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 [Interview] Eva Li

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grandjoe
   
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   Pensée du jour  :  Go Rimbaud! Go Rimbaud! And go, Johnny go!
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grandjoe  /  Guère épais


Comme les médias spécialisés s'en sont souvent fait écho, l'internet a profondément changé le fait littéraire. Je ne vous ferai donc pas l'injure de m'étendre sur le sujet. Un point, pourtant, n'a jamais été approfondit: la façon dont la toile change les écrivains. Le "Forum des Jeunes Ecrivains" est, à ce sujet, tout à fait fascinant. En tant qu'observateur, j'ai ainsi pu noter que les dégats sont proportionnels à la durée d'exposition au dit site. De jeunes, et moins jeunes, auteurs se mettent à avoir des comportements abbherants. Ainsi, nous citerons Frère Fog qui s'adonne à la dive bouteille au sommet des arbres, ce qui est contraire à toutes les règles (cf "un singe en hiver", Quentin, paragraphe trois, alinéa cinq). Le sieur Graesh, lisant dans une baignoire vide, ce qui laisse songeur quant à l'utilisation qu'il fait de son canapé. Et bien d'autres agissements fascinants, dont le moindre n'est pas le port de couettes par un groupe d'individus d'outre Quiévrain.
Contactés, leurs géniteurs sont catégoriques: leur éducation, toute teintée des bruissements pourpre de notre mère l'église, fut exemplaire. Pour comprendre plus avant les tenants et aboutissements de ce phénomène, nous allons intérroger mademoiselle Eva Li, spécialiste de la littérature et des comportements littéraire pathogènes.


1/ Présentation succinte:
22 ans, écolo, poète dans l'âme mais ça dépend de l'état (dans quelle conditions, sous quelles lattitudes beurrée pas beurrée quid , quomodo ? Quando es la linda ! Ollé!), créatrice de l'association "Les Slamtimbanques", animatrice, manageuse (de 2 groupes qui déchirent grave), organisatrice d'évènements culturels, etc. Encourage les grandes gueules qui ne font pas que l'ouvrir: cf José Bové, d'où ma pensée du jour: "Vas-y José fais-leur z'y honte!" (dixit Les Sales Majestés).

2/ En quoi l'obtention dun BEP "Traitement des eaux" fut-il utile pour ta future carrière?
ça a été salvateur. Après avoir été en échec scolaire en lycée général j'ai joué à plouf-plouf avec les formations et je suis tombée sur celle-là, ce sont ensuivies 2 années laborieuses de bac pro en mécanique industrielle (MSMA ou MEI) qui m'ont permis de comprendre (les rares fois où j'allais en cour) que je ne voulais pas avoir les mains dans le cambouis toute ma vie.
Sinon c'est sympa, y a pas de sots métiers après tout, mais c'était pas ma vocation.

3/ Le slam a ceci de paradoxal que, malgré son succès médiatique et populaire, il rencontre bien des doutes chez beaucoup de littéraires. Est-ce un élitisme? Y a t'il une certaine forme de racisme social inconscient?
Tu m'étonnes!
En fait, le problème vient essentiellement du fait que le premier slameur médiatisé ait été Grand Corps Malade. Alors certes, ça peut toucher les gens qui ne connaissent rien à la poésie, les adolescentes qui crient "Waouw! Le beau gosse!", mais les littéraires, eux, ont pointé du doigt les rimes suivies et la mièvrerie de certains textes (cf. Les voyages en train).
Le slam est avant tout un mouvement oral qui a pour but de retourner au source même de la poésie (les griots, les aèdes, etc.) en éliminant ses codes (rimes, pieds...), seulement, on ne peut pas demander aux majors de se pencher sur l'origine d'un mouvement, ni de s'intéresser à la qualité littéraire des textes.
Je ne considère pas ça comme un élitisme puisque ça a été pénible aussi pour les petits collectifs de slameurs qui se lançaient à cette période là, avec une augmentation soudaine de la fréquentation des scènes ouvertes et des gens qui venaient nous voir en disant "J'aime bien GCM c'est pour ça que je suis venu." et qui finissaient par ne jamais revenir en voyant qu'on était vraiment à l'opposé de ce qui s'entendait à la radio.
A la même époque, il y a eu aussi Abd Al Malik qui a un peu perturbé le public parce qu'il faisait du rap un peu poétique et qu'il a vendu son album en lui collant l'étiquette "Slam".

