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 Victoires en concours & autres succès JE \o/

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Les chéquiers sont quand même en voie d'extinction (et j'aimerais qu'il en soit ainsi pour les relevés de compte, que je n'arrive pas à entièrement numériser).

QuillQueen, pour avoir parlé à des organisateurs (et avoir un peu réfléchi à l'affaire), trouver de l'argent via des subventions ou du mécénat... reste un moyen d'obtenir de l'argent ! Alors oui, les participants au concours ne paient pas (ou moins), mais ça reste une machine commerciale avec cet inconvénient supplémentaire : perdre son autonomie et devoir rendre des comptes, par exemple à la municipalité.

Par ailleurs, demander des subventions pour organiser un concours, soit, mais beaucoup sont versées en tant que lots à distribuer (en cash ou non, en outre), et ça ne résout pas le problème de l'organisation d'une cérémonie ou il faut, par exemple, payer un petit coup à boire. Ni celui de l'impression d'un recueil collectif avec les poèmes des participants ; ni celui de l'impression de diplômes ou autres. Alors oui, on pourrait aussi se dire "On ne fait rien de tout ça", mais les gens sont attachés à ces choses, et envoyer des poèmes juste pour avoir un classement me semble en dehors de toute raison sur un événement de ce type Surprised

Après, certains concours abusent clairement sur les tarifs, surtout vu le peu de choses faites autour, mais pour moi un apport financier est indispensable. J'ajoute aussi que toute peine mérite salaire ! Dans cette logique, moi j'adorerais essaye de fournir un commentaire personnalisé à tous les concurrent à l'envoi du courrier. Et sans aller mettre l'argent directement dans mes poches, savoir que j'ai reçu une participation qui me permette d'organiser une belle cérémonie c'est quelque chose qui me motive :]
 
QuillQueen
   
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QuillQueen  /  Wallonne OUvreuse de LIttérateurs POstiches


Désolé, je trempe plus dans les bénévolats, prix libres, associations alternatives culturelles, les projets citoyens où personne n'est payé pour organiser ce qu'il organise, au mieux subsidié, qui considère comme leur salaire le plaisir des gens à participer et partager leurs arts. Et qui ne voient pas cela comme une peine non plus, je pense. C'est juste un autre univers. Mon plaisir à moi et à eux, c'est de pouvoir acheter dix recueils de poètes à prix libre et d'en dévorer les créations chez moi, plutôt que de les envoyer au pilon. Smile Mais faut de tous les plaisirs dans la vie ! Et tes victoires me font aussi plaisir !

Quand condenseras-tu tous tes textes primés dans un recueil ? Ca devrait commencer à être bien rempli, non ? Tu y songes, ou pas du tout ?

 
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Le bénévolat c'est chouette, mais l'organisation d'un concours est une tellement grosse machine (que je dois à peine gratter de l'ongle je suis sûr, en plus) que sans parler de "peine" (bien que c'en est certainement une à bien des égards, ou parlons de "labeur" en tout cas), c'est quelque chose qui ne peut pas tourner qu'avec de la bonne volonté et de l'envie. Je ne crois pas que quiconque soit payé pour organiser des concours, c'est juste que cet argent, il le faut pour pouvoir gérer l'orga, sauf à y mettre toi-même de ta poche Surprised

Et le but est à la base d'échanger autour de la poésie, oui ! Le concours est un moyen comme un autre de le faire, à condition que ce soit bien fait (d'où l'idée de fournir des commentaires sur les textes, parce qu'il est facile de faire croire qu'on parle de poésie alors qu'en fait on paluche le mammouth, et la poésie en ressort rarement grandie dans ces cas-là silent). J'espère qu'après avoir dévoré les bouquins chez toi tu arrives à échanger avec les auteurs !

Quant à condenser mes poèmes primés, je n'y pense absolument pas. De une, parce que je pense qu'il n'y a pas assez de textes pour faire quelque chose qui ait assez de pages, il faudra en gagner bien d'autres pour que ce soit le cas :mrgreen: De deux, parce qu'on aurait une sorte de mélange hétéroclite qui ne me satisferait pas : je préfèrerais réfléchir à un vrai recueil avec des textes piochés parmi l'ensemble de ma production sans se limiter à ceux qui ont été remarqués, à vrai dire ! Mais le mieux, ce serait de construire un recueil en rédigeant chaque poème pour qu'il ait sa place. Le bricolage me botte moyennement sur ce coup je dois avouer !

