des indications, comme tout le reste d'ailleurs. Ensuite ça embraye sur le sujet initial. Mais puisque ça porte à confusion, j'ai mis un signal dans le message.

Citation :
En revanche, quand j'ai eu les Mémoires d'Hadrien au programme de l'agrégation, la question du rapport de l'écrivain à son oeuvre était primordiale. De Marguerite Yourcenar à Hadrien.
Depuis le Nouveau Roman, et Robbe-Grillet, on part de l'idée que le personnage n'existe pas, qu'il n'est qu'un avatar de l'auteur.

Toute théorie a ses oppositions, et les exemples qui la contrediront ne manquent pas. Certains personnages sont des avatars de l'auteur oui, surtout ceux du mouvement cité, mais de là à généraliser à tous les autres, c'est beaucoup !
En ce qui concerne mes lectures, le côté avatar de l'auteur se fait plutôt rare.
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J'ai souvenir d'un colloque sur "la mise en voix des textes" dans lequel une universitaire nous disait qu'on ne doit jamais lire à voix haute un texte romanesque en donnant tel ou tel ton aux personnages parce qu'il n'y a qu'un seul personnage, l'auteur, et que tout doit être lu sur le même ton, avec du souffle, mais de façon uniforme.

En gros, le petit Chaperon rouge = le Loup = la grand-mère = Charles Perrault.

Je n'ai pas dit que j'étais d'accord, bien au contraire, mais c'est encore une thèse en vigueur.
 
Séléné.C
   
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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


Citation :
Depuis le Nouveau Roman, et Robbe-Grillet, on part de l'idée que le personnage n'existe pas, qu'il n'est qu'un avatar de l'auteur.
Est-ce une règle absolue et à suivre impérativement ?
Si on préfère aborder le récit de façon épique ou de façon réaliste, doit-on se l'interdire parce qu'entre-temps un mouvement littéraire a imaginé des personnages sans personnalité ou chacun peut s'incarner ?

Citation :
En ce qui concerne mes lectures, le côté avatar de l'auteur se fait plutôt rare.
si elles sont de la même nature que tes écrits... :mrgreen: je l'espère !!!

Plus haut sur le topic, j’évoquais le travail d'empathie à effectuer pour donner vie à un personnage.
J'ai l'impression qu'une "entité" sans personnalité propre n'exige pas de l'effectuer. (n'en sais rien...  impression). Donc, en effet, il peut devenir la coquille où se loge l'auteur... ou le lecteur.
J'avoue ne pas être tentée par ce type de narration.
J'ai besoin de personnages "vrais". Avec des défauts, des sensibilités, des blessures, des tracas...
Parfois pour aborder le récit selon le point de vue de celui-ci ou de celui-là. Parfois pour évoquer des choses que le lecteur peut avoir rencontrées (ou pas), mais sans les vivre.

Je ne suis pas diplômée de Littérature (j'ai étudié l'Histoire), mais le concept du Nouveau Roman me semble inverse de celui du Roman Réaliste. Deux façons d'aborder la narration... qui ont toutes les deux le droit d'exister.

Pour ceux qui prennent le topic en marche...
Zetta = 1° post du topic / question initiale

La question de départ, je crois, portait sur le fait de mettre (ou pas) une part de sa propre personnalité dans les personnages, et sur le risque qui en découle.
S'incarner entièrement dans un personnage est sûrement jouable, mais doit être encore plus troublant que d'endosser plusieurs "peaux", car il faut distinguer sa propre vie de celle du personnage.
Le faire seulement "plus que désiré" comporte le risque de produire des personnages très voisins entre eux.
J'ai très envie de renvoyer à ceci
http://jeunesecrivains.superforum.fr/t45107-test-de-mary-sue-gary-tsu-ou-comment-savoir-si-au-lieu-de-ladorer-vos-lecteurs-ne-risquent-pas-detre-irrites-par-votre-personnage?highlight=Gary+-
car plusieurs des questions se rapportent aux réactions ou particularités communes au personnage et à l'auteur.
Enfin... la question "trop de soi" me semble plus importante pour les personnages principaux que pour les autres. Sur ceux-là, ce sera tout le roman qui sera affecté (en son fil principal). Peut-être que pour contourner ce risque, on peut... créer un personnage secondaire destiné à "servir de déversoir" (peut-être?)

