PortailAccueilRechercherS'enregistrerConnexion
Partagez
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
 

 Concours d'essais 1 DEBAT : Les avancées techniques, néfastes et/ou bénéfiques ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 
Duvodas
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  5431
   Âge  :  25
   Localisation  :  L'Essone résonne, vide de ma Normandie natale...
   Date d'inscription  :  30/05/2012
    
                         
Duvodas  /  Buffalo Bic




Bonjour !  Very Happy 

Le concours d'essais  !
1ère édition
Votes et commentaires

Concours d'essais 1 DEBAT :  Les avancées techniques, néfastes et/ou bénéfiques ? Lecteur_001

REGLEMENT:
 

Nous en sommes donc à la quatrième étape :

Vote du texte élu et commentaires des différentes participations !


Citation :
Règlement du vote

(Merci de le respecter pour faire vivre ce projet !)

VOUS AVEZ DEUX SEMAINES POUR :

- Commenter sur ce topic-même

- Dans le cas d'une participation au concours, vous commenterez chaque texte

- Dans le cas d'une participation au vote uniquement, vous commenterez le texte que vous avez élu premier

- Dans tous les cas, vous fournirez par le biais d'un commentaire un classement de vos trois essais favoris

- Le nom des participants sera dévoilé lors de la communication du podium, et seulement s'ils le désirent


Échéance de la période de vote le 22 Juin !


LE THEME : Les avancées techniques, néfastes et/ou bénéfiques ?

Voici les quatre textes (dans l'ordre de réception) :

Essai n°1 :

Citation :
LE MONDE DES SYSTÈMES DE SIGNES SENSUELS

Bien des bonnes âmes condamnent encore les images, renouvelant après des siècles la querelle des Icônes. Ces pauvres images ont été accusées de toutes les impiétés. Aujourd’hui, nos modernes Iconoclastes les accusent doctement de ne pas contraindre la jeunesse “ à faire des efforts ”, leur contemplation n’étant point le fruit d’un travail encéphalique ardu, mais prétendument d’accueil paresseux d’une offrande, toute nue et prête à consommer. Comme si la lecture d’un livre d’écriture exigeait un véritable “ effort ” à notre imagination, comme si le refuge des pages imprimées n’était point en guise de fuite du réel, une addiction aussi grave que les autres.  Tant de publications, de discours, de propos ânonnés par d’importants sermonneurs, même étant supposés « progressistes », pire encore dans ce cas d’ailleurs, tant la sentence culturellement correcte des nouveaux clercs est tout aussi empesée pour ne pas dire plus, que celle des plus bourgeoises moralités, ont entonné inévitablement le récitatif de rigueur à l’encontre de ces pauvres images, source de tous les maux du siècle et cause de la décadence où nous entraîneraient les esprits paresseux. Tels des néo Platoniciens égarés dans une grotte d’où l’on entrevoit quelques silhouettes vaguement dessinées, qui admirent ce vieux grigou de Socrate en train d’embobiner un Phèdre préadolescent dans des discours alambiqués sur la « beauté intérieure » destinés à faire oublier sa proverbiale laideur et lui permettant ainsi de donner libre cours à ses fantasmes pédophiles désormais tout auréolés de philosophie, nos modernes contempteurs des images ont condamné en vrac la bande dessinée (avant qu’elle n’accède au statut de huitième art), le cinéma populaire (avant qu’il ne soit élevé au rang kitch et branché de “ cinéma de quartier ”), les émissions de télévision de divertissement (tant que les ans ne leur ont pas donné l’onction culturelle d’un morceau d’histoire vaguement attendrissant), le cinéma pornographique considéré comme humainement dégradant (surtout pour la femme, l’homme restant toujours gradé semble-t-il), et comme fâcheusement inesthétique (sauf bien sûr, dans les cas où on considère qu’il s’agit d’un concept “ rebelle ”, auquel un caractère éminemment contestataire confère immédiatement un petit air artistique.
Le miroir des images doit bien avoir quelque chose de diabolique, pour qu’une grande religion au moins ait interdit la représentation de la face humaine, l’autre l’ayant d’ailleurs réduite aux canons apprêtés de l’art religieux, jusqu’à l’édifiante industrie imagière des Bernadettes, chargées de la propagande cléricale.

Le savoir et les lettres ont en commun quelque chose de formel qui les séparent fondamentalement des arts : ils sont représentés par un même système de signe, celui du langage, celui des mots, alors que les arts utilisent un système de signes tout à fait différent : les signifiants en sont des couleurs, des sons et des formes, en d’autres termes, un système de signes sensuel, qui parle d’abord à notre corps, puis à notre émotion et seulement en dernier lieu à l’intelligence conceptuelle. Le savoir et les lettres d’un côté et les arts de l’autre, n’utilisent donc pas le même système de signe et ne s’adressent pas en premier lieu à nos mêmes perceptions.
La poésie, qui utilise le langage, mais caresse l’oreille et l’émotion, est à la frontière de ces deux systèmes. Le théâtre et le chant, qui utilisent aussi le langage, plus précisément un langage oralisé et souvent à caractère poétique, ont sur cette même frontière, une place à part car la mise en scène visuelle et la musique sont des manifestations de l’art.

En passant de l’un à l’autre de ces systèmes de signes le long de cet axe, l’adresse de la culture passe progressivement de l’esprit au corps, d’un système conceptuel et éthéré à un système concret et sensuel.
Cette différence de système de signe est fondamentale et elle a pour corollaire le changement de support : les arts utilisent la matière, qu’elle soit naturelle ou comme aujourd’hui artificielle, mais c’est toujours une matière concrète, alors que le savoir et les lettres mettent en forme cette abstraction qu’est le langage et ce langage peut être parlé ou écrit.
Avec l’invention de l’imprimerie, toute la culture proprement “linguistique”, a pu soudainement être reproduite et diffusée à une échelle extraordinaire : le livre est d’abord le premier média de masse. Les œuvres artistiques sont toujours restées uniques, et toutes proportions gardées, elles n’étaient vues ou entendues que par quelques personnes. Seule la musique pouvait se diffuser, justement parce qu’elle s’écrit, mais son interprétation ne pouvait être indéfiniment répétée.
Cette différence ne touche en fait que le support et le système de signe utilisé et non le message dont la valeur intrinsèque n’est pas concernée. Mais seule la forme est pertinente, seul le signifiant compte. Car c’est bien la forme et son support, en l’occurrence l’écriture diffusée à travers le livre qui a engendrée notre culture et pas une autre.
Pendant des siècles, la civilisation de l’écriture a piédestalisé les savants et les philosophes, mais a condamné les artistes et les saltimbanques, excommuniant même ses acteurs de théâtre. Or un grand acteur est d’abord un grand séducteur. Ainsi se retrouve dans la culture la même alternative que dans les comportements sociaux, où s’opposaient le monde de l’affection et celui de la séduction, mais cette fois en termes de raison et d’émotion. L’imprimerie a favorisé une des facettes de la culture, de façon hypertrophiée et sans doute anormale, car elle a permis une sorte de dictature en détenant ce qu’il faut bien appeler un monopole de la communication. Or l’écriture c’est beaucoup plus que la culture “littéraire”, c’est une véritable institution, celle de la plume serve opposée à la parole libre, même si elle est donnée. L’écriture serve a asservi la culture, et pas seulement la culture mais aussi nos institutions, surtout dans les pays latins, qui sont les berceaux des sociétés patrimoniales. L’écriture est l’instrument de pouvoir du scribe, du clerc, du fonctionnaire du technocrate et de la magistrature.