C'est d'ailleurs pour ça que j'ai commencé par participer à des concours : voir ce qui se fait, comment fonctionne cet univers, faire une sorte de "CV" avant de penser à une future publication, qui aujourd'hui encore ne m'attire pas du tout (sauf si la Pléiade me demande, là je reconsidèrerai ma position Very Happy)

On échange beaucoup sur le forum ces temps-ci QuillQueen scratch
 
fxt.art
   
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fxt.art  /  Journal du posteur


Aké : concernant l'idée d'un possible recueil de poésie. La façon dont vous avez travaillé avec Diva par exemple, le thème était tenu comme un fil rouge, ca entrerait dans un possible format de recueil non? Je ne dis pas que ce que vous avez écrit soit suffisant. Mais c'est dans le format proposé. Il y a une certaine logique narrative non?
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C'est insuffisant mais l'idée est à la base d'en faire un recueil, et il a été pensé et construit ainsi oui ! Reste à le remplir, et justement, chaque texte est créé spécialement. Ça demande plus de temps, mais on y gagne en cohérence je trouve Surprised
 
fxt.art
   
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fxt.art  /  Journal du posteur


J'avais lu votre production commune en ce sens en tout cas.
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QuillQueen
   
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QuillQueen  /  Wallonne OUvreuse de LIttérateurs POstiches


en effet, mais tant que les échanges sont cordiaux et construits moi ça ne me gêne pas du tout Laughing Tu veux qu'on fasse trève de tout durant un temps défini ou ça ne te dérange pas ? Razz

Oui, ce sont des poètes que je rencontre après lors du Nouvel An Poétique ou du Marché International de la Poésie ou à l'occasion du festival Les Parlantes ou de la Ville des Mots, bref, des instants de grandes rencontres y en a quelques-uns qui se produisent tous les ans en Wallonie, alors je trouve toujours l'occasion de les rencontrer Smile Sauf les timides qui n'aiment pas se montrer, cela existe aussi Wink

Cela dit, renseigne-toi sur les longueurs de recueils, mais en poésie, il n'y a parfois pas besoin de grand chose pour publier un petit ouvrage. Si avec Diva Ju vous aviez quelques créations sur un fil rouge, si un jour l'envie vous prend mais que vous avez peu de matière, sachez que certains après 4 nouvelles ou 12 poèmes en font déjà un livret.

Mais tu pourrais faire le recueil avec le fil conducteur des participations aux concours et l'intituler "le mal placé" ou "la place à cinq pages" Laughing
 
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Invité  /  Invité


J'ai reçu quelque chose d'un peu rare : un retour sur une ébauche de recueil, dont certains poèmes avaient été postés ici. C'est le président de Flammes Vives qui me l'a adressé, synthèse de deux lecteurs (dont au moins un poète avec qui j'ai correspondu), et pour ceux que ça intéresse, les commentaires sont les suivants. Je vais moi aussi vous faire, en quelque sorte, une synthèse de la synthèse :]

Un préambule ouvre la synthèse :
La réflexion a été menée d’abord de manière isolée, puis de manière collective par deux poètes de FLAMMES VIVES (dont un ancien lauréat du prix FLAMMES VIVES) et un critique littéraire et artistique externe, membre de nombreux jurys.
Des avis quelque peu divergents et une surcharge d’activité des personnes concernées ont allongé le délai nécessaire à la synthèse.

S'ensuit une remarque sur le thème du recueil :
Le thème général abordé par le recueil est très ambitieux puisqu’il s’agit de la « Création du monde » et, en corollaire, d’autres « prodiges ». La lecture des poèmes montre une palette extrêmement étendue dans le choix des sous-thèmes, sachant que la concurrence est rude en ce domaine et il est inévitable d’être confronté ou – pire – comparé à de grands poètes (à commencer par Victor Hugo).
Il faut reconnaître que *Akëdysséril* réussit habilement à éviter le premier degré et le lecteur peut assez facilement se situer dans un univers poétique (et non dans une version poétisée de La Genèse).
Le thème était de toute façon périlleux à aborder car le poète se trouve dans l’obligation de « prendre parti » et son œuvre devient alors inévitablement interprétée comme « description de la création du monde », « apologie de Dieu », « miracle indescriptible », « féerie » ... Gare aux critiques... de cerveaux radicaux et sans souplesse (il en existe encore... ô combien !)

