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 [Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE

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Spirit
   
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Spirit  /  Tapage au bout de la nuit


Pour clôturer le sujet, je trouvais fabuleux que ton roman découle d'un rêve, pas que tu te souviennes de tes rêves Wink

(Je me souviens de la plupart de mes rêves aussi y portant énormément d’intérêts, je ne trouve rien d’exceptionnel à s'en rappeler si on le souhaite.)

Je suis une passionnée d'onirisme !! Very Happy

Encore bravo et ravie d'avoir pu apporter une dernière question à l'interview ^^ hâte de passer au tome 2 !


Lily a écrit:
et un garçon aux yeux bleus (oui oui je suis une incorrigible romantique)... [...] Donc Adam c'est en référence au premier homme


Ah, cet Adam !! I love you S'il existait vraiment je crois que je serais totalement love ! :mrgreen:
D'ailleurs si tu ne l'avais pas créé, il faudrait le faire ! hi hi hi ^^ :love:
 
Pianitza
   
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Pianitza  /  Effleure du mal




[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE - Page 11 Sans_t13

DADOUW
Vive les énigmes insolubles !

◢ Entretien avec Pianitza (a.k.a No00) ◣
ҳ Correction : Anastazia

► Salut Dadouw ! Dadouw c’est un surnom qu’on t’a donné, ou c’est une extension bizarroïde de ton prénom ?
Salutations ! Dadouw c'est un surnom comme tous les autres : il vient du lycée. Celui-ci est resté, pas les autres.

► Alors, pour démarrer sur les chapeaux de roue, j’ai vu que tu avais pour livre préféré « Hygiène de l’Assassin » d’Amélie Nothomb. Qu’as-tu à dire pour ta défense avant que l’élite de JE ne vienne te fouailler ?
Aïe ! Coincé. Je vois que tu t'es inspiré de ma présentation, qui est pas mal périmée je dois dire. Ce n'est certes pas une excuse et, pour le coup, c'est encore d'actualité. J'adore le premier roman de Nothomb et j'assume. Allez-y. Lynchez-moi.
Dans un monde parfait, Hygiène de l'Assassin représenterait la qualité standard d'AN. Malheureusement j'en ai lu des tas d'autres, de ses romans, que j'ai tous trouvés à gerber – employons les mots justes.

► Pacifiste jusqu’au bout des ongles, tu dis ne détester aucun auteur ! Même Stephenie Meyer ?
C'est plus une conception globale qu'un simple principe. Je ne lis pas les auteurs que je serais susceptible de détester. Tu devrais essayer, on y gagne en sérénité. Non, plus sérieusement, je ne vois pas comment on pourrait détester un auteur dans la mesure où il nous offre un petit bout de voyage à ses côtés, et ce sans aucun engagement. Quand la lassitude gagne, rien n'empêche de refermer le livre. Il y a des bouquins qui m'ont insupporté, des styles qui m'ont filé la migraine, des tournures de phrases qui m'ont laissé perplexe, mais des auteurs qui m'ont amené à les détester, pas un seul.

► Un premier recueil sorti chez les Editions Kirographaires : « La Peine de l’Assassin », puis deux autres chez les éditions Stellamaris : « La Cité des Anges » et tout dernièrement « Gemmes » ; 19 ans et déjà 3 recueils édités ! Peux-tu nous expliquer comment se sont déroulés tes échanges avec ces deux maisons ?
Le jour et la nuit. Véritablement. J'ai eu à la fois énormément de chance et pas du tout. La Peine de l'Assassin, d'abord. En tant qu'auteur de ce livre, je ne vous le conseille pas.
Je vais exclure de cette interview tous les propos potentiellement diffamants et les ragots sur lesquels je suis tombé à propos des éditions Kirographaires et de leur grand patron, ça serait de très mauvais goût. Disons simplement que La Peine de l'Assassin n'est pas encore sorti, après un an de contrat signé et deux changements de directeur d'ouvrage. J'ai appris – par notre ami Marc Anciel – qu'ils étaient en liquidation judiciaire – c'est bien comme ça qu'on dit ? – et que mon recueil ne verrait peut-être jamais le jour, en tout cas chez eux. Quid de toutes les pré-commandes dont ils ont déjà encaissé l'argent ? J'aimerais bien le savoir, d'autant plus que pas mal de mes proches font partie de ces gens-là, que pas un foutu employé n'a pris la peine de les tenir au courant, que je suis l'auteur de ce ****** de bouquin et que je ne suis pas le seul qu'ils ont foutu dans cette *****. L'hallu totale, quoi.
Voilà pour la nuit. Passons au jour. Je n'ai que du bien à dire des éditions Stellamaris, puisque après tout j'ai décidé de retenter l'expérience avec eux. Michel Chevalier est un type formidable et un poète talentueux. Il a su instaurer au sein de sa maison d'édition une ambiance chaleureuse, presque familiale. Il n'y a qu'à espérer que ce type d'éditeurs, forcément vieux jeu mais profondément humains, ne tende pas vers une disparition regrettable et prématurée.
Mes deux expériences éditoriales m'ont amené à rencontrer des individus extraordinaires, que ce soient les rares subversifs de chez Kiro ou les adorables poètes de chez Stellamaris.