Mais voilà qu’il est devenu possible, un beau matin, de reproduire et diffuser en masse les sons, les couleurs et les formes. En d’autres termes, nous avons quitté la Galaxie de Gutenberg pour l’ère de l’audio-visuel, ce qui redistribue entièrement les données formelles du champ culturel. Dans le domaine proprement culturel, une redistribution des valeurs dominantes s’est normalement opérée. Le champ des arts, jusqu’alors relativement “mineur” a pris une nouvelle dimension, du simple fait que les œuvres d’art peuvent désormais être répétées à l’infini.
On peut désormais reproduire les sons, les couleurs, les formes. Naturellement, ce qui est créé n’est pas exactement identique à une peinture ou à une sculpture traditionnelle. Des impulsions électroniques ne sont pas comparables à une pâte colorée et l’art apprend à créer autre chose que la simple reproduction photographique des œuvres du passé. Mais l’art est en train de devenir le champ dominant de notre culture et comme il s’agit d’une culture à dominante orale, c’est normalement le chant, la musique et la danse qui en sont les éléments pertinents. Ce pan jusqu’alors considéré comme plus ou moins mineur des partitions culturelles, influence désormais notre système de pensée, de valeurs et nos comportements, comme l’avait fait naguère la culture écrite et imprimée.
Or les arts n’ont pas pour objet de convaincre mais de séduire, ils ne parlent pas en premier lieu à notre raison raisonnante, mais à nos émotions, même si la culture est censée “intellectualiser” nos émotions. D’un autre côté, toute une partie de la culture écrite, véhiculée par un moyen technique somme toute archaïque, a tout d’un coup basculé dans le passé, dans notre patrimoine intellectuel.
La société qui condamnait ses saltimbanques, idolâtre aujourd’hui ses vedettes qui sont d’abord des acteurs et des chanteurs.
Il est vrai qu’il nous est sans doute difficile d’imaginer un monde dans lequel seuls les peintres avaient le pouvoir magique de créer des images en couleur. Mais il faut peut-être simplement réaliser que leurs moyens de production, sur le plan technologique, étaient comparativement aux nôtres, absolument infimes et tout artifice qui était beau méritait alors d’être conservé, d’entrer dans le patrimoine culturel. De plus le monde était alors géographiquement limité. Dans notre monde qui vit à l’échelle planétaire, les capacités de produire des chefs d’œuvre sont beaucoup plus importantes et il devenu un peu illusoire d’espérer tout conserver, d’autant qu’une même création peut être copiée et répétée à l’infini.
Nous consommons notre art, l’art d’aujourd’hui qui est partout, dans nos vitrines, dans les rues et sur nos murs, dans des revues, des bandes dessinées sur des écrans de cinéma et sur des affiches dans nos rues. Bien sûr tout n’est pas œuvre d’art. Mais toutes proportions gardées, il y a sans doute exactement le même pourcentage de médiocres feuilletons télévisés qu’on a écrit de mauvais roman, et autant de vilaines affiches qu’on a peint de méchantes croûtes et donc le même pourcentage de chef-d’oeuvres. Simplement l’échelle de production est sans commune mesure. Et ce qui était contemplé est désormais consommé, c’est-à-dire détruit par l’usage qu’on en fait.

Essai n°2 :

Citation :
Comment résumer la connerie humaine en une seule phrase Sherlock ?
Bah facile, dit-il, (ton à la con et méprisant) les avancées techniques sont-elles néfastes OU bénéfiques ?
Bah euh, oui, parce-que quand on y repense, tous les mecs qui vont lire ces lignes sont quand même connectés non ? ALLO ? Non ? J’sais pas, j’dis ça comme ça. Après tout euh, je me trompe têtre là. Mais ça m’étonnerait vraiment, tu vois. Tu m’excuses si je te dis tu ? En fait je m’en tape.

Alors tu vois partant de ce point là, du mec connecté, j’aimerai bien voir la tête du gars qui me dira « Mais attend l’ami, la technologie c’est pas si cool que ça ! » tu l’as montre ta ganache qu’on rigole un peu. Ou sinon tu vas dire ça aux orangs-outangs à Bornéo ou Sumatra (je te laisse le choix de la destination, j’suis sympa hein !). Tu vois le lien ? Non ? Partant du principe de l’évolution, passe un appel à Charles il t’expliquera, on descend tous du singe (j’suis certain que tu le savais, même toi) et sachant que le gros Singe orange à poil long, voir le petit Gorille vermillon (je te laisse encore le choix pour la métaphore, DIS DONC c'est qu'il est sympa le Judas) est le plus proche de nous, l’humain, le majestueux, le king quoi, j’ai juste envie de dire que par réciprocité le mec qui a posé cette question est just a little bit abruti, mais juste un peu quoi. J’sais pas peut-être il préfère manger des feuilles et des bananes toute la journée (le vaste cliché des bananes) se taper des donzelles à longueur de journée sans ce soucier du CAC et du MH370. Moi j’ai envie de dire à celui-là, achète-toi une corde, je te fournis le tabouret ET GRATOS en plus, question de philanthropisme.