Puis sur la forme choisie et son esthétique :
La forme choisie par le poète pour s’exprimer est la forme néoclassique. Les rimes (sonores) entrent la plupart du temps dans un système traditionnel mais l’alternance des rimes féminines et masculines n’est pas toujours respectée. Ceci n’est pas vraiment gênant pour une lecture agréable mais les puristes n’y trouveront pas leur compte car il n’y a pas de cohérence dans le respect ou non de l’alternance (voir à ce sujet le poème de la page 17 : alternance parfaite à la première strophe, alternance organisée différemment ensuite). Ceci étant dit, chaque poète peut créer son propre système de rimes, de strophe... sous la condition d’homogénéité.
Les cadences de syllabes sont tout à fait correctes dans une organisation en alexandrins. Les diérèses et synérèses sont presque toujours correctement employées. Notons que la poésie contemporaine s’écarte de plus en plus de l’exigence d’origine (voir note).
Nous avons noté, ici et là, quelques rimes interdites (exemple, page 33 : « or » avec « aurore »).
*Akëdysséril* a choisi une forme lyrique qu’il réussit presque toujours à respecter, ce qui confère à l’ensemble poétique une certaine tenue.

La cohérence :
Sans que cela nuise véritablement à l’ensemble du recueil, les poèmes ne sont pas de « puissance » équivalente.

Puis le style, le vocabulaire, la syntaxe :
Le vocabulaire est riche sans être précieux. Par ailleurs, l’auteur emploie assez peu d’adjectifs à la rime, ce qui est une bonne chose.
La ponctuation est traditionnelle, ce qui nous semble nécessaire pour une œuvre comme celle- ci.

L'effet poétique :
Le point fort de *Akëdysséril* est son sens de la prosodie. Son inspiration semble naturellement mise en forme (ce qui dissimule probablement une importante quantité de travail).
Il y a, dans ce recueil, de très beaux vers, des allégories et des images de très bonne qualité. La musicalité est plutôt agréable. On notera cependant quelques imperfections (voir les remarques).

Et enfin le message délivré :
Le message, organisé autour du « Mystère de la création » (ou plutôt des « créations »...) est plutôt bien structuré et le lecteur se laisse volontiers emporter. Compte tenu de la difficulté du sujet, c’est un succès qu’il convient de saluer.

*
**
Quelques remarques accompagnent ensuite le tout. Elles portent sur des poèmes bien précis. Sachant qu'il s'agit de la partie la plus intéressante en ce qui concerne le travail poétique en lui-même, sur le microcosme du recueil et non plus d'un point de vue macroscopique, je vais essayer de vous livrer les commentaires tout en vous citant les poèmes concernés sur les bribes analysées en-dessous lorsque nécessaire

Le forgeron
6 vers avant la fin « D’une femme moirée et qui portait la Lyre »
Le « et » n’est pas correctement employé (cache-misère) et la prononciation devient problématique.

Création
On ne voit pas la justification de l’emploi ou non des majuscules en début de vers (même si le « chaos » précède « l’ordre » !).
3 vers avant la fin : un « Et » à modifier

Création

était-ce le matin ou était-ce le soir
le vieillard l’ignorait le temps n’existait pas
pour ce vieil artisan sans doute ni espoir
sa barbe le grattait alors il la gratta

soudain son œil brilla dans les ténèbres pures.
il attrapa un coin de sa sombre compagne,
et dans l’immense toile il fit une coupure,
déroula sur la table un bois et des montagnes

Tout cela était bon Alors le vieux sourit
Et son souffle azuré plana sur l’eau des mers.
Sur les objets créés on pouvait voir inscrit
Ceci est l’Océan et ceci est la Terre !

Or, tout était obscur dans l’infini séjour ;
Et voyant à grand peine un décombre diffus,
Le vieux ouvrit la bouche et sa voix fit le jour :
« Que la lumière soit ! » Et la lumière fut.

Le nombril
Poème lyrique qui ne manque pas d’humour caché.