► Pour cet entretien, j’ai décidé de me pencher sur un seul de tes recueils, « La Peine de l’Assassin » (parce qu’il y a le mot assassin dedans. Oui, je suis aussi con que ça). Sur la couverture on trouve la matrone de la justice, avec son glaive, sa balance et son bandeau sur les yeux. Pourquoi avoir penché pour cette illustration ?
La Peine de l'Assassin... bien sûr le titre s'inspire d'Hygiène de l'Assassin, mais tu l'avais deviné. Le contenu en revanche, pas du tout. Ce qu'il y a dans ce recueil de nouvelles, c'est plus une homogénéité de forme que de fond. On y retrouve une formule éculée dont j'abuse éhontément en me justifiant par une diversité des genres. Ça passe de la SF à la romance, ça passe un peu partout à vrai dire, j'ai tenu à découvrir tout ce qu'il y avait à découvrir. Ça ressemble à un tour d'horizon littéraire et à une recherche d'individualité.
Dans ce contexte-là, comment trouver une illustration de couverture ? En mettant ma propre photo, en train de poser d'un air hautain sur un tapis de fourrure devant la cheminée ? Non merci. Je me suis laissé proposer une idée qui ne m'a pas déplu, et voilà la couverture de La Peine de l'Assassin. Elle lui convient très bien, quand on y réfléchit, puisqu'on y voit la justice, qui est une question quasi-omniprésente dans ces nouvelles – parfois très peu subtilement d'ailleurs –, en train de poser en petite tenue sexy. Or de cette image, rien que ce qu'elle a de subversif vaut dix poèmes terroristes.

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE - Page 11 Dadouw12
Dadouw
► Après la lecture de La Voie de toute Chair et Hiérarchie de la Chair, on comprend que tu construis ton texte autour de sa chute, point d'arrivée omnipotent. Ce qui m’amène à te demander comment se déroule la construction d'une telle nouvelle ? Penses-tu d’abord à la chute avant de façonner ce qui l’entoure ?
Toujours. La nouvelle, selon moi, a ce rôle doucement tyrannique de prendre le lecteur en main. À l'inverse de la poésie et du roman, j'aime savoir où je vais quand j'écris dans une nouvelle. On en parle souvent comme d'un sous-genre qui n'aurait rien pour rivaliser avec le roman, ce que je conteste à grands cris. On commence à s'en rendre compte, tout doucement – pensons au Goncourt de 2009 ou aux short stories anglo-saxonnes. Il y a dans la nouvelle tout un potentiel littéraire insoupçonné qui gravite, j'en ai l'intime conviction, autour de sa chute. Je suis un grand zélateur du tout-puissant suspense, ce que la forme courte permet, grâce – devinez quoi – à sa chute.
Et puisque ta question met l'accent sur la méthode, j'aurais tendance à répondre qu'il n'y en a pas.

► Extrait d’Adriel et Anna : « Si je dois mourir un jour, je veux que ce soit avant-hier. À vingt-trois heures, trente-sept minutes, et un nombre de secondes que je ne saurais jamais tant j'étais ébahi par ton visage d'outre-berceau ».
Au lieu de nous envoyer après la mort, tu préfères nous renvoyer après le berceau. Aimes-tu inventer des expressions, des langages ?

