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 [Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE

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Pianitza
   
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Pianitza  /  Effleure du mal


[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE Sans_t10

PORTRAITS

Dadouw
"Vive les énigmes insolubles !"
Domini-COLL
"En fait, j'ai aucune imagination"
Fabre
"La réalité c'est chiant"
Fat Jésus
Fiche portrait créée par Nyjée.
♀  Hel › Entretien avec Aventador
"S’il y a une préférence, c’est surtout de rester dans la justesse et de ne pas forcer l’émotion..."
Lilyange
"S'émerveiller chaque jour des choses simples, c'est possible"
♂ Mickael Gil › Entretien avec Aventador
"Je ne sais pas si je suis dans le bon siècle, mais je défends l’idée que l’amour puisse encore naître sous le joug du romantisme"
♂ Nepal › Entretien avec Aventador
"Humer le parfum des roses, c’est d’abord rester zen et garder l’espoir en toutes circonstances"
Nyjée
"La poésie doit être rendue au peuple"
Paul.Art.Bear › Entretien avec Le_Conteur
"Je crois à la solidarité entre jeunes écrivains"
♂ Thomas
"Oui, on se ment tous !"
Tombe.ch
"Les dix commandements de l’écologie extrémiste"


Dernière édition par Pianitza le Dim 19 Jan 2014 - 19:35, édité 54 fois
 
Pianitza
   
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[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE Tumblr_m9a0ixRxAn1qdvyuxo1_500

DOMINI-COLL
En fait, j'ai aucune imagination
◢ Entretien avec Pianitza (a.k.a No00) ◣

Salut Domini-COLL. Ça va bien ? La forme ? Bon… d’abord, peux-tu me donner quelques indications sur ton pseudo ? C’est ton prénom et le début de ton nom de famille, je suppose ?
Pas tout à fait. D'un nom de plume que je me suis choisi mais qu'en fait je ne suis pas certain d'utiliser plus tard. Dominique Collemandina, en gros...

J’me suis tourné vers ton recueil de nouvelles :@:Lien, pour commencer. J’me suis d’abord penché sur « My beautiful laundrette », et il y a un passage qui m’a sauté aux yeux : « Pour moi, les écouteurs, ça veut dire pas de volonté de dialogue ». Ça me rappelle tout à l’heure, j’étais dans le train, et les gens autour de moi avaient, au choix, un casque sur le crâne ou les yeux rivés sur leur IPhone. T’en penses quoi, toi, de cette génération « déconnectée de l'IRL » ?
Je vais peut être passer pour un faux cul ou un hypocrite, mais je les trouve complètement cons en fait. Quand je vois ce qui se passe avec des mecs qui se font pousser sous des rames de métro, des types agressés ou des filles violées dans le wagon sans que personne ne bouge ça me débecte. Il pourrait se passer quelque chose à coté qu'ils ne le remarqueraient même pas, et je trouve ça lamentable. Je sais que je passe pour un faux cul quand on voit ce que j'écris et ce que je raconte, mais dans mon cas, la volonté d'isolement, c'est avant tout se ménager des moments pour se retrouver, pour se protéger du monde et se débarrasser de toutes les nuisances.

Dans « Are you still, still breathin’ », tu craches ta haine sur ce monde trop plein d’individus cauteleux et de sales arrivistes dégoûtants (quand tu parles de Matthieu et de ton ex). Comment évoquer le style Domini-COLL ? Jeune homme en colère ? Révolutionnaire réfléchi ? Provocateur né ? Nihiliste ?
Je peux pas tellement être révolutionnaire, j'ai pas fait la révolution... Après c'est sur que je crois pas aux réformes... Le plâtre sur une jambe de bois comme on dit... Provocateur ? Mouais, je suis pas convaincu. Et nihiliste encore moins. J'ai des idéaux en fait... La vérité, c'est qu'on vit dans un systême propice à tous les refoulements, à toutes les maladies mentales, à tous les comportements addictifs et destructeurs... Quelque part, écrire, c'est me permettre de rester à peu près sain, on dira...

L’écriture, pour toi, c’est un exercice de style ou une manière d’évacuer sa haine intérieure, dans l’instant, sans chercher le contrôle, juste en laissant couler le flot ? (ou le flow, si on veut faire plus d’jeunz)
Dégueuler ma haine, faire sortir mes sentiments... Mais je fais toujours en sorte d'arriver à ciseler les phrases et leurs tournures... Ou du moins j'essaye... Faut quand même que ce soit lisible...

Qu’est-ce que tu penses de ces auteurs qui se branlent la nouille pendant 3 mois pour tourner une phrase correctement ? (*Voix d’une mémé en arrière fond : « Mais qu’est-ce qu’il parle mal ! Oh ! Un vrai cochon ! »*)
Si ça les aide, tant mieux. Moi je suis plutôt du genre one shot, pris dans une sorte de frénésie de l'écriture... Après, il y a maximum une ou deux réécritures plus tard, mais c'est tout... C'est surtout un mot ou un autre qui change.

Extrait relevé dans une nouvelle que tu as écrit durant une constante : « Après mûre réflexion, face à mes hésitations, mes pieds avaient fini par trancher et m’orientaient à travers les ruelles. Sans aucun doute, je filais droit vers le Blast. Cave glauque à bière, à métalleux, à faune interlope, zone de mes plus belles cuites et de mes plus improbables amours, une de mes bases arrières que j’avais fini par déserter il y a des mois sans trop savoir pourquoi. Peut être parce que j’ai trouvé d’autres abreuvoirs, que je me suis couché tôt, que j’ai aussi joué à être Bukowski ; et que, et que… Il y a presque autant de raisons que de jours qui se sont passés… » Bon, maintenant, avoue que Bukowski c'est un peu comme ta lanterne dans la nuit (de toute façon j’le sais, tu le dis dans ta présentation !)
Oui. Un langage dru, dense, puissant, qui s'embarrasse pas des convenances. Qui parle d'autre chose que des amourettes de bobos, mais qui s'intéresse aux sous-sols et à l'ombre ; mais en même temps il arrive à rendre poétiques à sa manière des histoires de putes et d'alcools, de clochards... C'est toujours comme une vraie fresque sociale.

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE Poeme-charles-bukowski-L-1
Bukowski

Alors comme ça on n’aime pas Nietzche et Céline ?
Je trouve ça pompeux et suffisant. Et puis quand on voit que Nietzche est du genre à dire que les pauvres n'ont pas à se révolter contre ceux qui les oppriment...

Eh, en fait, T'as 25 ans et tu as déjà raté ta vie ? (Cf. ta signature actuelle). Moi aussi ! Ça s'est passé comment pour toi ?
Je ne me vois aucun avenir ni dans la fac (coupes budgétaires sévères, 11 millions d'euros de déficit), ni dans la vie active : chomage, crise, licenciements... Et en plus je suis célibataire alors bon...

On l’aura compris, les thèmes qui reviennent souvent dans tes textes sont le sexe et l’alcool. C’est important pour toi de parler de fesse et de bière ? Tu penses que le public en raffole ?
En fait, j'ai aucune imagination, je parle que de ce que je connais... Et comme JD dans Scrubs, j'aime romancer, exagérer, réinterpréter ce qui peut m'arriver... Et faut aussi admettre qu'on croise les meilleures tronches et les meilleures tranches de vie dans les bistrots...

Dans la nouvelle « Où vont tous ces gens ? » tu brosses un portrait de ces ouvriers déchus qui s’en vont picoler leur désespoir sur un banc du PMU. Un sujet qui te laisse sensible ?
Oulah... Je veux pas tomber dans les clichés hygiénistes des ouvriers alcooliques, de l'Assomoir et tutti quanti... J'ai essayé de faire un petit instantané... Mais c'est vrai que ça me tient à cœur... Après tout, je suis issu d'une famille PCF/CGT...

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE Sans_t10
Domini-COLL
Ah et puis tiens, t'en penses quoi toi du pouvoir en place ? « Liberté, égalité, fraternité » ? (il me semble que c’est un truc dans le genre)
Je pense que ça se devine plus ou moins entre les lignes dans ce que je raconte... Mais bon, pour résumer, on dira que pour moi ce systême n'est ni amendable ni réformable. Et qu'il faudra bien qu'on s'y mette pour botter le cul aux dominants, aux gouvernants...

Côté poésie :@:Lien, tu nous offres un portrait déchirant d’Aix en Provence. C’est là-bas que tu as grandi, je suppose ? T’as des choses à nous dire sur cet endroit ?
J'y fais mes études depuis décembre 2005. C'est un peu une terre de contrastes. C'est tout propret et bourgeois en apparence, en surface... Mais des qu'on va jeter un coup d'oeil derrière le rideau, qu'on soulève le tapis... Qu'on comprend comment ça marche...

J’crois que t’aimes bien situer le monde depuis ton Balcon (Cf. ton roman en cours « Le balcon » :@:Lien et une poésie sans nom dans ton recueil). Toi, est-ce que tu rentres dans le monde ? Tu te mêles aux autres ? Tu travailles en société ? Ou t’es un éternel antisocial qui emmerde l'univers ?
J'ai du mal à me sociabiliser, c'est vrai. Je suis très timide, et je peux avoir des rapports conflictuels avec le reste de l'humanité. Mais en fait, je suis surtout un antisocial par défaut. C'est à cause des comportements des autres, de mes complexes; que j'ai tendance à me refermer comme une huitre...

Et côté zik, sinon ? Est-ce que tu te sers d’elle pour écrire ? Des groupes originaux à nous faire découvrir ? Des films bien undergrounds, aussi, peut-être ?
C'est surtout Léo Ferré – les titres où il parle ou gueule plutôt que ceux où ils chantent (en particulier il n'y a plus rien) ou du classique que j'écoute quand j'écris... Mais je peux écrire une scène triste ou pathétique ou déprimante avec une chanson bien boumboum de Rihanna (<3) dans les enceintes. Mais je trouve qu'il y a qu'avec Are you still, still breathing, que j'ai bien réussi à mixer musique et écriture (Tattle Tale – Glass Vase Cello Case). Dire qu'à la base, c'est sensé être un groupe de riot grrrrl (punk féministe pour ceux qui connaissent pas)... Et comme groupes, je vois pas quoi vous offrir... Comme film, il n'y a que Fucking Amal qui me vient, Kaboom et But i'm a cheerleader que je regarde en boucle en ce moment... Sinon, et c'est encore une de mes contradictions, je suis fan des comédies romantiques donc bon..


Merci Domini !
@ Son profil
@ Lien à utiliser pour partager l'article : http://jeunesecrivains.superforum.fr/t28684-portrait-decouvre-les-ecrivaines-de-je#525885



Dernière édition par Pianitza le Mer 20 Nov 2013 - 19:02, édité 11 fois
 
Pianitza
   
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TOMBE.CH
Les dix commandements de l’écologie extrémiste
◢ Entretien avec Pianitza (a.k.a No00) ◣

✗ Avant toute chose, il me semble important de partager avec vous le synopsis du roman de Tombe.ch. Roman que nous allons aborder tout au long de cette ITW :
599… 599 années après Ka… L’an 2753 après Jésus-Christ selon le décompte utilisé dans l’ancien monde...
Dans la cité d’Anse-la-belle, la civilisation Zéphyr vit en harmonie avec la nature depuis près de six siècles. Cette utopie écologique fut permise grâce à l’avènement de la « puce ». La puce détermine aléatoirement la durée de vie de chaque Zéphyr, entre 40 et 60 ans, réglant ainsi les problèmes de surpopulation, de retraite, d’impact sur l’environnement… En 599, alors que la civilisation Zéphyr s’apprête à quitter Anse-la-belle pour la transition de fin de siècle, Noa Larsen, un Zéphyr connu et apprécié de tous va dépasser le seuil fatidique des 60 années de vie. A l’intérieur d’un monde socialement et écologiquement parfait, est ce que ce dysfonctionnement passera inaperçu ? Ou, est-ce que le bonheur, même collectif, se révèlera n’être qu’un point d’équilibre instable ?


