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 [Nuit 14 Décembre] Extraits

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Nywth
   
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Nywth  /  Ex-Ombre passée du côté encore plus obscur.


Vous pouvez - et vous êtes même fortement encouragés à - poster ici des extraits de votre prose écrite pendant la Demi-Nuit du 30 novembre.

Exclamation Les extraits ne doivent pas dépasser 500 mots.
Exclamation Poster un extrait vous engage à commenter ceux des autres.


Pour que ce sujet reste lisible, postez vos commentaires par ici.
 
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650 mots ont germés, ce soir. Plutôt content de moi.
Je largue un extrait ici. [Journal d'un terrifié / Deuxième partie - Chapitre 2]
Bonne soirée Smile





— Mais les gens sont abstraits, Franck. Tous sans exceptions… Qui se comprend vraiment lui-même ? Personne. Personne ne se comprend ! Tous affichent cette désuète gentillesse qui permet de se fondre tranquillement dans les transports en communs, avec toujours en guise de refrain cette insupportable dévotion dans les yeux, ce sourire bénin qui les accoutrent d’une soi-disant prestance. Tous courbent l’échine, Franck, et serrent des mains placidement. Ils ne comprennent pas ce qui leurs arrivent, ils ne saisissent jamais l’instant, ce qui se passe… Et pourquoi se conduisent-ils de cette manière, d’après toi ? Eh bien par bonté… cette reine en plastique… ce réflexe qu’on a enseigné à l’homme et qui annihile petit à petit le genre humain. Elle dit oui à tout. Elle évoque le travail comme une fin en soi, une fière et humaine activité. Et tous font la queue, portant dans leurs bras des provisions de nourritures. Un esclavagisme ô combien nécessaire, hein ? Aha ! Leurs pulsions, elles, iront mourir dans le fleuve de la vie... Et ce sera tant mieux ! Et leurs désirs les plus profonds resteront des fantasmes inassouvis qui les tortureront, des vérités qu’ils tourneront en de mauvaises blagues. Cet abstrait imperceptible les remuera ; leur révoquant inlassablement les premières fuites de leur vie. Parce que oui, tous ignorent ces voix au fond de leur cœur alors qu’elles chantent du matin jusqu'au soir, inlassablement. Ils font la sourde oreille. Quant à ces pensées macabres, qui germent sur des mottes imprégnées de sueur, ils les laissent pourrir ! Tuer ? On ne peut pas tirer d’honneur plus bénéfique que celui-ci. C’est le plus grand pas que l’on puisse faire vers la paix intérieure. L’unique. »
Franck ne put s’empêcher de lâcher un sourire nerveux, et quelque peu narquois, il fallait l’avouer. Il se détacha un peu du sérieux que prenait la tournure du monologue, souhaitant détendre l’atmosphère.
« Tu es… un démon !
— Là, tu vois… toi-même tu te prêtes à cette gentillesse innocente... Mauvais comédien ! »
 
Nywth
   
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Nywth  /  Ex-Ombre passée du côté encore plus obscur.


Je dépasse un poil les 500 mots, scusez.
Hématomes, chapitre 15. Scène qui va introduire une scène totalement gratuite de beuverie - et qui commence déjà à l'être un peu, puisqu'ils sont pas totalement clean, mes deux petits personnages.

Citation :
Les nuits de Liliane et de Sennar sont des rêves qui n’osent pas être dérangés. Des couleurs peintes par hasard sur la toile d’une grande coccinelle.

Leur temps, lui, est une bulle aussi fragile que les ailes d’un papillon, irréelle, diaphane. Il se rapproche sans cesse de la vie, s’en éloigne, parait réel et puis soudain si translucide. Eux, ils rient et ils pleurent sans jamais savoir pourquoi, tels deux naufragés au bonheur qui ne savant plus comment vivre. Ou comment éprouver des sentiments concrets.

Perchés sur le cheval qui peine sous leur poids, ou parfois titubants à côté de lui, ils se parlent sans cesse, ils s’envoient des paroles qui perdent leurs échos dans une trop longue plaine. Sennar lui découvre peu à peu la Trame, l’efface devant ses pas, et murmure pour lui expliquer toute la beauté du monde. Liliane arrive de mieux en mieux à la saisir : tout autour d’elle est sublime, et elle la comprend un peu. Une infime variation du monde qui lui avait échappée. Non. Infime et énorme. Elle voudrait remercier son ami, mais les mots ont déserté le fond de sa gorge, et il continue à monologuer, attendant juste qu’elle parle.

Elle parle.

Au fil de leurs discussions, ils apprennent à se connaitre sans se dévoiler et chacun prend l’autre sur la partition de son âme comme complément de lui-même. Ils ont posés leurs pensées sur la même ligne d’une harpe, deux mêmes notes, un seul cœur qui s’irise et se charge d’émotions pour les deux. Puis se tord parfois sous des vapes d’alcool.

Son envie de rejoindre la Trame et de vraiment se découvrir une vie grandit ; elle veut connaitre cette amie fidèle dont Sennar ne cesse de lui parler avec son innocence. Et si elle n’avait pas toujours aussi peur d’utiliser ses pouvoirs, elle aurait sans doute inventé quelque chose pour enfin combler ce manque, ce vide qui s’épanouit sur ses lèvres. Se contraindre à sa vraie nature, simplement.

Chaque fois qu’elle y pense, son corps proteste, son âme proteste, tous se liguent contre elle, et seule sa raison subsiste. Elle se demande quelquefois combien de temps cette dernière se dressera contre ses pulsions. La réponse qui se forme sous ses paupières lui fait très peur ; elle l’oublie.

Les jours passent un peu, ou ne passent pas parfois. Ils continuent à s’envoyer des éclats de poésie avec Sennar, des dialogues absurdes de passion et d’humour. Ils ne feignent jamais. C’est là que Liliane apprend à mieux connaitre le garçon : au travers de son lyrisme, beaucoup moins enfantin que le sien. Parce qu’elle rêve encore de grands oiseaux et de navires. Naïve. Elle a encore sous sa peau les pensées d’une enfant de dix ans, qui s’effacent peu à peu sous l’ombre de son ami, mais pas totalement.

Ils inventent une chanson au coin d’un feu ; ou plutôt une poésie, mais ils chantent ses paroles, de leur voix fausses et guillerettes, sans s’en préoccuper, et se cassant les oreilles à tour de rôle
 

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