Une sacrée aventure, d'écrire de la romance sans en avoir jamais lu. Dans Adriel et Anna, j'ai dû passer par toutes sortes de détours et d'envolées lyriques grossièrement sucrés aux pétales de rose. Cette expression en particulier, tu l'as judicieusement relevée car elle illustre à merveille cette incapacité chronique à suivre les règles. L'important, à mon sens, est d'être compris. Comme le dit Brian Eno, « il ne sert à rien de prêcher dans le désert. Si l'on ne parvient pas à se faire comprendre du grand public, c'est de notre faute. »
Inventer des expressions – a fortiori des mots – n'est pas pour moi une passion mais une maladie chronique. C'est malheureusement incurable. Le traitement palliatif consiste à rester pertinent, et surtout compréhensible. Ainsi « d'outre-berceau », dont on peut saisir le sens grâce au reste de la nouvelle.
Ces mots inventés, ce sont des mini-chutes. Il faut surprendre le lecteur sans sortir du cadre qu'il s'attend à trouver, sans « partir trop loin », histoire de ménager l'intelligibilité. C'est ce que je me suis efforcé de développer dans ces quelques nouvelles.

► Extrait d’Etherium : « La dernière clé USB ne dépasse pas les 256 Téra Octets. Et elle date de vingt-cinq ans. La science a ralenti ».
Crois-tu, dans ton intime conviction, que l’on arrive en effet de plus en plus vers le palier de la fin ? On n'aura jamais de casque virtuel, jamais de voiture volante, jamais de femmes muettes ?

Jamais de femmes muettes. J'ai ri. Ça ferait un bon sujet de nouvelle, tiens. Dibs.
La question, pour un écrivain, est-elle vraiment de savoir si le scénario se vérifiera ou non ? Si la science-fiction a bien un rôle social, je ne pense pas qu'il doive être prophétique. Imaginer, oui, ça c'est notre rôle. Poser des questions, mettre à jour des énigmes occultées, dénoncer des scandales, apporter une réflexion qui se propose sans s'imposer. Voilà, à mon avis, ce que peut faire la science-fiction. Lire l'avenir, on entre là dans une toute autre dimension.
Il n'y a qu'à voir Jules Verne, dont on a encensé les œuvres qui se sont vérifiées et éclipsé les autres. On a fait des formidables anticipations à partir de simples romans qui n'en avaient certainement pas l'aspiration.
Alors après, le débat reste ouvert. La science est-elle condamnée à ralentir ? M'est avis que non - en tout cas pas à l'époque d'Etherium. Doit-elle s'arrêter un jour ? À en juger par le chaos significatif du monde qui nous entoure, tout a une fin. Pourquoi la science y ferait-elle exception ?

► Toujours dans cette même nouvelle, tu nous exposes le problème du temps, une vaste question qui sans doute ne trouvera jamais réponse. Rilke, dans un poème qui rebondit sur le problème : « N’es-tu pas notre géométrie / fenêtre, très simple forme / qui sans effort circonscris / notre vie énorme ? » Considères-tu, comme le professeur Ludwig van Ertzel, personnage de ta nouvelle, que les heures, les secondes et les minutes sont une fausse représentation du temps ?
Aïe, je craignais que tu me lances sur ce sujet-là. Je vais m'efforcer d'être le plus concis possible, mais rien que le mot « temps », ça fait pétiller mon cerveau dans toutes les directions. En vérité, vive les énigmes insolubles !
Tant de théories absurdes sont rendues crédibles par l'absence de véritable conception plausible... tout ce brainstorming autour de quelque chose qui n'existe probablement même pas. C'est la pluridisciplinarité de l'approche qui la rend à la fois passionnante et quasi-impossible d’accès. Pour revenir à ta question, je reste persuadé que si réponse il y a, elle se trouve devant nos yeux depuis le tout début. J'aimerais voir le temps comme linéaire et beaucoup plus relatif qu'Einstein l'a annoncé. Que faire, alors, des minutes et des secondes ? C'est la question que pose la nouvelle Etherium, je n'ai pas de réponse à y apporter.

► Extrait de La Peine de l’Assassin (la fameuse nouvelle qui a fait le titre de ton recueil) : « Parce que vos maîtres sont votre seul défaut. Parce que, enfin, vos enseignements sont faux. Mais vous refusez d'écouter. Alors je m'en vais. Sans votre vie. »
Quels sont d’après toi les enseignements les plus faux que la vie a à nous offrir ?