Bonjour bonjour Tombe.ch ! Faut-il comprendre par-là que tu vis dans une tombe ?
Salut No00. Et bien pas du tout. En fait j’ai conservé ce pseudo de l’époque où j’étais un « gamer ». Je jouais intensivement à CS (counter-strike) et ma devise était : « Tu me vois, tu tombes », j’avais entre 14 et 16 ans… Ensuite il y a eu les filles… Aujourd’hui j’ai même plus la moindre console de jeu. Le seul jeu vidéo auquel je joue de temps en temps, c’est le démineur, je suis fan. Mon record est de 89 secondes pour le mode expert !!
J’ai conservé le surnom de Tombe parce que je pratique le judo et le but est bien de faire tomber l’adversaire. Le suffixe « .ch » ça veut dire Confédération Helvétique, contrairement à ce que pensent beaucoup, c’est pas l’abréviation de « Suisse » en suisse allemand !

T’es un p’tit nouveau par ici. A ce que je vois tu as débarqué sur le forum il y a pas si longtemps (Moi aussi, en fait… mais chut !). Ça va, ils sont gentils avec toi les vieux croutons ?
Oui à fond. C’est plutôt moi qui ai peur d’être trop direct parfois. J’ai déjà eu des débats houleux avec quelques philosophes. Mais c’était sans aucune animosité de ma part. C’était inévitable, mettez des philosophes (ou convaincus d’en être) avec des scientifiques (ou convaincus d’en être) sur un même topic, et vous verrez quelques étincelles !
Mais j’aime bien ça, c’est quand même plus marrant de débattre avec des gens qui sont de l’avis opposé. Je me rappelle d’une discussion incroyable que j’ai eu avec un témoin de Jehova (enfin deux, ils vont toujours par deux, je ne vais pas vous refaire la blague…). Ils avaient un master en biochimie (proche de ma formation). Le gars m’a dit texto: « La protéine la plus simple comporte 20 acides aminés, si on considère qu’il faut une demi seconde pour tester une conformation spatiale de cette molécule, il faut plus de temps pour tester toutes les conformations possibles qu’il n’en s’est écoulé depuis le Big bang ! Alors tu crois toujours que Dieu n’existe pas ? «  C’était incroyable, la discussion a duré une heure, sur la place devant la gare de Lyon (j’étais en transit). Ça n’a servi à rien (personne n’a changé d’avis), mais c’était un très grand moment de n’importe quoi !

Tu nous as pondu un roman : « La dictature aléatoire ». Sur ta présentation, tu dis que le projet t’aura demandé deux années et demi d’écriture. Peux-tu revenir sur ces années-là, quelle a été ta manière de fonctionner et ton rythme d’écriture ?
Alors… La genèse d’un roman chez moi, c’est un peu la génération spontanée (en tout cas dans ma tête). Pour le papier c’est une autre histoire. A la suite d’une soirée arrosée où on refaisait le monde avec mes potes de thèse, j’ai rêvé de ce monde, de cette « dictature aléatoire » régit par la puce. Le lendemain, j’en ai parlé à un de mes meilleurs potes. Il m’a répondu :  « Tiens, on dirait du Barjavel ». Et là je me suis dit, peut être que je pourrais écrire une histoire, plutôt que mes articles scientifiques barbants…
Comme j’avais toute l’histoire en tête, le soir même j’ai écrit les titres des 30 chapitres (« 30 c’est la mesure, 30 c’est l’apprentissage ») avec quelques phrases pour chacun, qui me permettraient de me rappeler ce que j’avais imaginé, peu importe quand j’écrirais l’ensemble. Aujourd’hui il n’y a plus que 25 chapitres.
Et puis, ayant fait cette « sauvegarde », le projet en est resté là pendant quelques temps. J’y suis revenu quand ça n’allait plus dans mon couple. Je fuyais à l’intérieur de mon roman. Je rentrais le soir, je lisais les titres de mes chapitres et je me disais :  « Tiens, je vais écrire celui-là », sans suivre aucun ordre.
Puis séparation, j’ai profité de 6 mois de célibat sans plus toucher à mon roman. De nouveau en couple (mais heureux), j’ai repris mon roman car une des meilleures amies de ma copine finissait elle son second roman… Esprit de compétition oblige, j’ai aussi terminé le mien !

Une apocalypse, un goût prononcé pour tout ce qui touche au soufre, un monde déshumanisé qui tente de se reconstruire, des cadavres à ne plus savoir qu’en faire… Tombe.ch il est trop d@Rk ?  
Absolument pas. En fait je suis un grand optimiste. Optimiste pour la Terre et pour la vie en général. Pour l’être humain c’est une autre histoire, mais finalement, que représente l’être humain sur l’échelle temporelle de la Terre ? pas grand-chose…
Pour ce qui est de l’apocalypse, je dirais que c’était un passage obligatoire. Je voulais créer un monde utopique et pour ça, j’avais besoin de m’affranchir de quelques règles immuables à une population trop grande. Donc quoi de mieux que d’en annihiler 99% ? Après, je n’ai pas forcément plus de plaisir que ça à décrire un cataclysme. Ce qui me plaisait, c’était d’en expliquer les potentiels rouages, les mécanismes, les processus…Je voulais que ça soit crédible !
Le plus drôle c’est que j’ai écrit ce passage environ 6 mois avant la pandémie du virus H1N1 (grippe A), et là, je me suis dit :  « Fais chier, moi qui avait écrit un truc original… »

J’ai vu que tu faisais les yeux doux à Orwell, Bradburry et Barjavel. Ecrire de la science-fiction en dénonçant un futur pas si fictif que ça, un garde-fou qui fonctionne ?
Je pense qu’à leur époque, oui clairement. Mais il ne faut pas oublier que leurs romans dénonçaient des systèmes politiques, souvent le communisme (cf. Le meilleur des mondes de Huxley, où un des premiers personnages que l’on rencontre se nomme Lenina… »). Pour ma part c’est totalement différent. Mon roman est la critique de l’esprit humain en général. Les lecteurs pourront choisir qui sont les gentils et les méchants en fonction de leurs convictions et de l’idéologie qu’ils défendraient s’ils étaient dans ce cas de figure. Mais au final, tous mes personnages, peu importe leur camp, se retrouvent à un moment ou à un autre avec les mains sales. C’est ça que j’avais envie de dénoncer : la capacité de l’être humain à faire des saloperies sous couvert d’une noble cause !

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE 14595710
Barjavel
Dès les premiers chapitres, tu nous bombardes sauvagement de termes scientifiques. Difficile à digérer pour peu qu’on s’appelle Jennyfer et qu’on ait pour seule lecture Marc Levy. C’est important pour toi de donner cet aspect scientifique à la littérature ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’était important pour moi de donner de la crédibilité à mon récit. Il y a des passages de 5 phrases qui m’ont demandé une demi-journée de recherche et de vérification. C’est le roman que j’aurais voulu lire. Maintenant, je sais que ce n’est pas forcément le plus agréable à lire entre deux gares. Mais ce n’est qu’un passage (assez long) au début du roman. Pour poser les bases, pour que le lecteur puisse appréhender les règles de ma nouvelle société. Si j’avais su comment zapper cet aspect scientifique tout en donnant suffisamment d’informations au lecteur, je l’aurais fait.

Tu utilises un langage assez pointilleux. Niveau vocabulaire, tu ne sembles pas en reste non plus. Ça va un peu à l’encontre de la mode actuelle qui aime les phrases courtes et pas trop alambiquées, histoire de digérer son big Mac sans tituber. Mais je crois qu’il y a quand même déjà quelques éditeurs qui t’ont repéré, non ?
Ouais, je sais. En fait, ce roman je l’ai surtout écrit pour moi à la base. C’était une liberté folle par rapport aux articles scientifiques que je dois écrire (en anglais donc), où la régle est : sujet, verbe, complément, point ! C’est barbant (mais c’est le jeu ma pauvre Lucette). La dictature aléatoire, je l’ai écrite selon mes règles ^^ (avec des relatives, des phrases sans verbe, des dialogues abruptes…). Mais je tiens à préciser que c’est loin d’être un exercice de style, j’ai essayé de faire en sorte que la structure des phrases soit toujours au service du rythme du récit.
Pour ce qui est des éditeurs, je répondrais oui et non. J’ai eu un bon contact avec Xavier Dubois, des éditions du Menhir. Le lendemain de mon envoi, il m’a répondu : « J’ai feuilleté votre manuscrit personnellement, j’ai trouvé le sujet bien traité et le style correct, bien que perfectible » depuis mon roman doit être en comité de lecture. J’ai eu un bon contact aussi avec Boz’dodor. Elle est intéressée par mon histoire, à condition que je retravaille certaines parties (notamment le passage trop scientifique) et que je réduise le nombre de répétitions. Il est vrai que j’ai procédé à un matraquage de certains termes, pour rendre compte au lecteur du conditionnement psychologique dans ma nouvelle société. Je dois travailler afin de garder cet effet tout en allégeant le texte. Enfin, le 18 Octobre dernier, j’ai reçu un mail des éditions Mnemos, qui demandait si mon texte était toujours libre car j’avais passé la première étape de sélection. Après un échange de mails, j’ai compris que « passer la première étape », ça voulait dire « On aime bien votre résumé, vous allez passer en comité de lecture ». Là tu déchantes un peu, même si d’après madame Weil, 90 % des manuscrits qu’ils reçoivent sont rejetés lors de cette première étape. Ils ont donné un délai de deux à trois mois pour la réponse, ça fait deux mois depuis hier… J’avoue que Mnemos ça serait le rêve !