Le nombril

C’était après la nuit, après les sombres heures.
La Terre était baignée des premières lueurs
Qui s’échappaient du ciel et des coquelicots.
Deux enfants, dans un pré, caressaient des agneaux
Quand l’aîné, tout à coup, en fourrageant un ventre,
Découvrit un bouton qui se trouvait au centre.
Le petit le toucha, le vit et, étonné,
Souleva dans ses bras l’étrange nouveau-né
Pour le porter plus loin où, assis sur les pierres,
Discutaient tendrement sa maman et son père.
« Maman ! Regarde ça ! Maman ! s’exclama-t-il.
Qu’est-ce que c’est que ça ? — Mon fils, c’est un nombril.
— Un nombril sert à quoi ? lui fit-il en soufflant.
— Le nombril est un lien entre mère et enfants.
Ce trait d’union s’en va, finit par disparaître,
Mais c’est bien grâce à lui que vous avez pu naître.
Il reste sur ta peau un peu comme un vestige,
Tel un bourgeon fané accroché sur sa tige. »
L’enfant toucha son ventre, à moitié satisfait,
Et demanda : « Pourquoi, comment cela se fait,
Que toi tu n’en as pas et que moi j’en ai un ?
— Je n’ai pas de maman », lâcha Ève à Caïn.

La caverne
La fin du 5ème vers est imprononçable !

"Seuls brûlaient sur le sol quelques très précieux feux"

Le flocon
Poème lyrique assez ésotérique

Le flocon

L’automne se fanait sur les pentes du monde.
Le fleuve charriait la feuille vagabonde ;
Le sol se nourrissait des vieilles pommes d’or ;
L’arbre se dénudait et s’endormait dehors
En berçant, lentement, une dernière palme ;
L’oiseau dépeuplait tout ; et tout devenait calme.
Pourtant, soudainement, la Terre chancela.
À quoi était-ce dû ? C’était dû à cela :
L’Hiver au large dos, sur le seuil de sa porte,
De sa pointe de gel piquait la feuille morte.
Sa hotte s’emplissait de végétaux pourris,
De fruits beaucoup trop mûrs, de fleurs sans coloris.
Mais les coups sur le sol n’ébranlaient pas la Terre.
Or, ce qu’on entendait ressemblait au tonnerre !
Ce fut lorsque l’Hiver, ayant fait son balcon,
Prit dans son large sac un bouquet de flocon
Et envoya au ciel ses pétales de glace ;
Les morceaux congelés vibrèrent dans l’espace
Comme de grands oiseaux tranquilles et muets
Qui moururent à terre en faisant des paquets.
En tombant sur le sol, ce vierge coup de fronde
Fit vaciller Atlas qui transportait un monde.

Le forgeur nocturne
3ème vers : « le vol du rouge-gorge aurorait le ciel » : un peu forcé...

La pierre
Un admirateur de la civilisation égyptienne sauterait sur sa chaise : les historiens s’accordent tous à dire aujourd’hui que les Pyramides n’ont absolument pas été bâties par des esclaves travaillant sous la menace du fouet.

Fin de la nuit, matin
Le poème nous a semblé un peu lourd

Fin de la Nuit, matin

À cette heure avancée où le jour dort encore
Nyx frôle chaque rose et couvertes de gel
Ces fleurs givrées d’en bas reflètent les étoiles
Les prairies ici-bas font à leur tour cent ciels
Miroirs d’astres mêlés jusqu’à ce que enfin
L’Aurore au souffle rose et au souffle éternel
Ne prenne par la main le Soleil du matin
De ses cheveux chauds ne réchauffe le sol que
L’Aurore aux doigts de rose et aux chaleureux pieds
Ne jette sur sa sœur de beaux voiles pudiques
Alors Nyx s’en ira pendant qu’Héméra naît
Tandis qu’un porc obscur dévorant un nuage
Fera neiger sur Terre un million de flocons
C’est le dieu du soleil Seth impur plein de rage
Qui mangera la Lune en ténébreux cochon

Le soleil dit à la Lune
Un poème d’intérêt limité qui nous semble affaiblir l’ensemble.
La rime « toile » est très attendue et on la retrouve en fin de poème page 28.