4/ Toujours sur le slam, celui-ci, phénomène anglo saxon à la base, semble accueillir bien plus de personnes provenants de couches sociales défavorisées qu'en France, où les auteurs de certaines compilations sont, par exemple, âgés et enseignants, informaticiens, etc... Bref, le slam ne manque t'il pas, ainsi, une part de ses objectifs dans notre pays?
Justement non. Y a beaucoup de différence dans le slam en France. Des milliers de gens qui marquent le mouvement de leur origine et leur provenance. Si tu écoutes "Le Robert" par exemple, c'est un ancien ouvrier syndiqué qui s'est jeté dans la poésie, écoutes Nada et tu verras un ancien punk toxicomane hanté par de vieux démons, je pourrais continuer, la liste est longue. Le problème en France c'est que le mouvement est arrivé dans le courant des années 90, sous l'égide de poètes performers qui n'ont pas réussi à se mettre d'accord entre eux sur les règles du slam. Du coup, on arrive en 2008, à une période où chaque collectif fait des choses dans son coin sans rien demander à personne et sans que qui que se soit n'apporte quelque chose de nouveau au mouvement. Les rares compilations qui sortent ne montrent que les "chefs de file" du slam, rarement les gens qu'on croise vraiment dans une scène ouverte et qui sont mille fois plus intéressants.
C'est ça qui m'intéresse dans le slam, la rencontre, l'instant, le partage, les confrontations d'opinion... On ne retrouve pas ça sur un album et presque plus sur les grosses scènes ouvertes.

5/ Outre atlantique, il existe une différenciation entre les auteurs "Peaux rouges" et les autres, les héritiers des traditions littéraires anglaises. Existe-t'il en France, encore des "Peaux Rouges", des francs tireurs de la prose?
Carrément.
Après, ils représentent une petite minorité.
C'est toujours agréable d'entendre un petit banlieusard venir déclamer des alexandrins ou réciter un poème de Baudelaire.

6/ Tu animes des ateliers d'écriture, pourrais-tu nous dire exactement en quoi celà consiste t'il et les progrès effectifs qu'ils amènent?
ça c'est une grande question.
Avant de lancer le slam à Limoges, j'ai assisté à pas mal d'ateliers d'écritures, au côté de mes deux mentors (Dgiz et Frédéric Nevchehirlian), j'avais donc vu deux approches différentes et je me demandais quel serait vraiment le but des miens, comment je les axerais, etc.
Y a un paradoxe aussi entre l'ado que j'étais et les ados de maintenant, c'est à dire que je lisais beaucoup, j'écrivais déjà et j'aimais plus ou moins l'école. Maintenant, il y a une sorte de rupture entre l'écriture et les ados, souvent ils rattachent ce phénomène à l'école. La plupart de ceux qui participent aux ateliers sont en rupture scolaire et ont de gros soucis dans leur rapport avec le monde.
L'avantage c'est qu'ils aiment tous les mouvements "urbains" (slam, rap...) et qu'en se présentant comme slameur ils savent qu'ils vont avoir une certaine liberté d'expression. Le principal c'est de ne pas les brusquer en leur disant d'écrire, c'est de les amener à le faire au travers d'exercices ludiques autour des mots. Il m'arrive aussi de lire des passages de roman que j'ai aimé en leur demandant de relever les mots qui leur plaisent. Avec cet exercice, j'ai réussi à faire lire des gosses en dehors du système scolaire, ça c'est une réussite.
Après il y a d'autres expériences, comme les prisons. ça a été bouleversant, fort et riche en échange. Les détenus ne viennent pas forcément pour faire du slam mais pour voir des gens de l'extérieur. Beaucoup ne savent ni lire, ni écrire. Du coup, l'atelier s'est fait au feeling, on leur faisait faire des exercices assez libres qui leur ont permis de s'échapper un peu et d'écrire ce qu'ils voulaient, on leur amenait de la musique pour qu'ils s'intéressent à d'autres genres musicaux et on faisait des séquences d'improvisation. J'ai appris pas mal de choses avec eux, lors des 2 interventions.