Tiens là t’es en train de lire, j’suis certain que ton chien ou même le poisson qui est dans son bocal est en ce moment même, mieux dans sa tête que toi, qui essaie de comprendre à quel point t’es un téubé si tu partages les convictions que l’évolution c’est pas bien. Tu vis dans un monde en perpétuel mouvement, (tu la connaissais cette phrase hein) et donc libre à toi de dégager au fond de la jungle amazonienne avec des tribus à la con, j’suis certain que le réfractaire au changement que tu es, sera plus peinard là bas. D’ailleurs je comprends toujours pas pourquoi t’es sur internet en train de lire ce texte, tu m’expliques ? steuplait ! Allez ! Condescendance. Ok si tu le prends comme ça.

On pourrait élargir le champ aussi pour mettre un peu de concret mais on va vite atteindre le point Godwin, quelle notion à la con ça quand même, tout comme le nominalisme qu’on est en train de conceptualiser chaque jour qui passe. Ou sinon Boum, on décolle vers le septième ciel et on rejoint dieu, y’a que les croyants qui peuvent penser que les avancées sont néfastes. Mais attends, je réfléchis. Flagelle moi si je me trompe, c’est pas dieu qui à crée la lumière ? Bah, c’est quand même marrant ça, parce-que même là, le mec qui croit, il est sacrément con en fait, de dire que ça ne rime à rien les avancées, parce-que son dieu a crée la lumière, c’est pas une petite avancée quand même ça. Encore une fois je dis ça, je dis rien. Alors, toujours en élargissant on va parler de nihilisme, ou d’épicurisme à voir, mais là aussi dans les deux cas les mecs peuvent pas dire que l’évolution est mal foutue, parce-que somme toute, l’un comme l’autre ils font quand même bronzette avec de la crème anti-uv sur un transat avec des ray-ban. Alors bon, réduisons le champ. Are you ready cadreur ? Nikel ! Ok – syva !

Au lieu de se focaliser sur le Grand, on va zoomer sur un autre truc, tiens, notre tribu amazonienne. Espérance de vie à tout péter 45 ans, régime alimentaire peu diversifié, maladies abondantes, population en voie d’extinction. Attend deux secondes, y’en a peu qui à une pelle là ? T’es pas sérieux, même eux ? Non j’te crois pas, l’évolution est arrivé là bas ? Chapeau. Mais t’être c’est mieux de vivre comme eux, j’sais pas moi (surtout que même eux ils ont des dieux). Je me demande s’ils ont une meilleure vie. Faudra leur demander, si de mourir du typhus ou de la variole à 5 ans c’est mieux que de finir à 95 ans dans une maison de retraite. Au fond, c’est con mais on est tous pareil face à l’évolution, jeune ou vieux on crèvera tous un jour ou l’autre, avancées techniques ou pas. Oups on me dit à l’oreillette que c’est pas dit. Ah bon ok pourquoi ? J’sais pas les cellules souches, la greffe de tête, y nous reste quand même 8 milliards d’années avant THE BIG END. Oh putain le ouf ! Il croit en ça. Non, euh, j’émets des hypothèses.

Tiens je me demande, Oscar, tu sais le mec qui a buté sa femme, le gars champion paralympique au 400 mètres. Si PUTAIN, l’handicapé qui a courut avec les valides au JO. Voilà, lui. Tu crois qu’il était content gosse d’avoir des prothèses, pour courir, faire des trucs de mecs normaux. J’sais pas moi, j’pense que ouais quand même. Bon après viens pas me dire parce-que je la vois arriver, que sa femme a pas eu de chance. Tu sais l’évolution des armes à feu, avec un vieux colt les balles auraient pas traversées la porte. Tu l’as vue l’antithèse à la con là ? Celle que certain vont nous sortir avec un point de vue trop réduit. Bah voilà, j’suis même certain qu’on va avoir droit, et ça va faire ma journée, à cette phrase  « D’un certain point de vue euh… » Mais tais-toi donc, j’ai pas voulu dire ta gueule, je reste poli dans mon essai (ou pas). C’est pas que je trouve les partisans de la thèse contraire teubé, non, sinon y’aurait pas débat, juste que, un thème aussi pourrit, pour la simple raison que la réponse est connue de tous, c’est totalement absurde, un peu comme ce que je viens d’écrire en fait. S’y faut c’est complètement con et j’ai complètement tord. J’serai pas étonné même. Tien vaste débat, peut-on être partisan d’une thèse à laquelle on n’adhère pas ?
T’as vue, il est énorme il a même fait une ouverture. Oh le mec O_o
(Modo, touche à rien – laisse le smiley et me pète pas l’italique,  ou je fais un scandale =))

Essai n°3 :

Citation :
Monologue de Dédale, en présence du fantôme d’Icare.


DEDALE – La technique est le moteur du progrès car les changements matériels qu'elle induit se doublent d’une révolution morale. La high-technology a succédé à Dieu comme éminence lointaine mais présente au quotidien, à l’origine de tous nos revers et de tous nos succès, qu’on implore ou qu’on maudit. Je regarde avec curiosité les gens prier leur ordinateur d’aller plus vite, ou pester contre leur téléphone qui leur échappe des mains. Nous nous adressons aux objets comme à des totems dotés d’un pouvoir mystérieux et inexplicable sur notre existence. Comme Dieu, ils pourraient balayer nos tourments, peupler notre néant, nous distraire de notre vanité ; mais il y a une différence majeure. Nous n’avons pas d’emprise sur Dieu alors que nous avons conçu les objets nés du progrès technique. Ce sont autant de réparations géniales de la Création imparfaite, qui produisent des objets-reliques, reliques non pas religieuses mais humanistes, sur lesquelles on peut se recueillir avec respect et béatitude pour nos semblables concepteurs, inventeurs, thaumaturges. En succédant au Créateur unique en tant que concepteurs, nous avons « tué le Père » et nous nous sommes débarrassés d’un fardeau ancestral. Nous avons libéré l’humanité de ses doutes. D’aucuns disent que avons exacerbé notre vanité en multipliant les fétiches (c’est pourtant Dieu qui a créé l’homme à son image) mais cette entreprise avide de transformation de la nature révèle en fait le génie et le rayonnement prodigieux de l’humanité. L’homme s’applique, avec humilité, à mettre en valeur son environnement et à améliorer la Création, dont les imperfections sont évidentes. Ce n’est qu’entre les mains de certains, orgueilleux et intempérants, que la technique est néfaste. Je n’ignore pas les dangers d’une utilisation abusive, aveugle, égoïste de la technique mais je plaide pour une éducation de mes concitoyens, qu’il faut éveiller à la lumière de Prométhée comme autrefois le curé enseignait les préceptes de la Bible à ses ouailles. Prométhée nous a donné le génie, comme Dieu une âme ou le libre-arbitre : à nous d’en faire une utilisation éclairée. Voilà pourquoi, à chaque fois qu’il est question de plaider pour une cause ou de la condamner, prudence. Car la diversité s’imprime en tout et sauve d’un jugement entier et définitif n’importe quoi ; à commencer par le génie technique. Il a engendré indifféremment le moteur à combustion et l’orfèvrerie, la roue et l’électronique, l’agriculture et la perspective en peinture. L’art et la politique, au même titre que la science, ont basculé d’âge en âge au gré des avancées techniques, moteur du progrès par excellence. Elles ne sont pas bénéfiques, ni néfastes, c’est notre usage qui le détermine.

