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 [Interview] QuillQueen, auteur de Qu'Aeligia Me Soit Rendue

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Elouan
   
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Elouan  /  JE Lambda. (Cuvée 2012.)


- Salut, QuillQueen. Peux-tu d'abord présenter l'histoire de ton roman, pour ceux qui n'auraient pas l'immense honneur de l'avoir lue ?

Un couple de jeunes paysans sont séparés dès leur entrée dans la Capitale. Ambiance révolution industrielle. La femme, Aeliga Wygome, est emmenée auprès de la reine qui la garde comme « demoiselle », ces quelques dames qui l’accompagnent partout en grandes tenues, en échange de leur intimité laissée aux soldats récompensés. Autant dire, du proxénétisme de luxe. L’homme, Enété Bachta, guidé par le Major-Général Goune Kanodty, va se faire passer pour son neveu en se rebaptisant Anité Kanodty. Son but : devenir soldat haut-gradé afin de récupérer sa compagne. Malheureusement, obligé de tuer plus d’une fois et de subir la souveraine sans broncher, Enété va s’enfoncer loin dans le personnage froid d’Anité…

- Peux-tu rappeler d'où t'es venue l'idée de ton roman, Qu'Aeliga Me Soit Rendue ?

Comme tous mes romans, cela vient d’un rêve. Toute la première scène, dans son plus simple dialogue, vient du rêve. Une autre montre Enété auprès de la reine, puis combattant les Réguis. Je pars d’une projection incohérente pour lui donner une cohérence au sein du récit, en gardant un maximum de détails présents dans ces visions nocturnes.

- Y a t'il d'autres choses qui t'ont inspirées, ou aider à écrire ce roman ?

Oui. Bon, je l’ai rédigé sur papier en un mois il faut dire (début décembre 2011, début janvier 2012), entre les fêtes de famille et un examen d’embauche très important que j’ai dû étudier tout aussi vite. Au milieu de tout ça, j’ai eu une énorme envie de faire un break, et là, comme une apparition alors que j’écris le roman : Bruges. Bruges est une ville du 18ème perdue dans ce monde moderne, on a beau y voir des magasins aux vitrines illuminées (surtout à Noël !), on se croit paumé dans le passé. Je me vois encore, installée sur un banc public près du Minnewater (lac des Amoureux), oscillant entre mon roman et mon syllabus, ou encore prenant des clichés de mots sur la Grand Place qui me serviront pour planter une partie du décor de l’histoire. Le froid, le sombre hiver aussi, ne fut pas mauvaise inspiration.

- Ecrire ce roman, ça t'a apporté des choses ? Où en serais-tu si tu ne l'avais pas écrit ?

Ah là, avec des si on met Paris en bouteille bouchonnée, on connait la chanson. Si je ne l’avais pas écrit, sans doute en aurais-je écrit un autre. Je n’avais jamais dû écrire un héros fou, cela dit. Pas la folie inexpliquée d’un antagoniste qui a juste une soudaine envie de bousiller tout ce qui bouge, ici je parle d’une folie qui s’insinue, qui est lente, elle surgit sans que la victime ne s’en aperçoive et seulement au fond d’elle. Elle m’emporte avec elle au fil de la plume. Je me suis imposée d’écrire un roman au présent (encore jamais fait) et aussi de tenter une focalisation interne. Je pense même ne pas y être toujours parvenue, rien à faire, les réflexes du narrateur omniscient me parcourent encore. Par contre j’ai réussi à adapter mon écriture au présent. Car oui, en passant du présent au passé, tout le style change ! Ca se ressent dans mes premiers chapitres que je dois bien retravailler, ils sont plus bancals que les autres. En plus, Enété est un héros détaché, il se fiche des détails, il ne se pose pas pour contempler le décor de sa vie, c’est un fonceur et mon style s’adapte à lui. Il rend difficile la moindre description complexe, car inadéquate au regard du héros. Ceux qui me reprochent au départ un manque de descriptions, se rendent compte après s’être familiarisés avec Enété que cela tient du contexte. Tout le roman est affaire de contexte. En isoler une part est compliqué. Du coup, n’en commenter que le début pose plus souci que sur mes autres romans :s j’ai dès le départ ouvert une page pour la bêta-lecture, ce que je n’avais pas fait si promptement pour les autres romans.

- Sur quels plans, quels points es-tu satisfaite de ton roman ?

La mise au présent, l’ambiance austère permanente et sous-jacente (même lorsqu’il parle de justice et d’amour, c’est un ton sombre), le titre que je voulais un peu pompeux façon « Autant en emporte le vent » pour jurer avec les titres classiques du genre « Coup de poignard » ou « Ville du Chaos » enfin tu vois… Et puis mes personnages quoi, je les laisse toujours vivre profondément, de là à réussir à les rendre profonds à la lecture c’est autre chose. Ici, comme dans Souvenirs d’une Rose, ils ont un passé, un caractère, une vision du monde, qui transparaissent dans toutes les scènes.

- Sur quels plans, quels points l'es-tu moins, quelles sont les choses à améliorer ?

