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 [Nuit 2 février] Extraits

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Orcal
   
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   Localisation  :  En confinement dans moi-même.
   Pensée du jour  :  La solitude est la patrie des forts.
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Orcal  /  Déesse du foyer à la retraite


Vous pouvez - et vous êtes même fortement encouragés à - poster ici des extraits de votre prose écrite pendant la Nuit du 2 février.

• Les extraits ne doivent pas dépasser 500 mots.
• Poster un extrait vous engage à commenter ceux des autres.


Pour que ce sujet reste lisible, postez vos commentaires par ici.
 
Dadouw
   
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Dadouw  /  Adorable martyr de la paix sur le forum (et un peu dans le monde)


Bon alors je me lance. C'est très brouillon je n'ai pas eu le temps de me relire.


Citation :
Un homme entre dans le café. Il est sale comme son ombre. Elle-même s'étale timidement, quelque part entre le néon et le plancher, pas très distinctement. C'est un de ces soirs où ils refusent de coopérer, sol et lampe (faux parquet et tube pâlichon, à l'envergure du café qui les héberge). À savoir, quelque part entre splendide et minable. En passant par baroque. Très baroque, le café. Très baroque l'homme également, son haut-de-forme si branlant qu'on ne dirait pas un chapeau mais une mèche rebelle.
Ici ça sent le vin chaud, la bière à l'eau et l'oisiveté. Pour une pincée de sous, on s'y débat au bout d'un fil – d'aucuns appellent ça l'ennui, tout à fait comme une grosse carpe molle. Pas encore dans l'épuisette mais plus vraiment fraîche.
L'homme est court, dégingandé, pâle, fatigué, effrayé et – pour tout dire – ivre. Son dernier repas a laissé des traces au coin de ses lèvres charnues. Dans ses cheveux aussi, mais ça ne se voit pas.
Il balaye du regard la pièce mal éclairée au plafond bas, le temps de comprendre qu'ici aussi, ils viendront le chercher. Ils n'hésiteront pas une seconde.
Trop de gens. Tous pareils. Gros – des bides à bière -, équipés de polos blanc auréolés aux aisselles, tous les buveurs du mardi soir se ressemblent. Même regard fuyant, tous honteux de ce qu'ils ont fait ou – pire encore – de ce qu'ils s'apprêtent à faire.
L'homme tourne les talons. Un guet-apens de plus qui se fera sans lui.
Mais la glace sur le portique du café, elle intercepte l'homme, la main en suspens sur la poignée de porte. Ce miroir ne lui ressemble pas. Il doit avoir un défaut, se dit l'homme. Lui n'a pas le visage si creusé, l’œil terne comme celui d'un cadavre éméché. Lui ne se promène pas en blouse blanche. Ah si, en fait.
La glace lui renvoie l'image d'un corps maigre flottant dans l'étoffe blafarde. Une carte : Nestor Cattle, laborantin. A-t-il réellement trente-sept ans ? Le miroir ne semble pas d'accord avec ce chiffre. C'est « soixante ans ! » qu'il crie à travers sa vitre pâle. L'homme qui a l'air de s'appeler Nestor n'en croit pas ses oreilles – ou plutôt ses yeux. Il fait demi-tour à nouveau. Direction le coin le plus sombre du café. Il s’assoit dos contre le mur après s'être assuré qu'il n'y a rien sous la table. Et rien sous les chaises.
D'ici, il peut détailler la pièce, toute la pièce. La table voisine est effervescente. Un homme et une femme, très jeunes tous les deux. Ils se glissent des phrases à voix basse, sous le manteau. Désabusée, la femme (la fille). Inquiet et courbé, l'homme (le garçon). Elle lui tend une fiole minuscule qu'il absorbe immédiatement dans son poing avide.
- C'est quoi ce truc ?
- Sais pas.
- Eh ! Eh !
- Quoi ?
- Ça pue.
- …
- Eh ! Eh...
- Quoi encore ?
- Ça... ça shoote !
 