ICARE – Dans sa religion d’hérétiques, mon père est le dévot qui pare la vanité d’une feuille de vigne. Moi, j’en rougis perpétuellement car elle m’a brûlé les joues il y a longtemps. Il n’y a pas d’usage vertueux de la technique possible, pas plus que nous sommes fautifs de mal utiliser des objets qui ont plus d’intelligence que nous. Dédale a donné à ses enfants la science sans la conscience ; ils ont hérité des richesses mais pas du discernement. Alors abandonnons la technique et ses fruits pourris. Ce n’est qu’en chassant le génie que la morale affleure, car il y a trop d’aléas dans son usage. Il n'y a pas de troisième voie entre la tranquillité abrutissante des Arcadiens et la folie ravageuse des Dédaliens, sinon une chute mortelle.

Essai n°4 :

Citation :
Sur les éventuels dangers des mouvements de la technique





Quand des hommes de science intimidés par les hommes de pouvoir égoïstes se contentent d’amasser le savoir pour le savoir, la science peut s’en trouver mutilée, et vos nouvelles machines pourraient ne signifier que des tourments nouveaux. Vous découvrirez peut-être avec le temps tout ce qu’on peut découvrir, et votre progrès cependant ne sera qu’une progression, qui vous éloignera de l’humanité. L’abîme entre elle et vous pourrait un jour devenir si grand qu’à votre cri de joie devant quelque nouvelle conquête pourrait répondre un cri d’horreur universel.
Bertold Brecht La vie de Galilée, tableau 14




Lorsque nous parlons d'avancées techniques, l'assimilation de cette idée à celle du progrès est extrêmement courante. Mais il serait dangereux de ne pas clarifier cette situation. Car si l'avancée technique est bien un progrès, au sens ou elle constitue un perfectionnement, une amélioration d'une technique, il n'est pas garanti qu'elle soit un progrès sur le plan moral. Ce terme d'avancée désigne un mouvement linéaire dont les critères se basent sur des constatations évidentes et absolues. La technique à l'origine d'un satellite est plus complexe que celle à l'origine d'un tire-bouchon. Par technique, nous entendrons un ensemble de mouvements pouvant être matériels aussi bien qu'immatériels, et ayant pour objectif l'aboutissement à un but donné, mouvements transcendants la nature car ne s'y trouvant pas. La technique est fondamentalement le dépassement de la nature par les moyens de la nature. Elle est naturelle, au sens où se trouve dans la nature la possibilité que cette technique existe (sans quoi elle n'existerait tout simplement pas), mais elle n'est pas nécessaire. La technique existe en puissance dans la nature, et c'est l'intervention humaine qui la fera exister en acte. Une avancée technique est, soit le surgissement d'une nouvelle technique, soit le perfectionnement d'une technique déjà existante, ce qui passe le plus souvent par la production d'un objet technique plus performant que ses prédécesseurs (un objet technique étant un objet ne se trouvant pas à l'état naturel mais découlant d'une application de la technique sur la nature). Cette quête de progrès technique est la conséquence d'un désir de confort.

L'homme cherche à modifier son environnement, afin de pouvoir y survivre le plus commodément possible. Il fait donc appel à la technique pour tordre son milieu de vie et le modeler à sa guise. L’avancée technique signifie de plus grandes capacités de modelage de cet espace. Ce progrès technique est motivé par l'insatisfaction humaine face à ses conditions de vie. Si nous observons les inventions ayant du succès, toutes ont pour but premier de nous faciliter la vie. Les machines nous transportent plus loin et plus vite que nos jambes, la lumière électrique supplée à celle du soleil et la médecine peut remettre d’aplomb des corps qui, sans elle, sont irréparables. Ainsi, c'est notre volonté de nous rendre la vie plus aisée, meilleure, qui motive notre quête de progrès technique. La technologie suit une courbe ascendante, montant vers la performance et l'ergonomie (utilisons ici le terme de technologie au sens brut : le discours sur la technique, son étude, et son évolution chronologique). Il est vrai que sans ces progrès, nous ne saurions mener une vie agréable, et ce pour une seule raison : les avancées techniques nous libèrent de la peur. Cette peur est la peur primale, la peur de la mort, le moteur originel du progrès. Si nous devions nous soucier de trouver notre pitance quotidiennement et de manière primitive, que nous devions établir nos habitats de manière précaire, et ne vivre que pour assurer la pérennité de notre espèce, nos esprits seraient beaucoup plus anxieux et donc beaucoup moins disponibles à la création artistique ou à la réflexion autre que celle permettant la survie.

Cependant, où la nécessité s'arrête-t-elle, et où commence le superflue ? Et où le superflue entame-t-il le domaine du néfaste ? Se débarrasser de plus ne plus massivement des tâches rébarbatives de la vie est-il sans risque ? Je dirais que cela ne sera véritablement sans risque que le jour où la vie toute entière des êtres sera prise en charge par la technologie, une situation équivalent à la fin de l'humanité (qui ne serait alors qu'une vaste horlogerie à l'avenir bien réglé, se verrouillant dans une boucle infinie). Pour le moment, l'assistance technique menace d’entraîner une perte de responsabilité chez l'individu, celui-ci considérant que tout autour de lui est soumis à une infaillibilité découlant d'une technique considérablement avancée. Et nous oublions dans cette mollesse d'assistanat comment vivre sans cette technologie, dans un dangereux état de dépendance. Ravage, le roman de Barjavel, est une remarquable illustration de cette situation hypothétique.