Il y a cette bactérie, Ira mopasavensis, qui est à l’origine de l’extermination de l’espèce humaine. Une épidémie mondiale, qui altère la circulation sanguine et provoque tout un tas de pathologies délicieuses : arrêt cardiaque, embolie pulmonaire... Sommes-nous aujourd'hui, d’après toi, à l’abri d’un éventuel Ira mopasavensis, sur terre ? (*Chanson de Didier Super dans la tête : On va tous crever !*)
J’en reviens au virus H1N1… Ce fut une belle pagaille, même si le nombre de décès fut Epsilon à l’échelle de la population mondiale. Pour mon roman, j’ai choisi une alpha-protéo bactérie qui fait des biofilms. Je ne suis pas microbiologiste et il est possible que les rétrovirus représentent un plus grand danger pour l’espèce humaine. Ce que je pense par contre, c’est que la population mondiale a atteint les limites du raisonnable. Les risques de pandémies s’accroissent en même temps que notre population. Je pense qu’un jour viendra où nous y aurons droit (je ne pense pas que nous le verrons nous-même). Mais c’est peut être dommage. Car plus on attend, plus la population humaine va s’accroitre et dépasser sa « capacité de charge », plus le retour de fouet sera fort. Pour donner un exemple (avec des chiffres complètement inventés), si une pandémie touche les Hommes alors qu’ils sont 9 milliards sur Terre, peut être que la maladie en tuera 1 milliard. Si cette même pandémie se déclare alors que nous sommes 20 milliards, peut-être qu’elle en tuera 18 milliards… Peut-être avons-nous besoin d’une gigantesque pandémie, puisque nous ne sommes plus au Moyen-Age et que les guerres ne suffisent plus à réguler la population…

Citation dans le roman : « Avant Ira mopasavensis, nous avions oublié que le hasard est la force qui exerce le plus de pouvoir sur cette planète ». De quoi nous rappeler à quel point nous sommes malléables, nous, petits assemblages de molécules. Toi, tu réagis comment face au hasard ?
Assez mal je dois avouer ! Je suis un joueur de poker, et quand les probabilités me donnent 96% de chances de remporter le coup avant la dernière carte et que je suis éliminé par un néophyte sur une « magic river », croyez-moi, je maudis le hasard !
Dans ma vie de tous les jours j’essaye de combattre le hasard le plus possible. Dans le train, je m’assois toujours à côté de la plus belle fille du wagon, je ne prends pas le siège où je suis seul pour l’instant mais qui risque d’être squatté par le vieux postillonnant au prochain arrêt ! Par hasard ! A moins que ça ne soit un choix délibéré du vieux postillonnant que de s’assoir à côté de moi ??
Après, quand on prend un peu de recul sur les évènements de sa vie, force est de constater que les « grands » évènements sont souvent dû au hasard. Je dirais donc que le hasard nous force à aller dans certaines directions, ensuite c’est à nous de tracer notre propre chemin dans cette direction. Ceci dit, on peut aussi penser que l’on choisit sa direction et que le hasard crée des méandres dans cette direction. C’est un point de vue, et je pense que le hasard est plus présent dans la vie de certains que dans d’autres. S’il était présent dans la vie de chacun avec la même intensité, ça ne serait plus du hasard !

Les Zéphyrs (les survivants d’Ira mopasavensis) réorganisent le monde en créant une charte que chacun se doit de respecter s’il souhaite intégrer la communauté. On retrouve des Articles surprenants. Entre autres les articles 3, 8 et 13 (Eh wé, j’ vous dis pas ce qu’ils contiennent !). Tu t’es appuyé sur la charte des droits de l’homme pour façonner cette liste ? Comment as-tu travaillé l’idée ?  
Pas vraiment en fait. Le but était de créer une nouvelle société. Pour qu’elle ne soit pas anarchique (ce n’était vraiment pas le but), il fallait s’appuyer sur quelques règles à suivre, c’était indispensable. Ce sont ces règles qui faisaient d’eux (les Zéphyrs) qu’ils n’étaient plus vraiment des êtres humains. Car biologiquement, ils n’avaient pas changé. Au final, j’ai créé ces articles pour replacer les Hommes en harmonie dans leur écosystème, au même titre que n’importe quelle autre espèce. En fait, ma charte Zéphyr aurait pu s’appeler :  « Les dix commandements de l’écologie extrémiste ». Et, je suis fier que cette charte soit en total désaccord avec la charte des droits de l’homme ^^

La mise à mort de la télévision, le boycottage de toute forme de consommation superficielle, tu crois que ça peut nous éviter de tomber dans le trou vers lequel nous nous dirigeons ? Qu’est-ce que tu penses du mouvement décroissant ?
Je n’y crois pas malheureusement. Ça peut marcher pour une fraction infime de la population, qui pourrait se regrouper sous forme de communauté. Par exemple, je pense que les Amish, où les sociétés dites « primitives » en Afrique ou en Océanie sont clairement plus heureux que l’individu Lambda dans nos sociétés modernes. Maintenant, on ne peut pas nier que la majorité des gens sont habitués à un certain confort et sont incapables de régresser de ce point de vue-là. Pour moi, s’il existe une solution pour l’avenir à long terme de l’Homme sur cette planète, elle est dans l’utilisation du système capitaliste au profit d’une meilleure adaptation écologique de l’Homme dans son milieu. Sincèrement, les José Bové et autres écologistes (différent des Ecologues, qui eux, sont des scientifiques) me font bien rire en allant saccager des champs de cultures OGM. Le seul résultat de ces actions, c’est la perte d’une partie du revenu d’un agriculteur…
Lorsqu’on est un char d’assaut qui va pénétrer dans un champ de mine, je pense qu’il est plus efficace d’en être le pilote pour faire demi-tour, plutôt que de se jeter sous les chenilles en espérant le stopper…

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE 111
Tombe.ch
Ce concept de la puce qui réduit la durée de vie des Zéphyrs me fait flipper. Ça fait d’eux des hommes dociles au système, dépourvus de personnalité, sans autre but que celui de procréer. Sur le web, on trouve tout un tas de mythes divers et variés sur la puce. Tu crois qu’il y a danger, aujourd’hui, de devenir une sorte de cyborg fiché dans les ordis de l’état ?  
J’avoue que je ne me pose pas vraiment cette question. Il est possible que dans un futur proche, nous puissions être suivit à la trace, H24… Mais au final, je ne crois pas que ça changerait grand-chose à notre mode de vie. En tout cas, pas au mien. Je ne crois pas non plus que les Etats veuillent agir de manière néfaste pour la population. Je crois que les gens veulent du pouvoir et du fric… Enlever toutes formes de liberté aux petites gens que nous sommes ne les avancerait pas forcément dans cet objectif.

Takumi, un membre du cercle de décision, déclare un moment dans le texte qu’il est important d’être ferme avec la population. Que dans un monde d’indépendance, les individus s’offusquent de la moindre contrainte. Alors que dans un monde fait de contraintes, ceux-ci  s’émerveillent pour un rien de liberté. C’est un peu ce que pense la partie d@rK de Tombe ?
Ce n’est pas m’a partie Dark, c’est moi en entier qui pense ça. Même si c’est triste. Mais le dicton : « Fuis-moi je te suis, Suis-moi je te fuis » est une vérité ! Nous recherchons ce qui est rare et inaccessible ! Je prends l’exemple des ornithologues (je ne comprends pas ces types ^^). Ils seront en transe devant un Etourneau roselin et n’auront rien à foutre d’une mésange bleue, alors qu’objectivement la mésange est bien plus belle, mais c’est la rareté qui fait l’envie !

Il y a un passage qui me dit que t’aimes bien la cuisine. Cordon bleu à ses heures perdues ? (putain tu m’as donné la dalle !)
Oui clairement. Je suis issu d’une famille de restaurateur. Mon frère est chef à 23 ans et à gagner plusieurs concours régionaux. Moi j’ai travaillé en restauration depuis mes 16 ans et tout au cours de mes études pour les financer. Ça fait presque 5 ans que je ne le fait plus parce que j’en ai plus besoin, mais j’avoue que ça me manque. Alors, quand je me retrouve le soir devant ma planche en bois, avec mon éminceur fétiche et que je cisèle des oignons… Je me sens bien !
Et puis faut le dire aussi, la cuisine c’est un des meilleurs plans drague que je connaisse. Mieux que la ceinture noire de judo, mieux que la guitare et le chant, mieux qu’une belle gueule !

Noa, celui qui franchit la dite limite de péremption, réanimera haine et fureur chez les Zéphyrs. L’homme, une espèce irrécupérable, jalouse et violente ?
Définitivement ! Mais finalement pas plus que toute autre espèce ! Faut pas croire que les humains sont des monstres, simplement on est arrivé à un stade de développement tel, que les conséquences de nos actes sont effroyables.
Si les dauphins été capables de fabriquer et de se servir de mitraillettes, les requins leur payeraient des taxes sous forme de thons et de maquereaux !
Dans mon roman, j’ai tout fait pour créer une utopie, un monde où les Hommes vivraient heureux et en paix. Pour ça je me suis affranchi de presque toutes les règles grâce à une apocalypse. La seule contrainte que j’ai gardé, c’est de conservé une certaine diversité au sein de ma population (diversité génétique, physique, psychologique), et rien qu’avec cette seule contrainte, je me suis rendu compte que je n’étais pas capable de créer un monde qui satisfasse tous les individus…
Mon roman, c’est l’aveu de mon échec en tant que Dieu.

Tiens, parle-nous un peu de tes inspirations musicales et cinématographiques pendant que j’y pense !
Je ne suis pas un grand cinéphile (du tout même), alors voilà en vrac quelques films que j’ai beaucoup aimé : Forst Gump (et beaucoup d’autres avec Tom Hanks), Usual suspect, Love actually (je suis fan de Keira Knightley, son sourire me fait fondre), Jeux d’enfants, les Star Wars, le seigneur des anneaux, le premier Matrix…
Pour la musique, je suis très pop-rock. Normalement début janvier je vais intégrer un groupe de rock nommé Useless en tant que guitariste rythmique et deuxième voix. Et mes groupes favoris sont Stereophonics, Eels et les Red Hot Chili Pepers. Peut-être même que ma nouvelle civilisation se nomme Zéphyr à cause de l’une de leur chanson.
A moins que ça ne soit en référence au Dieu grec du vent Zéphyr, frère d’Eole, symbole de l’Ecologie…


Et sinon, dans la vie, t’es du genre social ?
Plus que sociable, je suis un gros fêtard. Je suis un épicurien, j’aime les femmes, j’aime la nourriture, un peu d’alcool… Et tous me le rendent bien !

Merci Tombe !
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Dernière édition par Pianitza le Mer 20 Nov 2013 - 19:02, édité 13 fois
 
Pianitza
   
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NYJEE
La poésie doit être rendue au peuple
◢ Entretien avec Pianitza (a.k.a No00) ◣

Salutation, Nyjée !  « Nyjée » c’est quoi, à la base ? Du chanvre ?
Mon premier pseudo ici, c’était « Encre ». Je ne l’aimais pas. Encre, sur un forum d’écriture, ça relevait un peu de la facilité. J’en ai cherché un autre. Je ne voulais pas un mot français (je trouve qu’il y a une sorte de dépersonnalisation dans les pseudos très francophones), mais tout de même quelque chose qui me plaise. Alors j’ai cherché un long moment un mot en espagnol, mais je n’ai rien trouvé qui me plaise au niveau des sonorités ET du sens. Et j’ai commencé à faire la chose qu’il-ne-faut-pas-faire (c’est maman qui me l’a dit, lalala) : trifouiller des mots aléatoires avec Google traduction, avec des langues dont tu connais à peine l’existence. Je suis tombée sur "Nyjëa", je crois. Je ne sais plus la langue, mais ce mot signifie « ligne ».
Après, j'ai légèrement façonné le pseudo : un e pour la fin plutôt que le a pour faire une syllabe plus longue et non pas deux. Le "N" et le "e" sont deux syllabes que j'ai étiquetées "neutre" ; parce qu'elles ont des sonorités douces et une forme "normale". Après, le y, le j et le é présentent trois lettres particulières, puisque deux descendent et une montent (accent) : je les ai voulues comme ça, une sorte d’asymétrie symétrique au milieu du mot. Et puis, la "syllabe dure" (le j, que je prononce comme un r, à l’espagnole), est la lettre centrale du mot, comme je le voulais, me semble faire une certaine harmonie entre les deux parties du pseudo. Enfin, j'aime bien les pseudos courts et je trouvais que celui-ci sonnait bien. Il est personnel, vraiment, pour le coup. (… Si personne ne me regarde de travers après cette première explication, je serais bien chanceuse).