Dans La Peine de l'Assassin, l'enseignement faux c'est le dogme. La seule vérité qui n'en est pas une, c'est celle qui se présente comme telle.
Je me souviens d'un remarquable concert de Carlos Santana qui, juste avant de quitter la scène, nous a balancé ça : « There is nothing but love. Everything else is illusion ». Le contexte y fait beaucoup, sans doute, mais je me sens assujetti à cette phrase. Il n'y a que l'amour. Tout le reste est illusion. Sans déconner, il n'a pas raison ce mec ?
Voilà ce que je pourrais répondre à ta question – avec les mots d'un autre, tu m'en vois désolé – je n'ai simplement pas assez vécu pour savoir ce que la vie peut nous apprendre de faux.

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE - Page 11 74151610
Carlos Santana
► Extrait de Pichenette : « Chacun avait l'impression d'avoir commis son petit crime jouissif de la journée, sans pour autant s'en sentir coupable. Ou alors d'avoir effectué sa bonne action, en aidant la victime, donnant sa voix, acceptant le système ».
Dans cette nouvelle, tu replaces l’hypocrisie du système démocratique à travers la cour de récré’. Que pense Dadouw de la démocratie ?

Cette nouvelle est un moyen de rapprocher deux drames qui n'ont pas de commune mesure sur l'échelle de la gravité mais qui, pourtant, sont identiques. Tout comme l'amour peut s'exprimer à travers des gestes minuscules, d'insignifiants dons de soi, le mal peut lui aussi prendre racine dans l'infiniment petit. C'est l'idée générale de Pichenette, qui introduit la question politique. À une époque – tout de suite les grands mots ! – où je me croyais philosophe, j'avais pondu une sorte d'essai politique qui remettait en cause la démocratie de manière lapidaire. Aujourd'hui je serais moins radical, je me contenterais de démolir la loi sous toutes ses formes. Je te laisse imaginer le genre d'insanités qu'abritait mon essai. Au-delà du concept de démocratie, je considère la question politique comme secondaire. Il y a infiniment plus important, et qui veut changer le monde n'a qu'à commencer par changer le sien, de monde. C'est ce dont parle mon premier recueil de poèmes, d'une manière que je voudrais insidieuse et subversive. Le titre, d'ailleurs, ne trompe pas. Il s'appelle La Cité des Anges.

► Le propos qu’aborde cette même nouvelle, Pichenette, m’oblige à rebondir sur ce mot : « Antisémite ». Penses-tu qu’aujourd’hui, en France, il est légitime de jeter sur la touche un Dieudonné, un Soral ou encore un Nabe sous l’appellation de ce seul mot ?
Je ne suis pas antisémite mais je ne me prononcerai pas. Oh, et puis si. Oh, et puis non. Désolé.

► Extrait d’Ex Lex : « Pour très peu de gens l'horreur du bagne représentait une pression suffisante pour se maintenir dans le droit chemin. Une horreur lointaine, inconnue, dont on ignorait tout, et qui ne nous effrayait gentiment que pour flatter notre manque épidémiologique de découvertes, de sensations, de nouveauté ».
Soljenitsyne, dans le même ton : « Les charachkas, c’est oublier qu’on est en vie ».
Ton avis sur ce monde si particulier qui, dans la continuité des études de Ludwig van Ertzel, déstructurerait peut-être une surface molle de notre cerveau ? Mieux vaut crever, sans doute, plutôt que finir en prison ?

Jolie question, l'ami. Tu me l'aurais posée à l'oral, j'aurais dit « eeuuuuuhhhh... »
Ce qu'il y a, c'est tout d'abord un paradoxe dont on n'a pas su se défaire en plusieurs millénaires d'existence. Que faire de ceux qui, alors qu'on les laisse en paix, viennent polluer nos vies par le vol ou le meurtre ? Dans Ex Lex, j'annihile les lois. C'est l'anarchiste qui parle – et ça y est, je suis catégorisé... La loi y est imposée à tous par une puce dans le cerveau qui empêche toute action délictueuse. Les intentions de ce gamin un peu trop prompt à changer le monde sont louables : il veut débarrasser le monde des crimes, donc des criminels – qui, d'ailleurs, sont souvent les victimes d'eux-mêmes. Seulement, ce pas vers la liberté implique l'aliénation... de la liberté. Voilà, le problème est posé, c'est maintenant aux philosophes d'y répondre.
La question carcérale est clairement sous-estimée aujourd'hui – et pour cause ! On ne laisse pas la parole aux prisonniers. Il nous faut plus de Johnny Cash pour faire des concerts gratuits en prison.
Se débarrasser définitivement des bagnes en tout genre est peut-être un doux rêve, mais j'aimerais y croire.