Le progrès technique est à la fois porteur de bénéfices et d'inconvénients, les deux se contrebalançant. Il faut trouver le point d'équilibre ou la technologie balance les manquements de la nature, et où l'homme garde son indépendance. Il ne peut se détacher tout à fait de la technique, car cette dernière est ce qui lui permet de vivre, mais il ne doit pas non plus vivre uniquement par elle. La technique est un soutien qu'il faut perfectionner, sans qu'elle ne devienne un carcan.

Il nous faut nous rappeler que la technique est neutre. Ni mauvaise, ni bénéfique. On ne peut désigner une technique comme unilatéralement bonne ou néfaste, car cet aspect moral se trouve dans l'application de la technique par l'utilisateur, non dans l'outil en lui-même. Un marteau peut aussi bien servir à la menuiserie qu'au meurtre. Et si certains objets techniques sont orientés vers une utilisation plus ou moins correcte moralement, la technique qui est à leur origine ne peut être légitimement catégorisée. Une arme à feu est faite pour tuer (ce qui dans la morale universelle latente est mal), mais la technique qui est à son origine, à savoir la poudre permettant de projeter avec une grande force un projectile, n'est pas mauvaise. L'exemple le plus remarquable est la technologie du nucléaire. D'un côté, elle engendre une source d'énergie gigantesque, de l'autre, la matrice de la plus puissante arme jamais construite, celle qui est à l'origine de l'équilibre de la terreur actuel. Nous n'avons aucun échelle de valeur morale où classer les techniques. Elle sont toutes à égalité, dans leur neutralité ambivalente. Nous devons nous contenter de juger leurs applications.

Peut-être faudrait-il alors se référer au critère du moindre mal. Une technique pouvant causer plus de mal que de bien, lorsque elle est poussé à l'extrême dans l'intention bénéfique et l'intention maléfique, doit être refusée. Mais ce raisonnement ne satisfera pas. Un médicament soignant mille personnes, s'il en tue une, sera condamné. Actuellement, nous refusons tout dommage, et plutôt que de risquer sciemment pour obtenir un grand succès, il est préféré de fermer les yeux et de laisser la situation en l'état, en se dédouanant de toute responsabilité. Considérons donc le plafond de la technique comme étant le stade où tout progrès serait inutile, voire néfaste, et où par conséquent les avancées techniques stoppent. Dans le domaine de la force de frappe guerrière, nous nous sommes arrêtés à la bombe nucléaire, bien qu'elle ait été perfectionnée depuis sa première version. L'objet est toujours le même, et il serait stupide de vouloir le dépasser (donc créer une bombe encore plus destructrice) car la puissance actuelle de cette arme est suffisante. Elle maintient un équilibre de menaces entre tous les pays qui ont conscience, de par la formidable force de ces engins d mort, qu'un affrontement aboutirait sur une défaite de part et d'autre. Créer plus puissant ne serait pas utile, mais dangereux. Le progrès technique militaire doit alors se concentrer sur un autre secteur.

Le progrès doit découler d'une nécessité, non pas d'un caprice. Distinguer les désirs naturels nécessaires, les désirs naturels non nécessaires et les désirs non naturels, à la manière d’Épicure, voilà ce qui peut nous permettre de juger si telle avancée technique est bénéfique ou non. Les premiers relèvent de la survie, les deuxièmes du plaisir superflu mais sans danger, et les troisièmes de l'artificialité aveuglante conduisant par excès d'orgueil et de désir sur un chemin dangereux.

Alors oui, il est légitime de considérer que l'avancée technique qui consiste à pouvoir réduire en poussière un million d'humain en quelques secondes est néfaste, mais ce jugement  moral ne doit s'appliquer qu'a l'objet, pas à la technique dont il est issu. De plus, c'est l'utilisation efficiente de l'objet technique qui scellera son ancrage moral. Il est toujours possible d'user d'un outil d'une manière autre que celle qui lui était prédestinée.

Concluons là ce rapide et chaotique exposé. L'avancée technique, motivée par la volonté de l'homme à faciliter sa vie, ne peut être jugée moralement qu'en fonction de son emploi. Et même ainsi, ce n'est pas la technique en elle-même qui est jugée, mais l'intention qui l'utilise. Quelle que soit la manière dont la technique est utilisée, elle reste neutre. Ce qui signifie qu'elle est capable du meilleur comme du pire. Ainsi, il faut prendre garde devant toute nouvelle avancée, qui, même si elle est engendrée par une motivation à faire le bien, peut à tout moment être retournée et employée dans un but contraire. L'avancée technique, bien que neutre, ne peut s'affranchir d'une réflexion sur ses éventuelles applications. Sa neutralité ne la dédouane pas de sa responsabilité en cas d'usage malséant. La mesure est la clé : puisqu'on ne peut se départir de la technique, mais que celle-ci fait planer sur nous une menace sourde. Les avancées techniques sont les étincelles d'une espèce qui joue avec le feu. Elles peuvent tout aussi bien allumer des foyers réconfortants que déclencher un incendie ravageur. La recherche du progrès technique est un terrible danger qui couve dans une nécessité irrépressible.


Bonne lecture ! Very Happy



Dernière édition par Duvodas le Sam 28 Juin 2014 - 15:20, édité 3 fois
 
Andywall
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  20
   Âge  :  46
   Localisation  :  Toulon
   Pensée du jour  :  Une oeuvre d'art est un coin de la création vu à travers un tempérament.
   Date d'inscription  :  26/09/2013
    
                         
Andywall  /  Homme invisible


Bonjour,

Serait-il possible d'avoir une version PDF de ses essais ?
 
Duvodas
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  5431
   Âge  :  25
   Localisation  :  L'Essone résonne, vide de ma Normandie natale...
   Date d'inscription  :  30/05/2012
    
                         
Duvodas  /  Buffalo Bic


Je viens de mettre en page les différents textes du concours. Je peux mettre le PDF à disposition par mail à la suite d'une demande en mp, oui. Smile
 
Séléné.C
   
    Féminin
   Nombre de messages  :  13320
   Âge  :  46
   Localisation  :  Côte d'Or & d'Opale
   Pensée du jour  :  Confiance et longueur de Temps...
   Date d'inscription  :  11/01/2013
    
                         
Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


Heu... C'est ici qu'il faut voter ? Je ne vois pas un seul commentaire encore...
http://scriptorium2.canalblog.com
 
Duvodas
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  5431
   Âge  :  25
   Localisation  :  L'Essone résonne, vide de ma Normandie natale...
   Date d'inscription  :  30/05/2012
    
                         
Duvodas  /  Buffalo Bic


Oui, Séléné C. Smile Si tu postes, tu seras la première à donner ton avis.