Alors, Nyjée c’est la sale gosse talentueuse du forum qui ne mâche pas ses mots ? L’emmerdeuse qui risque d’en insupporter plus d'un par son franc parler ?
Il faut croire. Je n’ai jamais trop compris cette réputation qu’on m’attribue. Enfin, non, pour « l’emmerdeuse » c’est faux : je ne suis pas innocente, je suis souvent assez virulente ici. Mais je ne manque jamais de respect à personne (dans la mesure où le respect dépend de l’âge et de la situation, et qu’on ne me demande pas de respecter une maturité intellectuelle que je ne discerne pas), ou alors ce n’est pas intentionné. L’idée serait plus que je ne mâche pas mes mots – je sais que dans certaines situations c’est un défaut et je le travaille – et que, l’ambiance sur JE semblant toujours portée vers une castagne récréative… Et puis, il me semble souvent que le niveau est nivelé. Je veux dire par là qu’on attend des commentaires une certaine manière de faire. Dès que l’on en sort, sur un point ou un autre, on est admiré ou blâmé. Je trouve ça un peu agaçant parfois.
Concernant le « talent »… C’est tellement subjectif. Comme on le voit parfois dans les commentaires des concours de nouvelles, ou de poésies. Je prends rarement la peine de relire et de façonner, mais, tout de même, on le voit bien : dans la masse des participants, je tire vers le haut niveau podium, mais je reste dans la masse. Donc mon talent est nettement discutable. Ce qui intrigue beaucoup sinon, c’est le rapport âge/qualité d’écriture. Les gens que j’estime et qui me commentent s’accordent en général à dire que je pourrais être prometteuse dans quelques années. Pas du talent, disons, de l’espoir. Et ça me va très bien comme ça. A la limite, si on passe certains points, je me ficherais même d’avoir du « talent ».  

Pas trop dur de gratter du poème pendant les pauses du lycée ? J’aimerais savoir comment tu te situes par rapport aux personnes de ton âge, tes professeurs, tes proches...
Je n'écris presque jamais au lycée. Je suis trop psychotique que quelqu'un regarde par-dessus mon épaule, ou simplement me demande ce que je fais. La seule nouvelle que j'ai écrite là-bas est totalement empreinte de l'ambiance. Vous connaissez l'ambiance du lycée, je vous passe les détails. Ma relation écriture / lycée se limite à quelques pensées.
Se situer par rapport aux personnes… contextuellement, j’ai des parents, parfois une famille, un prof de français génialissime (que j’idolâtre complètement parce qu'il a des visions proches des miennes et est très littéraires - d'accord, il a 45 ans, j'en ai 15, c'est un peu risible à dire, donc bon, chut), une fille qui fait souvent des délires avec moi (du genre à nous croire folles), et une fille qui fume/se bourre la gueule et dont je ramasse régulièrement mes morceaux. Le reste des relations, et même celles-là, c’est de l’hypocrisie. Les professeurs, les élèves, les gens de ma famille parfois : on reste toujours distants entre nous, on ne se montre pas les dents, on se rend des services miniatures. Pour me situer : j’applique surtout une politique de bonne entente. Et j’évite de trop laisser passer mon esprit critique, avant que je ne me fâche contre certaines stupidités. Voilà.

Quand on se penche sur ton poème « sur la route » : « Mon corps git dans la poussière / Vous ramasserez les miettes demain. » Tu accuses le monde de disséquer ta personnalité, de soustraire ta nature originelle à une forme d’abnégation vicérale ?
Non. Je n'accuse rien là-dedans. Je n'accuse jamais rien, parce que je n'en suis pas capable. Et puis mes vers ont rarement une connotation de reproches. Et puis ce poème est vieux aussi, terriblement vieux (même s’il reste l’un de mes préférés). Quand je relis, l’idée était plus celle d’une désillusion totalement personnelle, marquée par les deux parties du poème : le « vous », qui est, en quelque sorte, la masse, et qui se situe en-dessous de moi au début, mais termine en ramassant les miettes. Et aussi, une volonté lasse de ne plus parler. Alors oui, il y a sans doute un peu de ça, et un soupçon d’une différence. Ce qui me semble stupide. J’étais plus présomptueuse alors.
Alors bien sûr, la société moderne n’est pas jolie et ne fixe ni une priorité sur l’individualisme ni sur la culture, mais c’est notre société. Elle n’était pas forcément mieux avant, dans l’antiquité, au moyen-âge. Il me semble que dire « c’était mieux avant » revient à se leurrer ; oui, peut-être, selon certains critères, mais on y changera rien, de toute manière. Qu’elle dissèque des personnalités ; au bout d’un moment, il me semble que ces personnalités se laissent faire et qu’elles sont la plupart conscientes, quelque part. Je ne crois pas à la nature originelle ; je crois à l’évolution. L’évolution, c’est celle d’aujourd’hui. En fait, je tends de plus en plus à penser que la personnalité est un luxe. Alors peut-être que je suis fataliste mais : un luxe est rarement indispensable.

Quand j’avais ton âge, j’avais un vocabulaire limité. Vraiment, je n’aurais jamais pu te donner la définition du mot « Asphalte » par exemple (j’en prends un que j’aime bien, au hasard, comme ça, Asphalte je trouve que ça a la classe… comme mot... ‘fin bref on s’en fout !). Toi, en revanche, tu me parais déjà munie d’un bel arsenal. Lectrice acharnée ? Commencer à lire plus tôt pour être moins con plus tard ?
A mon avis, je suis loin de posséder un vocabulaire exceptionnel (d’ailleurs, il diminue même avec les années, et des mots ne me viennent plus quand je les cherche, mais ce n’est pas la question). Je lisais beaucoup quand j’étais petite ; depuis que je sais, en fait. Et j’écrivais en dehors des cours, aussi. Toute ma base de vocabulaire et d’orthographe est basée sur mes activités entre 6 et 11 ans. La mémoire d’enfant retient bien. Bon, alors par contre, pour la conjugaison de certains temps, il n’y a rien à faire. Le français est d’une laideur pour les conjugaisons… (palme d’or donnée au passé-simple).
Je ne suis plus trop une lectrice acharnée. En 2012, j’ai lu une trentaine de livres, et la moitié en rapport avec les cours ; avant, je devais en lire plus, alors que je dormais fatalement plus, et que je passais beaucoup de temps à écrire. Là, je n’ai pas le temps. Du coup, j’absorbe très peu. Commencer à lire tôt pour être moins con… Je n’oserais pas associer la littérature à l’intelligence. Donc du coup, non, certainement pas. En plus, s’il fallait lire, il n’y aurait jamais qu’un seul parcours, et il tuerait la littérature aussi surement que les histoires de vampire. (Oui. J’ai la haine des bouquins avec des vampires.)

Dans le poème Poesia : « Poesía a sorti ses talons aiguilles /
Elle chemine mitraillettes dans la tête, / Pan, pan, elle tire sur la ville / Un esprit de révolte dans son esprit
» Elle en est à quel stade, aujourd'hui, la poésie, dans notre joli petit monde moderne ? Terminus tout l'monde descend ?

(Un esprit de révolte dans son esprit… Ah, ouais. Ça se voit qu’il est vieux, ce poème). La poésie n’est plus lue, plus très appréciée. Mais là, je dis des évidences. De toute manière, la littérature est un peu désuète aussi. Sans doute parce que foncièrement, elle ne me semble pas indispensable. Le terminus… Je ne pense pas qu’il faille aller jusque-là un jour et je ne l’espère pas. Alors certes, la poésie n’a plus vraiment d’influence et est abordée le plus souvent d’un froncement de sourcil (je me souviens de la fille dont je ramasse les morceaux : elle m’a dit une fois : « Mais pourquoi tu lis de la poésie ?? ». Envie de répondre : « Mais pourquoi tu n’en lis pas ? »), mais il me semble qu’elle ne prend pas la ligne express. Pas encore.
Sinon, je me souviens de ce que disais Zara (un ancien membre très formidable) : que la poésie doit être rendue au peuple. C’était l’une de ses dernières paroles avant qu’il ne se casse. C’était, quand ? Vers mai, juin 2012. Aujourd’hui, je pense encore à lui, et, il n’y a rien à faire, j’ai l’impression que ma vision se rapproche un peu chaque jour de cette plainte, même si je ne sais pas écrire pour les autres. Je suis peut-être influencée par son souvenir. Peut-être. Au fond, je ne veux même pas savoir : je pense, à peine. Et j’essaie d’évoluer.

 Un penchant pour l’Espagnol  ? Avoue !
Un peu. Je ne suis pas spécialement attirée par l’Espagne ou ses coutumes. En revanche, j'ai toujours trouvé l'anglais grossier. L'espagnol est plus chantant, plus harmonique (même si, comme en français, il y a beaucoup de mots plutôt ignobles sur la sonorité). Pour le coup, cette langue s’est présentée au début de quatrième comme une échappatoire à l'anglais. Si je parle mal Anglais, autant bien parler Espagnol. Maintenant, je ne serais plus capable de dire pourquoi j'aime cette langue ou ce pays (surtout que par nature, je n’aime pas trop les pays étrangers) ; je crois que je l'apprécie plus pour son souvenir que pour ses coutumes et son accent. Son souvenir, il est long, las et amer, et il dépose toujours des petites étoiles salées devant mes yeux, mais comme je suis un peu masochiste, j'y repense avec un peu de mélancolie. Et j’ai donc, oui, un penchant pour l’Espagnol.

 Dans Destrozada : « Les droits ? Ils sont chiés par les bébés dans leurs langes ». Il faut se méfier des bébés alors ? Pas si innocents que ça ces sales marmots à tétine ?  
Non, en fait, j'ai écrit ce poème en janvier, j'étais complètement énervée, et j'avais aussi envie de faire des alexandrins. C'était surtout pour la rime. Et stupide. L'idée des bébés venait plus du fait qu'ils sont bousculés avant qu’ils naissent, avec ces convenances stupides d'avant naissance. Quelque chose comme ça ; vraiment, je ne me souviens plus, et je n’ai pas trop d’avis là-dessus. Il y a aussi l’idée que l’éducation, maintenant, n’enseigne plus de valeurs. De moins en moins, en tout cas. Je le constate chez les autres, surtout qu’il me semble que, des fois, j’ai des valeurs trop excessives et personnelles ; du coup, remarquer leur absence est facile. La naissance est un aussi un thème sur-exploité quand on parle de l'altération de la société dans la science-fiction. J'étais peut-être influencée par ça aussi.