► Pour rester toujours, encore, et encooore dans le thème du temps (désolé, je t’harcèle avec ça !) : De quelle façon, d’après-toi, un écrivain doit s’accoutrer du temps ?
Comme avec un singe armé : le considérer en ami pour qu'il ne vous considère pas en ennemi.

► Quel est le rythme de Dadouw ? Par exemple, en combien de temps as-tu écrit les neuf nouvelles de ce recueil ?
Le rythme de Dadouw dépend d'une équation différentielle aux multiples paramètres incluant, par exemple, la couleur du stylo, l'ampleur de la page blanche, la quantité de sommeil en retard, l'heure de la journée et les phases de la lune.
C'est une variable difficile à mesurer, en somme. On pourrait la résumer à une alternance de pics d'activité intense et d'inévitables périodes d'apathie littéraire.
Et je n'ai pas la moindre idée du temps qu'ont mis ces neuf nouvelles à germer. J'ai envie de dire : toute ma vie, puisqu'elles incubaient déjà avant que j'en ai l'idée.

► Dans le Picolo Alto, tu nous jettes des fantaisies de Rhum et de marins, petits canards à imper' jaune, qui vacillent à poil entre le mât et la cale. Comment t’es venue l’idée de cette nouvelle pour le moins atypique ?
Le thème d'un concours, bien sûr ! « Dérive(s) ». La nouvelle en elle-même est une lente dérive : dérive des personnages tous plus dingues les uns que les autres, dérive d'un narrateur à l'autre, dérive du style qui plonge petit à petit dans un délire complètement débridé dont je tiens à m'excuser.

► Rilke, toujours, à propos de la critique : « Les œuvres d’art sont d’une infinie solitude ; rien n’est pire que la critique pour les aborder. Seul l’amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles ».
En prenant JE dans notre visée, où la critique est libre et peut bien souvent déceler un arrière-goût trollesque, ou très justement pédant pour les cas les plus violacés, faudrait-il relativiser sans cesse ? Se dire que de toute façon, quelque part, on est meilleur que Rilke et tous ces scribouillards baveux ?

Il est aussi difficile de se détacher d'une critique négative que de rester froid face à de chaleureux compliments.
J'aime beaucoup cette citation de Rilke, que j'approuve presque. Mais pourquoi les œuvres d'art seraient-elles « d'une infinie solitude » ? Qu'elles soient personnelles je veux bien, puisqu'on y verse notre sang et notre âme. Mais solitaires ? Non monsieur Rilke, je ne pense pas. C'est peut-être la seule dimension dans laquelle, pour reprendre tes mots, « on est meilleur que Rilke et tous ces scribouillards baveux ». Parce que nous, on écrit pour les autres.

► Et tes goûts en terme de cinéma, musique ?
Je ne comprendrai jamais l'art du cinéma, mais ah, la musique ! Fondamentalement rock, j'écoute un peu de tout – oui je sais, tout le monde dit ça. Encore une fois, les mots d'un autre (Léon Bazalgette) :
« J’entends chanter l’Amérique, j’entends ses diverses chansons,
Celles des ouvriers, chacun chantant la sienne joyeuse et forte comme elle doit l’être »


Dadouw aime bien Saez Smile
► Allez, pour finir. Petit hors-sujet : que penses-tu du mariage gay ?
Rien de plus que ce que le bon sens exige : interdire étant un acte criminel contre la préciosité de la vie, interdire le mariage gay est par conséquent indéfendable.

Merci Dadouw !

@Son profil
Exclamation Pour commander ses recueils :
♦ Gemmes
♦ La cité des anges
♦ La peine de l'assassin

@ Lien à utiliser pour partager l'article :
http://jeunesecrivains.superforum.fr/t28684p150-portrait-decouvre-les-ecrivaines-de-je#542041



Questions d'internautes


Akëdysséril : Par rapport à ton besoin de savoir où tu vas dans une nouvelle : ne penses-tu pas que tu puisses réfléchir à une forme de "chute" lorsque tu écris certains poèmes ? Un texte comme "1er janvier, matin", et qui propose une chute à sa manière, s'écrit donc à l'inspiration à l'arrivée de la rime en -on ?
Pour quelqu'un comme toi qui est un peu "allergique" à la narration dans la poésie, quelle est la finalité d'un poème, finalement ?