Je suppose qu'il faut que quelqu'un prenne la main pour inciter les autres, c'est un nouveau projet. Smile
 
avatar
   
    
                         
Invité  /  Invité


Disons qu'il y avait un autre fil là donc bon, on savait pas trop (pour moi je parle lol)
 
Séléné.C
   
    Féminin
   Nombre de messages  :  13320
   Âge  :  46
   Localisation  :  Côte d'Or & d'Opale
   Pensée du jour  :  Confiance et longueur de Temps...
   Date d'inscription  :  11/01/2013
    
                         
Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


Bien que n'ayant pas participé au concours, je me fends d'un commentaire par texte...

Essai 1:
 

Essai 2:
 

Essai 3:
 

Essai 4:
 

Mon classement =
Essai n°3 / Monologue de Dédale
Essai n°4 / Sur les éventuels dangers de la technique
Spoiler:
 
Essai n°2 / Comment résumer la connerie humaine en une seule phrase, Sherlock ?
http://scriptorium2.canalblog.com
 
avatar
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  100
   Âge  :  37
   Date d'inscription  :  05/04/2014
    
                         
Le_Chiant  /  Barge de Radetzky


Anson a écrit:
Cela dit, des essais ne sont pas vraiment une galanterie littéraire, c'est le fond qui compte.

Bof. Si le lecteur a les yeux qui saignent dès la première phrase à cause de la forme, le fond est condamné à rester du domaine de l'illusion.

Bon, j'ai quand même essayé de jeter un œil – en diagonale, faut pas pousser. Aucun suivi dans la réflexion (à vouloir écrire alambiqué, tu t'es paumé toi-même) ; horreurs historiques genre le livre est d'abord le premier média de masse (si tout le monde avait appris à lire avec l'invention de l'imprimerie, oui ; mais vu que non, la voix qui s'écrie a bien toujours été le premier média de masse, depuis les crieurs publics jusqu'à la radio – le pékin moyen entend depuis l'Antiquité et même avant, mais il ne sait lire que depuis peu) ou les pays latins qui sont les berceaux des sociétés patrimoniales (ça, on se demande juste d'où ça peut bien sortir) ; confusion entre art et divertissement. Et un oubli fondamental qui en découle (mais en parler revenait à remettre en question ta manière d'écrire, donc bon...) : l'écrit et le pouvoir, l'écrit et l'administration, l'écrit et les arts – tout ça t'en parles. Mais l'écrit et la communication non-officielle ? Elle est là la révolution actuelle : tout le monde s'est mis à écrire, ces derniers temps – souvent des futilités, mais on est pas dans le qualitatif, là.

"La culture concerne les objets et est un phénomène du monde ; le loisir concerne les gens et est un phénomène de la vie." L'autre connasse d'Hannah Arendt qu'a dit ça, dans La crise de la culture. 1961, quand même ; ça t'a laissé le temps de le lire. Elle a tapé dans le mille en quelques mots là où toi, avec tes centaines, t'es encore en train de chercher la cible : tes vedettes, c'est pas de l'art ; faut pas mélanger tout – si ce qui était contemplé est désormais consommé, c'est juste parce que tu te plantes sur les définitions.

Manque de bol, une fois qu'on a fait le distinguo entre art et loisir, y a tout un pan de ton truc qui s'écroule. T'aurais mieux fait de continuer sur ta lancée initiale avec l'évolution des tenanciers de l'écriture : pouvoir, artistes et... peuple (y a bien un départ de quelque chose dans ce sens au début, mais c'est pas exploité), le mépris des deux premiers pour l'autre, laissé à l'écart jusque ces dernières années.

L'histoire à peu près récente, niveau langue, elle se résume en trois évènements : Villers-Cotterêts, 14-18, Gates/Jobs/Zuckerberg. En gros : uniformisation élitiste (administration, plumitifs – tu distingues les deux, y a pas de raison : c'est les artistes qu'ont fixé la langue de l'administration, j'te f'rais dire !), uniformisation populaire, appropriation populaire. Démocratisation de l'écrit : communication, au sens large ; nouvelles formes d'écriture, à usage pratique. Sus aux éthymologismes (sic) esthétisants, à la beauté de la langue sans laquelle Voltaire et Hugo n'existeraient pas ; la vraie langue de Molière, enfin ! Le but est plus d'en imposer, mais de se comprendre. Remise en question rendue possible grâce aux technologies de l'information. La philosophie de la langue, qu'on dit, elle est en plein boum.

Y a bien toujours des arriérés qu'écrivent comme dans les livres. Et y en a plein, partout, des qui considèrent qu'écrire nouveau ce serait régresser (ce serait pas l'homme qui serait néfaste au progrès, des fois ?). Z'ont un discours tout près, à base d'écriture SMS et tout, en oubliant que les Ritals sont pas plus cons que nous. Les artisses autoproclamés, garants de l'esthétique langagière. Pas grave si les trois quarts du pays sont incapables d'écrire la langue (y a qu'à voir le niveau ici, hein) : on la garde coûte que coûte, pour la beauté de l'art, rendre hommage aux grands littérateurs d'avant, surtout faire comme eux et se donner une contenance. L'héritage qu'empêche d'aller de l'avant ! Passé simple, que l'on. Chiures poussiéreuses, ouais. Oubli que ce qui fait une langue, c'est l'usage – des décisions arbitraires aussi, parfois. Et qui dit démocratisation de l'écrit dit des nouveaux, d'usages : maintenant que le peuple s'est approprié l'écriture via les nouvelles technologies, il devrait pouvoir s'approprier la langue, en faire ce qu'il veut (comme même, erf). Quand tous les plus de quarante ans seront morts, on pourra enfin s'amuser à faire des sodo-gravier aux hakadémissiens (la gueule des mecs, déjà : pas un de crédible).