7/ Ton travail t'amène a fréquenter des jeunes en difficulté, des jeunes emprisonnés, en quoi celà t'affecte t'il? Puis, as-tu pu constater des bénéfices "thérapeutiques" dans ces populations précises?
Je suis quelqu'un d'hyper sensible au niveau des relations humaines. Quand tu restes pendant une semaine 4 heures par jour enfermé dans une salle avec des prisonniers, que tu voies un peu ce qui se passe, et que tu écoutes leurs douleurs et leurs regrets, c'est difficile d'en sortir dans la plus grande indifférence. De même que quand t'as des gosses qui se mettent à pleurer parce que le stage se termine et qu'ils s'accrochent à ton bras parce que tu t'en vas, ça touche.
Mais c'est ça la vie, des chemins qui se croisent et de l'échange.
J'ai constaté oui, des "bénéfices thérapeutiques", des gens qui apprennent que l'important c'est de se confier, de ne rien garder pour soi. Beaucoup se lâche sur une feuille à défaut de dire ce qui ne va pas à haute voix. Y a des gosses gonflés à bloc, en colère contre la vie et qui gardent tout pour eux. C'est terrible! Ils ne demandent qu'à se faire aider, à se trouver un petit peu. C'est aussi pour ça que j'aime le slam, pour son côté social.

8/ Parallèlement, tu écris un roman de style fantasy, pourrais-tu nous mettre un peu l'eau à la bouche?
(puisque je ne suis pas douée pour les résumés, va suivre un passage pénible où je vais parler de moi)
ça fait longtemps que j'écris de la fantasy. Mais j'ai eu besoin de me remettre en question après 6 ans d'acharnement sur un premier cadavre. J'ai fait un long travail sur moi, de remise en question et je me suis demandée quel était l'évènement historique qui me touchait le plus. ça peut paraître idiot à l'esprit égoïste, je le conçois. Et un jour, j'ai acheté par hasard un album de chants amérindiens, j'en ai pleuré tellement c'était beau et j'ai trouvé mon sujet.
Ce qui m'est pénible c'est que jamais on ne parle d'eux dans les cours d'histoires et que quand on arrive à la seule ligne qui en parle, on les dépeint comme des sauvages belliqueux assoiffés de sang. M'est venue une question: Comment serait le monde si les Amérindiens avaient transmis leur sagesse aux colons? Si tout ça ne s'était pas perdu? Comme j'aime beaucoup leur admiration de la nature, leur philosophie, etc., c'est aussi pour moi l'occasion de ne pas montrer l'environnement comme un simple décor mais plutôt comme quelque chose qui agirait sur notre vie de tous les jours.

9/ Tes projets futurs:
Tout dépend de l'avenir du slam. Dans le mouvement, on aborde régulièrement sa mort. On s'aperçoit aussi qu'il y a beaucoup moins de demande d'ateliers d'écriture. Je vais donc profiter de cette baisse du pouvoir des mots pour me consacrer à mon roman, continuer le management et puis peut-être reprendre mes études à la rentrée prochaine (pourquoi pas fac de lettres) ou bien me lancer dans des oeuvres humanitaires ou bien m'investir dans une ONG ou faire valider mes compétences pour être animatrice spécialisée ou bien me lancer dans une formation pour devenir directrice artistique ou pourquoi pas développer une entreprise d'e-books avec les JE. Tout dépend, tout dépend.