Ce n'est pas à la narration poétique que je suis allergique mais à tout ce qui écarte de la beauté, cette essentielle de la poésie. La narration le fait parfois, mais un certain Akëdysséril a prouvé que ce n'était pas une généralité, avec son somptueux Radeau de la méduse.
Si je ne peux pas m'empêcher de coller une chute à certains poèmes et que le résultat final ressemble à mes nouvelles, le processus qui y mène est totalement différent. La chute naît du poème, alors que la nouvelle naît de la chute. La chute est la plaque tournante de la nouvelle, elle n'est qu'un succédané d'apothéose dans le poème.

Akëdysséril : Crois-tu davantage en le Dadouw poète ou en le Dadouw nouvelliste ?
Le poète. Le poète. Le poète. Sauf qu'un bon poète étant un poète mort, je ne suis pas pressé d'être un bon poète.

Akëdysséri : Avec un peu d'imagination et beaucoup de concessions de ta part : quelle est ta "pièce" préférée parmi tes nouvelles et tes poèmes ? Ou du moins — pour éviter les réponses du type "c'est un tout", même si je n'ose imaginer que tu me ferais ça ! — celle que tu conseillerais au lecteur lambda s'il fallait n'en lire qu'une ?
Je me vengerai. Je te poserai la même question, tu vas voir ce que ça fait !
Si je devais ne choisir qu'une nouvelle de La peine de l'assassin, ça serait sans doute Ex Lex, la première nouvelle que j'ai jamais écrite. Je sortais de l'exam du bac, malade comme un chien, j'ai dormi 20 heures avant de sortir tout Ex Lex d'un seul jet. Tout part de ce pied de nez à la légendaire république latine : Dura lex ? Ex lex.
S'il ne devait y avoir qu'un seul poème, ça serait Le shaman et le berger. C'est une oeuvre colossale que je n'ai même pas terminée à 10%, si tant est qu'elle doit finir un jour : la première partie est dans La cité des anges, la deuxième est dans Gemmes.

Hel : Tu dis : "Aujourd'hui je serais moins radical, je me contenterais de démolir la loi sous toutes ses formes". Cela sous-entendait quoi précisement? Enfin je veux dire... c'est à prendre au sens littéral ?
Mon essai d'essai s'appelait Manifeste de l'alterophilie. C'est un jeu de mot avec le mot grec - latin ? - alter, qui signifie l'autre. Dans ma grande arrogance je le voyais déjà comme un mouvement politique !
Je sais maintenant qu'il n'y a pas de "mouvement politique" à proprement parler, seulement une inertie diplomatique. Un éternel status quo, un consensus mou, tout changement étant naturellement bridé par ce qui fait la base du système : les lois.
Donc oui, c'est à prendre au pied de la lettre.
Mais je le répète, je considère la question politique comme secondaire, et je n'ai abordé le sujet que parce que No00 m'a lancé sur la démocratie.

Hel : Tu dis, à propos d'Amélie Nothomb : "Malheureusement j'en ai lu des tas d'autres, de ses romans, que j'ai tous trouvés à gerber – employons les mots justes". Lesquels ? Et aussi c'est quoi ce personnage à haut de forme? Il symbolise quelque chose ? C'est toi qui l'a dessiné?
Je me souviens avoir lu Stupeur et tremblements, métaphysique du tube, Antéchrista.
Et Les combustibles, en théâtre, c'est bien d'elle aussi ?
Si je dois détailler, disons que je les trouve un peu trop autobiographiques et beaucoup moins travaillés qu' Hygiène de l'assassin. C'est un avis personnel bien sur, ça me permet d'ailleurs de citer Piano - ça te va ce surnom ?  - qui cite Rilke : « Les œuvres d’art sont d’une infinie solitude ; rien n’est pire que la critique pour les aborder. Seul l’amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles. »
Le personnage de la couverture de Gemmes, c'est la personnification de l'espoir. C'est le personnage de Complainte de l'Espoir, un des poèmes de ce recueil.
L'artiste en question : Osiliaque

Ahava-brumes : Je reprends une de tes phrases Dadouw: "Voilà, le problème est posé, c'est maintenant aux philosophes d'y répondre."
Moi qui suis en philo, je n'ai pu m'empêcher de rebondir sur cette phrase. Penses-tu que le but de la philosophie est de "répondre"? Et jusqu'à quel point? (putain, il est trop bien ce sujet, j'ai presque envie de faire une dissert' dessus, ah ah!)