Finalement, pas vraiment surprenant qu'un qu'aime se lire (l'esthétique au détriment du reste) passe sous silence tout cet aspect de l'évolution finale : la forme doit être accessible à tous pour faire passer un fond d'idée – ce qui est quand même le but de l'essai, non ? Question de pertinence aussi, de support : le livre peut se permettre d'être abordé de manière contemplative ; le web non (une langue par support, les Égyptiens faisaient déjà dans l'Antiquité – argumentum ad antiquitatem qui devrait en décomplexer plus d'un). Là, ici, on est dans le pratique. Mets-toi au niveau des esprits paresseux : écris simple, pas comme ces importants sermonneurs sur lesquels t'ironises mais qui sont pourtant tes modèles – en plus t'écris pas aussi bien que tu voudrais le croire, contrairement à eux, ta ponctuation est régulièrement foireuse.

V'là la réflexion que devrait lancer l'usage massif des nouvelles technologies, qui plus est sur un forum de gens qu'écrivent. Peut-on faire du neuf en écrivant toujours comme les vieux ? Mais nan, aucune distinction entre du bouquin et du webien : le rêve c'est toujours d'être publié en papier, avec les codes ancestraux. L'égo d'avoir un merdier à son nom dans les rayonnages, à côté de noms ronflants, même si ça a déjà été écrit mille fois. Maman, chuis un artisse ! Le contemplatif dans tout ce qu'il a de superficiel. Pathétique.  

Tout ça pour dire, pas génial comme essai : une fois retirés les erreurs, les raccourcis, les contresens, reste pas grand-chose – un ramassis de remarques pas idiotes du tout, mais qui vont pas assez loin (dans ce que j'ai écrit, tu peux remplacer écriture par image, hein, si tu veux : j'ai pas multiplié les exemples pour éviter le bordel). On se prend à regretter que la philosophie d'Oxford, celle du langage ordinaire, ait pas percé en France : moins de branlette, plus de concret.

Bon, et pour que les autres soient pas jaloux :
- texte 2, trop long pour, au final, pas grand-chose de bien transcendant ;
- texte 3, ça nous emmène pas bien loin non plus, mais bon, ça a au moins le mérite d'à peu près se lire ;
- texte 4, ça sent la dissert' de collégien, avec tous les défauts inhérents (trop long, je détaille pas).

Z'avez de la chance, j'ai pas joué ; sinon c'était la branlée assurée.


(Le mec est quand même capable de donner son avis sans avoir rien lu – et tant pis si ça tombe à côté.)
 
avatar
   
    
                         
Invité  /  Invité


la littérature a toujours été un travail sur la langue (ce qui ne signifie pas forcément tendre vers une langue littéraire normée, qui du reste n'existe pas), on ne peut pas la réduire à une fonction de communication. D'ailleurs la langue pseudo-oralisée de tes messages est aussi maniérée, voire d'avantage, que celle du premier essai.
 
avatar
   
    
                         
Invité  /  Invité


Séléné a écrit:
la connerie c'est vraiment ton sujet de prédilection !

Quoi on parle de moi ? XD. Youp, j'ai écrit ça en deux deux. Mais en même temps, j'veux dire, le thème est vraiment à chier (et pour le coup j'déconne pas). La preuve, de mémoire 59 votes et 4 participants, c'est quoi cette embrouille là. Tu votes, tu participes, sinon tu fais pas chier avec un thème trop chiant. Quelle connerie de l'espace ce thème -_-
La thèse du truc @séléné (à force je vais le faire ce jeu de mot pourrave) c'est que les avancées sont pas néfastes MAIS over bénéfiques (j'ai l’impression pour une fois d'avoir le point de vue du connard de base). Je crois que c'est une première pour moi, d'être aussi unanime sur un sujet. (ouais j'ai 38 000 avis tt le temps, j'deviens teubé têtre, m'enfin, m'enfin...)
En plus on m'a péta l'italique, j'en étais sûr. C'est pas comme si je l'avais pas dit...

Judas a écrit:
me pète pas l’italique,  ou je fais un scandale =)

Ah merde, bin si, lol. PG.

Non, mais franchement même si c'est pas forcément relu (y'a kaem bcp de trucs fait exprès, majuscule aux singes, etc...) et que c'est écrit à la Usain Bolt, on peut dire que j'suis devin... J'avais prévu le texte 3 et le 4  :Electricité: . Bon c'est vrai j'ai été con SKE le 1, j'aurai pu l'avoir aussi BORDEL ! Je touche le couplé c'est djà pas mal. Dire que j'aurais pu avoir le tiercé PUTAIN !

Alors les votes :

Le 3 en premier. Marrant. Pas inattendu mais presque. Et puis ça me flatte lol. Icare est mon idole dans la mythologie donc wei, le premier, c'est toi  Twisted Evil 
Le 1 en second. ça m'a vraiment soûlé, mais grave quoi. L'affirmative têtre... Fin, je sais pas, mais y'a un truc que j'aime pas qui se dégage du texte. L'impression qu'on veut faire la leçon. J'ai ce sentiment de lire une de ces connes à 18 de moyenne en M2 qui se prend pour tout sauf de la merde. Puis c'est scolaire et barbant. Ouais putain, j'ai détesté.
Au moins ça m'a pas laissé indifférent, si tout le monde pouvait me faire les même coms serait happy. Allez check bro'
Le 2 en troisième. Le gras m'a tué. Je l'ai lu à 16 heures, demi heure plus-tard je posté mon premier com avec du gras de mon histoire. Balèze ça. Sinon pareil que le 1 en plus modeste, moins pompeux et moins culturé (la ramène pas j'aime le dire comme ça).

En résumé : Je vais m'en boire une.
 
Séléné.C
   
    Féminin
   Nombre de messages  :  13320
   Âge  :  46
   Localisation  :  Côte d'Or & d'Opale
   Pensée du jour  :  Confiance et longueur de Temps...
   Date d'inscription  :  11/01/2013
    
                         
Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


Ah bon... Les singes, c'est fait exprès. OK.

Dans ce cas, je conseille d'en mettre à chaque partie de leur nom
gros Singe orange à poil long, voir le petit Gorille vermillon
(voir (verbe) => voire (éventualité) )
Gros Singe Orange à Poil Long, voire le Petit Gorille Vermillon

Heu... C'est quoi "over bénéfique" pour toi ?
(laisse béton suis conne comme la lune)

http://scriptorium2.canalblog.com
 
Duvodas
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  5431
   Âge  :  25
   Localisation  :  L'Essone résonne, vide de ma Normandie natale...
   Date d'inscription  :  30/05/2012
    
                         
Duvodas  /  Buffalo Bic


Judas, je suis désolé si j'ai écorché ta mise en page, j'apprends, c'est la première édition de mon premier concours... :/ donc je vais éditer le premier message de ce pas pour rattraper ma faute.