Le Soleil dit à la Lune

Le Soleil dit à la Lune :
— Du sable d’or des lagunes
Que fais-tu, astre du soir ?
La Lune dit au Soleil :
— Que fais-tu, dans ton sommeil,
De tes rayons dans le noir ?

La Lune dit : — Soleil d’or,
Du sable, tant que tu dors,
Je fais là-haut des étoiles.
Le Soleil dit : — Lune exquise,
Je fais de ma lueur grise
Des comètes sur ta toile !

L'escalier
Ce poème nous semble un ton en dessous par rapport à l’ensemble poétique.

L’escalier

Liu était un jeune homme ; Xu était une femme.
Ces deux amants, ensemble, étaient une seule âme
Et habitaient en Chine.
Ils vivaient en reclus vers un mont ancestral.
Xu sortit et creusa à son pied colossal
La montagne divine.

Que fit-il ? Il s’assit, et d’un coup de burin
Il arracha la pierre. On aurait dit un brin
Pris dans l’herbe d’un pré.
Puis le jeune amoureux donna un second coup,
Sculpta avec amour, et fit un second trou
Dans le mont effaré.

Jour après jour d’abord, et puis nuit après nuit,
Le front courbé au sol, silencieux, accroupi,
Il tailla dans la roche.
Parfois, il ramenait à celle qu’il aimait
Une pierre brillante et tombée du sommet
Qu’il gardait dans sa poche.

L’homme devint vieillard : trente ans avaient passé.
Mais l’on voyait toujours dans son œil harassé
Le reflet des beaux jours.
Il saisit par la main sa femme, sa beauté,
Et pour aller en Haut, il lui fit emprunter
Les marches de l’amour.

Anecdote amusante : Flammes Vives eux-mêmes me l'ont sollicité pour être publié dans leur anthologie 2014 :]

Les Amours
En dehors de la rime « or » associée avec « aurore » (impropre) et du mot « Amours » qui devrait être employé au féminin pluriel, ce poème très court devrait exploser à l’esprit du lecteur, il n’en est rien.

Les Amours

Et les amoureux s’aiment,
De l’éther naît leur or ;
Et les Amours, eux, sèment
De l’éternelle aurore.

Opus Magnum
On aime

Opus magnum

Le silence était grand dans le laboratoire.
À côté des mortiers, des cornues, des grimoires,
Des fioles colorées, pleins de choses secrètes,
On entendait frémir agitée mais discrète
La douce ébullition au fond de l’alambic.
Au milieu des flacons sans vie, remplis d’aspics,
De poissons fermentés, réduits, ammoniacés,
De matériaux anciens aux reflets violacés,
Ce seul bouillonnement près des encres de pieuvre
Rappelait que ce soir se faisait le Grand Œuvre.
Des brandons nitescents flottaient dans l’atelier.
Regroupés en nuée autour d’un sablier
On eût dit un essaim d’apis immatériels
Qui volaient à la ruche et y formaient leur miel.
Sans même regarder, d’un revers de la main,
L’alchimiste, penché sur son vieux parchemin,
Chassa et dispersa les abeilles de braise.
— …cinq, six, sept, huit, neuf, dix… et onze… et douze… et treize…
Il versa, goutte à goutte, atome après atome,
En suivant pas à pas les ordres du grand Tome,
Dans le fond d’un creuset, du soufre et du mercure ;
Et un feu irréel éclairait sa figure.
Quand il eut séparé la materia prima,
Elle prit des tons verts et rouges de plasma.
Après, tout refroidit ; et les deux matériaux
Ne faisaient plus qu’un fluide aux tons bleus et corbeau.
Alors le vieux sorcier, sous les yeux de Saturne,
Vida le fond du pot et le mit dans une urne.
Mille fois il remit le liquide à la flamme,
Jusqu’à ce qu’il devînt plus vaporeux qu’une âme,
Ainsi qu’un forgeron replaçant sur l’enclume
Un métal devenant plus léger qu’une plume.
Toujours il réchauffait, distillait, remuait,
En suivant les conseils de son livre muet ;
Il lava la matière et la purifia,
Si bien qu’elle passa de corbeau à sépia ;
Et au fond du creuset cette substance brune
Se figea, s’arrondit, s’éclaircit comme Lune,
Pour prendre avec le temps et au gré des consignes
Une légèreté, une blancheur de cygne.
Pourtant, à sa surface, il restait des scories.
L’alchimiste pensait à cette allégorie :
Il venait, malgré lui, de rompre une barrière
En ôtant l’ombre noire à la blanche lumière.
Longtemps il réfléchit, envahi par le trouble :
Son esprit lui aussi lui apparaissait double ;
Car c’était comme si, en brisant la matière,
Il avait sur son âme émietté ses poussières.
Longtemps, il hésita. Jour et nuit désunis
Montrèrent peu à peu des éclats plus jaunis :
Sur les cloisons cuivrées, on voyait des coulures
Dorées, qui s’en allaient d’un réseau de fêlures :
Elles s’organisaient en toile d’araignée
D’où s’échappaient, émues et toutes alignées,
Les gouttes agitées dans le creux du substrat.
La surface croûtée cassait ; l’agglomérat
Perdait ses tons ambrés pour celui du bismuth :
Celui de la matière épurée qui transmute !
Des écailles d’argent fusaient, gaies et rapides,
Et au bout d’un moment se noyaient dans le fluide
Qui, sans aspérité, uni, poli, plat, glabre,
Arborait la couleur glorieuse du cinabre
Au milieu de laquelle, émergeant du sommeil,
Irradiait le feu rouge et parfait du Soleil.