Je suis content qu'une philosophe ouverte d'esprit s'attaque à cette question. Philo-sophe, ça signifie bien "chercheur de sagesse" ? Que l'objectif soit de se poser un maximum de questions sur des sujets variés ou d'essayer d'y répondre ne fait de différence majeure, à mon sens. J'aurais plus à apprendre de ta vision de la philosophie que toi de la mienne, puisque cette dernière est assez simple : les disserts et les débats étant une chose à part entière, l'application quotidienne des concepts dégagés en est une autre. J'ai eu longtemps une vision très primaire et académique de la philosophie, une approche "à compartimentation" - un peu la même approche, à vrai dire, qu'ont les religions occidentales vis-à-vis de la spiritualité.
La messe le dimanche, pas de viande le vendredi et on brûle des sorcières tous les autres jours de la semaine.


Dernière édition par Pianitza le Mer 20 Nov 2013 - 19:09, édité 5 fois
 
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Eh ben dites donc, c'est rapide ! Encore une interview bien menée et vachement documentée, et les réponses sont à la hauteur des questions. J'en ai de plus terre à terre, de mon côté, et plus en rapport avec la poésie puisque je trouve que ce point a été un peu laissé de côté :]

1) Par rapport à ton besoin de savoir où tu vas dans une nouvelle : ne penses-tu pas que tu puisses réfléchir à une forme de "chute" lorsque tu écris certains poèmes ? Un texte comme "1er janvier, matin", et qui propose une chute à sa manière, s'écrit donc à l'inspiration à l'arrivée de la rime en -on ?

Pour quelqu'un comme toi qui est un peu "allergique" à la narration dans la poésie, quelle est la finalité d'un poème, finalement ?

2) Crois-tu davantage en le Dadouw poète ou en le Dadouw nouvelliste ?

3) Avec un peu d'imagination et beaucoup de concessions de ta part : quelle est ta "pièce" préférée parmi tes nouvelles et tes poèmes ? Ou du moins — pour éviter les réponses du type "c'est un tout", même si je n'ose imaginer que tu me ferais ça ! — celle que tu conseillerais au lecteur lambda s'il fallait n'en lire qu'une ?

 
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Bon rebondissement Akë. Et hop 3 questions de plus pour Dadouw Very Happy

 
Dadouw
   
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1) Ce n'est pas à la narration poétique que je suis allergique mais à tout ce qui écarte de la beauté, cette essentielle de la poésie. La narration le fait parfois, mais un certain Akëdysséril a prouvé que ce n'était pas une généralité, avec son somptueux Radeau de la méduse.
Si je ne peux pas m'empêcher de coller une chute à certains poèmes et que le résultat final ressemble à mes nouvelles, le processus qui y mène est totalement différent. La chute naît du poème, alors que la nouvelle naît de la chute. La chute est la plaque tournante de la nouvelle, elle n'est qu'un succédané d'apothéose dans le poème.

2) Le poète. Le poète. Le poète. Sauf qu'un bon poète étant un poète mort, je ne suis pas pressé d'être un bon poète.

3) Je me vengerai. Je te poserai la même question, tu vas voir ce que ça fait !
Si je devais ne choisir qu'une nouvelle de La peine de l'assassin, ça serait sans doute Ex Lex, la première nouvelle que j'ai jamais écrite. Je sortais de l'exam du bac, malade comme un chien, j'ai dormi 20 heures avant de sortir tout Ex Lex d'un seul jet. Tout part de ce pied de nez à la légendaire république latine : Dura lex ? Ex lex.

S'il ne devait y avoir qu'un seul poème, ça serait Le shaman et le berger. C'est une oeuvre colossale que je n'ai même pas terminée à 10%, si tant est qu'elle doit finir un jour : la première partie est dans La cité des anges, la deuxième est dans Gemmes.


J'en profite pour redire merci à No00, qui est un formidable chroniqueur
Et à Ake :mrgreen:
 
Dadouw
   
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Et j'en profite aussi pour rappeller que ceci

Dadouw a écrit:
La Peine de l'Assassin, d'abord. En tant qu'auteur de ce livre, je ne vous le conseille pas.

n'est pas une blague
 
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Merci pour ces réponses Cool Je reviendrai si je trouve d'autres questions vaches.