 Dans Dowland (mars/avril 2012) tu nous sors une prose déchirante qui concerne ta mère « La mer est laide, je veux qu’elle soit laide, mais moi je t’admire, comme tu es belle maman, dans ta tenue bleue d’un jour bleu. Laisse-moi te contempler encore. Tu n’es pas comme la mer, je sais, c’est trop laid la mer, mais te voilà plutôt comme un océan, avec ses vagues furieuses. […] Après, ils ont commencé à te recouvrir d’écume. Je crois que tu n’as jamais été aussi triste, regarde comme ils t’enlaidissent ! Tu ressembles à la mer, bientôt je verrais presque des poissons sous ton marbre. »  La société ternirait la teinte de nos jeunes années… J’ai l’impression que cela t’effraie. Tu connais peut-être cette vision de Thomas Mann qui est à mon sens très significative : en trois générations, le grand-père lance le clan dans le monde, le père porte la famille au sommet de la société et le fils renonce aux valeurs fondatrices de la réussite. De quoi expliquer un certains nombres de désenchantements. Nyjée appartiendrait à cette troisième génération ?  
Non, pas vraiment. Justement, les jeunes années sont les plus belles, parce qu’il n’y a pas trop la conscience de cette société – présente, partout autour de nous, mais pas pressante. Du moins, moi, je m’en souviens avec mélancolie. Et puis, je ne spécule pas sur le destin, ou ce genre de phrase. Rien que les liens familiaux sont quelque chose de très abstrait pour moi, comme l’héritage (d’une réussite ou autre). Lancer un clan, c’est difficile maintenant. Donc je n’y crois pas trop. Après, « renoncer aux valeurs fondatrices de la réussite », étant donné que je n’ai pas spécialement des envies de réussir… Peut-être. Mais c’est un peu un trait de famille, ça aussi. Mes grands-pères sont loin d’avoir créé des clans.

Une question qui risque de faire dans le térébrant cérébral. Si je te demanderais comment naît ce genre d’image : « elle s'en fiche, hurle et étire ses poignets jusqu'à ses chevilles », que me répondrais-tu ? (Tu as le droit de répondre de manière tout à fait abstraite, même avec un dessin si tu veux, ou en me faisant un doigt d’honneur, aussi !)  
Doigt d'honneur. Inutile de me demander comme je façonne mes images, déjà que je les recycle beaucoup, alors un an après utilisation... En tout cas, moi je ne me souviens pas. Quand je relis ce vers, je me dis que l'idée d'étirer les poignets, c'est d'étirer ce avec quoi on façonne – les mains, spécifiques à l’homme avec ce pouce qui permet de saisir des objets –, d'étirer jusqu'à l'agonie, et d'un dos qui craque, et d'une colonne vertébrale qui se brise. D’étirer de manière pas tout à fait concrète ce à quoi on tient en même temps que le corps.

 Est-ce que tu façonnes un plan avant d’entamer une poésie ou est-ce ta plume qui glisse dans l’ivresse du moment ?
Façonner un... quoi ?

Tu as fait de l’insonore un thème récurrent (Dans la nouvelle « Méta » par exemple, ou encore ton début de roman « Et le Cri aphonique ».) On sait que le soupir est propre à la poésie, que l’aphonique et le silence peuvent paradoxalement faire hurler les mots. Entendre par là qu’il est nécessaire d’écrire dans le silence pour dénicher ces douleurs profondes, ces images atypiques qui dorment quelque part en nous ?
Non. L'écriture est belle, l'écriture est un souffle. Bien sûr, on peut écrire dans la souffrance, mais ce n'est pas un but, ni la souffrance ni le silence, pour moi. C'est un état. Le bonheur est tout aussi intéressant, reste à voir le contenu ; certaines personnes disent qu’il est stupide d’écrire dans le bonheur, parce qu’on a moins de choses à dire : pas forcément. Il me semble que l'écriture ne s'évalue pas sur un état, temporaire, très vaguement sur un fond, mais plutôt sur une évolution. Même si trouver une évolution, dans un seul livre, c’est difficile. Et que sur JE, la seule chose qu’on peut faire, c’est encourager à une évolution qu’on ne verra pas. Alors non, il ne faut pas écrire en silence ; il faut juste hurler, puis tourner ce hurlement sans qu'il s’essouffle. Sachant qu’il est aussi possible de hurler de joie.

Tes références littéraires ? Un penchant pour les textes bibliques, peut-être ? (Cf. tes poésies sur Marie et Moïse)  
Non, pas du tout ! Moïse m'a été inspirée par un autre poème, et Marie est un prénom un peu passe partout, mais que j’affectionne beaucoup. Pas de références bibliques ; je n’ai jamais touché la bible, le coran, ou autre. Et je ne suis pas non plus portée sur la mythologie. J'ai assez peu de références littéraires, en fait. Cette dernière année, j'ai autant lu sur le forum qu'en dehors. Et le niveau moyen sur ce forum n'est pas génial. Du coup, je suis émerveillée par chaque chose que je lis dès qu'il y a un minimum de qualité. Ou alors, il y a des auteurs que j'apprécie beaucoup pour en avoir lu seulement un passage, mais qui m'ont pris tout le cœur (par exemple, Genet et Faulkner). Sinon, j'aime bien Racine, très poétique (que tu insultes plus loin, je vais te frapper, je pense), je suis un peu sous le choc de l'arrache-cœur, de Vian, que j'ai presque fini, et il y a un livre (même si pas terrible dans son fondement), « La stratégie Ender » et son parallèle « La stratégie de l’ombre », que j'apprécie beaucoup non seulement pour le divertissement de l'histoire, pour certains thermes abordés, mais aussi pour la symbolique de la fin. Egalement pour la première et seule fois, j'ai vraiment senti le caractère des personnages, leur intelligence. Je veux dire, les personnages sont décrits comme intelligents, mais j’ai vraiment senti cette intelligence. Sinon, je n'attends que de lire plus. René Char, Tzara, Apollinaire, Antonin Artaud… Je ne vais pas détailler tous les livres qui m’attendent mais j’ai hâte.

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE FAULKNER_0
Faulkner
Avec la nouvelle « Les feuilles roses », tu allies morbidité et poésie en adoptant le rose comme trame de fond. Tu prends plaisir à exercer ton écriture dans la fusion de ces deux extrêmes ?  
Non, pas vraiment. C’est vrai que j’écris rarement (jamais) des choses qui sont, disons, joyeuses, mais je ne prends pas de plaisir particulier à écrire du morbide, non. S’il faut enfermer quelqu’un, c’est pas moi, c’est mon esprit qui est détraqué et s’imagine toujours des histoires étranges. La poésie reste un joli prétexte pour mettre en forme ces histoires et pour tinter le quotidien décrit, un peu décalé, d’un peu plus de couleurs. Le morbide est la trame, le lyrisme la forme ; les deux se distinguent et sont différents même quand ils s’assemblent.

Pour rebondir sur « Les feuilles roses », J’aimerais connaître ton ressenti sur ce parallèle fait entre littérature et folie. Il y avait un type du nom de Lombroso  qui comparait un Racine ou un Rousseau (des écrivains qui ont sombré dans l'oubli, plutôt médiocres) à des dégénérés supérieurs. On est en droit de se demander si les écrivains n’ont pas un grain, quelque part, et s’ils ne sont pas finalement « anormaux » pour s’adonner à tant de solitude et de débauches poisseuses et vicieuses. Si on se penche sur le cas du best-seller « American psycho », de Bret Easton Ellis, qui fait l’apologie d’un yuppie psychopathe, on remarque que la presse, à l’époque, avait dénoncé le livre comme un danger potentiel pour la société ; que celui-ci pourrait donner de mauvaises idées chez des personnes réellement dérangées. Que penses-tu de tout ça ?
Tu viens de traiter Racine, qui est un auteur génial, alors je ne réponds pas. Non, je blague. Mais quand même. Sinon, il ne faut pas spéculer. Bien sûr que la littérature peut avoir des risques sur certaines personnes qui ne sont pas saines à la base, ou même quand elle le sont, peut influencer leur personnalité d’une mauvaise façon… comme tout. Comme la télévision, la musique, les relations sociales… Oui, vraiment, il faut arrêter de spéculer. Il y a des écrivains normaux et anormaux, des écrivains sociaux et asociaux, des écrivains cons et des écrivains intelligents. Et des écrivains sadomasochistes. (C’est moi >3)

En lisant Gyrophares, tu confirmes des doutes que j’avais à ton sujet… En fait t’es une putain de dangereuse schizophrène !
Mais non. C'est juste que je suis capable d’avoir une vision très décalée du monde, de façonner une obsession et de l’utiliser pour faire naître un personnage, à peine différent de moi et de vous. Je suis saine d’esprit. Enfin… Je ne suis pas certaine que tout le monde soit en accord avec cette affirmation, lala.

Tu as écrit ton roman Hématomes durant un Nanowrimo. Peux-tu revenir sur cette expérience ? Que penses-tu de ce concept qui pousse à écrire le plus rapidement possible dans un certain délai ? (ils disent, sur le site, que la quantité importe plus que la qualité.)
J’ai écrit les 5/6 pendant le Nano, oui. Un peu plus de 110 000 mots en trois semaines, puisque j’étais en Espagne une semaine, et que j’ai terminé peu avant le 30 novembre. Ecrire un roman aussi vite : c’est long, c’est chiant, et ça demande de faire considérablement réduire ses heures de sommeil, même quand on tape vite sur le clavier (comme moi). Je suis contente d’en avoir fini cependant, parce que je sais que sinon, je n’aurais peut-être jamais eu le courage de boucler ce premier jet. Et puis, le concept… C’est un concept de motivation plus que de littérature, mais ça marche admirablement. Après, honnêtement, je ne pense pas qu’il puisse s’appliquer à toute écriture. Hématomes est un roman un peu passe partout, il est facile à écrire ; pour les romans qui demandent vraiment un souffle, comme Et le cri Aphonique, je sais que j’en serais bien incapable. Et je pense que c’est pareil pour tout le monde. Beaucoup des gens que l’on retrouve là-haut écrivent une fan fic, ou quelque chose de relativement « facile »

J’ai vu que tu animais les constances de l’écriture et l’amicale des commentateurs sur JE. C’est toi qui as lancé ces concepts ? Peux-tu nous expliquer ton parcours pour arriver au stade honorifique de contributeur du forum ?  
L'amicale a été lancée avant mon arrivée. Les nuits et les constances ont été lancées très peu après, entre juillet et août 2011, et je donnais un coup de main à Orcal de temps à autre (une des particularités de JE, c’est que, quand la « responsable » ne fait pas, personne n’ose prendre des initiatives et ouvrir un simple sujet) ; aujourd'hui, je gère en son absence. Je suis arrivée à être contributrice un peu comme on cueille par hasard ; j'ai rendu des services qui me semblaient normaux - mais je sais aussi que j'ai des valeurs exagérées, je l’ai bien précisé - et je me suis très vite fait violette puis verte, presque innocemment. (D’ailleurs, ce vert est dégueulasse, faites passer). En fait, sauf certains jours où je prends du temps sur JE, j’ai l’impression de m’impliquer normalement ; je suis verte parce que les autres en font moins. Nivelage par le bas…


Nyjée aime bien The Cranberries Smile

Bon… j’ai décidé de faire un peu d’harcèlement à toutes les filles qui passeraient dans mes ITW. Alors, tu me fais un bisou sur la joue droite ? (et tu peux dire aussi dans ta réponse que je suis célibataire et que je suis un mec bien, s'il te plaît ?)  
Bisous sur la joue droite. Tu tends la gauche, je te frappe. (Hum, pardon. C’est pour me venger de ta question vaguement biblique). Sinon, tu es célibataire, mais je me suis promise à personne, voilà. Bisous. Et NoOO est un mec bien. Un peu psychopathe sur les bords mais bien. Même s’il critique Racine.