Le silence était d’or dans le laboratoire.
On n’entendait pas plus que le chant de la Gloire.
Même le glissement des grains, bruit familier,
N’agitait plus le fond du large sablier
Où ils tombaient sans fin, en heures confondus.
L’écoulement du temps demeurait suspendu.
L’atelier paraissait immobile et forgé
Dans des feux de rubis, comme à jamais figé.
Tout aux lueurs du flux était rouge et sublime.
Rien ne pouvait troubler cet insondable abîme.
Le Forgeron, ou l’Alchimiste, ou le Poète,
D’une main soucieuse et d’une âme inquiète
Saisit une écumoire et — instant fatidique —
Plongea son instrument dedans l’or alchimique.
Alors il observa le fond de l’écumoire :
Il ne s’y trouvait rien. Le néant. La victoire !

Le forgeur poétique
Bon poème lyrique avec une habile utilisation de l’hétérométrie.

Le forgeur poétique

La plaine est endormie, et l’on ne voit trembler
Sur sa gorge
Que le feu soupirant qui caresse le blé
D’une forge.

Le souffle est lent, l’haleine douce, et sous le ciel
Rien ne bouge ;
Le temps semble figé, sublime, immatériel ;
Tout est rouge.

Le feu qui brûle ici ne vient pas d’un démon,
D’une chose ;
C’est le bouillonnement calme d’un forgeron
Qui compose.

Sa plume est un marteau, et son idée s’enfuit
Sur l’enclume ;
Et l’on peut voir gicler sur sa barbe de nuit
De l’écume.

Sa figure, parfois, après un ou deux coups
Est ridée ;
Sa prunelle s’allume : on voit sur son front doux
Une idée !

Il passe une main sûre au fond de son sourcil
Et s’essuie.
Et sur sa poigne brille un peu d’or, du grésil
Dans la suie.

La plume est suspendue ; et soudain, il reprend
Son ouvrage.
Il est imperturbable et son grand mouvement
Est sans rage.

Il chauffe tout à blanc : encre, idée, âme, mot,
Chiffre arabe ;
Tout fond et tout fusionne et fait naître le beau :
La syllabe !

Alors le Forgeron se saisit des couleurs,
Prend le rouge,
Et sous l’effet puissant des immenses chaleurs
Crée le jour !

Le marteau frappe, et frappe, et frappe et frappe encor !
Et le vert
Se teinte tout d’airain, d’argent, devient de l’or
Et du rêve !

Tout s’irise dans l’ombre, et les grandes ténèbres
Toutes noires
Font de purs arcs-en-ciel de ces choses funèbres
Et se moirent.

Puis le silence ; et dans la forge, où tout s’endort
Et se glace,
C’est comme si, d’un coup, la vie est de la mort.
Elle passe

Ainsi qu’une âme passe et rôde, et erre après
La bataille.
Et puis un souffle, un battement, de l’or, des rais !
La tenaille

Étreint… quoi ? Quelque chose ! Un morceau de ciel pur
Et d’abîme !
Et dans l’œil du rêveur, luit le jour et l’obscur
D’une rime !