ça a posté pendant que j'écrivais
Citation :
En gros, le petit Chaperon rouge = le Loup = la grand-mère = Charles Perrault.
Quid des versions du conte antérieures à Perrault ?
Oui... les contes peut-être être interprétés de façon psychanalytique. Tout à fait d'accord....
mais ils sont aussi le résultat de mythes. Lesquels mythes séduisent parce qu'on y trouve inconsciemment des points d'accroche.
On peut en dire tout autant des personnages de roman. C'est ce que je voulais dire en parlant de mon "DiscoBall" où tous les personnages (pourtant très différents) ont reçu un peu de moi.
Mais... aucun ne l'est tout à fait, et la très grande majorité sont même assez loin.

Citation :
Jon ne doit jamais lire à voix haute un texte romanesque en donnant tel ou tel ton aux personnages parce qu'il n'y a qu'un seul personnage, l'auteur
A quoi ça sert que Ducros se décarcasse ?
Une narration à la 1° personne est probablement à lire d'une seule voix
On peut sans aucun doute lire d'une seule voix et laisser le lecteur imaginer (comme il le ferait avec une page de livre, où toutes les pages ont la même couleur)
Mais une lecture à voix haute s'apparente à l'acte de conter (tradition des conteurs), et au théâtre. Et là... je ne vois pas de raison de conserver le même ton tout au long
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MaddyForeigner
   
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Séléné.C a écrit:
Citation :
Depuis le Nouveau Roman, et Robbe-Grillet, on part de l'idée que le personnage n'existe pas, qu'il n'est qu'un avatar de l'auteur.
Est-ce une règle absolue et à suivre impérativement ?
Si on préfère aborder le récit de façon épique ou de façon réaliste, doit-on se l'interdire parce qu'entre-temps un mouvement littéraire a imaginé des personnages sans personnalité ou chacun peut s'incarner ?

Comme je l'ai précisé... je suis contre cette façon de considérer la fiction.
Ceci étant, depuis le Nouveau Roman, rien n'a émergé sauf l'auto-fiction.
Le thriller, la romance, la fantasy, etc. sont considérés comme de la paralittérature, des sous-genres littéraires.

J'ai étudié la littérature. Zola ou Maupassant ont déjà été au programme de l'agrégation, mais plutôt en littérature comparée. Quand Maupassant a été au programme de littérature française, pour ses nouvelles, ça a été un événement. Il y a une hiérarchie. (Je connaissais une docteur ès lettres sur Maupassant... et c'était difficile pour elle, parce que Maupassant n'est pas reconnu comme faisant partie des grands écrivains français, contrairement à Flaubert ou à Rimbaud).
Parmi les auteurs contemporains : Jaccottet, Novarina, Koltès...
La fantasy ou le thriller font une timide apparition (j'ai vu qu'un MOOC sur la fantasy avait été organisé). Mais globalement... ils sont à la marge.
Robbe-Grillet, Duras, Sarraute ont en revanche souvent été au programme de littérature française, Claude Simon aussi.

Pour le même ton tout au long, j'avais demandé le micro... moi qui suis plutôt timide, histoire de m'opposer au fait qu'on doive tout lire de façon linéaire, justement parce que j'étais contre. :facepalm: Mais c'est une théorie en vogue : le personnage n'existe pas. Il n'y a que l'auteur dont la voix unique est transmise par différents vecteurs, les personnages. On doit donc lire un texte à voix haute sans le dénaturer, donc sans mettre le ton.
Du coup, j'avais demandé le micro, défendu mon avis (lire un texte de façon monocorde à un enfant ou à un ado, ça a toutes les chances de ne pas le captiver, et les personnages existent pour les lecteurs !).
Mais ça avait duré deux jours.

Dans tous les cas, avoir l'agrégation et écrire des fictions me plonge depuis que je m'y suis mise dans une vraie bipolarité. Laughing (Parce que mes écrits seraient considérés comme mineurs par des professeurs de faculté, ou en tout cas par beaucoup d'entre eux... Le pôle le plus "moderne" et ouvert à la paralittérature est celui de la littérature comparée.)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paralittérature
(Ce qu'on retrouve dans le monde éditorial : la littérature blanche d'un côté, la littérature de l'imaginaire, ou la romance, de l'autre.)


Dernière édition par MaddyForeigner le Dim 29 Oct 2017 - 19:22, édité 6 fois
 
   
    
                         
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