Merci Nyjée !
Mais de rien ! (Quoi, il ne fallait pas répondre ? C’était pas une question ? Dommage, lalala).
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Dernière édition par Pianitza le Mer 18 Déc 2013 - 15:26, édité 8 fois
 
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le bleu nous sied bien ^^
 
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Je trouve en effet que la nouvelle interface est assez jolie. J'ai dû supprimer les vidéos des musiques, qui sont normalement dans chacun des portraits, parce que je ne peux pas encore poster de liens pour le moment. Je les remettrai plus tard Wink


Dernière édition par No00 le Jeu 17 Jan 2013 - 17:18, édité 1 fois
 
Nywth
   
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Il faudrait peut-être juste enlever quelques pixels de chaque côté, parce que ta présentation élargit le forum. (Respectons le design de May, respectons la largeur du forum).
Je préfère aussi cette présentation.
 
Pianitza
   
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J'ai revu les marges.

 
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C'est cool ça ! Notre journaliste JE est de retour alors ?
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Orcal
   
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Orcal  /  Déesse du foyer à la retraite


Une très belle interview de Nyjée. J'ai lu avec grand plaisir.
Et je plussoie pour la Stratégie Ender. Ce livre et les suivants (bien que dans une moindre mesure) m'ont happée à travers les thèmes abordés et les personnages hors normes. Quand tu parles de 'sentir leur intelligence', je crois lire mon propre ressenti.
 
Go'
   
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Go'  /  Fou de la reine


Et je plussoie Orcal, oui on sent vraiment leur "intelligence".
 
Pianitza
   
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Pianitza  /  Effleure du mal



[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE 111
Romain Gary

THOMAS
Oui, on se ment tous !
◢ Entretien avec Pianitza (a.k.a No00) ◣

► Salut Thomas ! C’est ton prénom, dans la vie ?
Salut PiaNoOO (Tu l’as fait exprès, avoue ?) ! Oui, Thomas est mon vrai prénom dans la vie. J’étais certain que ce serait ta première question. J’aime bien parce que choisir son propre prénom comme pseudonyme sur un forum d’écriture ça peut signifier soit que je suis un mec hyper égocentrique en manque de reconnaissance, soit que je n’avais (vraiment) aucune inspiration en m’inscrivant ici. Vous prenez la solution que vous préférez. Si j’avais le choix, assurément, je prendrai la première.
Plus sérieusement, je n’avais pas envie de tricher. Et puis j’aime bien que mes amis, ici ou dans la vie, m’appelle par mon prénom. Si j’avais dû utiliser un pseudo, j’aurais choisis Charles, pas pour Baudelaire, mais parce qu’il s’agissait du prénom de mon grand-père et, comme nous allons le voir durant cet entretien, le rapport aux origines est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur, on le retrouve d’ailleurs pas mal dans mes écrits.

► Bon, on va se lancer tête la première dans ton roman, toujours en cours d’écriture, j’ai nommé : « Novac Brejnic’ », où les mystères qui entourent la mort d’un écrivain ultra célèbre. Comment t’es venue l’idée ? Depuis combien de temps travailles-tu sur le roman ?
Ah, je suis content que tu me poses cette question, personne ne me l’a jamais demandé. Ça me paraît tellement évident mais dans ma tête Novac Brejnic’ c’est Romain Gary. Au moins pour le background et pour le physique. Chacun le voit comme il veut, pour moi ils se ressemblent énormément. Ce type-là, Gary, me fascine et en me renseignant un peu, l’idée de ce roman est venue toute seule. En un claquement de doigt. Elle est venue si vite qu’au début j’ai eu peur de me faire démasquer et qu’on me dise que tout cela ne valait pas un clou. Bon, et puis, j’ai poursuivi et le récit a pris une direction que je n’aurais pas imaginée.
Je vais te confier que j’écris très lentement, je pense que ça se voit et que ça se sent, donc j’ai vraiment beaucoup réfléchi avant de me lancer. Les prémisses du roman sont apparues fin 2010 et, après quelques infructueuses tentatives (que je garde honteusement dans mon ordinateur) la rédaction a réellement commencé en juin 2012. Donc, si on fait le calcul, ça fait 8 chapitres en 7 mois. Donc, tu vois, l’idée me trotte en tête depuis quasiment plus de deux ans et je n’entame la rédaction du chapitre 9 que depuis cette semaine. Pour me déculpabiliser, je précise que mon été a été très pris par la rédaction de mon mémoire de M2 sur les diverses formes de nanolittératures et donc, de juillet à septembre je n’étais pas vraiment disponible pour Novac.
Ah, et pour la légende, je voudrais ajouter, que le prénom de l’écrivain m’est venu en regardant un match de tennis pendant Roland Garros. J’aime bien révéler des secrets honteux…

► Novac Brejnic’, c’est l’écrivain à qui tout est venu sur un plateau d’argent. La langue d’un Nabe, la plume d’un Hugo, et puis le succès. De quoi attiser un peu de jalousie dans l’âme des plus précaires. Novac c’est un peu la vie que fantasme Monsieur Thomas ?
Oh oui, oh oui. J’aime ta formulation, tout lui est venu sur un plateau d’argent, c’est exactement ça ! Novac Brejnic’ a tout, mais la chose la plus précieuse que je lui envie c’est le succès critique et populaire à la fois. C’est quelque chose de tellement rare. Je n’ai pas envie de pester contre la culture populaire, puisque j’en suis issu et que j’y ai fait mes armes, mais il y a tellement de magnifiques plumes qui restent dans l’ombre à cause de cette soupe littéraire dont le monde s’abreuve. Je parle en connaissance de cause, je vais vous dévoiler ma vie passionnante mais, en ce moment, en attendant de reprendre mes études, je travaille comme hôte de caisse en librairie (super boulot au passage !) et si vous saviez le nombre de conneries que je vois passer tous les jours. Du coup, ça fait toujours plaisir de parler avec un client, un lecteur plutôt, qui vient acheter un livre que j’ai adoré. Mais ça reste rare quand même.
Pour en revenir à ta question, est ce que j’envie un peu la vie de Novac ? Je ne pense pas, du moins je n’envie pas la vie que je lui ai inventé. Le roman n’est pas fini. Si j’envie la réussite d’un écrivain, bien sûr. Je me demande encore s’il existe un plus beau métier au monde. Je ne suis pas totalement crédule non plus, je sais que peu vivent de leur plume, c’est certainement pour ça que j’écris cette histoire, ça me fait un substitut.

► On dirait que tu n’aimes pas les « encostumés ». La dernière des engeances ?
Aha oui, c’est vrai qu’il y a un petit paragraphe dans le chapitre 1 où je charge un peu les « encostumés » et leurs faux airs de « saint-ni-touche ». Bon, ici c’était plutôt pour le contraste que je voulais rendre entre les travailleurs et les chômeurs ou encore les SDF. La figure du clochard revient très souvent dans le roman, tu l’as peut être remarqué. Donc je m’attendais plutôt à une question du style « mais, bordel, qu’est-ce que tu as contre les clodos ? ». Je crois qu’on me l’a déjà posée d’ailleurs. Pour mettre fin aux polémiques, je n’ai rien ni contre les « encostumés », ni contre les « clochards » et encore moins contre les chômeurs. J’écris une histoire c’est tout. Je n’aime pas les récits engagés et je serais donc incapable d’en écrire un. Je n’aime pas les choses que l’on qualifie de « morales » ou de « correctes ». J’aime ce qui est incorrect, ce qui est en marge et décalé sans tomber dans l’extrême. Tout simplement parce que le décalage me fait marrer.  

► Là, entre deux questions, j’aimerais avoir ton avis sur l’Académie Goncourt.
Chaque année, je suis de loin les délibérations de l’Académie. J’aime bien me tenir au courant mais je ne vais pas me précipiter sur les « labélisés » dès la remise des trophées. La saison des prix littéraires reste intéressantes parce qu’à côté des habitués et autres pontes de la littérature française, sont toujours mis en lumière quelques auteurs (et éditeurs) complètement inconnus. Cette année, grâce à la librairie où je travaille j’ai pu découvrir Joël Dicker, l’auteur de l’Affaire Harry Quebert, avant tout le tapage médiatique. Ça donne quand même de l’espoir qu’un si jeune auteur puisse se faire remarquer à ce point. C’est aussi sympa pour Bernard de Fallois son éditeur. C’est bien fait pour les grosses maisons d’édition qui ont l’habitude de toujours se retrouver en première ligne dans ce genre de concours.
Bon, je dis que je ne lis pas les « goncourisés » mais j’ai cédé aux sirènes et aux phares de Ferrari cette année. Et, j’aime beaucoup. Une écriture très travaillée, ça fait plaisir. J’ai l’impression, depuis que j’écris, d’être devenu plus exigeant en matière de lectures. J’ai fait du tri dans ma bibliothèque. J’ai toujours peur de passer pour un arrogant ou un je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde quand je dis à mon entourage que tel ou tel livre est mal torché alors souvent je ne dis rien. Mais je n’en pense pas moins. Et celui-là est un bijou, c’en est même démotivant…

Extrait du chapitre 2 : « J’avais besoin que, comme moi, mes pensées se heurtent aux gens, qu’elles rebondissent contre eux et contre les devantures des magasins. J’avais besoin qu’elles m’échappent. J’arpentais la ville, les yeux sur les baskets, et je me suis perdu. Je me suis retrouvé dans une allée quasiment déserte avec personne sur qui rebondir, alors je me cognais contre les murs, d’un côté à l’autre de la rue ». Toi-même, éprouves-tu ce sentiment quand tu marches dans la rue, d’entre tous ces béotiens qu’il faudrait éduquer à coup de dictionnaire ?
Ah ah, ça revient à ma réponse précédente. Tu sais conduire une interview mon p’tit Pia dis donc ! Bien que ta question n’a quasiment rien à voir avec le passage que tu cites, je répondrais que, si je n’ai pas l’envie irrépressible de remettre tous les béotiens dans le droit chemin, c’est vrai que quand on voit tous ces abrutis de Ch’tis ou de Marseillais, qui font honte à leurs régions, passer pour des abrutis devant la France entière, ça a le don de m’énerver. Un dico ce n’est pas cher, tu as raison…
Mais bon, chacun sa vie. Je ne prétends pas être plus intelligent qu’eux (quoi qu’un chien pourrait le dire), comme je te l’ai dit je déteste toute forme d’arrogance, mais le vrai souci ici, et le vrai problème de la société entière, c’est un problème d’éducation. J’ai eu la chance d’en recevoir une exemplaire, tout le monde ne peut pas en dire autant. On va dire que c’est pas leur faute s’ils manquent de jugeote, pour rester poli.