Il l’échauffe, la bat, la refroidit toujours ;
Elle fume.
Sa grâce et son éclat rappellent les beaux jours
Et la plume.

Il met la force mâle en la féminité.
Il épouse
La rime du marteau, et le fer affûté
La jalouse.

Il prend le métal froid, noir, sans reflet, grossier,
Incolore,
Le bat avec amour. La masse sur l’acier
Est sonore

Et fait jaillir des bruits, des vacarmes, des sons :
De la vie
Qui s’échappe dans l’air, fait frémir les buissons
Par magie !

Tout s’anime alentour ! Les obscurs champs de blé
Teintés d’orge,
Et de grands épis noirs ; et le tout est mêlé
À la forge.

La terre ouvre les yeux, et les monts assoupis
Avec elle.
On voit passer au ciel, au-dessus des épis
Juste une aile :

C’est celle de la nuit qui s’arrache du sol
Et s’élève,
Et qui ouvre sa serre, et qui prend son envol.
Elle crève

La voûte ténébreuse où elle prend appui.
Le Poète
Poursuit son œuvre, et tape, et tape ; et l’ombre a lui,
Grave, inquiète :

Un point grossit au ciel. Une étoile ? Un soleil !
Et qui brûle !
Qui consume la nuit et l’ombre : c’est l’éveil !
Tout bascule !

Du jour par dessus l’ombre et l’ombre par-dessus
De l’aurore
Qui grandit et qui vient dans un éclat diffus
Tout enclore !

Et puis plus rien. Dans le silence où tout attend,
Dans la brume,
La paix voile la nuit au matin crépitant,
La consume.

Un oiseau chante. Est-ce un oiseau ? Non. Qu’est-ce donc ?
Un mystère
Qui semble être du ciel, de l’eau, de l’air, du jonc,
De la Terre.

Dans la forge étoilée on voit un point fleurir :
Une gemme.
Et sous le feu sacré, on voit l’homme tenir
Un poème.

*
**
De nouvelles remarques, sur les axes d'évolution :
Penser à la cadence, à la musicalité. Pour cela, ne pas hésiter à relire les poèmes à haute voix, c’est le meilleur moyen de découvrir les cassures de rythme et les problèmes de prononciation évoqués précédemment.
Attention à la dictature des rimes ! Elles ne doivent pas – en aucun cas – conduire à l’approximation du sens et il existe des rimes possédant très peu de « sœurs » (par exemple, le fameux mot « étoile », même si le sujet traité peut difficilement écarter ce mot...)

Et la conclusion :
Le recueil La forge poétique est le fruit d’une maîtrise intéressante de l’art poétique. L’ensemble ne laisse pas le lecteur indifférent ce qui est un objectif incontournable compte tenu de la teneur de l’œuvre.
Sous réserve de quelques aménagements, c’est un projet qui mériterait d’aboutir.
 
Molly
   
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Molly  /  Sang-Chaud Panza


Wow ! Ça c'est du retour ! Bravo !


La bande-annonce
 
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Merci ! Je précise aussi que j'avais adhéré à leur association pour faire la demande, c'est pas d'une initiative personnelle et tout de leur part ! ^^
 
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Le genre de truc sympa qu'on trouve dans sa boîte après un concours de poésie !

Victoires en concours & autres succès JE \o/ - Page 9 Mini_310636Kado
(En plus, envoyé aux frais de la princesse !)


Victoires en concours & autres succès JE \o/ - Page 9 AFu_CrazyKermit
 
Molly
   
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Molly  /  Sang-Chaud Panza


Génial !


La bande-annonce
 
Duvodas
   
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Duvodas  /  Buffalo Bic


Woah, félicitation ! Very Happy ça c'est une bonne surprise !
 
QuillQueen
   
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QuillQueen  /  Wallonne OUvreuse de LIttérateurs POstiches


tiens, j'étais tombée y a pas longtemps sur des anthologies de la NRF mais d'autres auteurs haha.
C'est toujours cool à recevoir, c'était lié à un prix de quoi ?
 
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Merci !

C'était le Grand Prix de poésie d'Aix !
 

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