SuperIgor
   
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   Pensée du jour  :  Choisis la pilule bleue et tout s’arrête, après tu pourras faire de beaux rêve. Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre.
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SuperIgor  /  Autostoppeur galactique


Contexte :
Type: Roman fiction
Titre : Le dernier Ambassadeur
chapitre 4 : Nouveau monde

EDIT: J'ai ajouter le chapitre 1 en ligne

Après un premier réveil d'un très long coma le personnage, s'éveille une seconde fois. Il découvre ce qu'il est advenu durant tout ce temps...

Voici un fragment de 436 mots. EDIT: corrections mineures Consul sans E, répétitions.

Citation :
[...]
En effet, un simple émissaire, ou un représentant des relations diplomatiques extérieurs aurait pu accueillir un Ambassadeur du Savoir, il n'était pas nécessaire que ce soit un Consul.

Aussi Ébeline attendait avec prudence les nouvelles du Consul, en manifestant le plus de détachement possible. Ce dernier fit une imperceptible moue, qui n'échappa pourtant pas à l'œil aiguisé de l'Ambassadeur. Il espérait créer chez son auditeur une réaction plus marqué, ce qu'Ébeline se refusait de lui offrir. Mais en fin politicien qu'il était, son interlocuteur reprit avec une attitude grave et solennelle.

-- Comme vous l'avez mentionné, nous aurions pu entrer en contact avec l'antenne médicale sur Désonarque. Et croyiez bien que nous l'aurions fait il y a longtemps, si un incident majeur ne s'y était pas opposé. Il fit une pause et m'observa.

-- Je suis arrivé à une conclusion similaire, dis-je, ne laissant transparaître aucune émotion.

Un silence s'installa. Mon effet parru réussi, et le Consul ne pouvait pas appliquer sa stratégie me sembla t-il. Il fit mine de déglutir, et reprit :

-- Et bien, j'ai la pénible charge, de vous informer que la planète Désonarque a été victime d'un assaut fatal. Toute vie a été anéantie. Nos recherches de rescapés n'ont rien donné de concluant. Mais je puis vous assurer que vous pourrez bénéficier de notre soutien dévoué dans cette épreuve. Il continua, avec empathie.
-- Il est vrai que pour vous cette nouvelle doit être douloureuse. Mais comprenez que notre deuil, bien qu'ancien, est demeuré profond.

Malgré ma concentration et mon entraînement, la nouvelle m’assomma. Tel un charbon ardent jeté sur la glace, crépitant de douleur, il s'enfonçait dans ma gorge libérant une chaleur suffocante. Brasier qui fit instantanément place au froid glacial de la solitude, la chute.

Un moniteur, s'affola et émis de petits bip rapprochés. Je sentais mon cœur battre dans ma poitrine, violemment, en colère, en rage, hurlant ma douleur muette. Alors que je sentais les larmes monter de nouveau, mon corps sembla partir en arrière, le sol se dérobait sous moi. Je chutais dans la noirceur.

Mes yeux s'ouvrirent à nouveau, ma vision se fit nette et alerte. Assis en tailleur, à même le tatami, j'écoutai le maître répéter : « Tu ne dois pas montrer tes sentiments à ton adversaire. Il y a un temps pour l’affrontement, et un temps pour la peine. La perte d'un compagnon, est un événement tragique, certes, mais cela ne doit pas entraver ton jugement. »

L'entraînement ! Ce souvenir refaisait surface. Cette seule consigne était la clé. Mais quand était-ce ? Où étais-je ? La peur et la détresse [...]


Dernière édition par SuperIgor le Mar 5 Fév 2013 - 5:47, édité 1 fois
 
Pohore
   
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Pohore  /  Bile au trésor


Citation :
Maintenant qu’il s’est occupé du fils, Pistou sort de la maison, pour s’occuper de la mère. L’air froid du dehors lui parait encore plus froid que lorsqu’il était sortit récupérer son sac. Surement que la sueur produite par sa récente crise de colère lui à recouvert la peau d’une fine couche glacée, et que cette couche cristallise au contact de l’air froid.