Peut-être connais-tu cette citation de Dostoïevski. Ta verve très Dark m’oblige à invoquer cette vérité – en tout cas pour moi – qui gît quelque part dans un carnet du sous-sol : « Maintenant que j'achève ma vie dans mon trou, je me moque de moi-même et je me console avec cette certitude aussi bilieuse qu'inutile : car quoi, un homme intelligent ne peut rien devenir - il n'y a que les imbéciles qui deviennent. Un homme intelligent du XIXe siècle se doit - se trouve dans l'obligation morale - d'être une créature essentiellement sans caractère ; un homme avec un caractère, un homme d'action, est une créature essentiellement limité ». On est finalement pas très loin de la pensée Nietzschéenne, chez toi. Ton avis là-dessus ?
Une citation très bien choisie. J’espère qu’en deux siècles les choses ont un peu évolué, même si je n’y crois pas beaucoup. Quand tu vois comme on traite les « intellectuels » du pays. J’enrage, par exemple, de voir les émissions littéraires reléguées en quatrième partie de soirée sur les plus grandes chaînes de télé. Les impératifs d’audience prouvent bien que le public est de plus en plus con, sinon ces débats-là seraient mieux placés. En France, on tue la culture. Ça me fait marrer de voir que sur France télévision, on supprime la quotidienne de Ce soir ou jamais (que je ne regarde d’ailleurs pas plus que ça), on diminue les fonds alloués à C’est pas sorcier (c’était quand même sympa comme émission) et que dans le même temps on produit de plus en plus de conneries. Rien que le titre de la toute dernière émission culturelle de France 2 veut tout dire : « Grand public ».
Je sais, je parle beaucoup de télé, en privé et dans mon roman. On va croire que j’aime m’abrutir. En vrai, j’essaie de regarder le moins de bêtises possibles mais, comme j’ai beaucoup d’humour (du moins je l’espère) je ne me prive pas de regarder les choses vraiment drôles. Et puis, à vrai dire, je déteste les gens qui se croient intelligents parce qu’ils ne regardent pas la télé et encore pire, ceux qui n’ont pas du tout la télé. Je suis contre l’élitisme et l’arrogance de ces personnes-là.

► Tu penses qu’un écrivain, s’il veut toucher au génie, doit être un rat d’égout qui hait tout le monde ? Es-tu un salaud de nihiliste ?
Non. Surtout pas. Je n’aime pas les clichés, et celui-là est certainement le plus gros concernant les écrivains. Le poète maudit c’est fini, du moins je l’espère. Depuis des siècles, cette figure de l’écrivain a envahi notre inconscient collectif. Il serait temps de passer à autre chose. C’est tellement éculé que ça n’émeut plus personne maintenant. Bon d’accord, les plus grands étaient de cette trempe. Mais encore une fois, à bas les clichés et cherchons un peu à faire dans l’original, dans l’inédit. Merde.
A côté de cela, je pense que les écrivains sont tous un peu tordus. Je pense que tous, ici et ailleurs, nous avons des problèmes que nous résolvons en écrivant. C’est quand même pas banal d’écrire un livre, enfin de savoir écrire un livre. Il faut avoir des choses à raconter et je ne crois pas que les meilleurs inventeurs d’histoires soit ceux qui créent tout de toutes pièces. Les plus beau roman viennent du cœur (ouh ! le cliché !). Tous les auteurs mettent un peu d’eux dans leurs histoires et écrire devient alors une catharsis. Et bon Dieu qu’est-ce que ça fait du bien !

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE Thomas11
Thomas
► Extrait du chapitre 4 : « Un soir, après les hommages à maman, il m’avait confié, alors que je l’aidais à se lever du canapé pour l’accompagner lentement jusqu’à son lit, qu’il en avait « dézingué de la fiotte » dans sa vie. Quand j’ai eu fini de lui retaper son oreiller et de lui ramener sa couverture au menton, il m’avait regardé, l’œil torve, pendant plusieurs longues secondes. Il avait l’air fier et endormi, il a répété, avec un sourire plein la gueule, en me pressant mollement l'épaule : « Fils, j’en ai dézingué de la fiotte dans ma vie. » Avec un humour débordant, touchant, tu touches la sensibilité d’un père, sous l'évidente bêtise. Quel espèce de plaisir tires-tu à dézinguer le corps patriarcal ?
Tu as bien choisis, l’extrait. Pour ceux qui n’ont pas encore lu ce chapitre, ceux qui ne savent pas que la mère est morte, « les hommages à maman » ça peut sonner différemment…
Oui, ce qui m’intéressait ici c’était de mettre le père à nu, sous couvert d’ébriété. Il raconte à son fils, qu’il déteste, sa plus grande fierté. Je voulais que le lecteur s’attende à une plus grosse révélation, cela montre à quel point ce père-là est décevant. Cependant, son fils ne s’en rend pas vraiment compte. Un enfant, ça prend tout au mot et je voulais que cette petite confidence soit au cœur du chapitre (merde, tu l’as bien choisi l’extrait !) puisqu’elle fait écho au texte de « Last Goodbye », une chanson du groupe The Kills, que j’ai mis en exergue de ce chapitre :
« I heard all you said and I took it to heart »
Le gamin reçoit ça dans la gueule et ça va le forger. Ca lui donne une ligne de conduite dans la vie, il ne sera pas une « fiotte » puisqu’il veut, lui aussi, faire la fierté de ce père qu’il cherche à reconquérir suite à l’acte monstrueux qu’il a commis et qui a scellé le sort de leur relation.
En ce qui concerne ta question, je ne sais pas si j’y ai répondu. Je ne sais même pas si je prends vraiment plaisir à faire ça. Ce que je sais c’est que je n’en ai pris aucun pendant l’écriture de ce chapitre qui a été très dur. A chaque fois, je me disais : « Mais non, mais tu ne peux pas écrire ça, c’est affreux » et puis je l’écrivais. J’ai été heureux de le boucler, pour tout te dire. Il fallait cette violence psychologique, qui passe, hélas, par de la violence physique. Mais, je reste persuadé que la première forme de violence est pire, d’où mes difficultés à l’écrire.

► Le narrateur n’a pas de mère dans ton roman. Hesse à la toute fin de Narcisse et Goldmund : « Mais comment veux-tu mourir un jour, Narcisse, puisque tu n’as point de mère ? Sans mère on ne peut pas aimer, sans mère on ne peut pas mourir ». Entretiens-tu pareil rapport mystique chez la Mère ?
Elle est magnifique cette citation, Pia ! Comment mourir puisqu’on a pas de mère ? C’est vachement intéressant. Dans mon roman, le narrateur se construit, non seulement, sur la mort de sa mère mais aussi sur la culpabilité de l’avoué tué puisqu’elle est morte en lui donnant la vie. C’est une problématique qui m’a dès le départ fasciné tant elle est complexe. Comment grandir, comment devenir un homme, en assumant, seul (puisque même son père l’accuse) le meurtre de sa propre mère. La filiation est un thème ultra-riche. Nombre de mes nouvelles traitent de ce sujet (notamment dans Superman), et je ne saurais pas te dire d’où ça me vient. La filiation c’est tout, c’est la naissance, c’est les origines. On est obligé d’y revenir. Quand on prend un peu de recul, on essaie toujours de voir d’où l’on vient. Peut-être que je creuse, petit à petit. Je trouverai bien quelque chose un jour.
Je n’ai pas de rapport mystique avec la figure de la mère. Mon roman aurait pu s’appeler « Culpabilité » ou « Abandon » puisque tout tourne autour de ça et quel plus grand abandon que celui de la mère, et quel plus grande culpabilité que de l’avoir tué.

► Extrait du chapitre 6 : « Les Caillebotte et les Pissarro m’avaient laissé de marbre, je n’arrivais pas à m’extasier devant des ponts. Par hasard, j’étais tombé sur un Monet et j’avais été déçu de ne pas recevoir la claque que l’on m’avait garantie ». Mais sinon, dans la vie, tu as quand même bien des peintres que tu affectionnes ?
Issu d’une culture populaire, j’ai découvert les musées très récemment, il y a trois ou quatre ans. Et ça a vraiment été un gros choc. J’ai adoré les Beaux-Arts de Lyon (tu dois connaître, compatriote) et j’ai découvert tous ces tableaux magnifiques. J’ai le souvenir du Marc-Aurèle de Delacroix (je crois que c’est ça), un immense machin époustouflant quand tu le vois de près !
Je n’ai pas de peintres que j’affectionne, le milieu des arts plastiques m’est quand même trop étranger pour me prononcer. J’aime tout et rien à la fois. J’aime surtout les histoires que les tableaux racontent (on ne se refait pas !). J’aime les problématiques de l’abstraction, je voue un quasi-culte à Marcel Duchamp parce qu’il a compris tellement de choses avant les autres. Dans l’Art, j’aime être surpris, j’aime ce qui est original et inédit. Duchamp avait tout pour me plaire.

[Portrait] Découvre les écrivain(e)s de JE Marcel10
Marcel Duchamp
► Ton histoire me fait penser au cas d’un certains Molière – sans vouloir trop spoiler l’intrigue, je vais rester assez vague, mais les gens qui auront lu ton roman comprendront le pourquoi de ma remarque. Savais-tu qu’il y a un mythe qui tourne autour du bonhomme ? Pierre Louÿs a reproché la paternité de ses œuvres, l’accusant d'avoir invoqué la plume de Corneille. Que Molière ne serait pas entièrement du Molière. Perturbant, nan ?
Oui, on a dit la même chose pour Shakespeare. On ne saura jamais la vérité, mais bon Lance Armstrong a bien réussi à bâtir toute sa carrière sur des mensonges alors pourquoi pas eux. Je laisse à Molière le bénéfice du doute, bien que je ne sache pas si la présomption d’innocence existait à son époque.
Je comprends ta remarque vis-à-vis de mon intrigue. C’est vrai que l’usurpation d’identité intervient mais je voudrais préciser qu’elle n’est, en aucun cas, une finalité pour l’histoire. J’aimerais continuer à vous surprendre.

► Extrait du chapitre 8, où le narrateur nous parle de sa relation amoureuse : « Et lorsqu’autour d’un verre, pour se marrer, nous partions dans nos envolées lyriques je la cherchais toujours du regard pour qu’elle confirme mes espoirs et balaie mes angoisses. Mais, quand elle racontait notre histoire, derrière ses sourires de blanc-pèche, à chaque fois ses yeux restaient ternes et flétris. A travers son pull, je voyais se soulever sa poitrine en mesure avec son texte appris par cœur. Elle faisait le job, point barre ». Tu as une vision pessimiste du couple moderne occidental ?
Non, non pas du tout ! Il ne faut pas tout prendre pour argent comptant dans un roman je pense. Si j’ai dit plus haut que tous les écrivains mettent un peu d’eux dans leurs personnages, ils ne mettent jamais tout. Ça fonctionne par petites touches, on leur file toujours plutôt nos défauts. Ca nous donne l’impression de s’en délester, de léguer nos aspects négatifs. Et puis, en même temps, ça expie. Parler ouvertement de ses tares, sous couvert de fiction, ça fait un bien fou. Mon narrateur est très perturbé, mais il y a beaucoup de moi en lui. Ca ne veut pas dire que je suis perturbé, mais en lui donnant mes côtés les plus noirs, ceux que je cache à tous et que pourtant je dévoile, je l’humanise. Je le rends crédible.
C’est la même chose pour sa relation avec Camille. Leur relation est bizarre, mais si je ne m’inspirais pas de choses réelles que l’on a tous vécues (cette espèce de distance notamment, cette inégalité dans le couple), je les rends vrais. Puisque ça parle à beaucoup de monde, c’est que c’est vrai. Rikomer, un de mes amis par ici, pointait le côté ethnologique de ce chapitre, on s’immisce dans la vie d’un couple assez déviant, cela devient donc difficile de le rendre attachants. Dans ce chapitre, j’ai donc inséré des éléments tirés de mon observation pour rendre mes personnages consistants, pour que l’on croit à leur histoire.
Cette vision pessimiste n’est pas vraiment la mienne. Leur relation est très noire, mais elle est heureuse. Beaucoup de gens s’aiment dans la noirceur, ça fait plus mal mais c’est intense. Ce n’est, selon moi, pas la plus belle des formes d’amour, mais je ne jugerai pas.