Séléné C. Merci de ta contribution, ton commentaire détaillé et ton classement sont appréciés ! Very Happy

Merci également à tous les autres qui ont ou vont nous fournir un classement à étudier, et des avis à décortiquer. Wink

EDIT : Voilà le texte est de nouveau comme tu me l'avais envoyé par MP, avec l'italique et tout et tout.
 
Anson
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  1061
   Âge  :  107
   Localisation  :  Sous le soleil exactement
   Pensée du jour  :  Je ne pense que la nuit.
   Date d'inscription  :  21/04/2014
    
                         
Anson  /  Effleure du mal


Grand moment, le sieur Le_Chiant nous a honoré d'un commentaire, le destinataire doit se sentir extrêmement flatté. Pas seulement un commentaire, un récit, une aventure, une péninsule, vachement oralisée, un peu confuse et embrouillée malgré tout, dont on peut extraire quelques paroles éternelles :
Il y aurait eu des livres avant l'imprimerie et des crieurs avant la radio; quelle perspicacité, comment l'auteur incriminé n'a-t-il pas vu cela? Bon, les manuscrits recopiés par les moines et les propos beuglés par les crieurs n'avaient pas la même portée qu'un bouquin imprimé en milliers d'exemplaires ou qu'un discours radio écouté par des millions de personnes, c'est pas grave, ça n'aurait pas changé la donne?
On écrit pas comme on parle; ça, on sait, la grammaire et l'orthographes sont des conventions normatives qui sélectionnent l'accès à une forme sociale du langage (faisons un peu de néo marxisme linguistique en passant ça fait toujours classe) tandis que la langue parlée évolue selon ses propres lois qu'aucun grammairien, même officiel, ne sait commander. L'informatique et le Web vont-ils engendrer, comme l'imprimerie et l'audio-visuel (j'insiste!) une nouvelle culture, un nouveau langage? Bonne question.
"La démocratisation" (tiens, ça sent un peu le gauchiste, là) sera-t-elle le cadeau tant attendu? Google qui participe à l'émancipation des masses laborieuses, quel revanche! Bon, c'est possible peut-être, mais à voir : on nous avait déjà fait le coup avec la télématique, on nous le ressert avec internet. Pour l'instant, à part quelques forums où on s'autofélicite de faire de la si belle poésie avec des papillons et des petites fleurs et de la romance avec de si beaux sentiments, où on se balance des vacheries (de préférence quand on est un JE plutôt adepte de SF et fantastique) que voit-on à l'horizon? des milliers de livres auto-publiés par Madame Michu qui dorment inconnus dans des serveurs à l'autre bout de la terre. Maintenant que le Web crée un nouveau langage c'est bien possible, puisque le support est le maître de la forme. Mais c'est une forme parmi d'autres, il est peut-être un peu trop tôt pour faire un autodafé de tous les livres non? (peut-être ceux des académiciens quand même...)
Enfin le critique aborda (attention, je passe au passé simple, procédé hautement littéraire, puisque remplacé par le passé composé en français oral, qui est le vrai français, que le peuple s'est approprié sans attendre le Web soit dit en passant) les thèmes d'une société patrimoniale et de consommation. Qu'on ne se demande pas d'où ça peut bien sortir, ayant pour religion de ne pas chercher ailleurs ce que je trouve dans ma tête. L'endroit est un peu serré pour aborder ce thème. Disons que jusqu'au lendemain de la deuxième guerre mondiale on vivait dans un monde à majorité rurale, dans lequel la survie commandait de disposer d'un patrimoine productif (terrien ou artisanal), qui devait donc être transmis par héritage dans le cadre du mariage légal, ordonnant à coups d'interdits une sexualité de reproduction d'enfants légitimes. Et cela depuis quelques millénaires. Mais voilà qu'on se retrouve (du moins dans les pays dits "développés") avec une population majoritairement urbaine et salariée, sommée de consommer, c'est à dire de détruire par l'usage qu'on en fait des biens matériels et même du désir sexuel, c'est à dire exactement le contraire. Et la culture qui était de production et de conservation a suivi le mouvement.
 
Anson
   
    Masculin
   Nombre de messages  :  1061
   Âge  :  107
   Localisation  :  Sous le soleil exactement
   Pensée du jour  :  Je ne pense que la nuit.
   Date d'inscription  :  21/04/2014
    
                         
Anson  /  Effleure du mal


Bon, classement et commentaires :
Premier : l'essai numéro 2, Se prend pas trop au sérieux et démonte le faux problème. (au fait, il paraît que les indiens d'Amazonie "travaillent" au plus 5 heures par jour, d'après je ne sais plus quel ethnologue)
Deuxième : L'essai numéro 3 Dédale et Icare pour la brièveté et la procédé du monologue/dialogue
Troisième : L'essai numéro 4, un peu long et scolaire. Ce n'est pas la technique qui est méchante, mais les hommes. C'est sans doute vrai, mais on n'est guère avancé, c'est bien argumenté, mais c'est juste un constat.
Pour le numéro 1 je ne savais pas que "Le dieu celte de l'expression orale était représenté avec des chaînes sortant de la bouche pour aller attacher les hommes", comme le dit Séléné, mais c'est une belle anticipation imagée de "la chaîne des signifiants" de Lacan.
 
Séléné.C
   
    Féminin
   Nombre de messages  :  13320
   Âge  :  46
   Localisation  :  Côte d'Or & d'Opale
   Pensée du jour  :  Confiance et longueur de Temps...
   Date d'inscription  :  11/01/2013
    
                         
Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


@Anson = Dieu celte de l'éloquence : cliquer ici

Chaines de Lacan => le fait est que l'idée de "lier par la parole" est une image assez juste de l'éloquence. J'ai souvent eu envie d'interpréter un peu en ce sens, aussi, les formes tarabiscotées de certains phylactères médiévaux, qui enroulent la parole divine autour des personnages.
Enfin bref... J'en ai parlé parce que ce texte reprend bien le double aspect d'Ogmios
http://scriptorium2.canalblog.com
 

 Concours d'essais 1 DEBAT : Les avancées techniques, néfastes et/ou bénéfiques ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum des Jeunes Écrivains :: Communauté :: Laboratoire-