Pistou fait le tour de la maison en frissonnant et s’arrête au niveau de la fenêtre du deuxième étage. La vieille femme n’a pas bougé d’un pouce. Elle est toujours allongée sur le dos, les bras en croix. Comme la nuit est sombre, Pistou ne distingue pas tout les détails, mais il remarque que l’épaisseur de Pelouse a diminuée de moitié, comme si une partie s’était enfoncée dans le sol, lors de l’impact.

La voyant ainsi, étalé comme crêpe, avec la fenêtre du deuxième étage qui culmine dix mètres au dessus, les traits figés dans une expression d’horreur et de désespoir mêlés, Pistou se dit qu’elle pourrait faire une suicidée très crédible. Alors, une idée émerge de la mélasse composée de fatigue et de douleur qui lui tient lieu d’esprit, et tandis qu’elle prend forme, il reste immobile, légèrement vouté, comme un vautour s’assurant que le cadavre qu’il convoite est bien mort.

Pistou finit par prendre une décision. Il fera passer le meurtre de Pelouse pour un suicide, comme il a fait passer celui de Planche pour une crise cardiaque. Seulement, laisser Pelouse ici, c’est prendre le risque que quelqu’un la découvre au petit matin. Il s’empare donc de ses chevilles, dont la maigreur lui offre de bonnes prises, et tire un bon coup. Elle fait un bruit de succion lorsqu’elle se décolle du cratère qu’elle a formé en atterrissant. La tension fait craquer l’épaule de Pistou, qui gémit. Un douloureux nuage de vapeur sort alors d’entre ses lèvres crispées.

Il la traine ainsi jusqu’à la porte d’entrée, où la petite marche qui précède la porte lui pose un problème. Il s’apprête à la soulever et la transporter dans ses bras lorsqu’il se souvient qu’elle est morte, et qu’elle ne peut donc pas avoir mal. Il la tire un peu plus fort alors, juste assez pour passer l’obstacle. Son dos racle la pierre et son chemisier à fleur remonte, dévoilant une poitrine flasque, contenue dans un soutien-gorge trop grand. Il détourne le regard et la fait glisser sur le carrelage froid du hall, tout en faisant le moins de bruit possible. Surtout, ne pas alerter Denis. Même enfermé à double tour, personne ne sait ce qu’il est capable de faire. Il traine donc Pelouse avec précaution, mais sa tête heurte la marche qui sépare le hall du salon, en faisant le bruit de gong tibétain. Pistou s’immobilise, se crispe, serre les dents et les fesses. Comme aucun bruit ne transpire de la chambre à Denis, il empoigne les chevilles un peu plus fort, et s’empresse de la faire entrer dans le salon. Là, il pousse jusqu’à la cuisine. D’un grand pas, il enjambe la flaque d’eau que la fuite du frigo continue d’élargir. Pelouse, elle, traine toute entière dedans.

Pistou contourne la table ronde et amène son fardeau au pied du congélateur, qui la dissimulera parfaitement tout en la gardant au frais, en attendant de la replacer sous la fenêtre du deuxième étage, demain.
Il lâche les deux chevilles et les jambes de la vieille dame retombent lourdement par terre. Ensuite, il ouvre la porte du congélateur et entreprend de le vider de ses étagères et de ce qu’elles contiennent. L’opération est assez difficile, car toutes sont collées au fond par dix centimètres de glace. Lorsqu’il parvient enfin à tout entasser sur la table ronde, ses mains sont gonflées et rougies par le froid. Il attrape ensuite Pelouse par le dessous des bras, mais là, il doit s’y reprendre plusieurs fois pour l’introduire dans le congélateur, car lorsqu’il parvient à faire entrer un bras, une jambe ressort, et lorsqu’il fait rentrer la jambe, le bras ressort. Cinq minutes plus tard, il parvient à fermer la porte.