Arriver à décrire avec un personnage principal qui n’a que faire de son cadre. Di djû que c’est pénible ! Autant je m’habitue à sa manie d’être taciturne, autant son pragmatisme incessant tue toute possibilité de poésie et de pause dans l’histoire. Et cela s’aggrave au fil des chapitres, donc ça n’aide pas. Et puis mes premiers chapitres, en mal de réécriture. J’ai beau m’y mettre, il manque toujours un truc. Ce qui est dommage, parce que les JE qui commentent le début sont toujours plus réticents que ceux qui lisent la suite, au fond je me dis que je fais fuir des gens qui auraient en fait potentiellement bien aimé le récit. Ca me frustre, mais je n’arrive pas à voir avec précision mes faiblesses dans les premières pages. Je m’en rends compte à la lecture, de là à pouvoir identifier où ça coince…

- Au fur et à mesure du texte, on s'aperçoit que les tensions et le suspens montent, sans trop spoiler, peux-tu nous dire jusqu'où ça va aller, et dans quelle mesure ces aspects de ton roman l'enrichissent ?

Ca va jusqu’à l’âme détruite. La malédiction inextricable. Le sort réservé à ceux qui subissent sans le montrer. Dans le monde où tout cela se déroule, ces dérèglements amènent au pire car il est un passage inévitable vers le meilleur. On pourrait m’accuser d’aller loin, trop loin, dans la torture mentale, mais ce n’est pas moi qui la provoque, c’est son univers glauque, il s’impose à moi, au lecteur, aux personnages, de la même manière. On ne peut pas survivre autrement que dans cet état avec un tel vécu tracé.

- Y a-t-il un lien entre Souvenirs d'une Rose, et Qu'Aligea Me soit Rendue, ou ce sont deux projets complètement différents ?

Oh non, très différents. L’un est concret, le héros de SDR est un reflet d’une part de moi bien plus que celui de QAMSR. L’un se passe en Belgique moderne, l’autre est rétrofuturiste. L’un est archipoétique, chaleureux, l’autre est terre à terre et glacial. Ce passage de l’un à l’autre aussi, m’a pas mal déroutée en début d’écriture. Au fond je me disais « c’est pas possible, pour écrire ça, je dois être malade, ça ne me ressemble même pas de loin ! ». En ce mois de décembre 2011, ma vie me semblait plus morne, alors que rien ne m’y prédisposait, je ne me comprenais plus moi-même, en ça, Enété est bien né de mes atmosphères intérieures, mais celles-ci furent éphémères et inexpliquées. J’en venais même à me dire que l’écriture de ce roman en était la cause, non la conséquence. Alors que SDR porte mon habituel coup d’œil émerveillé par les riens de nos jours qui les rendent pourtant uniques et que bien des gens snobent.

- Gage, trouve au moins cinq qualités à ton roman (cinq adjectifs)

Oh vilain, tu sais que je déteste faire ça !
C’est au lectorat d’en dégager les qualités enfin, pas à moi, je vais passer pour une prétentieuse. ^^’
De ce qu’il ressort des commentaires les plus positifs, je pense que parmi las qualités se dégagent les personnages, les dialogues, le scénario complexe, le fait d’avoir un ton réaliste en restant non situé dans le temps et les lieux et… zut, il m’en manque un… je crois que la dualité d’Enété est assez bien passée, aussi


- Enfin, si tu devais convaincre un lecteur réticent de se pencher sur ton livre, que lui dirais-tu ?

Oh, l’esprit marketing, tout ça… je l’analyse plus que je ne le pratique. Peut-être faire une version cognitive, genre foutre une photo de fille à moitié à poil sous le nez du potentiel lecteur et lui répéter « va voir mon roman, entre sexe et sadisme », un petit slogan vendeur choquant, comme ça… Mais non, je lui dirai à peu près ce que j’ai dit tout le long de cette interview en espérant que cela le motive à venir me commenter, c’est tout.
 
Lo.mel
   
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C'est, genre, le troisième interview d'Oriane, non ?
 
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Invité  /  Invité


et dire qu'on attend toujours celui du gagnant du concours d'extrait n°7, le coup de coeur de l'amicale juillet-août, le coup de coeur du forum de la même periode... mais que fait Pom la police ???

Sinon : pas mal l'interview mais rien sur le forum. on aimerait bien la connaitre nous cette QuillQueen !
 
QuillQueen
   
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Lo.mel a écrit:
C'est, genre, le troisième interview d'Oriane, non ?

je les ai prévenus à chaque fois Lo, mais ils y tiennent. Je me demande bien ce que mon profil dégage comme aura, à la fin Laughing

cela dit, Cat m'a interviewé avant teenager. Wink
 
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Je ne saurais dire si on a le droit de "commenter" une interview, mais très sincèrement, ça me donne envie de lire ton roman. Promis, c'est pas du léchage de cul! :mrgreen:

J'étais tombée sur tes écrits l'autre jour et le titre me plaisait pas trop, je me suis dit "ouais, encore de la Fantasy Moyen-âgeuse, ça me gave!", mais ça m'a l'air d'être à des années lumières de ce que je pensais.
J'avais lu le début, mais ça ne m'avait pas interpellé. Je vais finalement y revenir, les thèmes que tu évoques me plaisent beaucoup et tu défends ton roman intelligemment. Sans en faire trop.
 
QuillQueen
   
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QuillQueen  /  Wallonne OUvreuse de LIttérateurs POstiches


oh ben c'est cool, ainsi ce genre d'initiative aura bien l'effet escompté Very Happy

merci et j'espère te compter parmi les lecteurs ahva, d'autant que j'ai récemment mis à jour mes premières scènes en tentant d'améliorer certains points. Un nouvel oeil critique sera le bienvenu. Smile
 

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