10/ Un mot à rajouter? Un dicton? Un compagnon? Une contrefaçon? Dessines-moi un mouton? Mimilie Nothomb? Une séduction et, pour finir, un passe-thon.
Oui... N'oubliez pas de venir dimanche 19 octobre 2008 à 17h à la Bellevilloise dans le 20ème à Paris pour l'évènement slam de l'année. Y aura Les Slamtimbanques, 4 zouaves limougeauds qui présenteront leurs productions. Et y aura Grand Corps Malade aussi (en attente de confirmation), si vous voulez une cace-dédi.
 
petit tiret
   
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petit tiret  /  Crime et boniment


Chouette interviou !
J'ai jamais pris vraiment la peine de m'intéresser au slam, mais j'aimerais bien en voir sur scène, après avoir lu ça.
Et puis c'est bien d'apprendre à connaître un peu notre nouvelle âme, j'ai l'impression que t'as une vie riche en expèriences littéraires et humaines, Eva Li, une personnalité passionnée et sensible. Intéressant ^^
 
Nuée
   
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Nuée  /  Douce épine


En tout cas avec tout ce potentiel, tu mérites tout le bien du monde Eva Li Very Happy
 
Tim
   
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Tim  /  Morceau de musique survitaminé


C'était fort intéressant tout cela. Une autre! Une autre!
http://timslam.blogspot.com
 
Eva Li
   
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Eva Li  /  Fiancée roide


Merci à vous d'avoir lu mes débordements et merci à Grandjoe pour l'interview.

ça fait plaisir.
http://www.les-editions-black-out.com
 
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Invité  /  Invité


cool, c'était sympa.
 
Sel
   
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Sel  /  Guère épais


Wouhai, c'est âchement bien tout ça.
J'avais cru comprendre vaguement avant que tu faisais des ateliers d'écritures, mais là, en fait, c'est vraiment top. Je te souhaite une bonne continuation pour la suite. ^^
Et bravo aussi à GrandJoe. ^^
 
Graesch Nahmoffski
   
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Graesch Nahmoffski  /  Déité de la bouteille


Très enrichissant, en effet !
 
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intéressant effectivement.
 
Nox
   
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Nox  /  Vacher polyvalent


Belle interview !

Question supplémentaire...

La fameuse performance Howl de Ginsberg, précurseur du mouvement slam ?
 
Eva Li
   
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Eva Li  /  Fiancée roide


Du grand génie. Fort et puissant. A lire en VO. Il existe d'ailleurs une édition bilingue chez Christian Bourgois.

Il y a aussi Kaddish, qui m'a peut être plus touché.

C'est là que le slam prend toute sa signification, ce sont des cris qui viennent du fond.

EDIT: Il y a aussi, Saul Williams qui s'en rapproche assez. Il y a d'ailleurs un très bon film "SLAM" qui raconte comment un détenu arrive à tenir dans une prison en clamant des poèmes.
Et MuMs, pour ceux qui connaissent la série Oz.
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Nox
   
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Nox  /  Vacher polyvalent


Pour Howl, je parlais surtout de la version audio de 1955... Epoustouflante. Pas le texte en lui-même finalement, parce que c'est de la poésie. C'est plus cette façon d'organiser la performance et de dire les mots qui me font penser, à tort ou à raison - je connais mal le mouvement, que le Slam trouve peut-être sa genèse en 1955...


Et Kaddish, je n'ai malheureusement pu que le lire...
 
Eva Li
   
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Eva Li  /  Fiancée roide


Je n'ai malheureusement pas écouté.

Mais ça va bien plus loin que ça, les sources du mouvement slam.
Le but est avant tout de remettre la poésie à la portée de tous et de revenir à son origine première: l'oralité.
Donc ça remonte aux aèdes, aux griots, aux troubadours...
Alors bien sûr, il y a toute l'évolution du langage aussi et les noms différents qu'on a donné aux poètes.

Pour remonter moins loin, ce qu'on appelle slam depuis le début des années 80, ce n'est ni plus ni moins que le Spoken Word de la génération Ginsberg.
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Nox
   
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Nox  /  Vacher polyvalent


Merci pour ces précisions ^^
 
Ilerana
   
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Ilerana  /  Tentatrice chauve


Wa super intéressant tout ça !
Bonne courage pour la suite !
 

 [Interview] Eva Li

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