Si j'ai bien compris, le poème que tu conseilles n'est accessible qu'en publication, c'est malin ça ! et dans deux bouquins différents en plus ! Ça me confirme qu'il faut que je me fasse une petite cagnotte pour quelques bouquins des JE, je m'y manquerai pas :]

Ça me fait plaisir que ce soit peut-être ton poème le plus long que tu mentionnes. C'est vrai qu'après un pas mal de temps passé sur certains morceaux, on finit par développer un vrai lien avec.
 
Dadouw
   
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Dadouw  /  Adorable martyr de la paix sur le forum (et un peu dans le monde)


Non seulement c'est le plus long, mais il est narratif Wink
ça t'étonnes ?

Je posterai sans doute la première partie ; qui est déjà 'achement longue !
 
Pianitza
   
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Merci Dadouw.

Citation :
La Peine de l'Assassin, d'abord. En tant qu'auteur de ce livre, je ne vous le conseille pas.
> Eh bien moi, au contraire, je le conseille. C'est plein d'histoires hétéroclites, qui sont toutes agréables à lire. Bref, j'ai passé un bon moment Smile

 
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J'ai lue la nouvelle interview, je ne sais pas si le contenu des nouvelles est de la même eau que ce qui est mis en évidence dans les petits extraits sur lesquels te faire rebondir Pia, mais cela suscite la curiosité.

J'adore la réponse sur le rythme d'écriture, l'angle facétieux, mais pas que.

Sinon y a une phrase qui m'a interpellée:

Citation :
Aujourd'hui je serais moins radical, je me contenterais de démolir la loi sous toutes ses formes.

Cela sous-entendait quoi précisement? Enfin je veux dire... c'est à prendre au sens littéral ?
 
Dadouw
   
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Coucou Hel ! Mon essai d'essai s'appelait Manifeste de l'alterophilie. C'est un jeu de mot avec le mot grec - latin ? - alter, qui signifie l'autre. Dans ma grande arrogance je le voyais déjà comme un mouvement politique !
Je sais maintenant qu'il n'y a pas de "mouvement politique" à proprement parler, seulement une inertie diplomatique. Un éternel status quo, un consensus mou, tout changement étant naturellement bridé par ce qui fait la base du système : les lois.
Donc oui, c'est à prendre au pied de la lettre.

Mais je le répète, je considère la question politique comme secondaire, et je n'ai abordé le sujet que parce que No00 m'a lancé sur la démocratie.


Piano au pouvoir ! (Pia'/No) Razz
 
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Piano^^ mouahaha
 
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Citation :
Mais je le répète, je considère la question politique comme secondaire, et je n'ai abordé le sujet que parce que No00 m'a lancé sur la démocratie.
Message reçu, et je vais m'abstenir de rebondir Razz

Une autre parce que ça me titille:

Citation :
Malheureusement j'en ai lu des tas d'autres, de ses romans, que j'ai tous trouvés à gerber – employons les mots justes.

Lesquels ?

Et aussi c'est quoi ce personnage à haut de forme? Il symbolise quelque chose ? C'est toi qui l'a dessiné?




 
Dadouw
   
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Je me souviens avoir lu Stupeur et tremblements, métaphysique du tube, Antéchrista.
Et Les combustibles, en théâtre, c'est bien d'elle aussi ?
Si je dois détailler, disons que je les trouve un peu trop autobiographiques et beaucoup moins travaillés qu' Hygiène de l'assassin. C'est un avis personnel bien sur, ça me permet d'ailleurs de citer Piano - ça te va ce surnom ? Razz - qui cite Rilke :
« Les œuvres d’art sont d’une infinie solitude ; rien n’est pire que la critique pour les aborder. Seul l’amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles »

Le personnage de la couverture de Gemmes, c'est la personnification de l'espoir. C'est le personnage de Complainte de l'Espoir, un des poèmes de ce recueil.
L'artiste en question : Osiliaque sur deviantART
 
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Sympa cette petite interview, je dirais pour une fois peut-être un peu trop superficielle par rapport à ce que j'attendais. Il me semble que Dadouw, contrairement à ses signes extérieurs de fragilité: visage d'ange, poèmes de douceur, neutralité apparente, cache bien plus de force et d'engagement que ne le laisse paraître cet entretien. Mais dans l'ensemble c'est pas mal. Je n'ai pas lu tes nouvelles alors je ne peux pas me prononcer, j'y vais et je te dirai la suite après.
http://ennkhala.e-monsite.com/?fbclid=IwAR0jJzYjyIfWCqBflEI7iXmj
 

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