Alors, vidé, lessivé, exténué, il sort de la cuisine et se dirige, avec la démarche d’un zombie, vers le canapé que Pelouse a débarrassée pour lui. Il s’y étend et s’endort sitôt qu’il ferme les yeux, malgré le pinceau coincé entre deux fauteuils qui lui rentre dans le cul.
 
xavierB
   
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xavierB  /  Magicien d'Oz


Je l'ai pas relu... Je suis rendu à la moitié de l'histoire de mon roman (J'ai déjà écrit la fin mais je travaille le milieu... tout est pêle-mêle). Voici donc la scène dans laquelle le héros infiltre la prison en se faisant passer pour un vendeur de drogue pour aller secourir son oncle et son cousin qui sont détenus au sous-sol, à Hypnoville, où l'on enchaîne l'esprit des gens.

Citation :
Un grand gaillard à la peau noire, vêtu à la manière des détenus d’un habit strié de barres noires et blanches, adressa la parole à notre personnage, les yeux moqueurs :

- Tu n’as pas la tête de l’emploi, mon ami, mais si t’as la cargaison, je suis prêt à tout acheter. Après tout, c’est du business !

Sûr de lui et rassuré par le fait que l’étape la plus pénible, c'est-à-dire s’introduire dans la prison, était franchie, Sebastiaan s’imposa en tant que maître de la situation et négocia son passage avec le détenu :

- Vous avez raison mon cher, je ne possède assurément pas la trempe de ceux qui habituellement viennent livrer la marchandise. La raison est simple, je ne suis pas l’un d’eux.

L’énergumène s’alarma. Sa respiration s’accéléra et il se leva de sa chaise, dégainant un canif. Pendant ce temps, Sebastiaan se contentait de lui sourire d’un air moqueur, il appréciait le caractère sauvage du prisonnier.

- Je te donne toute la came ! Oui tu m’as bien compris, je te la donne en entier et ne t’en demande rien en échange. Rien sauf de me laisser passer. Ralentis le garde qui viendra sous peu à ma recherche, dis-lui que tu m’as vu me diriger du côté des toilettes, ou bien invente quelque chose de plus original !

Toujours confus de voir que je lui offrais l’équivalent de milliers de couronnes d’épidoptrine sans demander à être payé, les traits du détenu se durcirent et c’est d’une voix calme qu’il accepta l’offre. C’est ainsi que les marchands concluent une bonne affaire, avec des traits pensifs, sages. Ce n’est que lorsqu’ils sont seuls qu’ils se permettent de jubiler, en contemplant leur gain.

Le détenu s’en était retourné sans mot dire dans sa cellule, l’intrus ne perdit donc pas son temps. Au pas de course il s’enfonça dans les profondeurs du pénitencier.

***

Il faisait chaud. Les rayons avides du soleil venaient lécher sa peau jusqu’à la blesser; il avait maintenant de grosses plaques rougeâtres sur les bras et la nuque. Sa respiration était haletante, sa gorge sèche. Drake portait sur son dos une pénible charge. Engagé en tant que pousse-pousse dans les rues d’Hypnoville pour un salaire minable, le tempérament orgueilleux du fils de gouverneur s’était fait écraser par le travail physique qu’on lui avait imposé. Mais ce passé était désormais lointain; il se faisait dorénavant appeler Samir et ne connaissait nul autre nom. Tout son passé, ses frères, ses parents, ses amis, il l’avait oublié. Du moins jusqu’à ce qu’il croise ce curieux client qui le fixait si intensément, comme s’il attendait qu’on lui dise quelque chose. L’inconnu était de grande taille, bien bâti et ses cheveux bouclés noirs lui tombaient aux épaules. Son visage était avenant et inspirait le calme et le respect. Le sourire aux lèvres, il prononça ces mots :

- Drake, ça fait si longtemps !

Le déclic se fit instantanément. Les ondes sonores se ruèrent dans la boite crânienne du pousse-pousse et toute une vie de souvenirs lui revint en tête. Le cerveau de Drake, éprouvé par l’effort, semblait vouloir quitter sa tête tant celle-ci lui faisait mal. Gémissant de douleur, le jeune homme s’effondra dans les bras de Sebastiaan et perdit connaissance.
 

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