► Déjà 8 chapitres d’écrits. Tu penses en avoir encore pour longtemps pour terminer le roman ? Tes fans vont s’impatienter !
Je rédige en ce moment le chapitre 9. Il sera, de nouveau question de Novac, j’essaie de donner quelques révélations croustillantes, j’espère que vous en serez satisfait. Dans ma tête, et dans l’idéal, je vise les 20 chapitres. Ce serait parfait, parce que je pense que tout peut tenir dans cet espace. Ce sera un court roman, 40 000 mots si je m’en tiens à ce que j’ai dit. Je le veux court mais marquant. Pas besoin de 500 pages pour ça.

► On dirait que tu as un faible pour notre ami Saez. Il y a d’autres musiques qui t’inspirent dans ton écriture ?
Plein, plein ! Je ne travaille qu’en musique, je suis un fou de musique. J’ai rajouté l’appendice Saézienne il y a quelques semaines. J’écoutais ce titre (Faut s’oublier) depuis quelques temps sans chercher à vraiment comprendre les paroles et, dès que j’y ai prêté attention, ça m’a frappé en plein dans la gueule ! C’est exactement l’histoire de ce roman, du moins dans ma tête. Donc je remercie Saez de m’avoir pondu un texte aussi magnifique.
Tu l’as sans doute remarqué, chaque chapitre possède sa signature musicale, sa petite bande originale spécialement conçue pour lui. Avant le texte, je glisse toujours un extrait de chanson, accompagné du lien hypertexte vers cette chanson pour que le lecteur puisse le lire dans les conditions de l’écriture. Je trouve ce procédé sympa (faire entrer le lecteur dans ma tête et dans mon processus d’écriture) même si c’est vrai qu’il passe souvent à la trappe, les lecteurs ne savent peut-être pas que j’ai mis un lien pour la musique (je devrais le préciser ! Voilà c’est fait maintenant.)
Donc, si tu cherches les musiques qui m’inspirent, tu peux te faire la compile dans l’ordre des chapitres, ou bien je peux te citer en vrac : Benjamin Biolay, Jason Reeves (allez écouter ce mec, bordel, et dire que personne ne le connait !), le dernier album de Keane, Matt Hires, Missy Higgins, Eminem, Kina Grannis, Bruno Mars, Tom Waits, K’s Choice, Duffy, David Bowie, The Black Keys. Pour ce roman, je m’inspire de tous ces trucs pop folk, parce qu’ils me garantissent l’ambiance que je veux. Souvent, je laisse tourner une immense playlist et puis je n’ai plus qu’à choisir en fonction des paroles pour trouver LA chanson du chapitre.
Sinon, j’écoute beaucoup d’autres choses à côté du roman : Arctic Monkeys, Oasis, Revolver, Jack Johnson, Mathieu Chédid, Muse, Nada Surf, Waters, Beady Eye, Dionysos, Grand Corps Malade, Last Shadow Puppets, MC Solaar. Aha j’aime bien citer mes influences en vrac, ça joue des coudes dans mon i-pod ^^


► Je me tourne maintenant vers ton recueil de nouvelle. Extrait de Superman, une ode sanglante à l’ébriété : « Se mentir à soi-même est peut-être la seule solution possible quand l’évidence devient insoutenable ». Ils sont légions, les gens qui vivent en se mentant à eux-mêmes ?
Oui, on se ment tous ! C’est tellement plus simple de ne pas voir les évidences, on se cache les choses qui sont trop dures à supporter. On fait comme si de rien n’était et tout roule. Dans le contexte de Superman, qui raconte l’histoire d’une petite fille amoureuse de son père, de leur relation toujours un peu borderline à cause de ce papa alcoolique, la phrase que tu as cité et que j’attribue à la fille peut s’appliquer à chacun des protagonistes de l’histoire : le père, la mère et la fille. Elle peut s’appliquer à nous tous, je pense. Il me semble que ça tombe sous le sens.

► Dans « In extremis », tu nous dis qu’il y a ceux qui sont destinés à vivre et ceux qui sont destinés à mourir. Qui y trouvent même un soulagement, à la mort. La nature serait si cruelle que ça ?
In extremis est un petite nouvellette sans prétention. Je l’ai écrite pour m’amuser. Bon elle n’est pas si drôle que ça, cette histoire, mais le propos est ultra-simpliste : quand on avion s’écrase, que tu sois riche, beau, intelligent ou moche avec des poils et bien tu meurs quand même. Elle ne vole pas haut cette histoire, si tu me passes le jeu de mot, mais oui dans ce récit la nature est cruelle.
Je ne serais pas aussi catégorique que cela en vrai, la vie est belle et j’aimerai le clamer haut et fort. Hélas, vu que je suis un peu tout pété, ce qui m’intéresse c’est les choses cassées, les trajectoires qui dévient. Comme nous tous, j’imagine.

► Avec « L’enfant roi » tu me prouves que tu aimes exceller dans la gratuité sale et méchante. Sorte d’exutoire de fin de journée ?
Oh, cette histoire mériterait d’être développée je pense. Ça passe pour un exutoire mais il y a une grande réflexion derrière tout ça (je l’espère). Je voulais m’interroger sur les sentiments d’un petit garçon, d’un fils unique que l’on traite à la maison comme un roi et qui subit à l’école la violence et les moqueries de ses camarades. Comment peut-on vivre le fossé qui sépare les deux foyers de l’éducation ? A moins d’être très très fort psychologiquement, je pense que c’est impossible de tenir le rythme. Je respecte beaucoup les personnes qui ont subi ces choses-là dans la cour de l’école et qui s’en sont relevés dans leur vie d’adulte. Seulement, le gamin de « L’enfant roi » est, lui aussi, très perturbé. Très complexé par son physique disgracieux, il ne comprend pas comment ses parents peuvent l’aimer puisque tout le monde le rejette. Si l’un des deux camps à tort à propos de lui, cela veut dire que l’autre a raison. Donc ça devient très troublant. Ainsi, la solution au problème ne m’apparaît pas comme une violence gratuite, c’est un acte d’amour plus qu’un exutoire.

► Allez, je vais finir mon inquisitoire en te demandant… ce que tu penses de l’affaire Depardieu ? (comme je sais que tu adores les médias ! ihi)
Je trouve, franchement, qu’on en fait trop pour diaboliser Depardieu et, sincèrement, j’en ai rien à foutre qu’il aille s’exiler en Belgique, en Suisse ou en Russie. Delon ça fait 20 ans qu’il vit en Suisse et je ne pense pas qu’on ait fait un aussi gros pataquès à l’époque. Un truc qui m’a fait marrer dernièrement, les Guignols montraient que Depardieu avait choisi de s’exiler au Mali pour payer 0 impôt. PPDA remarquait cependant que si l’Armée Française atteignait son but et que le Mali redevenait français, Gégé serait obligé de payer à nouveau ses impots en France ! Le sous-entendu sur la polémique du néo-colonialisme français m’a fait hurler de rire. C’est décalé, c’est incorrect. Eh oui, j’en reviens toujours au même point.
En bref, une bonne chose : le départ de Depardieu fera certainement baisser l’IMC moyen des français…

Pour finir, je remercie Pia d’avoir pris de son temps pour s’intéresser à moi et pour avoir creusé le vernis de mes textes pour en sortir des questions toujours très pertinentes. Merci à toi, Pia. Et merci à vous tous de nous avoir lu. J’espère que ce n’était pas trop chiant…
Merci.

Merci Thomas ! (t'es un bon gars  Smile )

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Questions d'internautes


Ahava-brumes : Novac Brejnic avec son côté prétentieux et narcissique, c'est aussi quelque part une certaine critique de la figure d'un quelconque écrivain populaire? Ou pas du tout, tu t'en es tenu à Gary... Et pourquoi avoir commencé par la mort du personnage principal? Qu'est-ce qui te plaisait dans ce processus?
Je ne sais pas si Brejnic' représente symboliquement Gary, parce qu'ils n'ont, au final, pas grand chose en commun si ce n'est comme je l'ai dit à Pia, le physique (pour moi, encore une fois. Libre à vous de l'imaginer comme vous le souhaitez, je ne veux pas casser vos images mentales) et l'origine étrangère.
Sinon, je n'ai pas en tête de cible, du moins je ne visais personne lorsque j'ai crée Brejnic'. Je voulais seulement écrire ce personnage adulé de tous, la critique et le public (fantasme d'auteur) et haï d'un seul. La dualité me semblait pertinente aux vues de l'intrigue. Mais, si on peut trouver des écrivains arrogants et narcissiques à la pelle, ici je ne charge personne. Bien que le personnage soit inspiré de Gary, il n'a pas d'équivalent dans la vraie vie. Je ne crois même pas qu'il existe vraiment dans notre pays un écrivain de cette envergure, disposant de cette aura. Et tant mieux, parce que je me suis beaucoup amusé à le créer de toutes pièces. Le récit s'ancre dans le réel, mais il me fallait cette part de faux, de non réel, pour arriver à mes fins.
Et, si j'ai commencé par la mort du personnage c'est pour le coup de fouet du départ. Je sais que ce n'est pas très original : Albert-Aujourd'hui, maman est morte-Camus l'a déjà fait et bien mieux fait que moi. Quand tu lis ça, tu es obligé de lire la suite, enfin c'est l'effet que je voulais donner.
Mais, comme me l'a dit Otsu, hier, le récit commence par une dose d'angoisse et elle a bien résumé. Je ne voulais pas de scène d'exposition, je voulais commencer tout de suite. Il n'y a rien de plus ennuyeux qu'une histoire qui met des plombes à démarrer, surtout celles où il ne se passe strictement rien dans les premières pages.
Et, puis, sincèrement, je ne souhaiter pas m'apesentir de trop sur Brejnic' dès le début. Le chapitre 1 fait office d'immense nécrologie et ça me convenait comme cela. Surtout que je voulais, dès le chapitre suivant, contrebalancé la vision des médias sur le bonhomme.

Dadouw : Je n'ai pas la télé. Je suis pauvre. Tu es contre mon élitisme ? :mrgreen:
Rhooo je vais devoir me justifier à chaque fois?  Very Happy
Je n'ai jamais dit que je n'aimais pas les gens qui n'ont pas la télévision, ce serait un peu dégeulasse de dire ça. Je crains juste un peu ceux qui rejettent la télévision pour des motifs que je ne jugent pas valables. Non, il n'y a pas que des conneries à la télé   Very Happy

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Dernière édition par Pianitza le Mer 20 Nov 2013 - 19:06, édité 14 fois
 
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J'ai faillis ne pas la voir... Dans la même lignée que les précédentes interviews, bien travaillée et attentive à l'auteur, interessante à lire( donc, non, pas trop chiant) et puis le côté spontané ressort bien.
Juste la phrase de présentation m'étonne un peu...
 
Dadouw
   
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Hel a écrit:
J'ai faillis ne pas la voir...
Idem. Et c'est dommage, parce qu'elle est longue bien !

 

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